La mise en oeuvre du projet republicain (ecole, laicite, droits)
Salut à toi, futur expert de la Troisième République. Même si tu n’as encore rien vu sur ce chapitre, pas de panique : on part de zéro et on va droit au but. Avant de plonger, rappelons deux-trois choses que tu dois avoir en tête : la République proclamée en 1792 repose sur les principes de liberté, égalité, fraternité ; et en 1870, la France sort d’un empire, le Second Empire de Napoléon III, qui s’effondre après la défaite contre la Prusse. C’est dans ce contexte que la Troisième République est proclamée. Bon, maintenant, on attaque l’essentiel : comment les républicains ont-ils concrétisé leur projet ? Trois axes : l’école, la laïcité, les droits.
De l'Empire à la République
Le 2 septembre 1870, l’armée française est battue à Sedan par la Prusse. Napoléon III est capturé. Le 4 septembre, la République est proclamée à Paris. Mais il faut attendre 1875 pour que des lois constitutionnelles organisent le régime. Les républicains ne prennent vraiment le pouvoir qu’à la fin des années 1870 : Jules Grévy devient président en 1879. Dès lors, ils lancent les grandes réformes.
Le projet républicain en trois chantiers
L’école : instruire tous les enfants, former des citoyens libres et éclairés, et réduire l’influence de l’Église.
La laïcité : séparer l’État des religions pour garantir la liberté de conscience et l’égalité des cultes.
Les droits : élargir les libertés publiques, renforcer la démocratie.
À toi de jouer
1. Complète la phrase avec le mot qui convient : « Le 4 septembre 1870, la République est proclamée à . »
Corrigé
Le 4 septembre 1870, la République est proclamée à Paris.
2. Complète les trois mesures phares des lois Ferry sur l’école : Loi du 16 juin 1881 : enseignement primaire public . Loi du 28 mars 1882 : instruction primaire et .
Corrigé
Loi du 16 juin 1881 : enseignement primaire public gratuit. Loi du 28 mars 1882 : instruction primaire obligatoire et laïque.
3. Quel ministre a donné son nom aux grandes lois scolaires de la Troisième République ?
Corrigé
Jules Ferry.
Ah, ça te revient maintenant, non ? L’enracinement de la République, les symboles, l’école de Jules Ferry… On va remettre tout ça en ordre avec une petite méthode pour ne plus jamais confondre les dates et les lois. Prêt ?
L’enracinement du régime républicain (1875-1880)
Les lois constitutionnelles de 1875 fondent un régime parlementaire bicaméral. La crise du 16 mai 1877 montre que le Président doit s’incliner devant la majorité parlementaire. Les républicains installent ensuite les symboles : le 14 juillet fête nationale (1880), la Marseillaise hymne national (1879).
Les lois scolaires de Jules Ferry
Loi
Date
Mesure
Loi Ferry
16 juin 1881
Gratuité de l’enseignement primaire public
Loi Ferry
28 mars 1882
Obligation scolaire (6-13 ans) et laïcisation des programmes (instruction morale et civique)
Loi Goblet
30 octobre 1886
Laïcisation du personnel enseignant
À toi de jouer
1. Complète ce tableau récapitulatif des lois scolaires :
Date
Mesure
16 juin 1881
28 mars 1882
30 octobre 1886
Corrigé
16 juin 1881
Gratuité de l’enseignement primaire public
28 mars 1882
Obligation scolaire et laïcisation des programmes
30 octobre 1886
Laïcisation du personnel enseignant
2. La crise du 16 mai 1877 oppose le président à la majorité de la Chambre des députés. Grâce aux élections, les républicains sortent renforcés.
Corrigé
La crise du 16 mai 1877 oppose le président monarchiste à la majorité républicaine de la Chambre des députés.
3. Cite deux symboles de la République adoptés en 1879-1880 : - (1879) - (1880)
Corrigé
- La Marseillaise comme hymne national (1879) - Le 14 juillet comme fête nationale (1880)
Allez, on muscle la mémoire avec du drill tout simple. Cinq petits exercices quasiment identiques pour ancrer les dates et les lois. Tu verras, c’est du gâteau.
À toi de jouer
1. Complète la phrase avec la date qui manque : « La loi du rend l’école primaire publique gratuite. »
Corrigé
La loi du 16 juin 1881 rend l’école primaire publique gratuite.
2. Complète la phrase avec les deux qualificatifs manquants : « La loi du 28 mars 1882 rend l’instruction primaire et . »
Corrigé
La loi du 28 mars 1882 rend l’instruction primaire obligatoire et laïque.
3. Complète la phrase avec le groupe de mots manquant : « La loi Goblet du 30 octobre 1886 laïcise le des écoles publiques. »
Corrigé
La loi Goblet du 30 octobre 1886 laïcise le personnel enseignant des écoles publiques.
4. Complète la phrase avec la date qui manque : « La loi du proclame la séparation des Églises et de l’État. »
Corrigé
La loi du 9 décembre 1905 proclame la séparation des Églises et de l’État.
5. Complète la phrase avec les mots manquants : « La laïcité garantit la neutralité de l’État et le des cultes. »
Corrigé
La laïcité garantit la neutralité de l’État et le libre exercice des cultes.
Maintenant que les bases sont solides, on passe au niveau contrôle. Tu vas analyser des documents, remettre en ordre et argumenter. Reste zen, tu as toutes les cartes en main.
