Histoire-Géo / EMC · 2nde

Des ressources majeures sous pression : l'eau, l'alimentation

Tu n'as jamais vu cette leçon, mais le contrôle approche. Pas de panique ! On va partir des bases indispensables (les prérequis) et te rendre opérationnel rapidement. Voici les clés de compréhension.

Prérequis : les notions indispensables

Avant de plonger dans l'eau et l'alimentation, il faut maîtriser quelques mots simples :

  • Ressource : un élément du milieu naturel que les sociétés utilisent pour leurs besoins.
  • Développement : amélioration des conditions de vie (santé, éducation, revenus).
  • Inégalité : différence d'accès à des biens ou services entre des groupes ou des territoires.
  • Population mondiale : près de 8 milliards d'humains, en croissance, ce qui augmente la demande en ressources.
  • Stress hydrique : quand la demande en eau dépasse la quantité disponible, ou que l'eau est de mauvaise qualité.
  • Sécurité alimentaire : situation où chacun a accès à une nourriture suffisante, saine et nutritive.

L'essentiel : l'eau et l'alimentation sous pression

L'eau et l'alimentation sont des ressources vitales. Mais elles sont « sous pression » à cause de deux phénomènes :

  • La population mondiale augmente → il faut plus d'eau et de nourriture.
  • Le développement économique élève les niveaux de vie → les gens consomment plus.

Résultat : des inégalités fortes entre les territoires. Certains ont de l'eau en abondance, d'autres manquent gravement. Pour l'alimentation, la production totale a augmenté, mais la faim persiste car la nourriture est mal répartie ou inaccessible pour les plus pauvres. Retiens : pression, inégalités, gestion durable.

À toi de jouer

1. Exercice 1 – Les bases.
Complète les phrases avec les mots suivants : ressource, stress hydrique, sécurité alimentaire, développement, inégalité.
a) L'eau douce est une □ car elle sert à boire et irriguer.
b) Quand la demande en eau dépasse l’offre, on parle de □.
c) La □ existe lorsque tous ont accès à une nourriture suffisante.
d) Les différences d’accès à l’eau entre pays sont une □.
e) L’augmentation du niveau de vie est un signe de □.
Corrigé
a) ressource
b) stress hydrique
c) sécurité alimentaire
d) inégalité
e) développement
2. Exercice 2 – Reconnaître la pression.
Parmi les situations suivantes, coche celles qui montrent une pression sur la ressource en eau :
□ Une région où les nappes phréatiques baissent à cause de l'irrigation intensive.
□ Un pays où toute la population a accès à l'eau potable.
□ Un fleuve partagé entre deux États qui se disputent son utilisation.
□ Une ville qui traite ses eaux usées avant de les rejeter.
Corrigé
Les cases cochées sont la première et la troisième. Une nappe qui baisse montre une surexploitation (pression). Un conflit d'usage entre États indique une concurrence (pression). Les deux autres sont des situations de gestion durable ou d'accès satisfaisant.
3. Exercice 3 – Vrai ou Faux ? (et corrige si c'est faux)
a) La majorité de l'eau sur Terre est de l'eau douce accessible. □
b) L'agriculture est le premier consommateur d'eau dans le monde. □
c) La sous-alimentation a disparu grâce à la modernisation de l'agriculture. □
Corrigé
a) Faux. L’essentiel de l’eau est salée ou bloquée dans les glaces. L’eau douce accessible est faible.
b) Vrai.
c) Faux. La sous-alimentation persiste, le problème est aussi la répartition et l’accessibilité.

Ah oui, ça te revient ? On va remettre de l'ordre et structurer tout ça, avec une méthode pas à pas pour analyser une situation.

1. L'eau : une ressource mal répartie et convoitée

L'eau douce accessible est rare (moins de 1% de l'eau totale). Elle est inégalement répartie : régions arides (Sahel, Moyen-Orient) = stress hydrique ; régions tempérées ou équatoriales = abondance.
Les usages se concurrencent : agriculture (70% des prélèvements mondiaux en moyenne), industrie (20%), usages domestiques (10%). Cette concurrence crée des tensions.
L'accès à l'eau potable est un marqueur d'inégalités de développement : des millions de personnes n'y ont pas accès, surtout en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.

2. L'alimentation : nourrir une humanité croissante

Le défi alimentaire est double : produire assez et assurer l'accès pour tous. On parle de sécurité alimentaire quand c'est le cas. Mais la sous-alimentation (faim) et la malnutrition (carences) touchent encore des centaines de millions de personnes.
La production agricole a augmenté grâce à la mécanisation, aux engrais, aux semences améliorées, mais la faim persiste parce que la nourriture est inégalement répartie, les prix fluctuent, et certains n'ont pas les moyens d'acheter ou de produire.

