HGGSP · Terminale

Le changement climatique : enjeux et gouvernance

Salut. Le changement climatique, tu en entends parler partout, mais en cours, pas encore vu ? Pas de panique. On va repartir de zéro pour que tu sois prêt pour le contrôle. Pour comprendre cette notion, il te faut juste trois petits rappels : la différence entre climat et météo, ce qu’est l’effet de serre (un phénomène naturel), et savoir que des gaz comme le CO₂ viennent de la combustion du charbon ou du pétrole. Avec ça, on bâtit tout le reste. Accroche-toi, on y va.

1. Climat vs météo

Le climat ne se voit pas en un jour. C'est l'état moyen de l'atmosphère sur une longue période (au moins 30 ans) pour une région donnée. La météo, c'est ce qu'il se passe aujourd'hui ou cette semaine : la pluie, le soleil, la température. Confondre les deux, c'est comme dire que la forme d'un élève sur une journée définit son niveau sur l'année.

2. L'effet de serre : un bouclier qui s'épaissit

Naturellement, l'atmosphère retient un peu de la chaleur du Soleil grâce aux gaz à effet de serre (vapeur d'eau, CO₂, méthane). Sans cela, la Terre serait un glaçon à -18°C. Le problème, c'est que depuis l'ère industrielle, on ajoute énormément de CO₂ et de méthane en brûlant des énergies fossiles. Ce surplus d'effet de serre fait monter les températures, un peu comme une couverture trop épaisse en été.

Effet de serre renforcé : les gaz (CO₂) retiennent plus de chaleur

3. Un réchauffement d'origine humaine

Depuis 1850, la température moyenne mondiale a grimpé de 1,1°C. Les carottes de glace montrent que la concentration de CO₂ est passée d'environ 280 ppm à plus de 420 ppm aujourd'hui. La science est claire : cette hausse brutale est due à nos activités. C'est le consensus scientifique.

À toi de jouer

1. Complète la phrase : Le climat, c'est la moyenne du sur une longue période (au moins 30 ans). La météo, elle, décrit le temps à un précis.
Corrigé
Le climat, c'est la moyenne du temps sur une longue période (au moins 30 ans). La météo, elle, décrit le temps à un moment précis.
2. Complète : L'effet de serre est un phénomène qui réchauffe la Terre. Sans lui, la température moyenne serait de -18°C au lieu de 15°C.
Corrigé
L'effet de serre est un phénomène naturel qui réchauffe la Terre. Sans lui, la température moyenne serait de -18°C au lieu de 15°C.
3. Quel est le principal gaz à effet de serre d'origine humaine ? A) Oxygène B) Dioxyde de carbone C) Azote. Entoure la bonne réponse.
Corrigé
B) Dioxyde de carbone (CO₂). Il provient surtout de la combustion des énergies fossiles.

Ah, le changement climatique, c'est plus flou maintenant ? On va remettre tout ça en ordre, avec du concret : le GIEC, les courbes qui grimpent, et comment ne pas se tromper en lisant un graphique. Tu vas voir, c'est du solide.

Le GIEC : une tour de contrôle pour la science du climat

Créé en 1988 par l'ONU, le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) ne fait pas de recherche lui-même. Il lit, épluche et synthétise des milliers d'études scientifiques pour produire des rapports d'évaluation. Ces rapports font autorité. Ils sont la base de toutes les négociations internationales sur le climat. Le GIEC ne dit pas quoi faire, mais donne l'état des connaissances le plus fiable possible.

Méthode : lire un graphique de concentration de CO₂

Quand tu regardes la courbe de Keeling, retiens deux choses : 1. L'axe horizontal donne les années, l'axe vertical la concentration en ppm. 2. La courbe n'est pas une droite parfaite ; elle ondule à cause des saisons, mais la tendance sur le long terme est claire : ça monte. En 1960, on était autour de 315 ppm ; en 2020, on dépasse 415 ppm. Augmentation ? Environ 100 ppm, soit presque 30% de plus.

