Contrôle demain et « phrase complexe » ne t'évoque rien ? Respire : ce chapitre tient dans un réflexe et un tableau. Le réflexe : compter les verbes conjugués. Le tableau : trois façons de relier les propositions — la ponctuation seule, un mot de liaison, ou une hiérarchie. Apprends ces trois lignes, les trois sortes de subordonnées et les quatre confusions qui reviennent dans toutes les copies : avec ça tu traites l'essentiel du chapitre.

Le réflexe qui vaut la moitié des points : compter les verbes

Une proposition est un groupe de mots organisé autour d'un verbe conjugué. Apprends la définition telle quelle : c'est elle qui commande tout le reste du chapitre.

De là, deux mots à ne jamais confondre :

  • une phrase simple ne contient qu'une seule proposition ;
  • une phrase complexe en contient au moins deux.

Les deux exemples de référence :

  • Le vent soufflait.un verbe conjugué → phrase simple.
  • Le vent soufflait et la mer était agitée.deux verbes conjugués (soufflait, était) → deux propositionsphrase complexe.

Le premier geste est donc toujours le même : souligne les verbes conjugués. Un verbe conjugué = une proposition. Ensuite seulement, tu regardes ce qu'il y a entre les propositions : c'est ce mot de liaison qui détermine le type de rapport entre elles.

Les trois façons de relier — le tableau à apprendre ce soir

Si tu n'apprends qu'une chose, apprends ce tableau. Presque toutes les questions du chapitre s'y ramènent.

JuxtapositionCoordinationSubordination
Ce qui relieun signe de ponctuation et rien d'autre : virgule, point-virgule, deux-pointsune conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou un adverbe de liaison (puis, alors, cependant, pourtant, en effet…)un pronom relatif ou une conjonction de subordination
Y a-t-il un mot de liaison ?Non, aucunOuiOui
Rapport entre les propositionsmême rang syntaxiquemême rang syntaxiquehiérarchie : une principale, une subordonnée
ExempleLe vent soufflait ; la pluie tombait.Je voulais partir, mais il pleuvait.J'ai lu le livre que tu m'as prêté.

La ligne décisive est la troisième. Juxtaposition et coordination placent les propositions sur le même rang : aucune ne dépend de l'autre. La subordination, elle, crée une hiérarchie : la proposition principale peut fonctionner seule, la proposition subordonnée en dépend et ne peut pas fonctionner seule.

Deux repères pour la nuit d'avant : pas de mot de liaison → juxtaposition ; un mot de liaison → il faut regarder lequel, parce que c'est là que se joue la différence entre coordination et subordination.

Les trois subordonnées, en trois lignes

Quand tu as reconnu une subordination, il reste à dire laquelle. On les distingue par leur introducteur, c'est-à-dire le mot qui les ouvre.

SubordonnéeIntroduite parCe qu'elle faitExemple
Relativeun pronom relatif : qui, que, dont, où, lequel…elle complète un nom ou un pronomJ'ai lu le livre que tu m'as prêté.
Conjonctiveune conjonction de subordination : que, parce que, lorsque, si, bien que, pour que…elle est complétive (COD du verbe) ou circonstancielle (cause, temps, but, condition…)Je sais que tu viendras. (complétive)
Il est parti parce qu'il était fatigué. (cause)
Interrogative indirectesi, ce que, ce qui, comment, pourquoi, quand…elle exprime une question enchâssée dans la phraseElle se demande s'il viendra.

Le test qui départage principale et subordonnée, si tu hésites : essaie de détacher le morceau et d'en faire une phrase. J'ai lu le livre. tient debout — c'est la principale. Que tu m'as prêté. ne tient pas debout — c'est la subordonnée.

La méthode, en cinq temps

C'est la démarche à appliquer telle quelle devant n'importe quelle phrase, même une phrase que tu n'as jamais vue.

  • 1. Repérer et compter les verbes conjugués. Chaque verbe conjugué = une proposition. Deux verbes ou plus : la phrase est complexe.
  • 2. Chercher un mot de liaison entre les propositions.
  • 3. Aucun mot de liaison — seulement une virgule, un point-virgule ou des deux-points → juxtaposition.
  • 4. Une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou un adverbe de liaison (puis, alors, cependant, pourtant, en effet…) → coordination.
  • 5. Un pronom relatif ou une conjonction de subordinationsubordination : tu identifies alors la principale, puis la nature de la subordonnée (relative, conjonctive, interrogative indirecte).

Applique-la une fois, à voix haute, sur Elle a travaillé dur ; cependant, elle a échoué. Deux verbes conjugués (a travaillé, a échoué) → phrase complexe. Un mot de liaison ? Oui, cependant, qui est un adverbe de liaison → coordination. Le point-virgule ne change rien : dès qu'il y a un mot de liaison, on n'est plus dans la juxtaposition.

Les quatre phrases qui coûtent des points

Quatre confusions reviennent dans presque toutes les copies. Les connaître la veille, c'est du barème gratuit.

  • « Car introduit une subordonnée » — non. « Car » est une conjonction de coordination, exactement comme mais ou donc. Une phrase reliée par car est coordonnée, pas subordonnée.
  • « Que = subordonnée conjonctive » — pas toujours. « Que » peut être pronom relatif (le film que j'ai vu) ou conjonction de subordination (je veux que tu viennes) : selon le cas, la nature de la subordonnée n'est pas la même.
  • « Parce qu'il pleut. » — grammaticalement incorrect comme phrase. Une proposition subordonnée ne peut pas constituer une phrase à elle seule : elle a besoin de sa principale.
  • « Cependant / pourtant introduisent une subordonnée » — non. Ce sont des adverbes de liaison : ils coordonnent, ils n'introduisent pas de subordonnée. Ne les confonds pas avec des conjonctions de subordination.

Et le réflexe de rédaction, si on te demande d'analyser une phrase : dis combien de propositions (donc combien de verbes conjugués), nomme le lien (juxtaposition, coordination, subordination), cite le mot de liaison — et, si c'est une subordination, précise la nature de la subordonnée. Quatre éléments, quatre occasions de marquer.

Juxtaposition, coordination, subordination : les trois mots te reviennent, mais dans le désordre — et tu ne sais plus lequel implique une hiérarchie. On remet tout en place, dans l'ordre : la définition exacte de la proposition, la frontière phrase simple / phrase complexe, puis les trois liens un par un, les trois sortes de subordonnées, et la méthode en cinq temps qui permet d'attaquer n'importe quelle phrase, même inconnue.