Méthode : analyser une situation de pression

  1. Identifier la ressource (eau ou alimentation).
  2. Repérer la pression : demande forte, offre insuffisante, dégradation, conflit.
  3. Relier au développement : qui est touché ? Quelles inégalités ?
  4. Proposer une piste de gestion durable (économie d'eau, aide alimentaire, etc.).
Répartition des prélèvements d'eau dans le mondeAgriculture (70%)Industrie (20%)Domestique (10%)

À toi de jouer

1. Exercice 1 – Complète la méthode.
Pour analyser un problème d'eau, on doit :
1. Identifier la □ concernée.
2. Repérer la □ (demande > offre ou dégradation).
3. Relier au □ : qui est touché ?
4. Proposer une □ durable.
Corrigé
1. ressource
2. pression
3. développement
4. gestion
2. Exercice 2 – Les secteurs consommateurs d'eau.
Regarde le graphique en fiche et réponds :
a) Quel secteur prélève la plus grande part d'eau ? □
b) Quel secteur en prélève le moins ? □
c) Si l'industrie double sa consommation, comment évoluera la pression sur la ressource ? □
Corrigé
a) L'agriculture.
b) Les usages domestiques.
c) La pression augmentera, car il faudra prélever plus d'eau, ce qui peut accroître les concurrences et le stress hydrique.
3. Exercice 3 – Sécurité alimentaire : vrai ou faux ?
a) La sécurité alimentaire signifie que tout le monde a assez de calories. □
b) La sous-alimentation désigne une alimentation insuffisante en quantité. □
c) La malnutrition peut exister même dans un pays riche. □
d) La production agricole mondiale suffit théoriquement à nourrir toute l'humanité. □
Corrigé
a) Faux. Elle inclut aussi la qualité et la régularité, pas seulement les calories.
b) Vrai.
c) Vrai (obésité, carences).
d) Vrai (mais inégalités d'accès).

On répète le même geste cinq fois pour que ça devienne automatique. Tu vas classer des régions selon leur stress hydrique. Tranquille.

À toi de jouer

1. Exercice 1
Complète : Au Sahel, la disponibilité en eau par habitant est très faible. Le stress hydrique y est donc □ (fort / faible).
Corrigé
fort
2. Exercice 2
Complète : Au Canada, l'eau douce est abondante grâce aux grands lacs. Le stress hydrique y est donc □ (fort / faible).
Corrigé
faible
3. Exercice 3
Complète : Dans la péninsule arabique, les précipitations sont rares et la population augmente. Le stress hydrique y est □ (fort / faible).
Corrigé
fort
4. Exercice 4
Complète : En Amazonie, le bassin fluvial est immense et la pluie abondante. Le stress hydrique y est □ (fort / faible).
Corrigé
faible
5. Exercice 5
Complète : En Australie, la sécheresse est fréquente et l'agriculture irriguée importante. Le stress hydrique est □ (fort / faible) dans certaines régions.
Corrigé
fort

Maintenant on passe au niveau attendu : des exercices comme en contrôle. Tu vas analyser des situations et mobiliser tes connaissances. Pas de trous pour te guider, c'est toi qui construis ta réponse.

À toi de jouer

1. Exercice 1 – Analyser une carte (texte).
Imagine une carte du monde du stress hydrique : des zones en rouge (stress élevé) au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Asie centrale ; en bleu (pas de stress) en Europe du Nord, en Amazonie.
a) Nomme deux régions en stress hydrique et explique pourquoi.
b) Quels problèmes ce stress peut-il provoquer pour les sociétés de ces régions ?
c) Propose une solution durable pour réduire la pression sur l’eau dans une de ces régions.
Corrigé
a) Moyen-Orient : climat aride, faible pluviométrie, forte demande agricole et urbaine. Afrique du Nord : même raison, population croissante.
b) Pénurie d'eau potable, baisse des rendements agricoles, tensions voire conflits entre usagers (agriculteurs/villes) ou entre pays partageant un fleuve.
c) Exemple : le goutte-à-goutte en agriculture pour économiser l'eau, le recyclage des eaux usées, la désalinisation (coûteuse).
2. Exercice 2 – Expliquer un paradoxe.
La production agricole mondiale a presque quadruplé en 50 ans, pourtant plus de 700 millions de personnes souffrent encore de sous-alimentation. Explique ce paradoxe en deux arguments.
Corrigé
Deux arguments possibles : 1) La production est inégalement répartie : certains pays produisent trop, d'autres pas assez ou pas les bonnes denrées. 2) L'accès à la nourriture dépend du pouvoir d'achat : les plus pauvres ne peuvent pas acheter même si la nourriture existe sur les marchés. Il y a aussi le gaspillage et l'utilisation de céréales pour les biocarburants.
3. Exercice 3 – Schéma à compléter.
Complète le schéma ci-dessous en plaçant les termes suivants : eau, stress hydrique, agriculture, sécurité alimentaire, inégalités.
Ressource → Pression → Conséquence → Enjeu
1. □ 2. □ 3. □ 4. □
Relis par des flèches.
Corrigé
1. eau 2. stress hydrique 3. agriculture (ou sécurité alimentaire) 4. sécurité alimentaire (ou agriculture) – en fait, on peut faire : Ressource = eau ; Pression = stress hydrique ; Conséquence = agriculture touchée ; Enjeu = sécurité alimentaire et inégalités. Les inégalités traversent tout. On peut proposer : 1. eau, 2. stress hydrique, 3. baisse production agricole, 4. insécurité alimentaire et inégalités.
4. Exercice 4 – Étude de cas succincte.
Pays X : 40% de la population rurale n'a pas accès à l'eau potable. L'agriculture, qui emploie 70% des actifs, dépend de la pluie. Des sécheresses à répétition provoquent des crises alimentaires.
a) Quels sont les problèmes d'eau et d'alimentation dans ce pays ?
b) Quel lien fais-tu entre eau et alimentation ici ?
c) Imagine une aide au développement qui agirait sur les deux.
Corrigé
a) Problème d'eau : manque d'accès à l'eau potable, dépendance à la pluie (pas d'irrigation), stress hydrique. Problème alimentaire : crises alimentaires dues aux sécheresses, sous-alimentation.
b) L'eau est indispensable à l'agriculture : sans eau, pas de récolte, donc pénurie alimentaire. Le manque d'eau potable affecte aussi la santé, réduisant la capacité de travail agricole.
c) Exemple : construire des systèmes d'irrigation efficaces avec des retenues d'eau, former aux techniques agricoles résistantes à la sécheresse, et en parallèle installer des points d'eau potable.