À toi de jouer

1. Complète : Le GIEC a été créé en . Son rôle est de les connaissances scientifiques sur le climat, sans mener ses propres recherches.
Corrigé
Le GIEC a été créé en 1988. Son rôle est de synthétiser (ou évaluer) les connaissances scientifiques sur le climat, sans mener ses propres recherches.
2. Observe le graphique ci-dessous. Complète : La concentration de CO₂ en 1960 est d'environ ppm. En 2020, elle est d'environ ppm.
L'augmentation sur 60 ans est donc d'environ ppm, soit une hausse de %.
AnnéeCO₂ (ppm)3003504004501960198020002020
Corrigé
La concentration de CO₂ en 1960 est d'environ 315 ppm. En 2020, elle est d'environ 415 ppm. L'augmentation sur 60 ans est donc d'environ 100 ppm, soit une hausse de 31,7 % (ou 32 %).
3. Pourquoi le GIEC est-il un acteur clé de la gouvernance climatique ? Choisis la phrase exacte : A) Il impose des lois aux pays. B) Il fournit une base scientifique commune pour les négociations. C) Il finance les énergies renouvelables.
Corrigé
B) Il fournit une base scientifique commune pour les négociations. Le GIEC donne l'état des connaissances, sans pouvoir contraignant.

Maintenant on muscle la mémoire. Cinq questions, toutes du même tonneau, pour que les chiffres clés du réchauffement deviennent des réflexes. Pas de piège, que de la répétition. Prêt ?

À toi de jouer

1. Complète : La concentration de CO₂ dans l'atmosphère a atteint ppm en 2022.
Corrigé
La concentration de CO₂ dans l'atmosphère a atteint 420 ppm en 2022.
2. Complète : Depuis 1850, la température moyenne du globe a augmenté de °C.
Corrigé
Depuis 1850, la température moyenne du globe a augmenté de 1,1 °C.
3. Complète : Le niveau moyen des mers s'est élevé d'environ cm entre 1901 et 2018.
Corrigé
Le niveau moyen des mers s'est élevé d'environ 20 cm entre 1901 et 2018.
4. Complète : Le GIEC estime que pour limiter le réchauffement à 1,5°C, il faudrait réduire les émissions mondiales de CO₂ de % d'ici 2030 par rapport à 2010.
Corrigé
Le GIEC estime que pour limiter le réchauffement à 1,5°C, il faudrait réduire les émissions mondiales de CO₂ de 45 % d'ici 2030 par rapport à 2010.
5. Complète : La dernière période glaciaire s'est terminée il y a environ 000 ans.
Corrigé
La dernière période glaciaire s'est terminée il y a environ 10 000 ans.

Place au contrôle type bac. On te donne des documents, des questions, et à toi de montrer que tu sais analyser, organiser, argumenter. Les savoirs sont solides, maintenant on les articule. N'oublie pas : un paragraphe argumenté, ça a une intro, un développement et une petite conclusion. Et on cite TOUJOURS les docs.

La gouvernance climatique : des COP au principe de responsabilité commune mais différenciée

Depuis 1995, les États se réunissent chaque année lors des COP (Conférence des Parties) dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Le grand tournant fut l'Accord de Paris signé lors de la COP21 en 2015. Son objectif : maintenir le réchauffement bien en dessous de 2°C, et si possible 1,5°C. Il repose sur le principe de « responsabilité commune mais différenciée » : tous les pays doivent agir, mais les pays développés, historiquement responsables des émissions passées, doivent prendre la tête et aider financièrement les pays en développement. Cette gouvernance est fragile : retrait temporaire des États-Unis, difficulté à vérifier les engagements, tensions Nord-Sud.