1. La brique de base : la proposition

Tout le chapitre repose sur une seule définition, et elle est courte : une proposition est un groupe de mots organisé autour d'un verbe conjugué.

Deux mots comptent dans cette phrase. « Organisé autour » : la proposition, ce n'est pas le verbe tout seul, c'est le verbe avec ce qui gravite autour de lui — son sujet, ses compléments. Dans Le vent soufflait, la proposition, c'est les trois mots ensemble, pas seulement soufflait. Et « conjugué » : c'est le verbe conjugué qui fait exister une proposition — c'est lui qu'on compte.

Conséquence pratique, et c'est le geste central du chapitre : compter les verbes conjugués d'une phrase, c'est compter ses propositions. Un verbe conjugué, une proposition. Trois verbes conjugués, trois propositions.

2. Phrase simple, phrase complexe

De la définition de la proposition découle immédiatement la distinction que le chapitre met en jeu :

  • une phrase simple ne contient qu'une seule proposition ;
  • une phrase complexe en contient au moins deux.

Regarde la paire minimale :

  • Le vent soufflait. — un seul verbe conjugué, soufflait. Une proposition. Phrase simple.
  • Le vent soufflait et la mer était agitée. — deux verbes conjugués, soufflait et était. Deux propositions. Phrase complexe.

« Complexe » ne veut donc pas dire « longue » ni « compliquée » : cela veut dire plusieurs propositions, rien d'autre. Une phrase peut être longue et rester simple ; une phrase de six mots peut être complexe.

Et une fois qu'on sait qu'une phrase est complexe, la vraie question commence : comment ses propositions sont-elles reliées ? Pour y répondre, on regarde le mot de liaison placé entre elles — c'est lui qui détermine le type de rapport. Il y a trois cas, et trois seulement.

3. La juxtaposition : la ponctuation, et rien d'autre

Juxtaposition : les propositions sont reliées uniquement par un signe de ponctuation, sans mot de liaison. Les signes concernés sont la virgule, le point-virgule et les deux-points.

Point capital, qu'on oublie souvent : les propositions juxtaposées ont le même rang syntaxique. Aucune ne dépend de l'autre ; on pourrait presque les séparer en deux phrases.

  • Il cria : personne ne répondit. — deux verbes conjugués (cria, répondit), reliés par des deux-points, aucun mot de liaison.
  • Le vent soufflait ; la pluie tombait. — deux verbes conjugués (soufflait, tombait), reliés par un point-virgule, aucun mot de liaison.

Le critère est donc négatif : ce qui définit la juxtaposition, c'est l'absence de mot de liaison. Dès qu'un mot de liaison apparaît entre les deux propositions, on quitte la juxtaposition — même si la ponctuation, elle, reste là.

4. La coordination : un mot de liaison, mais toujours pas de hiérarchie

Coordination : les propositions sont reliées par un mot de liaison, qui peut être de deux sortes.

  • une conjonction de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car ;
  • un adverbe de liaison : puis, alors, cependant, pourtant, en effet…

Et — c'est le point qui rapproche la coordination de la juxtaposition — les propositions coordonnées ont également le même rang syntaxique. Le mot de liaison précise le rapport de sens entre elles, mais il n'en soumet aucune à l'autre.

  • Je voulais partir, mais il pleuvait. — deux verbes conjugués (voulais, pleuvait), reliés par la conjonction de coordination mais.
  • Elle a travaillé dur ; cependant, elle a échoué. — deux verbes conjugués (a travaillé, a échoué), reliés par l'adverbe de liaison cependant.

Le second exemple mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il piège beaucoup de monde : il y a un point-virgule, comme dans une juxtaposition. Mais il y a aussi un mot de liaison, cependant. Et c'est le mot de liaison qui tranche : coordination. Retiens la hiérarchie des indices — on regarde d'abord s'il y a un mot de liaison ; la ponctuation ne décide que s'il n'y en a aucun.

Petit moyen mnémotechnique pour la liste des sept conjonctions de coordination, dans l'ordre exact du cours : « Mais où est donc Ornicar ? » — mais, ou, et, donc, or, ni, car.

5. La subordination : là où apparaît une hiérarchie

C'est le troisième cas, et le seul qui change la nature du rapport. La subordination crée une hiérarchie entre les propositions :

  • la proposition principale peut fonctionner seule ;
  • la proposition subordonnée en dépend et ne peut pas fonctionner seule.

C'est ce qui distingue radicalement la subordination des deux autres liens : juxtaposition et coordination mettent les propositions sur le même rang ; la subordination en subordonne une à l'autre, comme le mot le dit.

D'où le test le plus simple du chapitre : détache le morceau et essaie d'en faire une phrase. Dans J'ai lu le livre que tu m'as prêté., J'ai lu le livre. tient debout tout seul → c'est la principale. Que tu m'as prêté. ne tient pas debout → c'est la subordonnée.

6. Les trois sortes de subordonnées

Reconnaître une subordination ne suffit pas : il faut dire de quelle subordonnée il s'agit. On les distingue selon leur introducteur, c'est-à-dire selon le mot qui les ouvre. Il y en a trois.

La subordonnée relative — introduite par un pronom relatif (qui, que, dont, où, lequel…). Elle complète un nom ou un pronom — le nom ou le pronom qu'elle complète est son antécédent, et il est placé juste avant elle.
Ex. : J'ai lu le livre que tu m'as prêté. — la relative complète le nom livre.

La subordonnée conjonctive — introduite par une conjonction de subordination (que, parce que, lorsque, si, bien que, pour que…). Elle se présente sous deux visages :

  • complétive : elle est COD du verbe de la principale.
    Ex. : Je sais que tu viendras. — on sait quoi ? que tu viendras.
  • circonstancielle : elle exprime une circonstance — cause, temps, but, condition…
    Ex. : Il est parti parce qu'il était fatigué. — circonstancielle de cause.

La subordonnée interrogative indirecte — introduite par si, ce que, ce qui, comment, pourquoi, quand… Elle exprime une question enchâssée dans la phrase : la question n'est plus posée directement, elle est intégrée à la phrase, sans point d'interrogation.
Ex. : Elle se demande s'il viendra.

7. La méthode complète, en cinq temps

Voici la démarche à dérouler, dans cet ordre, devant n'importe quelle phrase.

