L'autobiographie
L'autobiographie (du grec autos : soi-même, bios : vie, graphein : écrire) est un récit rétrospectif en prose qu'une personne réelle fait de sa propre existence, en mettant l'accent sur sa vie individuelle et sur le développement de sa personnalité.
Le théoricien Philippe Lejeune (1975) définit le genre par le pacte autobiographique : l'auteur s'engage, implicitement (par son nom sur la couverture) ou explicitement, à dire la vérité sur lui-même au lecteur. Ce contrat distingue l'autobiographie de la fiction.
- Identité auteur = narrateur = personnage : la même personne réelle écrit, raconte et est le héros de l'histoire.
- Récit rétrospectif : l'auteur revient sur son passé avec le recul de l'adulte ; la narration suit un ordre globalement chronologique.
- Pacte de vérité : l'auteur s'engage à la sincérité, même s'il reconnaît les limites et les trous de sa mémoire.
- 1. Vérifier le pacte : le nom de l'auteur sur la couverture est-il celui du narrateur ou du personnage ?
- 2. Repérer la rétrospection : temps verbaux (imparfait, passé composé), expressions comme « je me souviens », « à cette époque », « j'avais huit ans ».
- 3. Identifier le double regard : le je-enfant vit les événements ; le je-adulte les raconte, les commente et les interprète (ex. : « Je ne comprenais pas encore que… »).
- 4. Relever les marques de subjectivité : adjectifs évaluatifs, émotions exprimées, point de vue interne, jugements rétrospectifs.
- 5. Dégager les thèmes : enfance, famille, formation de l'identité, souvenirs fondateurs, rapport au lieu ou à la langue.
- Autobiographie ≠ roman autobiographique : dans le roman, l'auteur crée un personnage fictif même s'il s'en inspire (ex. : Poil de Carotte de Jules Renard).
- L'autobiographie ne dit pas « toute la vérité » : l'auteur choisit, sélectionne, interprète — la mémoire n'est pas un enregistrement objectif.
- Autobiographie ≠ journal intime : le journal est rédigé au fil des jours, sans recul ; l'autobiographie est toujours rétrospective et destinée à un lecteur.
- Ne pas oublier le double « je » : confondre le point de vue de l'enfant et celui de l'adulte qui écrit est une erreur d'analyse fréquente.