Histoire-Géo / EMC · 4e

Les libertés fondamentales : liberté d'expression, de conscience, de réunion

Pas de panique ! Même si tu n'as jamais mis les pieds sur cette notion, elle démarre d'une chose que tu connais : la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, vue en 5e. On va en faire un pont vers les trois libertés fondamentales et tu seras fonctionnel en un rien de temps.

Point de départ : la Déclaration de 1789

En 5e, tu as découvert la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Adoptée en 1789 pendant la Révolution française, elle pose un principe fort : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Elle énumère des droits naturels comme la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. C'est le socle des libertés que nous allons étudier.

Les trois libertés fondamentales

Voici les trois grandes libertés qui découlent de cette Déclaration et que nous allons travailler :

  • Liberté d'expression : droit de dire, écrire, publier ses opinions (presse, art, etc.).
  • Liberté de conscience : droit de croire ou ne pas croire, de choisir sa religion ou d'en changer.
  • Liberté de réunion : droit de se rassembler pour discuter, manifester, créer une association.

Ces libertés ne sont pas absolues : elles s'arrêtent là où elles portent atteinte aux droits des autres. On verra ça plus tard.

À toi de jouer

1. Complète la phrase suivante avec les mots qui manquent (utilise pour chaque trou) :
La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen date de . Elle affirme que les hommes naissent libres et en .
Corrigé
La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen date de 1789. Elle affirme que les hommes naissent libres et égaux en droits.
2. Associe chaque liberté à sa définition en complétant les trous () :
Liberté d'expression → droit de ses opinions ;
Liberté de conscience → droit de ou de ne pas croire ;
Liberté de réunion → droit de se .
Corrigé
Liberté d'expression → droit de dire/écrire/publier ses opinions ; Liberté de conscience → droit de croire ou de ne pas croire ; Liberté de réunion → droit de se rassembler.
3. Pour chaque situation, indique de quelle liberté il s'agit (choisis dans : expression, conscience, réunion) :
a) Des élèves créent un journal du collège. →
b) Un citoyen déclare ne pratiquer aucune religion. →
c) Des habitants se rassemblent pour défendre un parc. →
Corrigé
a) expression ; b) conscience ; c) réunion.

Ah, voilà : la liberté d'expression, la conscience, la réunion... ça te rappelle des choses ? On va structurer tout ça avec une méthode simple, et surtout mettre le doigt sur les limites imposées par la loi pour respecter autrui. Accroche-toi, on redémarre ensemble.

Rappel structuré des libertés et leurs limites

  1. Liberté d'expression : tu peux dire, écrire, publier ce que tu penses. Mais limites : la loi interdit l'insulte, la diffamation (accuser faussement quelqu'un), les propos racistes ou l'incitation à la haine. Ces limites protègent la dignité d'autrui.
  2. Liberté de conscience : chacun a le droit de choisir sa religion, d'en changer ou de ne pas en avoir. En France, ce droit est garanti par la laïcité : l'État ne favorise aucune religion. Personne ne peut te forcer à croire ou à ne pas croire.
  3. Liberté de réunion : tu as le droit de te rassembler en groupe. Attention : pour une manifestation sur la voie publique, tu dois la déclarer à l'avance à la mairie ou à la préfecture, et le rassemblement doit se dérouler dans le calme, sans trouble à l'ordre public.

Méthode pour analyser une situation

Pour être sûr(e) de ne pas te tromper :
1. Identifier l'action : s'agit-il de parler/écrire (expression), de croire/ne pas croire (conscience) ou de se rassembler (réunion) ?
2. Vérifier les limites : l'action respecte-t-elle les interdits (insulte, haine, etc.) ou les obligations (déclaration) ?
3. Conclure : la liberté est-elle bien exercée ou y a-t-il un abus ?