  • 1. Repérer et compter les verbes conjugués. Chaque verbe conjugué = une proposition. Un seul : phrase simple, l'analyse s'arrête là. Deux ou plus : phrase complexe, on continue.
  • 2. Chercher un mot de liaison entre les propositions.
  • 3. Aucun mot de liaison (seulement une virgule, un point-virgule, des deux-points) → juxtaposition.
  • 4. Une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou un adverbe de liaison (puis, alors, cependant, pourtant, en effet…) → coordination.
  • 5. Un pronom relatif ou une conjonction de subordinationsubordination. Il reste alors deux choses à faire : identifier la principale, puis préciser la nature de la subordonnée — relative, conjonctive, ou interrogative indirecte.

Note bien la logique de l'enchaînement : l'étape 2 est un aiguillage. Pas de mot de liaison → juxtaposition, point final. Mot de liaison → il faut l'identifier, parce que c'est sa nature — conjonction de coordination ou adverbe de liaison d'un côté, pronom relatif ou conjonction de subordination de l'autre — qui décide entre coordination et subordination.

8. Le tableau de synthèse

Tout le chapitre, sur trois colonnes.

JuxtapositionCoordinationSubordination
Mot de liaisonaucun — seulement une ponctuation : virgule, point-virgule, deux-pointsconjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou adverbe de liaison (puis, alors, cependant, pourtant, en effet…)pronom relatif (qui, que, dont, où, lequel…) ou conjonction de subordination (que, parce que, lorsque, si, bien que, pour que…)
Rang des propositionsmême rang syntaxiquemême rang syntaxiquehiérarchie : principale + subordonnée
Une proposition peut-elle vivre seule ?oui, les deuxoui, les deuxla principale oui ; la subordonnée non
Reste-t-il quelque chose à préciser ?nonnonoui : la nature de la subordonnée (relative / conjonctive / interrogative indirecte)
Exemples du coursIl cria : personne ne répondit.
Le vent soufflait ; la pluie tombait.
Je voulais partir, mais il pleuvait.
Elle a travaillé dur ; cependant, elle a échoué.
J'ai lu le livre que tu m'as prêté.
Je sais que tu viendras.
Elle se demande s'il viendra.

Le cours est en place ; on le met en mouvement. Ici, tout le chapitre est déroulé — la proposition, la frontière simple/complexe, les trois liens un par un, les trois subordonnées — puis cinq phrases traitées de bout en bout, une par cas de figure, plus une phrase longue qui les mélange toutes. Chaque fois, la même grille en cinq temps : compter les verbes, chercher le mot de liaison, nommer le lien, et s'il y a subordination, identifier la principale et la nature de la subordonnée.

1. La proposition, et pourquoi tout commence par le verbe

Une proposition est un groupe de mots organisé autour d'un verbe conjugué. C'est la brique. Tout le reste du chapitre consiste à décrire comment on assemble les briques.

Prends la définition au mot près. Une proposition, ce n'est pas un verbe isolé : c'est le verbe avec son sujet et ses compléments, tout le groupe qui s'organise autour de lui. Dans Le vent soufflait, la proposition, c'est les trois mots ensemble, pas seulement soufflait.

Et c'est le verbe conjugué qui compte : c'est lui, et lui seul, qui signale qu'une proposition commence. D'où la règle de comptage sur laquelle repose toute la méthode : autant de verbes conjugués, autant de propositions.

C'est pour cette raison que le premier geste, devant n'importe quelle phrase, est toujours le même : souligner les verbes conjugués. Avant de savoir comment les propositions sont reliées, il faut savoir combien il y en a.

2. Phrase simple, phrase complexe : où passe la frontière

La distinction découle directement du comptage :

  • Phrase simple : une seule proposition, donc un seul verbe conjugué.
  • Phrase complexe : au moins deux propositions, donc au moins deux verbes conjugués.

La paire de référence du cours :

  • Le vent soufflait. → 1 verbe conjugué (soufflait) → 1 proposition → phrase simple.
  • Le vent soufflait et la mer était agitée. → 2 verbes conjugués (soufflait, était) → 2 propositions → phrase complexe.

Attention au faux ami que le mot « complexe » installe dans les têtes : complexe ne veut pas dire compliquée, ni longue. Cela veut dire composée de plusieurs propositions. Une phrase peut être très longue et rester simple si elle n'a qu'un verbe conjugué ; une phrase de cinq mots est complexe dès qu'elle en a deux.

Une fois la phrase reconnue complexe, l'analyse ne fait que commencer. La question devient : par quoi les propositions sont-elles reliées ? On regarde le mot de liaison entre elles — c'est lui qui détermine le type de rapport. Trois réponses possibles, et trois seulement : juxtaposition, coordination, subordination.

3. La juxtaposition : reliées par la ponctuation seule

Définition. Dans la juxtaposition, les propositions sont reliées uniquement par un signe de ponctuation, sans mot de liaison. Les trois signes en jeu sont la virgule, le point-virgule et les deux-points.

Rang. Les propositions juxtaposées ont le même rang syntaxique : aucune ne dépend de l'autre, aucune n'est enchâssée dans l'autre. Elles sont côte à côte, sur le même plan.

Les deux exemples du cours :

  • Il cria : personne ne répondit.
  • Le vent soufflait ; la pluie tombait.

Remarque bien ce qui se passe dans le premier : les deux-points comptent comme signe de juxtaposition au même titre que la virgule ou le point-virgule. Beaucoup d'élèves croient que les deux-points « annoncent » quelque chose de spécial et refusent d'y voir une juxtaposition. C'est une erreur : tant qu'il n'y a pas de mot de liaison, c'est de la juxtaposition, quel que soit celui des trois signes utilisé.

Le critère est négatif, et c'est ce qui le rend facile à appliquer : on ne cherche pas la présence de quelque chose, on constate une absence. Pas de mot entre les deux propositions → juxtaposition, l'analyse est bouclée.

4. La coordination : un mot de liaison, deux familles

Définition. Dans la coordination, les propositions sont reliées par un mot de liaison qui appartient à l'une de ces deux familles :

  • les conjonctions de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car ;
  • les adverbes de liaison : puis, alors, cependant, pourtant, en effet…

Pour retenir la première liste dans l'ordre exact : « Mais où est donc Ornicar ? » Sept mots, sept conjonctions de coordination — et car en fait partie, ce qui te servira plus loin.

