Conquêtes, affirmations de puissance et rivalités : mers et océans
Pas de panique, on découvre l'essentiel. Tu as un contrôle sur les mers et océans comme espaces de conquête, mais tu n'as jamais vu ça en cours ? On va partir des bases : situer les grands océans, comprendre pourquoi la mer est devenue un enjeu, et ce que sont la mer territoriale et la ZEE. On te rend fonctionnel pour ton contrôle.
Les prérequis indispensables
Pour aborder cette notion, il faut mobiliser quelques bases de géographie et de géopolitique.
Localiser les grands océans : l'océan Pacifique, l'Atlantique, l'Indien, l'océan Arctique et l'océan Austral.
La mondialisation : c'est la mise en relation des différentes parties du monde par des flux (marchandises, capitaux, informations, personnes). Les transports maritimes en sont le principal support.
Souveraineté : capacité d'un État à exercer son autorité sur un territoire. En mer, cette souveraineté est limitée et définie par le droit international.
L'essentiel de la notion
Les mers et océans couvrent 70 % du globe. Longtemps vus comme des obstacles, ils sont aujourd'hui des espaces de conquête et de rivalités.
A. De nouveaux espaces de conquête
On cherche à les connaître (cartographie, exploration des fonds).
On les délimite : la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM, 1982) définit plusieurs zones :
Mer territoriale : 12 milles marins depuis la côte, où l'État côtier est pleinement souverain.
Zone économique exclusive (ZEE) : jusqu'à 200 milles marins, où l'État détient des droits exclusifs sur les ressources (pêche, hydrocarbures). La France possède l'une des plus vastes ZEE du monde.
On convoite leurs ressources : pêche, pétrole/gaz offshore, minerais des grands fonds. Ces convoitises nourrissent des rivalités (exemple : mer de Chine méridionale).
B. Au cœur de la mondialisation
Le commerce mondial repose sur le transport maritime : la conteneurisation a fait exploser les flux sur de grandes routes qui relient les façades portuaires.
Des points de passage stratégiques, où les flux se concentrent, sont des enjeux géopolitiques majeurs : canal de Suez, canal de Panama, détroit de Malacca, détroit d'Ormuz.
À toi de jouer
1. Associe chaque zone maritime à sa largeur en complétant le texte avec les nombres qui conviennent : La mer territoriale s'étend jusqu'à milles marins. La ZEE s'étend jusqu'à milles marins.
Corrigé
La mer territoriale s'étend jusqu'à 12 milles marins. La ZEE s'étend jusqu'à 200 milles marins.
2. Parmi ces points de passage, lequel est un détroit situé entre l'océan Indien et le Pacifique ? Canal de Suez Détroit de Malacca Détroit d'Ormuz (Coche la bonne réponse)
Corrigé
Le détroit de Malacca est situé entre l'océan Indien et le Pacifique.
3. Observe le schéma des zones maritimes (figure ci-dessus). Nomme la zone où l'État côtier possède une souveraineté pleine et entière : .
Corrigé
La mer territoriale.
Ah oui, la mer territoriale, la ZEE, les points d'étranglement... ça te revient maintenant ? On va structurer tout ça avec une méthode pour analyser un espace maritime. Après, tu pourras expliquer pourquoi la mer de Chine méridionale est un nœud de tensions.
Le cadre juridique : la CNUDM
La Convention des Nations unies sur le droit de la mer (Montego Bay, 1982) fixe les règles. Les deux zones principales :
Mer territoriale : 12 milles marins (1 mille = 1,852 km) à partir de la ligne de base. L'État côtier y exerce une souveraineté complète (eaux, fond, sous-sol, espace aérien).
Zone économique exclusive (ZEE) : jusqu'à 200 milles marins. L'État côtier a des droits exclusifs sur l'exploration et l'exploitation des ressources (pêche, hydrocarbures) mais les autres États peuvent y naviguer librement.
Des espaces convoités et militarisés
Les ressources (halieutiques, hydrocarbures, minéraux) attisent les rivalités entre États pour le contrôle des ZEE. La puissance navale (flottes, bases) reste un attribut de puissance. Exemple : en mer de Chine méridionale, plusieurs États (Chine, Vietnam, Philippines…) se disputent la souveraineté d'îlots et le contrôle de routes stratégiques.
Les artères de la mondialisation
Plus de 80 % du commerce mondial de marchandises emprunte la mer. La conteneurisation a standardisé et accéléré les échanges. Les flux empruntent des grandes routes reliant les principales façades maritimes (Asie orientale, Europe, Amérique du Nord). Des points de passage stratégiques (ou chokepoints) sont des passages obligés :
Canal de Suez (Égypte) : Méditerranée – mer Rouge
Canal de Panama : Atlantique – Pacifique
Détroit de Malacca : océan Indien – Pacifique
Détroit d'Ormuz : golfe Persique – golfe d'Oman, crucial pour le pétrole
Méthode : analyser un espace maritime sous tension
Localiser l'espace : quel océan/mer, quels États riverains.
