<p>Salut ! Pas de panique si tu n'as jamais entendu parler de la Troisième République. On va la rattraper à toute vitesse. Imagine qu'on remonte le temps : la France vient de perdre une guerre contre la Prusse, l'empereur Napoléon III est capturé, et à Paris, des députés proclament... la République ! C'est le début d'une longue histoire. On va voir les bases : quand ça commence, comment elle s'organise, et les symboles qu'elle met en place pour exister. Accroche-toi, on y va !</p>
Une naissance dans l'urgence
Après la défaite de Sedan (1870), la France est en crise. Le 4 septembre 1870, la Troisième République est proclamée à Paris. Mais ses débuts sont difficiles : la guerre se poursuit, et en 1871, une révolte éclate à Paris, la Commune, durement réprimée. Les républicains et les monarchistes s'affrontent pendant plusieurs années. Finalement, en 1875, des lois constitutionnelles organisent le régime.
Les institutions républicaines
Le pouvoir est partagé :
- Un président de la République, élu pour 7 ans (mais il n'a pas autant de pouvoir que celui d'aujourd'hui).
- Le Parlement, formé de deux assemblées : la Chambre des députés élue au suffrage universel masculin, et le Sénat.
La République se dote aussi de symboles pour rassembler les Français : La Marseillaise devient l'hymne national en 1879, le 14 juillet devient fête nationale en 1880, et la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » avec la figure de Marianne orne les mairies.
À toi de jouer
1. Complète le texte suivant avec les mots ou dates qui conviennent.
La Troisième République est proclamée le 1870, après la défaite de l'empereur à Sedan face à la Prusse. Les constitutionnelles de mettent en place les institutions : un président élu pour ans, et un Parlement composé de la des députés et du . Pour rassembler les Français, la République adopte des symboles : devient l'hymne national en , le devient fête nationale en , et la devise est diffusée.
Corrigé
La Troisième République est proclamée le 4 septembre 1870, après la défaite de l'empereur Napoléon III à Sedan face à la Prusse. Les lois constitutionnelles de 1875 mettent en place les institutions : un président élu pour 7 ans, et un Parlement composé de la Chambre des députés et du Sénat. Pour rassembler les Français, la République adopte des symboles : La Marseillaise devient l'hymne national en 1879, le 14 juillet devient fête nationale en 1880, et la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » est diffusée.
2. Relie chaque événement à sa date en complétant le tableau.
| Événement | Date |
|---|
| Proclamation de la IIIe République | |
| Lois constitutionnelles | |
| La Marseillaise devient hymne | |
| Le 14 juillet devient fête nationale | |
Corrigé
| Événement | Date |
|---|
| Proclamation de la IIIe République | 4 septembre 1870 |
| Lois constitutionnelles | 1875 |
| La Marseillaise devient hymne | 1879 |
| Le 14 juillet devient fête nationale | 1880 |
3. Vrai ou Faux ? Coche la bonne réponse et corrige si c'est faux.
a) Le président de la République sous la IIIe République est élu pour 5 ans. VRAI FAUX
b) La Chambre des députés est élue au suffrage universel masculin. VRAI FAUX
c) La Commune de Paris a lieu en 1871. VRAI FAUX
d) La figure de Marianne est un symbole de la monarchie. VRAI FAUX
Corrigé
a) FAUX. Le président est élu pour 7 ans.
b) VRAI. Seuls les hommes votent pour la Chambre des députés.
c) VRAI. La Commune de Paris éclate en mars 1871.
d) FAUX. Marianne est un symbole de la République.
<p>Ah, voilà, ça te revient ! La République, c'était pas juste une proclamation, elle a construit une société nouvelle. On va remettre les choses en ordre : les grandes lois sur les libertés, l'école pour tous, et la laïcité qui sépare l'Église et l'État. Tu vas voir, avec la méthode des repères chronologiques, tout devient plus clair.</p>
Une République qui s'enracine
Pour durer, la République étend les libertés et crée un esprit commun. De grandes lois sont votées dans les années 1880-1900 :
- Liberté de la presse (29 juillet 1881) : on peut publier un journal sans autorisation préalable.
- Liberté de réunion et liberté syndicale (1884) : les ouvriers peuvent former des syndicats.
- Liberté d'association (1901) : on peut créer une association sans contrôle de l'État.
L'école de la République
Les lois de Jules Ferry (1881-1882) rendent l'école primaire gratuite, obligatoire et laïque :
- Gratuite : plus de frais de scolarité.
- Obligatoire : tous les enfants de 6 à 13 ans doivent aller à l'école.
- Laïque : l'enseignement religieux est retiré des programmes.
Le but : former des citoyens instruits et fidèles à la République.
La laïcité à la française
La loi du 9 décembre 1905 sépare les Églises et l'État : l'État ne reconnaît, ne finance ni ne salarie aucun culte. Mais il garantit la liberté de conscience et le libre exercice des religions. Cette loi est au cœur de la laïcité républicaine.