Rang. Les propositions coordonnées ont également le même rang syntaxique. C'est exactement le même statut que dans la juxtaposition : le mot de liaison précise le rapport entre les deux propositions, mais il n'en place aucune sous l'autre. Juxtaposition et coordination sont donc deux manières de faire la même chose sur le plan de la hiérarchie — la seule différence est qu'ici le rapport est dit par un mot, alors que là il était seulement suggéré par la ponctuation.

Les deux exemples du cours :

  • Je voulais partir, mais il pleuvait. — conjonction de coordination.
  • Elle a travaillé dur ; cependant, elle a échoué. — adverbe de liaison.

Le second est un cas d'école. Il contient un point-virgule — le signe même de la juxtaposition — et un mot de liaison. Lequel gagne ? Le mot de liaison, toujours. La ponctuation ne décide que lorsqu'il n'y a aucun mot de liaison. Grave cet ordre : 1) y a-t-il un mot de liaison ? 2) s'il n'y en a aucun, alors seulement la ponctuation tranche.

5. La subordination : la hiérarchie entre les propositions

Définition. La subordination crée une hiérarchie entre les propositions. Deux statuts, à distinguer soigneusement :

  • la proposition principale peut fonctionner seule ;
  • la proposition subordonnée dépend de la principale et ne peut pas fonctionner seule.

C'est la différence de fond avec les deux liens précédents. Juxtaposition et coordination : même rang, deux propositions côte à côte. Subordination : rangs différents, une proposition portée par l'autre.

Le test qui tranche à tous les coups. Isole le morceau et essaie d'en faire une phrase complète.

  • J'ai lu le livre. → ça tient debout → principale.
  • Que tu m'as prêté. → ça ne tient pas debout → subordonnée.

Ce test a un corollaire que les correcteurs adorent vérifier : une proposition subordonnée ne peut pas constituer une phrase à elle seule. Écrire « Parce qu'il pleut. » comme phrase autonome est grammaticalement incorrect.

Et quand tu as reconnu une subordination, ton analyse n'est pas finie : il reste à identifier la principale et à préciser la nature de la subordonnée. C'est l'objet de la section suivante.

6. Les trois subordonnées, identifiées par leur introducteur

On distingue trois types de subordonnées selon leur introducteur — le mot qui les ouvre. Apprends les trois introducteurs, tu sauras nommer les trois subordonnées.

a) La subordonnée relative. Introduite par un pronom relatif : qui, que, dont, où, lequel… Elle complète un nom ou un pronom — le nom ou le pronom complété est son antécédent, placé juste avant elle.

Ex. : J'ai lu le livre que tu m'as prêté. La relative que tu m'as prêté complète le nom livre. Enlève-la : J'ai lu le livre. — la phrase tient. C'est bien la principale.

b) La subordonnée conjonctive. Introduite par une conjonction de subordination : que, parce que, lorsque, si, bien que, pour que… Elle est de deux sortes :

  • complétive — elle est COD du verbe de la principale.
    Ex. : Je sais que tu viendras. Je sais quoi ? que tu viendras. C'est bien un COD.
  • circonstancielle — elle exprime une circonstance : cause, temps, but, condition…
    Ex. : Il est parti parce qu'il était fatigué. → circonstancielle de cause.

Les conjonctions de la liste te donnent d'ailleurs la valeur circonstancielle : parce quecause ; lorsquetemps ; pour quebut ; sicondition.

c) La subordonnée interrogative indirecte. Introduite par si, ce que, ce qui, comment, pourquoi, quand… Elle exprime une question enchâssée dans la phrase.

Ex. : Elle se demande s'il viendra. La question Viendra-t-il ? n'est plus posée directement : elle est intégrée à la phrase, derrière un verbe qui exprime l'interrogation (se demander). D'où son nom : la question est posée indirectement. Note l'absence de point d'interrogation à la fin — la phrase, elle, est déclarative.

7. La grille en cinq temps

C'est la même pour toutes les phrases traitées ci-dessous. Applique-la dans l'ordre, sans sauter d'étape.

  • 1. Repérer et compter les verbes conjugués : chaque verbe conjugué = une proposition.
  • 2. Chercher un mot de liaison entre les propositions.
  • 3. Aucun mot de liaison (virgule, point-virgule, deux-points) → juxtaposition.
  • 4. Conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou adverbe de liaisoncoordination.
  • 5. Pronom relatif ou conjonction de subordinationsubordination ; identifier la principale, puis la nature de la subordonnée (relative, conjonctive, interrogative indirecte).

Exemple 1 — Il cria : personne ne répondit.

Temps 1 — compter les verbes conjugués. cria (verbe crier) et répondit (verbe répondre). Deux verbes conjugués → deux propositions → la phrase est complexe.

Les deux propositions : [Il cria] et [personne ne répondit].

Temps 2 — chercher un mot de liaison. Entre les deux, il y a un signe : les deux-points. Et rien d'autre. Pas de et, pas de mais, pas de que, pas de parce que. Aucun mot de liaison.

Temps 3 — conclure. Ponctuation seule → juxtaposition.

Vérification par le rang. Les deux propositions ont le même rang syntaxique : Il cria. tient debout seul, Personne ne répondit. aussi. Aucune n'est subordonnée à l'autre — cohérent avec la juxtaposition.

Rédaction attendue : « Il cria : personne ne répondit. est une phrase complexe formée de deux propositions, Il cria et personne ne répondit. Elles sont reliées par les deux-points, sans mot de liaison : elles sont donc juxtaposées, et ont le même rang syntaxique. »

Exemple 2 — Elle a travaillé dur ; cependant, elle a échoué.

Celui-ci est le piège du chapitre. On le traite lentement.

Temps 1 — compter les verbes conjugués. a travaillé et a échoué. Attention : ce sont des temps composés, donc des verbes conjugués écrits en deux mots (auxiliaire + participe passé) — cela reste un verbe conjugué à chaque fois. Deux verbes conjugués → deux propositions → phrase complexe.

Les deux propositions : [Elle a travaillé dur] et [elle a échoué].

Temps 2 — chercher un mot de liaison. Il y a un point-virgule… mais aussi le mot cependant. Donc oui, il y a un mot de liaison.

Temps 3 — le mot de liaison l'emporte. On ne conclut à la juxtaposition que s'il n'y a aucun mot de liaison. Ici il y en a un : ce n'est pas une juxtaposition, malgré le point-virgule.