Préciser le statut juridique : mer territoriale, ZEE, haute mer, plateau continental étendu.
Identifier les enjeux : ressources (pêche, hydrocarbures), routes maritimes, souveraineté.
Nommer les acteurs : États côtiers, grandes puissances, organisations internationales.
Décrire les tensions : revendications, militarisation, recours aux tribunaux (ex : Tribunal international du droit de la mer).
À toi de jouer
1. Complète le tableau récapitulatif des zones maritimes :
Zone
Largeur
Droits de l'État côtier
Mer territoriale
milles
ZEE
Jusqu'à milles
Droits exclusifs sur les
Corrigé
Mer territoriale : 12 milles, souveraineté pleine et entière. ZEE : jusqu'à 200 milles, droits exclusifs sur les ressources.
2. En t'aidant de la méthode vue en fiche, explique en quelques phrases l'importance du détroit de Malacca. Complète les trous : Le détroit de Malacca se situe entre l'océan et l'océan . C'est un point de passage stratégique car il concentre une grande partie du mondial, notamment les hydrocarbures en provenance du . Les pays riverains (Indonésie, Malaisie, Singapour) et les grandes puissances comme les États-Unis et la Chine veulent en assurer la .
Corrigé
Le détroit de Malacca se situe entre l'océan Indien et l'océan Pacifique. C'est un point de passage stratégique car il concentre une grande partie du commerce maritime mondial, notamment les hydrocarbures en provenance du golfe Persique. Les pays riverains (Indonésie, Malaisie, Singapour) et les grandes puissances comme les États-Unis et la Chine veulent en assurer la liberté de navigation.
On répète les bases pour que ça devienne automatique. Cinq fois la même petite tâche : tu vas retenir les distances des zones maritimes et les noms des points clés. Pas de stress, on y va en mode robot.
À toi de jouer
1. 1. La mer territoriale s'étend jusqu'à milles marins.
Corrigé
12
2. 2. La zone économique exclusive (ZEE) s'étend jusqu'à milles marins.
Corrigé
200
3. 3. Dans la mer territoriale, l'État côtier exerce une souveraineté .
Corrigé
pleine et entière
4. 4. Le détroit de est un point de passage stratégique entre l'océan Indien et le Pacifique.
Corrigé
Malacca
5. 5. Le canal de relie la mer Méditerranée à la mer Rouge.
Corrigé
Suez
Tu maîtrises les bases, maintenant on passe aux exercices types contrôle. Problèmes, études de cas, cartes à analyser. On va vérifier que tu sais mobiliser tes connaissances pour rédiger des réponses argumentées.
À toi de jouer
1. Exercice 1 : analyse de carte Observe la carte des principales routes maritimes et points d'étranglement (figure). 1. Nomme les quatre points de passage stratégiques indiqués par un point rouge. 2. Justifie l'importance de l'un d'entre eux en une phrase. 3. Explique ce qu'est un point d'étranglement et pourquoi il constitue un enjeu géopolitique.
Corrigé
1. Les points sont : 1 (canal de Panama ?), 2 (canal de Suez ?), 3 (détroit d'Ormuz ?), 4 (détroit de Malacca ?). Selon la légende, 1=Panama, 2=Suez, 3=Ormuz, 4=Malacca. 2. Exemple : Le détroit d'Ormuz est crucial car il voit transiter une grande partie du pétrole mondial. 3. Un point d'étranglement est un passage maritime resserré qui concentre les flux. Il constitue un enjeu géopolitique car son contrôle permet d'influencer le commerce mondial, et un blocage peut provoquer des crises internationales.
2. Exercice 2 : question de synthèse En un paragraphe structuré, montre que les mers et océans sont à la fois des espaces de conquête et des vecteurs de la mondialisation. Tu utiliseras les notions de ZEE, routes maritimes et points de passage stratégiques, ainsi qu'un exemple de tension.
Corrigé
Les mers et océans sont des espaces de conquête car les États cherchent à étendre leur souveraineté sur les zones maritimes, notamment via la ZEE prévue par la CNUDM, afin d'exploiter les ressources (pêche, hydrocarbures). Cela génère des rivalités, comme en mer de Chine méridionale. Parallèlement, ils sont au cœur de la mondialisation car le commerce mondial dépend du transport maritime, les marchandises empruntant de grandes routes qui passent par des points de passage stratégiques (Suez, Malacca, etc.). Ainsi, la maîtrise des mers et le contrôle des flux sont des enjeux majeurs de puissance.
3. Exercice 3 : mise en situation Tu représentes la France lors d'une négociation sur le droit de la mer. Rédige un court argumentaire pour défendre l'importance de la ZEE française et le respect de la CNUDM.