À toi de jouer
1. Place sur la frise les grandes lois républicaines. Indique l'année et une conséquence dans chaque case.
| Année | Loi ou événement | Conséquence |
|---|
| Liberté de la presse | |
| Lois Jules Ferry (école gratuite) | |
| Loi sur les syndicats | |
| Séparation des Églises et de l'État | |
Corrigé
| Année | Loi ou événement | Conséquence |
|---|
| 1881 | Liberté de la presse | On peut publier librement |
| 1881-1882 | Lois Jules Ferry (école gratuite) | L'école primaire est gratuite |
| 1884 | Loi sur les syndicats | Les ouvriers peuvent se syndiquer |
| 1905 | Séparation des Églises et de l'État | L'État ne finance plus les cultes |
2. Complète le résumé avec les mots : obligatoire, laïque, gratuite, Ferry, citoyens.
Les lois sur l'école portent le nom de Jules . Elles rendent l'école primaire (plus de frais), (les enfants doivent y aller) et (sans enseignement religieux). L'objectif est de former des instruits.
Corrigé
Les lois sur l'école portent le nom de Jules Ferry. Elles rendent l'école primaire gratuite (plus de frais), obligatoire (les enfants doivent y aller) et laïque (sans enseignement religieux). L'objectif est de former des citoyens instruits.
3. Complète la deuxième colonne avec les événements correspondants.
| Date | Événement |
|---|
| 1879 | |
| 1880 | |
| 1881 | |
| 1884 | |
| 1905 | |
Corrigé
| Date | Événement |
|---|
| 1879 | La Marseillaise devient l'hymne national |
| 1880 | Le 14 juillet devient la fête nationale |
| 1881 | Loi sur la liberté de la presse |
| 1884 | Loi autorisant les syndicats |
| 1905 | Séparation des Églises et de l'État |
<p>On répète les dates et les lois pour les avoir bien en tête. Cinq petits exercices en rafale, tous pareils. Pas de stress, juste du réflexe.</p>
À toi de jouer
1. Complète : La loi sur la liberté de la presse date de .
Corrigé
La loi sur la liberté de la presse date de 1881.
2. Complète : L'école primaire devient gratuite et obligatoire avec les lois de .
Corrigé
L'école primaire devient gratuite et obligatoire avec les lois de 1881-1882 (Jules Ferry).
3. Complète : La loi autorisant les syndicats est votée en .
Corrigé
La loi autorisant les syndicats est votée en 1884.
4. Complète : La loi de séparation des Églises et de l'État est adoptée le 9 décembre .
Corrigé
La loi de séparation des Églises et de l'État est adoptée le 9 décembre 1905.
5. Complète : La Marseillaise devient l'hymne national en .
Corrigé
La Marseillaise devient l'hymne national en 1879.
<p>Maintenant, on passe à la vitesse supérieure. Ces exercices ressemblent à ce que tu pourras avoir en contrôle : des questions de connaissance, de l'analyse de documents, et un petit développement. À toi de jouer, tu as toutes les cartes en main.</p>
Les points-clés à retenir
Pour ton contrôle, souviens-toi :
- La IIIe République naît en 1870 après la défaite de Napoléon III.
- Elle s'organise en 1875 (lois constitutionnelles).
- Elle multiplie les libertés : presse (1881), syndicats (1884), association (1901).
- L'école devient gratuite, obligatoire, laïque (Jules Ferry, 1881-1882).
- La laïcité est affirmée avec la loi de 1905.
- L'affaire Dreyfus (1894-1906) divise le pays et montre l'importance de la justice et de la presse.
- La citoyenneté est incomplète : ni les femmes ni les colonisés ne votent.
À toi de jouer
1. 1. Questions de cours. Répondez en quelques phrases.
a) Pourquoi la IIIe République s'est-elle installée dans un climat difficile ?
b) Quels sont les trois principes de l'école républicaine sous Jules Ferry ? Expliquez chacun d'eux brièvement.
Corrigé
a) La IIIe République est proclamée après la défaite militaire face à la Prusse. Le pays est en guerre, puis connaît la Commune de Paris en 1871 et lutte entre monarchistes et républicains jusqu'en 1875.
b) Les trois principes sont : gratuite (l'école ne coûte plus rien aux familles), obligatoire (tous les enfants doivent la fréquenter), laïque (elle n'enseigne pas de religion).
2. 2. Étude de document. Lis le texte suivant, puis réponds aux questions.
« Le capitaine Dreyfus, officier de l'armée française, est condamné en 1894 pour trahison au profit de l'Allemagne. Mais très vite, des doutes apparaissent sur sa culpabilité. L'affaire prend une ampleur nationale lorsque l'écrivain Émile Zola publie en 1898 un article virulent intitulé 'J'accuse…!'. La France se divise en deux camps : les dreyfusards, qui défendent l'innocence de Dreyfus et la justice, et les antidreyfusards, souvent antisémites. Dreyfus est finalement réhabilité en 1906. »
a) Quel rôle joue Émile Zola dans l'affaire Dreyfus ?
b) Pourquoi cette affaire a-t-elle divisé la société française ?
c) Quel principe fondamental de la IIIe République cette affaire met-elle en lumière ?