Temps 4 — identifier le mot. Cependant figure dans la liste des adverbes de liaison (puis, alors, cependant, pourtant, en effet…) → coordination.

Contrôle. Les deux propositions ont bien le même rang syntaxique : Elle a travaillé dur. et Elle a échoué. tiennent chacune debout. Un adverbe de liaison coordonne : il n'introduit pas de subordonnée.

Rédaction attendue : « Phrase complexe de deux propositions. Elles sont séparées par un point-virgule, mais reliées par l'adverbe de liaison cependant : elles sont donc coordonnées, et non juxtaposées. Elles ont le même rang syntaxique. »

Exemple 3 — J'ai lu le livre que tu m'as prêté.

Temps 1 — compter les verbes conjugués. ai lu et as prêté, deux temps composés, donc deux verbes conjugués. Deux propositions → phrase complexe.

Temps 2 — chercher le mot de liaison. Le mot que, juste après livre.

Temps 3 — identifier sa nature. Ici que n'est pas une conjonction : il reprend le nom livre qui le précède immédiatement. C'est un pronom relatifsubordination.

Temps 4 — identifier la principale. On applique le test : J'ai lu le livre. tient debout → principale. Que tu m'as prêté. ne tient pas debout → subordonnée.

Temps 5 — nommer la subordonnée. Introduite par un pronom relatif, elle complète un nom (livre, son antécédent) → subordonnée relative.

Rédaction attendue : « Phrase complexe de deux propositions. La principale est J'ai lu le livre ; que tu m'as prêté est une proposition subordonnée relative, introduite par le pronom relatif que, qui complète le nom livre. Il y a donc subordination, c'est-à-dire une hiérarchie : la subordonnée ne peut pas fonctionner seule. »

Exemple 4 — Il est parti parce qu'il était fatigué.

Temps 1 — compter les verbes conjugués. est parti et était. Deux verbes conjugués → deux propositions → phrase complexe.

Temps 2 — chercher le mot de liaison. parce que (élidé en parce qu' devant la voyelle).

Temps 3 — identifier sa nature. Parce que figure dans la liste des conjonctions de subordination (que, parce que, lorsque, si, bien que, pour que…) → subordination.

Temps 4 — identifier la principale. Il est parti. tient debout → principale. Parce qu'il était fatigué. ne tient pas debout — et c'est exactement l'exemple d'erreur du cours : cette proposition ne peut pas constituer une phrase à elle seulesubordonnée.

Temps 5 — nommer la subordonnée. Elle est introduite par une conjonction de subordination : c'est une subordonnée conjonctive. Complétive ou circonstancielle ? Elle n'est pas COD du verbe partir ; elle dit pourquoi il est parti → circonstancielle de cause.

Le réflexe à garder. Compare avec Il est parti, car il était fatigué. Le sens est très proche, mais l'analyse est tout autre : car est une conjonction de coordination, donc là il s'agit d'une coordination, avec deux propositions de même rang. Même idée de cause, deux constructions grammaticales différentes.

Exemple 5 — Elle se demande s'il viendra.

Temps 1 — compter les verbes conjugués. se demande et viendra. Deux verbes conjugués → deux propositions → phrase complexe.

Temps 2 — chercher le mot de liaison. si (élidé en s' devant il).

Temps 3 — subordination. Si n'est ni une conjonction de coordination ni un adverbe de liaison : il ouvre une proposition qui dépend de la précédente → subordination.

Temps 4 — identifier la principale. Elle se demande. tient debout → principale. S'il viendra. ne tient pas debout → subordonnée.

Temps 5 — nommer la subordonnée. Ici il faut être attentif, car si apparaît dans deux listes du cours : celle des conjonctions de subordination et celle des introducteurs d'interrogative indirecte. Ce qui tranche, c'est ce que la subordonnée exprime. Derrière se demander, s'il viendra est bien une question enchâssée dans la phrase — la question Viendra-t-il ? intégrée à une phrase déclarative. C'est donc une subordonnée interrogative indirecte.

Rédaction attendue : « Phrase complexe de deux propositions. La principale est Elle se demande ; s'il viendra est une subordonnée interrogative indirecte, introduite par si : elle exprime une question enchâssée dans la phrase. »

Exemple 6 — la phrase qui mélange tout

Dernier exercice, celui qui ressemble le plus à une vraie question de contrôle. Une phrase complexe peut combiner plusieurs types de liens à la fois.

Le vent soufflait, la pluie tombait, et les marins savaient que la nuit serait longue.

Temps 1 — compter les verbes conjugués. soufflait, tombait, savaient, serait. Quatre verbes conjugués → quatre propositions.

  • P1 : Le vent soufflait
  • P2 : la pluie tombait
  • P3 : les marins savaient
  • P4 : que la nuit serait longue

Temps 2 — examiner chaque jonction, une par une. C'est le geste qui fait la différence : on n'analyse pas « la phrase », on analyse chaque liaison.

  • Entre P1 et P2 : une virgule, aucun mot de liaison → juxtaposition. Même rang.
  • Entre P2 et P3 : le mot et, conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) → coordination. Même rang.
  • Entre P3 et P4 : le mot que. Ici que ne reprend aucun nom : il ouvre ce que les marins savaient. C'est une conjonction de subordinationsubordination.

Temps 3 — traiter la subordination jusqu'au bout. Principale : les marins savaient (ça tient debout). Subordonnée : que la nuit serait longue (ça ne tient pas debout). Nature : introduite par une conjonction de subordination → conjonctive ; et comme elle répond à « ils savaient quoi ? », elle est COD du verbecomplétive.

Bilan. Une seule phrase, trois jonctions, les trois types : P1 et P2 juxtaposées, P3 coordonnée aux précédentes, P4 subordonnée à P3. Les trois premières sont sur le même rang ; seule la quatrième est hiérarchiquement dépendante.

Retiens la leçon de cet exemple : une phrase complexe n'a pas « un » type de lien. On analyse jonction par jonction, et on nomme chaque lien séparément.

Le cours, tu l'as. Reste ce qui coûte réellement des points, et c'est presque toujours la même petite série : car qu'on prend pour une conjonction de subordination, que qu'on ne sait pas classer, si qui appartient à deux listes à la fois, le point-virgule qu'on croit décisif alors qu'un adverbe de liaison le double, la subordonnée écrite en phrase autonome, et les verbes qu'on compte de travers. On passe chaque piège en revue, avec la formulation exacte qui sauve la question.

