Le superlatif exprime le degré le plus élevé ou le plus bas d'une qualité ou d'une intensité. On distingue deux types.
Il exprime un degré par comparaison avec d'autres êtres ou objets.
Construction : l'adjectif peut se placer avant ou après le nom. S'il se place après, on répète l'article : l'orateur le plus habile.
Il exprime un degré très élevé sans comparaison.
| Adjectif / adverbe | Comparatif | Superlatif relatif |
|---|---|---|
| bon, bonne | meilleur(e) | le / la meilleur(e) |
| mauvais | pire ou plus mauvais | le pire ou le plus mauvais |
| petit | moindre ou plus petit | le moindre ou le plus petit |
| bien (adv.) | mieux | le mieux |
| mal (adv.) | pis ou plus mal | le pis ou le plus mal |
| beaucoup (adv.) | plus | le plus |
| peu (adv.) | moins | le moins |
Remarque : moindre et pire appartiennent au registre soutenu et s'emploient surtout dans un sens abstrait (la moindre erreur, le pire des malheurs).
Le superlatif est un puissant procédé d'hyperbole. Mis au service de la satire, il sert plusieurs visées critiques.
| Effet satirique | Exemple |
|---|---|
| Éloge ironique (antiphrase) Faux compliment qui démasque la critique |
« M. le baron était un des plus puissants seigneurs de la Westphalie, car son château avait une porte et des fenêtres. » — Voltaire, Candide |
| Caricature Amplifier un trait jusqu'au ridicule |
« C'était le plus gros, le plus paresseux, le plus odieux des courtisans. » |
| Indignation Marquer la révolte morale |
« Ce singe d'une peau de tigre se vêtit. […] Il fut le plus atroce des brigands. » — Hugo, Les Châtiments |
| Naïveté feinte Admiration apparente qui dévoile l'absurde |
« Le roi de France est le plus puissant prince de l'Europe. […] Il est aussi un grand magicien. » — Montesquieu, Lettres persanes |
| Accumulation hyperbolique Saturation de superlatifs absolus |
« Un homme extrêmement habile, infiniment spirituel, prodigieusement savant — et parfaitement inutile. » |
Superlatif relatif : le/la/les + plus / moins + adjectif — comparaison.
Superlatif absolu : très / extrêmement / etc. + adjectif — sans comparaison.
Irréguliers : bon → meilleur → le meilleur ; bien → mieux → le mieux ; mauvais → pire.
Effet satirique : le superlatif crée l'hyperbole, sert l'ironie (faux éloge), la caricature et l'indignation.
Dans chacune des phrases, soulignez le ou les superlatif(s) et indiquez s'il s'agit d'un superlatif relatif (R) ou absolu (A).
Réécrivez les phrases en remplaçant le comparatif par le superlatif relatif demandé. Attention aux formes irrégulières et aux accords.
Acanthe le voit, et il prend l'autre bras de Théodote ; il l'enlève à Cimon ; il dit à tout le monde qu'il l'a vu le premier ; il l'aime, c'est l'homme du monde qu'il aime le plus ; il est extrêmement aise de pouvoir se promener avec lui ; l'illustre Théodote en sera fâché ; mais qu'y faire ? S'il a fait des avances, tant pis pour lui ; on ne saurait être à la fois aux quatre coins de la rue. Il fait des excuses à Cimon, il croit qu'il l'a privé de Théodote ; il s'amuse à le tirer, à le retenir, à l'empêcher de regarder un nouveau prétendant.
D'après La Bruyère, Les Caractères, « De la cour », 1688 (extrait adapté)
Consigne : À la manière de La Bruyère, de Montesquieu ou de Voltaire, rédigez le portrait satirique d'un personnage représentatif d'un travers de la société (au choix : un dirigeant politique, un influenceur, une vedette de téléréalité, un consommateur compulsif, un courtisan moderne, un faux savant…). Le personnage peut être réel ou inventé.
Votre texte aura entre 250 et 300 mots. Il devra :