Physique-Chimie — Stabilité des entités chimiques

Fiche de révision — Seconde générale
Objectifs du chapitre :

I. Les gaz nobles : modèles de stabilité

Gaz nobles : éléments de la dernière colonne (colonne 18) du tableau périodique. Ils existent à l'état d'atomes isolés (gaz monoatomiques) et ne participent à quasiment aucune réaction chimique : on dit qu'ils sont chimiquement inertes.
Gaz nobleSymboleZConfiguration électroniqueÉlectrons de valence
HéliumHe21s22 (duet)
NéonNe101s2 2s2 2p68 (octet)
ArgonAr181s2 2s2 2p6 3s2 3p68 (octet)
Leur couche de valence est saturée → c'est la raison de leur stabilité.

Les autres éléments n'existent pas naturellement sous forme d'atomes isolés : ils cherchent à acquérir la configuration électronique du gaz noble le plus proche, soit en formant des ions, soit en formant des molécules.

II. Règles du duet et de l'octet

Règle du duet : les atomes dont Z est proche de 2 (H, Li) tendent à acquérir la configuration de l'hélium, avec 2 électrons sur leur couche de valence (sous-couche 1s2).
Règle de l'octet : les autres atomes (Z > 4) tendent à acquérir la configuration du gaz noble le plus proche, avec 8 électrons sur leur couche de valence (ns2 np6).

Attention : ces règles sont particulièrement fiables pour les éléments de Z ≤ 20. Au-delà, des exceptions existent.

L'atome de fluor F (Z = 9) a pour configuration 1s2 2s2 2p5. Il lui manque 1 électron pour atteindre la configuration du néon (octet). Il peut gagner cet électron pour former l'ion F, ou former une liaison covalente.

III. Formation des ions monoatomiques

Ion monoatomique : entité chimique chargée, formée à partir d'un seul atome qui a gagné ou perdu un ou plusieurs électrons pour saturer sa couche de valence.

a) Cations (perte d'électrons)

Les atomes ayant peu d'électrons de valence (colonnes 1, 2, 13) les perdent pour que la couche inférieure, déjà pleine, devienne la couche de valence.

AtomeZConfig. électroniqueÉlectrons perdusIon formé
Sodium Na111s2 2s2 2p6 3s11Na+
Magnésium Mg121s2 2s2 2p6 3s22Mg2+
Aluminium Al131s2 2s2 2p6 3s2 3p13Al3+

b) Anions (gain d'électrons)

Les atomes ayant une couche de valence presque pleine (colonnes 16, 17) gagnent des électrons pour la compléter.

AtomeZConfig. électroniqueÉlectrons gagnésIon formé
Fluor F91s2 2s2 2p51F
Oxygène O81s2 2s2 2p42O2−
Chlore Cl171s2 2s2 2p6 3s2 3p51Cl
Colonne 1 → charge +1  |  Colonne 2 → charge +2  |  Colonne 17 → charge −1  |  Colonne 16 → charge −2

c) Composés ioniques

Les solides ioniques sont des assemblages électriquement neutres de cations et d'anions. La formule statistique indique la proportion des ions.

Le chlorure de sodium NaCl est composé d'ions Na+ et Cl en proportions égales. Le chlorure de magnésium MgCl2 contient un ion Mg2+ pour deux ions Cl (neutralité électrique : +2 + 2×(−1) = 0).

IV. Formation des molécules : la liaison covalente

Liaison covalente (liaison de valence) : mise en commun de 2 électrons de valence (un provenant de chaque atome) entre deux atomes. Cette liaison permet à chaque atome de se rapprocher de la configuration d'un gaz noble.
Molécule : entité chimique stable et électriquement neutre, formée d'au moins deux atomes liés par des liaisons covalentes.

Nombre de liaisons covalentes par atome

Un atome forme autant de liaisons covalentes qu'il lui manque d'électrons pour saturer sa couche de valence :

AtomeÉlectrons de valenceÉlectrons manquantsNombre de liaisons
H (Z=1)11 (duet)1
C (Z=6)44 (octet)4
N (Z=7)53 (octet)3
O (Z=8)62 (octet)2
F, Cl (Z=9, 17)71 (octet)1

V. Schéma de Lewis

Schéma de Lewis : représentation d'une molécule montrant tous les doublets liants (liaisons covalentes, notées par un trait) et tous les doublets non liants (paires d'électrons non partagées, notées par un trait sur l'atome).

Méthode pas à pas

  1. Écrire la configuration électronique de chaque atome et repérer les électrons de valence.
  2. Calculer le nombre de liaisons de chaque atome = nombre d'électrons manquants pour l'octet (ou le duet pour H).
  3. Calculer le nombre de doublets non liants de chaque atome = (électrons de valence − électrons engagés dans des liaisons) ÷ 2.
  4. Relier les atomes par des traits (doublets liants) en respectant le nombre de liaisons de chaque atome.
  5. Placer les doublets non liants sur chaque atome.
  6. Vérifier : chaque atome doit être entouré de 4 doublets (octet) ou 1 doublet (duet pour H).
Eau H₂O : O a 6 électrons de valence → 2 liaisons, 2 doublets non liants. H a 1 électron de valence → 1 liaison, 0 doublet non liant.
Schéma :   H — Ö — H   (les deux traits sur O représentent les doublets non liants)
MoléculeDoublets liantsDoublets non liantsType de liaisons
H₂10Simple
H₂O22 (sur O)Simples
NH₃31 (sur N)Simples
CH₄40Simples
O₂1 double2+2 (sur chaque O)Double (O=O)
CO₂2 doubles2+2 (sur chaque O)Doubles (O=C=O)
N₂1 triple1+1 (sur chaque N)Triple (N≡N)

Liaison double = mise en commun de 4 électrons (2 doublets liants). Liaison triple = mise en commun de 6 électrons (3 doublets liants).

VI. Énergie de liaison

Énergie de liaison : énergie qu'il faut fournir pour rompre une liaison covalente entre deux atomes. Elle se note E et s'exprime en joules (J) ou en kJ·mol−1.
Plus l'énergie de liaison est élevée → plus la liaison est difficile à rompre → plus la molécule est stable.

Ordre de grandeur : liaison simple < liaison double < liaison triple (énergie croissante, donc stabilité croissante).

Énergie de la liaison O−H dans l'eau : environ 460 kJ·mol−1. Énergie de la liaison N≡N dans le diazote : environ 945 kJ·mol−1. Le diazote est très stable, ce qui explique qu'il constitue ~78 % de l'atmosphère.
À retenir
⚠ Erreurs fréquentes