Piège 1 — « car » n'introduit pas de subordonnée

C'est l'erreur numéro un du chapitre, et elle est facile à éviter.

« Car » est une conjonction de coordination, au même titre que mais ou donc. Il figure dans la liste des sept : mais, ou, et, donc, or, ni, car. Ce n'est pas une conjonction de subordination.

Pourquoi cette erreur est si fréquente : car exprime une idée proche de parce que, et parce que, lui, est bien une conjonction de subordination. Les élèves raisonnent sur le sens alors que la question porte sur la construction.

La paire à comparer, à mémoriser telle quelle :

  • Il est parti parce qu'il était fatigué.parce que = conjonction de subordinationsubordination : il y a une principale et une subordonnée conjonctive circonstancielle de cause.
  • Il est parti, car il était fatigué.car = conjonction de coordinationcoordination : les deux propositions ont le même rang syntaxique.

Le test qui tranche. Il n'est pas sémantique, il est purement lexical : le mot est-il dans la liste des sept conjonctions de coordination ? mais, ou, et, donc, or, ni, car. Si oui → coordination, l'analyse est close, quel que soit le rapport de sens exprimé. C'est précisément pour cela que cette liste s'apprend par cœur : elle est courte, fermée, et elle décide seule.

Contrôle de cohérence par le rang. Dans Il est parti, car il était fatigué., la seconde proposition — il était fatiguétient debout toute seule : les deux sont bien sur le même rang syntaxique. Alors que dans Il est parti parce qu'il était fatigué., Parce qu'il était fatigué. ne tient pas debout : il y a bien hiérarchie.

À retenir en une ligne : le sens ne décide pas ; c'est la nature du mot de liaison qui décide. Car = coordination. Toujours.

Piège 2 — « que » a deux vies

« Que » peut être pronom relatif ou conjonction de subordination, et la nature de la subordonnée diffère selon le cas. C'est le deuxième point où les copies se séparent.

Les deux emplois, avec les exemples du cours :

  • Pronom relatif : le film que j'ai vu. Ici que reprend un nom placé juste avant lui (film). La subordonnée qu'il ouvre est une relative, et elle complète ce nom.
  • Conjonction de subordination : je veux que tu viennes. Ici que ne reprend rien du tout : il sert seulement à raccrocher la subordonnée au verbe. La subordonnée est une conjonctive.

La méthode de tri, en deux questions.

  • Question 1 : qu'y a-t-il juste avant que ? Un nom ou un pronom que que reprend → pronom relatif → subordonnée relative. Un verbeconjonction de subordination → subordonnée conjonctive.
  • Question 2 : la subordonnée répond-elle à « quoi ? » posé au verbe ? Si oui, elle est COD du verbe : c'est une conjonctive complétive.

Applique aux deux exemples de référence du cours :

  • J'ai lu le livre que tu m'as prêté. — avant que, le nom livre, que que reprend → pronom relatifsubordonnée relative, qui complète le nom livre.
  • Je sais que tu viendras. — avant que, le verbe sais. Je sais quoi ? que tu viendras → COD → subordonnée conjonctive complétive.

Ce qui te fait perdre le point : écrire « subordonnée introduite par que » et s'arrêter là. Le correcteur attend le nom du type : relative ou conjonctive. Ne t'arrête jamais au mot introducteur.

Piège 3 — « si » appartient à deux listes

Regarde bien les listes du cours : si y apparaît deux fois. Dans les conjonctions de subordination (que, parce que, lorsque, si, bien que, pour que…) et dans les introducteurs d'interrogative indirecte (si, ce que, ce qui, comment, pourquoi, quand…). Ce n'est pas une coquille : si peut ouvrir deux subordonnées de nature différente.

Ce qui départage : ce que la subordonnée exprime.

  • Si la subordonnée est une question enchâssée dans la phrase — typiquement derrière un verbe comme se demander — c'est une interrogative indirecte.
    Ex. : Elle se demande s'il viendra. Repose la question directement : Viendra-t-il ? Ça marche → interrogative indirecte.
  • Si la subordonnée pose une condition, c'est une conjonctive circonstancielle — la condition fait partie des valeurs circonstancielles listées par le cours (cause, temps, but, condition…).
    Ex. : S'il pleut, je ne partirai pas. Impossible d'en refaire une question : ce n'est pas une interrogative indirecte.

Le test à un geste : essaie de transformer la subordonnée en question directe. Si ça donne une vraie question, c'est une interrogative indirecte. Sinon, c'est une circonstancielle.

Et n'oublie pas le détail qui trahit une copie pressée : dans une interrogative indirecte, la phrase ne prend pas de point d'interrogation. Elle se demande s'il viendra. se termine par un point. La question est rapportée, elle n'est plus posée.

Piège 4 — le point-virgule ne décide pas tout seul

Beaucoup d'élèves apprennent « point-virgule = juxtaposition » et se font piéger par le deuxième exemple de coordination du cours.

Elle a travaillé dur ; cependant, elle a échoué.

Il y a bien un point-virgule. Mais il y a aussi cependant, qui est un adverbe de liaison. Or la définition est stricte : il y a juxtaposition quand les propositions sont reliées uniquement par un signe de ponctuation, sans mot de liaison. Ici il y a un mot de liaison → coordination.

La règle d'ordre à graver :

  • 1. Je cherche d'abord un mot de liaison.
  • 2. S'il n'y en a aucun → la ponctuation tranche → juxtaposition.
  • 3. S'il y en a un → j'identifie sa nature → coordination ou subordination. La ponctuation ne joue plus aucun rôle.

Le piège symétrique, moins connu mais tout aussi coûteux : les deux-points. Il cria : personne ne répondit. — certains refusent d'y voir une juxtaposition parce que les deux-points « annoncent » quelque chose. Erreur : les deux-points sont l'un des trois signes de juxtaposition, avec la virgule et le point-virgule. Aucun mot de liaison → juxtaposition.

Piège 5 — une subordonnée ne fait pas une phrase

C'est un point de correction de la langue, pas seulement d'analyse : il peut te coûter des points en grammaire et en rédaction.

Une proposition subordonnée ne peut pas constituer une phrase à elle seule. Écrire :

« Parce qu'il pleut. »

… comme phrase autonome est grammaticalement incorrect. Ce groupe est une subordonnée : par définition, il dépend d'une principale et ne peut pas fonctionner seul. Il lui manque ce dont il dépend.