À toi de jouer

1. Doc. 1 : extrait du rapport du GIEC 2021. « Il est sans équivoque que l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, l’océan et les terres. » 1. Quelle est la thèse de ce passage ? 2. Pourquoi cette certitude scientifique est-elle un enjeu dans les négociations internationales ?
Corrigé
1. La thèse est que le réchauffement actuel est dû de manière certaine aux activités humaines (origine anthropique). 2. Cette certitude scientifique, produite par le GIEC, oblige les États à reconnaître leur responsabilité et à agir. Elle est un outil de pression dans les négociations : elle ne laisse pas de place au doute et rend plus difficile l'inaction ou le refus d'engagements.
2. Doc. 2 (carte mentale à compléter) : Reproduis et remplis ce schéma pour expliquer les causes et conséquences du changement climatique. Causes → augmentation des GES (CO₂, méthane) → principales sources → conséquences environnementales (fonte des glaces, hausse du niveau de la mer, événements extrêmes) → conséquences sociales et géopolitiques (déplacements de population, conflits).
Corrigé
Le schéma doit faire apparaître :
- Causes : combustion énergies fossiles (industrie, transports) → CO₂ ; agriculture, élevage → méthane.
- Conséquences environnementales : fonte des glaciers et calottes glaciaires → élévation du niveau marin (20 cm depuis 1900) ; multiplication des canicules, sécheresses, inondations.
- Conséquences sociales et géopolitiques : migrations climatiques (200 millions de déplacés estimés d'ici 2050) ; tensions pour l'accès à l'eau et aux terres cultivables ; inégalités Nord-Sud aggravées.
3. Rédige un paragraphe argumenté d'une quinzaine de lignes sur le rôle du GIEC dans la gouvernance mondiale du climat.
Corrigé
Le GIEC est un acteur central mais non politique de la gouvernance climatique. Créé en 1988 par l'ONU, il synthétise les connaissances scientifiques sans imposer de mesures. Ses rapports (5 publiés, le 6e en 2021-2022) ont renforcé le consensus sur l'origine humaine du réchauffement. Ce rôle d'expertise est crucial car il offre une base commune aux négociations internationales (COP). Par exemple, le rapport spécial de 2018 sur le réchauffement à 1,5°C a directement influencé les discussions de la COP24 et la mobilisation des jeunes. Cependant, le GIEC est parfois critiqué pour sa lenteur et son langage trop prudent. Sa légitimité est aussi attaquée par les climatosceptiques, souvent soutenus par les lobbies des énergies fossiles. Malgré cela, il reste la référence incontestée, car il fonctionne sur un mode intergouvernemental : ses résumés pour décideurs sont approuvés ligne par ligne par les États, ce qui leur donne un poids diplomatique. Enfin, le GIEC ne peut pas tout : la mise en œuvre des recommandations dépend de la volonté politique des États, ce qui révèle les limites de la gouvernance climatique actuelle.
4. Doc. 3 : graphique des émissions de CO₂ par habitant en 2019 (Qatar : 38 t, États-Unis : 16 t, Chine : 7 t, Inde : 2 t, moyenne mondiale : 4,7 t). Décris la répartition des émissions par habitant. Pourquoi cette inégalité rend-elle difficile un accord global ?
3816724,7QatarÉtats-
UnisChineIndeMondeÉmissions de CO₂ par habitant en 2019 (tonnes)
Corrigé
Les émissions par habitant sont très inégales : les pays riches et pétroliers (Qatar, 38 t) émettent beaucoup plus que les grands émetteurs émergents (Chine, 7 t) et les pays pauvres (Inde, 2 t). Cette inégalité rend difficile un accord global car les pays en développement (Sud) exigent un « droit au développement » et une aide financière et technologique pour basculer vers des énergies propres, tandis que les pays développés (Nord), historiquement responsables, doivent accepter des efforts plus importants. Le principe de responsabilité commune mais différenciée tente de répondre à ce problème, mais son application concrète reste conflictuelle (engagement financier insuffisant des pays du Nord).
5. À l'aide de tes connaissances, montre en quoi le climatoscepticisme est un enjeu de pouvoir.
Corrigé
Le climatoscepticisme, en minimisant ou niant la réalité du réchauffement anthropique, est souvent instrumentalisé par des intérêts économiques (entreprises pétrolières, pays dépendants des énergies fossiles) pour freiner les politiques climatiques. Il sème le doute dans l'opinion publique et affaiblit le consensus nécessaire à l'action. Aux États-Unis, par exemple, le climatoscepticisme a été relayé politiquement pour justifier le retrait de l'Accord de Paris sous l'administration Trump. C'est un enjeu de pouvoir car il permet de retarder la transition énergétique et de préserver des modèles économiques carbonés. La bataille pour la vérité scientifique est donc un champ de confrontation géopolitique et médiatique.

