Phrase complexe : juxtaposition, coordination, subordination
Une proposition est un groupe de mots organisé autour d'un verbe conjugué. Une phrase simple ne contient qu'une seule proposition ; une phrase complexe en contient au moins deux.
Exemple : Le vent soufflait. → phrase simple (1 verbe). — Le vent soufflait et la mer était agitée. → phrase complexe (2 verbes, 2 propositions).
Pour analyser une phrase complexe, on repère d'abord le nombre de verbes conjugués, puis le mot de liaison entre les propositions : il détermine le type de rapport entre elles.
La juxtaposition : les propositions sont reliées uniquement par un signe de ponctuation (virgule, point-virgule, deux-points), sans mot de liaison. Elles ont le même rang syntaxique.
- Il cria : personne ne répondit.
- Le vent soufflait ; la pluie tombait.
La coordination : les propositions sont reliées par une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou un adverbe de liaison (puis, alors, cependant, pourtant, en effet…). Elles ont également le même rang syntaxique.
- Je voulais partir, mais il pleuvait.
- Elle a travaillé dur ; cependant, elle a échoué.
La subordination crée une hiérarchie : la proposition principale peut fonctionner seule ; la proposition subordonnée en dépend et ne peut pas fonctionner seule.
On distingue trois types de subordonnées selon leur introducteur :
- Subordonnée relative — introduite par un pronom relatif (qui, que, dont, où, lequel…) ; elle complète un nom ou un pronom.
Ex. : J'ai lu le livre que tu m'as prêté. - Subordonnée conjonctive — introduite par une conjonction de subordination (que, parce que, lorsque, si, bien que, pour que…) ; elle est complétive (COD du verbe) ou circonstancielle (cause, temps, but, condition…).
Ex. : Je sais que tu viendras. (complétive) — Il est parti parce qu'il était fatigué. (cause) - Subordonnée interrogative indirecte — introduite par si, ce que, ce qui, comment, pourquoi, quand… ; elle exprime une question enchâssée dans la phrase.
Ex. : Elle se demande s'il viendra.
- Repérer et compter les verbes conjugués : chaque verbe conjugué = une proposition.
- Chercher un mot de liaison entre les propositions.
- Aucun mot de liaison (virgule, point-virgule, deux-points) → juxtaposition.
- Conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou adverbe de liaison → coordination.
- Pronom relatif ou conjonction de subordination → subordination ; identifier la principale, puis la nature de la subordonnée (relative, conjonctive, interrogative indirecte).
- "Car" est une conjonction de coordination (comme "mais", "donc"), non une conjonction de subordination.
- "Que" peut être pronom relatif ("le film que j'ai vu") ou conjonction de subordination ("je veux que tu viennes") : la nature de la subordonnée diffère selon le cas.
- Une proposition subordonnée ne peut pas constituer une phrase à elle seule : "Parce qu'il pleut." est grammaticalement incorrect.
- Ne pas confondre adverbes de liaison ("cependant", "pourtant") et conjonctions de subordination : un adverbe de liaison coordonne, il n'introduit pas de subordonnée.