Rappel express avant d’attaquer
N’oublie pas les deux directions de l’argumentation : - Montrer que telle loi a permis ceci - Expliquer les tensions qu’elle a pu susciter. Appuie-toi toujours sur des dates et des acteurs concrets.
À toi de jouer
1. Ordonne ces étapes de laïcisation de l’école dans l’ordre chronologique (de 1 à 3) : [ ] La loi Goblet laïcise le personnel enseignant. [ ] La loi Ferry instaure l’obligation scolaire et un enseignement laïque. [ ] La loi Ferry rend l’école gratuite.
Corrigé
1 - La loi Ferry rend l’école gratuite (1881). 2 - La loi Ferry instaure l’obligation scolaire et un enseignement laïque (1882). 3 - La loi Goblet laïcise le personnel enseignant (1886).
2. Lis cet extrait d’une lettre de Jules Ferry aux instituteurs (1883) : « L’enseignement religieux appartient aux familles et à l’Église, l’enseignement moral et civique à l’école. » a) Explique en une phrase ce que Ferry veut dire par là. b) Quel principe républicain justifie cette séparation ?
Corrigé
a) Ferry affirme que l’école publique doit se limiter à l’instruction morale et civique, tandis que l’instruction religieuse relève du domaine privé. b) C’est le principe de laïcité qui impose la neutralité de l’État et de l’école publique en matière religieuse.
3. Voici une description d’une caricature de 1905 : on y voit des fonctionnaires forçant la porte d’une église pour recenser les biens, sous le regard hostile de fidèles et d’un prêtre. a) À quel événement cette caricature fait-elle référence ? b) Pourquoi la loi de séparation a-t-elle provoqué de telles tensions avec l’Église catholique ?
Corrigé
a) Elle fait référence aux inventaires des biens de l’Église rendus nécessaires par la loi de 1905, qui supprime le budget des cultes et transfère la propriété des bâtiments à des associations cultuelles. b) Beaucoup de catholiques ont perçu cette loi comme une persécution et une spoliation, d’où des affrontements lors des inventaires.
4. En quoi l’école de la Troisième République a-t-elle contribué à enraciner le régime républicain en France ? Rédige un paragraphe d’une dizaine de lignes en t’appuyant sur des exemples précis.
Corrigé
L’école de la Troisième République a été un outil majeur d’enracinement républicain. D’abord, la gratuité (1881) et l’obligation (1882) ont permis de scolariser tous les enfants, diffusant ainsi les valeurs de la République. Ensuite, la laïcisation des programmes et des personnels a réduit l’influence de l’Église, jugée hostile au régime. L’instituteur, véritable 'hussard noir', a enseigné le français, la morale civique et l’amour de la patrie, unifiant la nation autour d’une culture commune. En formant des citoyens éclairés, l’école a consolidé le suffrage universel et l’adhésion aux institutions républicaines.
5. La Troisième République a également élargi les libertés publiques. Cite deux lois importantes dans ce domaine en précisant leur date.
Corrigé
- Loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881. - Loi sur la liberté d’association du 1er juillet 1901.
Tu maîtrises le programme, bravo. Pour aller plus loin, on va réfléchir aux héritages et aux débats que ces réformes ont ouverts. Prépare-toi à argumenter comme en terminale.
Ouverture : la laïcité en question
La loi de 1905 est toujours en vigueur et continue de faire débat. L’école, la place des religions dans l’espace public, le financement des cultes… Autant de sujets qui montrent que le projet républicain est une construction permanente.
À toi de jouer
1. Compare la loi de 1905 avec le Concordat de 1801. Quels sont les avantages et les inconvénients de la séparation pour l’État et pour les religions ? Rédige un court paragraphe structuré.
Corrigé
Le Concordat de 1801 reconnaissait certains cultes (catholique, protestant, juif) et les salariait. Cela plaçait les religions sous contrôle étatique. La loi de 1905 rompt ce lien en proclamant la neutralité de l’État et la liberté des cultes. Avantages : l’État n’intervient plus dans les affaires religieuses, toutes les croyances sont égales. Inconvénients : perte de financement pour les Églises, sentiment d’abandon chez certains croyants, conflits initiaux. La séparation est un principe fondamental de la République, mais elle reste un équilibre fragile.
2. L’école de la République a imposé le français comme langue unique au détriment des langues régionales. Penses-tu que cette politique était justifiée ? Quels effets a-t-elle eus sur l’unité nationale et les identités locales ?
Corrigé
Éléments de réponse : cette politique visait à unifier la nation en créant une culture commune et en facilitant la communication. Elle a effectivement renforcé le sentiment national. Mais elle a aussi marginalisé les langues et cultures régionales, créant parfois des résistances. Le débat reste actuel : comment concilier unité et respect de la diversité ?
3. Imagine un dialogue en 1905 entre un républicain favorable à la loi de séparation et un catholique opposé. Chacun avance deux arguments. Rédige cette discussion.
Corrigé
Républicain : 'La loi garantit la liberté de conscience et met fin aux privilèges d’une religion. L’État n’a pas à financer des cultes avec l’argent de tous les citoyens.' Catholique : 'L’Église a toujours été un pilier de la société française ; la priver de moyens, c’est affaiblir la morale et l’ordre social. De plus, ces inventaires sont une véritable persécution.'