À toi de jouer

1. Complète avec les mots donnés : insulte, diffamation, haine, raciste.
La liberté d'expression n'autorise pas : l', la , l'injure et l'incitation à la .
Corrigé
insulte, diffamation, raciste, haine
2. Applique la méthode à cette situation : Maxime traite un camarade de 'sale ...' à cause de sa religion sur un réseau social.
a) Liberté concernée ?
b) Respect des limites ? (oui/non)
c) Justification : il y a .
Corrigé
a) expression ; b) non ; c) injure raciste / incitation à la haine.
3. Complète : Pour organiser une manifestation dans la rue, la loi exige de préalablement le rassemblement auprès de la ou de la préfecture.
Corrigé
déclarer, mairie
4. Vrai ou faux (complète par VRAI ou FAUX) :
a) La liberté de conscience te donne le droit de ne pas avoir de religion.
b) Une manifestation non déclarée est légale si elle est pacifique.
c) La diffamation est autorisée si on pense que c'est vrai.
Corrigé
a) VRAI ; b) FAUX ; c) FAUX.

C'est l'heure de la répétition ! Cinq mini-exercices où tu fais la même chose : identifier la liberté et dire si c'est dans les clous. Pas de piège, les situations changent juste un peu. Deviens un(e) pro !

À toi de jouer

1. Situation : Léa publie un article dans le journal du lycée pour critiquer le règlement. Liberté de . Respect des limites ? (oui/non).
Corrigé
expression ; oui
2. Situation : Karim décide de devenir bouddhiste alors que sa famille est musulmane. Liberté de . Respect ? .
Corrigé
conscience ; oui
3. Situation : Un groupe de citoyens organise une manifestation contre une loi, en ayant déclaré le parcours à la mairie. Liberté de . Respect ? .
Corrigé
réunion ; oui
4. Situation : Un internaute poste un message insultant le président de la République en le traitant de tous les noms. Liberté de . Respect ? .
Corrigé
expression ; non (insulte)
5. Situation : Une personne tient des propos racistes lors d'une réunion publique. Liberté de . Respect ? .
Corrigé
expression ; non (injure raciste)

Contrôle en vue ? On passe la vitesse supérieure. Fini les trous, place à la rédaction. Tu vas devoir expliquer, justifier, analyser des situations. C'est exactement ce qu'on attend de toi le jour J. Respire, tu es prêt(e).

L'essentiel avant de se lancer

Garde en tête les limites de chaque liberté :
Expression : pas d'insulte, diffamation, injure raciste, incitation à la haine.
Conscience : liée à la laïcité, ne dispense pas des obligations légales (école, impôts...).
Réunion : pour manifester sur la voie publique, déclaration préalable obligatoire ; le rassemblement doit être pacifique.
Et surtout : mes libertés s'arrêtent là où commencent celles des autres. C'est le respect d'autrui.

À toi de jouer

1. Un journal publie un article accusant un homme politique de corruption sans preuve. L'homme politique porte plainte. Quelle liberté est en jeu ? Pourquoi le journal dépasse-t-il les limites de cette liberté ? Justifie avec les mots 'diffamation' et 'respect d'autrui'.
Corrigé
Il s'agit de la liberté d'expression. Le journal dépasse les limites car il porte une accusation grave sans preuve : c'est de la diffamation. La diffamation est interdite car elle nuit à la réputation et ne respecte pas la dignité de la personne (respect d'autrui).
2. Tu es témoin d'un rassemblement de lycéens dans la rue qui bloquent la circulation pour protester contre la réforme du bac, sans avoir rien déclaré. En tant que citoyen, que peux-tu dire sur le respect des règles ? Rédige ta réponse en expliquant la liberté concernée et la condition légale non respectée.
Corrigé
Le rassemblement relève de la liberté de réunion, mais il ne respecte pas la loi car il n'a pas été déclaré en mairie/préfecture. De plus, bloquer la circulation trouble l'ordre public. La manifestation n'est pas légale car elle ne respecte pas l'obligation de déclaration préalable.
3. Une élève refuse de participer à un cours de SVT sur la reproduction humaine au nom de ses convictions religieuses. Analyse la situation : quelle liberté est évoquée ? A-t-elle le droit d'agir ainsi à l'école publique française ? Justifie avec le principe de laïcité.
Corrigé
La liberté de conscience (liberté de religion) est en jeu. En France, l'école est laïque : l'État ne favorise aucune religion et garantit la liberté de conscience. Cependant, l'école est obligatoire et les programmes s'imposent à tous. L'élève a le droit de croire ce qu'elle veut, mais elle n'a pas le droit de refuser un enseignement prévu par l'Éducation nationale. Elle doit assister au cours, quitte à exprimer son désaccord dans le respect de la loi. Refuser le cours perturberait son obligation scolaire et pourrait être sanctionné.
4. Sur un réseau social, un utilisateur publie : 'Tous les ..... sont des voleurs' en visant une communauté. Explique pourquoi ce message dépasse les limites de la liberté d'expression et quel risque cela représente pour le 'respect d'autrui'.
Corrigé
Ce message est une injure à caractère raciste et une incitation à la haine. La liberté d'expression n'autorise pas les propos racistes car ils portent gravement atteinte à la dignité des personnes visées et menacent la cohésion sociale. Le respect d'autrui exige de ne pas stigmatiser un groupe pour ses origines.
5. Rédige un paragraphe de 5 lignes environ : 'Pourquoi la liberté d'expression ne peut-elle pas être absolue ?' Utilise au moins deux exemples de limites étudiées.
Corrigé
La liberté d'expression ne peut pas être absolue car elle doit coexister avec les droits des autres. Par exemple, si elle permettait la diffamation, des innocents verraient leur réputation détruite sans raison. De même, si elle autorisait l'incitation à la haine raciale, cela pourrait mener à des violences et briser le vivre-ensemble. La loi fixe des limites pour protéger la dignité de chacun, ce qui est essentiel pour respecter autrui.