Corrigé
La France possède la deuxième plus vaste ZEE du monde grâce à ses territoires d'outre-mer. Cette ZEE est une source de richesse (pêche, hydrocarbures) et un atout stratégique. Respecter la CNUDM, c'est garantir les droits exclusifs de la France sur ces ressources et assurer la stabilité juridique des espaces maritimes. La France appelle donc au respect des zones définies par le droit international pour éviter les conflits.
4. Exercice 4 : étude de cas La mer de Chine méridionale est un espace de tensions. À l'aide du cours, identifie trois raisons qui expliquent ces rivalités.
Corrigé
1. Des ressources halieutiques et des hydrocarbures potentiels sont convoités par plusieurs États riverains. 2. Des revendications de souveraineté sur des îlots (archipels des Spratly, Paracels) se superposent. 3. C'est une route maritime cruciale pour le commerce mondial, ce qui pousse les grandes puissances (États-Unis) à contester l'affirmation chinoise.
Tu avales le programme de Terminale sans souci, alors on va plus loin. On anticipe les sujets qui pourraient arriver en prépa ou en fac : la gouvernance des grands fonds marins, les nouvelles tensions en Arctique, la notion de 'mer commune' ou la géopolitique des câbles sous-marins. Tu es prêt à briller.
Nouveaux horizons de conquête et de régulation
Au-delà du programme, d'autres enjeux montent en puissance.
L'Arctique : la fonte des glaces ouvre de nouvelles routes maritimes (passage du Nord-Ouest, route du Nord-Est) et facilite l'exploitation de ressources. Les États riverains (Russie, Canada, Danemark, Norvège, États-Unis) étendent leurs revendications sur le plateau continental.
Les grands fonds marins : riches en minéraux (nodules polymétalliques, sulfures), ils échappent aux juridictions nationales. L'Autorité internationale des fonds marins tente de réguler leur exploitation, mais les intérêts des États poussent à une course à l'appropriation.
Câbles sous-marins : 99 % des communications intercontinentales passent par ces câbles. Leur contrôle et leur protection deviennent un enjeu de souveraineté et de cybersécurité.
À toi de jouer
1. Exercice 1 : l'Arctique, nouvel espace de rivalité En vous appuyant sur le cours et les informations de la fiche, rédigez un paragraphe argumenté montrant que l'Arctique est un espace de conquête et de tensions multipolaires.
Corrigé
L'Arctique, autrefois périphérique, devient un espace de conquête en raison du réchauffement climatique. La fonte des glaces permet l'ouverture de nouvelles routes maritimes, réduisant les distances commerciales entre l'Asie et l'Europe. De plus, des ressources importantes (pétrole, gaz) deviennent accessibles. Les États riverains (Russie en tête) élargissent leurs revendications de plateau continental, ce qui génère des tensions diplomatiques et une militarisation accrue. D'autres acteurs comme la Chine s'y intéressent également, faisant de l'Arctique un théâtre de rivalités multipolaires.
2. Exercice 2 : débat sur les grands fonds Vous participez à une simulation de l'Autorité internationale des fonds marins. Un État A demande l'autorisation d'exploiter des nodules polymétalliques dans une zone internationale. Un État B s'y oppose par crainte de dommages environnementaux. Rédigez deux courts discours (un pour chaque État) résumant leurs positions.
Corrigé
État A (favorable) : L'exploitation des nodules polymétalliques est essentielle pour sécuriser l'approvisionnement en métaux critiques pour nos industries. Le droit international, via la CNUDM, prévoit cette exploitation au profit de toute l'humanité, avec un encadrement. Notre technologie respectueuse minimise l'impact environnemental, et les redevances versées à l'AIFM bénéficieront à tous. État B (opposé) : Les écosystèmes des grands fonds sont encore méconnus ; une exploitation précipitée pourrait causer des dégâts irréversibles. Le principe de précaution doit s'appliquer : nous demandons un moratoire jusqu'à ce que les études d'impact soient approfondies. Les métaux peuvent être recyclés ou trouvés ailleurs, la préservation de ce patrimoine commun de l'humanité doit primer.
3. Exercice 3 : perspective critique La notion de 'point d'étranglement' peut aussi être un avantage pour l'État qui le contrôle. Discutez cette affirmation en prenant l'exemple du canal de Suez pour l'Égypte.
Corrigé
Le canal de Suez, point d'étranglement majeur, procure à l'Égypte des revenus considérables (droits de passage) et un poids géopolitique : elle peut menacer de bloquer le canal en cas de conflit. Cela lui confère un levier de négociation dans les affaires régionales. Cependant, cela la place aussi sous pression internationale pour garantir la liberté de navigation, et en fait une cible potentielle en cas de tensions. Ainsi, le contrôle d'un chokepoint est un atout stratégique mais s'accompagne de risques.