Comment on corrige : on lui rend sa principale. Il ne sortira pas parce qu'il pleut. — la subordonnée est maintenant accrochée à une proposition qui, elle, peut fonctionner seule.

Le même test sert dans les deux sens, et c'est ce qui rend ce point si utile. Le fait qu'une subordonnée ne tienne pas debout seule est à la fois :

  • une règle à respecter quand tu écris ;
  • et l'outil qui te permet de la reconnaître dans une analyse : Que tu m'as prêté. ne tient pas debout → c'est la subordonnée ; J'ai lu le livre. tient debout → c'est la principale.

Piège 6 — les adverbes de liaison coordonnent

Ne confonds pas adverbes de liaison et conjonctions de subordination. Un adverbe de liaison coordonne : il n'introduit pas de subordonnée.

Les adverbes de liaison à connaître : puis, alors, cependant, pourtant, en effet… Ce sont eux qui piègent, parce qu'ils expriment des rapports de sens forts — et qu'on associe volontiers « rapport de sens fort » à « subordination ». C'est exactement le même faux raisonnement que pour car.

Le contrôle qui ne trompe pas : le rang. Après un adverbe de liaison, la proposition reste sur le même rang syntaxique que la précédente. Elle pourrait fonctionner seule.

  • Elle a travaillé dur ; cependant, elle a échoué.Elle a échoué. tient debout → même rangcoordination.
  • Il est parti parce qu'il était fatigué.Parce qu'il était fatigué. ne tient pas debout → hiérarchiesubordination.

Un indice de forme, en bonus. Regarde l'exemple du cours : cependant y est détaché par la ponctuation (point-virgule avant, virgule après), et on pourrait tout aussi bien écrire elle a, cependant, échoué — un adverbe de liaison se déplace dans sa proposition. Une conjonction de subordination, elle, est soudée en tête de sa subordonnée et ne bouge pas : on ne dira jamais il était parce qu' fatigué.

Piège 7 — compter les verbes proprement

Toute la méthode repose sur l'étape 1 : chaque verbe conjugué = une proposition. Si tu comptes mal, tout ce qui suit est faux. Trois façons de mal compter.

a) Un temps composé, c'est un seul verbe conjugué. a travaillé, a échoué, ai lu, as prêté, est parti : deux mots à l'écrit, un verbe conjugué. Ne compte pas l'auxiliaire séparément du participe passé — tu doublerais artificiellement le nombre de propositions.

b) Seuls les verbes conjugués comptent. La définition du cours est nette : une proposition est un groupe de mots organisé autour d'un verbe conjugué. Dans Il veut partir., il y a bien deux verbes — mais un seul est conjugué (veut) ; partir est à l'infinitif. Une seule proposition → phrase simple.

c) La subordonnée a son propre verbe conjugué, donc elle compte. C'est l'erreur inverse : certains ne comptent que la principale. Dans Je sais que tu viendras., il y a deux verbes conjugués (sais, viendras), donc deux propositions, donc une phrase complexe. Une subordonnée est une proposition à part entière : elle est simplement dépendante, pas inexistante.

Le geste sûr : souligne les verbes conjugués avant de chercher quoi que ce soit d'autre, et écris le nombre dans la marge. Tu sauras ensuite combien de propositions tu dois retrouver — et donc combien de jonctions tu dois analyser : une de moins que le nombre de propositions.

Piège 8 — une phrase, plusieurs liens

Dernier point, et il fait perdre des points sur les phrases longues : on demande souvent « quel est le type de lien ? » comme s'il n'y en avait qu'un. Une phrase complexe de trois ou quatre propositions contient plusieurs jonctions, et chaque jonction a son propre type.

Le vent soufflait, la pluie tombait, et les marins savaient que la nuit serait longue.

Quatre verbes conjugués → quatre propositions → trois jonctions, à traiter séparément :

  • Le vent soufflait / la pluie tombait : virgule seulejuxtaposition.
  • la pluie tombait / les marins savaient : et, conjonction de coordination → coordination.
  • les marins savaient / que la nuit serait longue : que, conjonction de subordination → subordination (conjonctive complétive, COD de savaient).

La méthode de rédaction qui rapporte : numérote les propositions, puis traite les jonctions une par une, dans l'ordre. Une phrase par jonction. Tu ne peux pas en oublier une, et le correcteur voit exactement ce que tu as identifié.

Le plan de réponse complet, à réutiliser tel quel :

  • 1. Nombre de verbes conjugués → nombre de propositions → phrase simple ou complexe.
  • 2. Délimiter et citer chaque proposition.
  • 3. Pour chaque jonction : citer le mot de liaison (ou signaler son absence), donner sa nature, nommer le lien.
  • 4. Pour chaque subordination : nommer la principale, la subordonnée, et la nature de celle-ci — relative, conjonctive (complétive ou circonstancielle), interrogative indirecte.
  • 5. Conclure sur le rang : même rang syntaxique pour la juxtaposition et la coordination, hiérarchie pour la subordination.

Tu tiens le chapitre ? Alors soulève le capot. Ce cours ne t'a pas seulement appris trois étiquettes : il t'a fait manipuler une seule opposition de fond — des propositions de même rang, ou des propositions hiérarchisées — et il t'a donné un outil qui, au lycée, ne servira plus à répondre « juxtaposition » mais à expliquer ce qu'un auteur fabrique avec sa syntaxe. Voici ce qui se cache derrière, et ce qui vient ensuite.

Trois liens, mais seulement deux rapports

Relis le cours avec un œil neuf. Sur la question du rang, il ne dit pas trois choses, il en dit deux :

  • Juxtaposition : les propositions ont le même rang syntaxique.
  • Coordination : les propositions ont également le même rang syntaxique.
  • Subordination : il y a une hiérarchie — la principale peut fonctionner seule, la subordonnée non.

Autrement dit, juxtaposition et coordination sont deux variantes d'un même rapport : l'égalité. Ce qui les sépare n'est pas la hiérarchie, c'est simplement que la coordination nomme le rapport de sens avec un mot, là où la juxtaposition le laisse à la charge du lecteur. La vraie ligne de partage du chapitre passe donc entre les deux premiers liens et le troisième.

Cette opposition a un nom, que tu rencontreras au lycée : on parle de parataxe pour les propositions de même rang — juxtaposées ou coordonnées — et d'hypotaxe pour les propositions hiérarchisées, c'est-à-dire la subordination. Tu n'as pas besoin de ces deux mots en 3e. Mais tu possèdes déjà, sans le savoir, toute la notion qu'ils recouvrent : c'est exactement la ligne « même rang / hiérarchie » de ton tableau.