Corrigé
a) Émile Zola dénonce l'erreur judiciaire par un article très critique qui mobilise l'opinion publique.
b) Elle divise la société car elle oppose ceux qui veulent la justice et la vérité (dreyfusards) à ceux qui refusent de remettre en cause la condamnation, souvent par antisémitisme ou par patriotisme mal compris (antidreyfusards).
c) L'affaire met en lumière la liberté de la presse (loi de 1881) et l'indépendance de la justice.
3. 3. Développement construit. Sous la forme d'un paragraphe d'une dizaine de lignes, expliquez comment la IIIe République tente de former des citoyens attachés au régime. Vous utiliserez les exemples de l'école et des symboles républicains.
Corrigé
La IIIe République veut enraciner le régime en formant des citoyens. Avec les lois de Jules Ferry (1881-1882), l'école devient gratuite, obligatoire et laïque : tous les enfants apprennent les mêmes valeurs, sans distinction sociale ni religieuse. L'école diffuse la langue française et les principes républicains. Parallèlement, la République instaure des symboles fédérateurs : La Marseillaise (1879), le 14 juillet (1880), Marianne et la devise « Liberté, Égalité, Fraternité ». Ces symboles créent une identité commune et un sentiment d'appartenance nationale.
4. 4. Analyse d'image. Observe cette Marianne (une allégorie de la République) et réponds.
[Ici, on aurait une image de Marianne, mais comme on ne peut pas la reproduire, imagine-la avec un bonnet phrygien et la devise.]
a) Quels symboles repères-tu sur cette figure ? Donne-en deux.
b) Pourquoi la République utilise-t-elle une figure féminine comme allégorie ?
Corrigé
a) On reconnaît le bonnet phrygien (symbole de liberté), la couronne de laurier, parfois le sein nu, la devise républicaine. (Réponse libre selon l'image, mais on attend des symboles républicains).
b) La République utilise une figure féminine car l'allégorie de la Liberté et de la République est traditionnelle (héritée de la Révolution). Elle incarne des valeurs universelles et maternelles.
5. 5. Question ouverte. Pourquoi peut-on dire que la citoyenneté sous la IIIe République est « incomplète » ? Appuyez-vous sur des exemples précis.
Corrigé
La citoyenneté est incomplète car malgré le suffrage universel, seuls les hommes votent : les femmes en sont exclues. De plus, les habitants des colonies françaises ne jouissent pas des mêmes droits politiques que les citoyens de métropole. La République n'est donc pas pleinement égalitaire.
<p>Tu as bien bossé. Maintenant, on prend un peu d'avance pour l'an prochain : on va réfléchir aux conséquences de cette République et à ses évolutions. Comment la laïcité ou l'école ont-elles changé la société ? Et si on interrogeait l'héritage de cette période ?</p>
Pour aller plus loin
La Troisième République a posé des fondations qui durent encore aujourd'hui. Mais des combats restaient à mener : le droit de vote des femmes (obtenu en 1944 en France) ou l'égalité dans les colonies. L'école laïque et la séparation des Églises et de l'État restent des piliers de notre République actuelle, parfois débattus. En classe de 3e et au lycée, tu étudieras comment ces principes ont été renforcés ou remis en cause.
À toi de jouer
1. 1. Rédaction d'un plaidoyer. Nous sommes en 1900. Tu es un député républicain convaincu. Rédige un court discours (5-6 lignes) pour défendre le droit de vote des femmes. Tu peux t'inspirer des valeurs de la République (liberté, égalité).
Corrigé
Proposition de corrigé : « Mes chers collègues, notre République proclame l'égalité de tous les citoyens. Pourtant, la moitié de la population française, les femmes, est privée du droit de vote. Comment justifier cette exclusion ? Les femmes travaillent, paient des impôts, éduquent les futurs citoyens. Elles méritent de participer à la vie politique. Donnons-leur le suffrage universel ! »
2. 2. Comparaison. Compare le statut des habitants de l'Algérie coloniale avec celui des citoyens de métropole sous la IIIe République. Pourquoi cette différence existe-t-elle ? Quelles questions cela pose-t-il sur les valeurs de la République ?
Corrigé
Sous la IIIe République, les habitants de l'Algérie colonisée (musulmans notamment) n'ont pas les mêmes droits que les Français de métropole : ils sont assujettis au code de l'indigénat, n'ont pas le droit de vote sauf s'ils renoncent à leur statut personnel. Cette différence contredit la devise républicaine d'égalité. Cela montre que la République est alors encore une république coloniale, où l'universalité des droits est limitée par des intérêts politiques et des préjugés raciaux.
3. 3. Débat. La loi de 1905 sur la laïcité est toujours en vigueur aujourd'hui. Quels arguments pourrais-tu avancer pour la défendre face à quelqu'un qui voudrait la supprimer ? Explique en quoi elle garantit la liberté de tous.
Corrigé
La loi de 1905 garantit la liberté de conscience : chacun est libre de croire ou de ne pas croire. En ne favorisant aucune religion, l'État assure l'égalité de tous les citoyens devant la loi. La laïcité protège les croyants comme les non-croyants et évite les conflits religieux dans la sphère publique. La supprimer risquerait de diviser la société.