Curieux de savoir ce qui t'attend ? L'année prochaine, tu iras plus loin : les droits de l'homme à l'échelle mondiale, la justice internationale... On te donne un avant-goût avec des situations plus complexes où il faut peser le pour et le contre, et argumenter. Tu es prêt à devenir un(e) vrai(e) défenseur(e) des libertés ?

Ouverture vers la 3e : des droits protégés au-delà des frontières

En 3e, tu étudieras comment les libertés fondamentales sont garanties au niveau international, par exemple avec la Déclaration universelle des droits de l'homme (ONU, 1948) ou la Convention européenne des droits de l'homme. Tu verras aussi le rôle de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) qui juge les États qui ne respecteraient pas ces droits. Prépare-toi à des débats passionnants !

À toi de jouer

1. La Cour européenne des droits de l'homme a jugé en 2015 que la caricature d'un prophète relevait de la liberté d'expression, même si elle choque. En t'aidant de ce que tu sais, explique pourquoi la liberté d'expression peut être défendue même quand elle heurte des croyances, mais qu'elle a tout de même des limites. Quelles pourraient être ces limites ?
Corrigé
La liberté d'expression inclut le droit de critiquer des idées ou des religions, même si cela peut choquer, car c'est un pilier de la démocratie. Cependant, elle ne doit pas devenir une incitation à la haine ou un appel à la violence. La limite se situe entre la critique et l'insulte raciste ou l'appel à la discrimination. La Cour européenne juge que la satire est protégée, mais qu'une attaque gratuite contre des croyants en tant que personnes peut être condamnée.
2. Imagine que tu es délégué(e) de classe et que des élèves veulent organiser une 'journée de la liberté d'expression' au collège. Quelles règles proposerais-tu pour que cet événement respecte le cadre de la loi et les autres élèves ? Rédige une charte de 3 ou 4 règles.
Corrigé
Proposition de charte : 1) Les opinions exprimées ne doivent pas comporter d'insultes ni de diffamation. 2) Chacun peut s'exprimer librement à condition de ne pas attaquer une personne en raison de son origine, de sa religion ou de son apparence. 3) Les débats doivent se dérouler dans le respect mutuel et sans violence. 4) L'événement ne doit pas empêcher le déroulement normal des cours et doit être autorisé par la direction.
3. En 2015, un attentat a visé la rédaction du journal Charlie Hebdo au nom de la religion. Explique pourquoi cet acte est une atteinte grave à deux libertés fondamentales et comment la loi française protège ces libertés.
Corrigé
Cet attentat attaque à la fois la liberté d'expression (le droit de publier des dessins satiriques) et la liberté de conscience (le droit de croire ou de ne pas croire sans subir de violences). En France, la loi interdit le terrorisme et punit sévèrement ceux qui veulent imposer leurs croyances par la force. La laïcité garantit la neutralité de l'État et protège la liberté de chacun de s'exprimer dans le respect des limites légales.