L'enchâssement : une subordonnée peut en contenir une autre

Le cours dit qu'une subordonnée dépend de sa principale. Il ne dit pas — parce que ce n'est pas au programme de 3e — que cette dépendance peut se répéter en cascade. Or c'est ce que tu vas rencontrer partout dans les textes littéraires.

Pars de deux phrases du cours :

  • Je sais que tu viendras. — conjonctive complétive.
  • J'ai lu le livre que tu m'as prêté. — relative.

Emboîte-les :

Je sais que tu as lu le livre que je t'ai prêté.

Trois verbes conjugués (sais, as lu, ai prêté) → trois propositions. Et deux niveaux de dépendance :

  • Je sais — la principale : elle tient debout seule ;
  • que tu as lu le livresubordonnée conjonctive complétive : elle dépend du verbe sais ;
  • que je t'ai prêtésubordonnée relative : elle complète le nom livre… qui se trouve à l'intérieur de la subordonnée précédente.

La troisième proposition est donc subordonnée à une subordonnée. C'est ce qu'on appelle l'enchâssement, et cela ne change rien à ta méthode : tu comptes toujours les verbes conjugués, tu traites toujours les jonctions une par une. Simplement, tu notes désormais de quoi chaque subordonnée dépend, et pas seulement qu'elle dépend.

C'est ce mécanisme qui explique qu'une phrase puisse tenir sur toute une page sans jamais cesser d'être analysable : elle n'a pas d'autres briques que celles que tu viens d'apprendre — elle les emboîte, c'est tout.

Trois constructions, trois effets de sens

Voilà l'usage réel de ce chapitre au lycée : on ne te demandera plus seulement de nommer le lien, on te demandera d'expliquer ce que l'auteur obtient en le choisissant. Le cours t'y prépare déjà quand il annonce trois façons de relier les propositions et trois effets de sens distincts.

ConstructionPhraseCe que le lien fait au sens
JuxtapositionIl cria : personne ne répondit.Aucun mot ne dit le rapport : le lecteur le reconstitue seul. Les deux faits sont posés côte à côte, sur le même rang — d'où l'effet de brutalité et de vitesse.
CoordinationIl est parti, car il était fatigué.Le rapport est explicite, porté par le mot de liaison — mais les deux propositions restent sur le même rang : aucune n'est présentée comme dépendant de l'autre.
SubordinationIl est parti parce qu'il était fatigué.Le rapport est explicite et hiérarchisé : la fatigue est placée sous le départ, présentée comme sa circonstance. L'information principale et l'information secondaire sont distinguées.

La comparaison des deux dernières lignes est celle qu'il faut avoir en tête : même idée de cause, presque les mêmes mots, deux constructions grammaticales différentes — et donc deux façons différentes de répartir l'importance dans la phrase. C'est exactement ce genre d'écart qu'on te demandera de commenter.

Ce que le cours laisse volontairement ouvert

Regarde attentivement la liste des valeurs des subordonnées circonstancielles : cause, temps, but, condition… Ces points de suspension ne sont pas décoratifs. Ils signalent que la liste est volontairement incomplète : quatre valeurs suffisent en 3e, il y en a davantage.

Tu en as d'ailleurs déjà croisé une sans qu'on la nomme. Dans la liste des conjonctions de subordination du cours figure bien que — et aucune des quatre valeurs listées ne lui convient : bien qu'il pleuve, il est sorti n'exprime ni la cause, ni le temps, ni le but, ni la condition, mais une idée d'opposition, ce que le lycée appellera la concession. C'est l'une des valeurs qui se cachent derrière les points de suspension.

Le réflexe à emporter est plus important que la liste elle-même : quand une conjonction de subordination ne rentre dans aucune case connue, ne force pas. Décris ce que la subordonnée exprime avec tes mots — la question à te poser est toujours la même : cette subordonnée répond à quoi ? Pourquoi ? Quand ? Dans quel but ? À quelle condition ? Malgré quoi ? La case viendra ensuite.

Même remarque pour les autres listes du cours, qui se terminent toutes par des points de suspension : les pronoms relatifs (qui, que, dont, où, lequel…), les adverbes de liaison (puis, alors, cependant, pourtant, en effet…), les introducteurs d'interrogative indirecte (si, ce que, ce qui, comment, pourquoi, quand…). Une seule liste du cours est fermée : celle des conjonctions de coordination. Elles sont sept, exactement — mais, ou, et, donc, or, ni, car — et il n'y en aura jamais une huitième. C'est pour cela qu'elle s'apprend par cœur, et pas les autres.

Pourquoi ce chapitre revient chaque année

La phrase complexe n'est pas un chapitre de grammaire parmi d'autres : c'est l'outil qui permet de décrire comment un texte est construit. Trois usages t'attendent, et ils reposent tous sur ce que tu viens d'apprendre.

  • Pour analyser un texte. Une page faite de propositions juxtaposées et une page faite de longues subordinations enchâssées ne produisent pas le même effet sur le lecteur. Savoir nommer ce que tu vois — même rang ou hiérarchie — te donne de quoi expliquer une impression de lecture au lieu de la subir.
  • Pour écrire toi-même. Le choix du lien est une décision d'auteur. Juxtaposer, c'est laisser le rapport implicite et aller vite. Coordonner, c'est nommer le rapport sans hiérarchiser. Subordonner, c'est décider ce qui est principal et ce qui est secondaire. Trois outils, trois usages — et l'erreur la plus courante, la subordonnée laissée seule (« Parce qu'il pleut. »), n'est rien d'autre qu'une décision de construction mal terminée.
  • Pour la correction de la langue. La plupart des règles d'orthographe grammaticale ne se posent qu'à l'intérieur d'une proposition : c'est là que se trouve le sujet du verbe. Savoir où commence et où finit chaque proposition, c'est savoir où chercher le sujet — donc savoir accorder.

Le noyau à emporter tient en une phrase, et il ne changera plus : compte les verbes conjugués, regarde ce qui relie les propositions, et demande-toi si elles sont sur le même rang ou si l'une dépend de l'autre. Tout le reste — les noms des subordonnées, les valeurs circonstancielles, les listes d'introducteurs — n'est que du vocabulaire posé sur ces trois gestes.