Tu veux voir plus loin ? Voici des questions qui pourraient faire la différence plus tard, en abordant des aspects géopolitiques et le changement climatique.

Vers la terminale : l'eau, source de conflits ?

En 1ère et Terminale, on étudiera les « guerres de l'eau ». Déjà, certains grands fleuves (Nil, Tigre, Euphrate, Jourdain) sont partagés entre plusieurs États, et la construction de barrages en amont peut priver les pays en aval. Avec le changement climatique, les zones arides devraient s'étendre, rendant l'eau encore plus rare et potentiellement conflictuelle.

Systèmes alimentaires durables : demain

L'enjeu futur est de nourrir 10 milliards d'humains en 2050 sans détruire la planète. Cela passe par une agriculture plus respectueuse de l'environnement (agroécologie), la réduction du gaspillage alimentaire (un tiers de la production est perdue), et des régimes alimentaires moins carnés (car la viande nécessite beaucoup d'eau et de céréales).

À toi de jouer

1. Exercice 1 – Un conflit latent : le Nil.
L'Éthiopie a construit un grand barrage (la Renaissance) sur le Nil Bleu, ce qui inquiète l'Égypte, très dépendante du Nil pour son eau.
a) Pourquoi l'Égypte voit-elle ce barrage comme une menace ?
b) Imagine une solution de compromis entre les deux pays.
Corrigé
a) Le barrage peut réduire le débit du Nil arrivant en Égypte, ce qui menacerait son agriculture et l’approvisionnement en eau potable pour sa population.
b) Négocier un accord de partage des eaux garantissant un débit minimal pour l’Égypte, en échange d’une aide financière ou technique à l’Éthiopie, ou une gestion coordonnée des lâchers d’eau.
2. Exercice 2 – Chiffrer pour comprendre.
On estime que pour produire 1 kg de bœuf, il faut 15 000 litres d'eau (irrigation des cultures pour l'alimentation du bétail). Pour 1 kg de blé, il faut environ 1 500 litres.
a) Calcule la quantité d'eau nécessaire pour un repas composé d'un steak de 200 g de bœuf et de 100 g de pain (le pain est fait de blé, on prend 1 500 L/kg).
b) Discute de l'impact d'une réduction de la consommation de viande sur les ressources en eau.
Corrigé
a) Eau pour le steak : 200 g = 0,2 kg → 0,2 × 15 000 = 3 000 litres. Eau pour le pain : 100 g = 0,1 kg → 0,1 × 1 500 = 150 litres. Total = 3 150 litres.
b) Réduire la viande permettrait d'économiser d'énormes quantités d'eau, car l'élevage est très gourmand. Cela libérerait de l'eau pour d'autres usages (alimentation humaine directe) et diminuerait la pression sur les ressources hydriques.
3. Exercice 3 – À ton avis.
Selon toi, la technologie (comme l'agriculture verticale, la désalinisation) peut-elle résoudre les problèmes d'eau et d'alimentation ? Donne un argument pour et un argument contre.
Corrigé
Pour : la désalinisation peut produire de l'eau douce en zone côtière aride ; l'agriculture verticale économise l'espace et l'eau. Contre : la désalinisation coûte cher en énergie et rejette des saumures polluantes ; ces technologies ne sont pas accessibles aux pays pauvres. De plus, elles ne règlent pas forcément les problèmes de répartition.