Tu veux briller l'an prochain en spécialité HGGSP ou en géopolitique ? Voilà des exercices pour prendre de l'avance. On réfléchit aux scénarios futurs, aux rivalités entre grandes puissances, et aux technologies qui pourraient tout changer. C'est le niveau au-dessus.

Horizon 2050 : géopolitique du climat et transition énergétique

L'an prochain, tu creuseras les contradictions entre la nécessité de décarboner l'économie et la dépendance des États aux hydrocarbures. La notion de sécurité énergétique devient centrale : comment assurer l'approvisionnement tout en réduisant les émissions ? Tu verras aussi l'émergence de nouvelles puissances vertes (Chine, leader des panneaux solaires) et les tensions autour des métaux rares nécessaires aux technologies bas carbone. Enfin, la justice climatique posera la question de la compensation des pays victimes du réchauffement qu'ils n'ont pas causé.

À toi de jouer

1. Scénario prospectif. Imagine que le monde parvienne à limiter le réchauffement à 2°C en 2100. Décris, en une vingtaine de lignes, les évolutions géopolitiques, économiques et technologiques qui ont dû se produire d'ici 2050 pour atteindre cet objectif. Appuie-toi sur des propositions concrètes (taxe carbone, généralisation des véhicules électriques, fin du charbon...).
Corrigé
Exemple de corrigé (attendu structuré) :
Introduction : rappeler l'objectif de 2°C et le rôle de l'Accord de Paris.
I. Gouvernance mondiale : un renforcement des COP, avec des engagements contraignants (plus de volontariat), une taxe carbone aux frontières de l'UE, un fonds vert abondé à 1000 milliards par an.
II. Transition énergétique : abandon total du charbon en 2040, électrification massive des transports, développement de l'hydrogène vert, capture et stockage du carbone. La géopolitique bascule : les pays pétroliers (Arabie saoudite, Russie) perdent de l'influence, tandis que la Chine domine les technologies solaires et les batteries.
III. Justice climatique : les pays du Nord financent l'adaptation des pays du Sud. Création de corridors migratoires climatiques organisés.
Conclusion : un monde à 2°C reste une prouesse collective, mais les tensions persistent (métaux rares, compétition technologique).
2. Compare les positions des États-Unis, de la Chine et de l'Union européenne dans les négociations climatiques depuis 1990. Quels sont les intérêts divergents ? Tu peux utiliser un tableau.
Corrigé
Tableau comparatif :
- États-Unis : premier émetteur historique ; a signé Kyoto mais non ratifié ; retrait sous Trump, retour sous Biden ; insiste sur le rôle des pays émergents, refuse des contraintes trop fortes sur son économie.
- Chine : premier émetteur annuel depuis 2006 ; se présente comme un pays en développement (principe de responsabilités différenciées) ; signataire de Paris ; investit massivement dans les renouvelables mais construit encore des centrales à charbon. Défend son droit à la croissance.
- UE : leader normatif ; a poussé pour des objectifs contraignants ; a mis en place un marché carbone ; objectif de neutralité carbone en 2050 ; divisions internes (Pologne dépendante du charbon).
Divergences : historique vs actuel, niveau de développement, dépendance aux fossiles, poids démographique.
3. La géo-ingénierie (par exemple, la modification du rayonnement solaire) est-elle une solution crédible au changement climatique ? Quels risques géopolitiques présente-t-elle ? Organise ta réponse en deux paragraphes : un pour, un contre.
Corrigé
Pour (crédibilité) : la géo-ingénierie pourrait offrir une solution rapide face à l'urgence. Projets comme l'injection d'aérosols dans la stratosphère pourraient refroidir la planète en quelques mois, à coût relativement faible. Un pays seul pourrait théoriquement la mettre en œuvre, ce qui évite les blocages des négociations. Cela pourrait être un complément en attendant la décarbonation.
Contre (risques) : effet « rebond » (diminuerait l'incitation à réduire les émissions) ; risques imprévisibles sur la mousson en Asie, par exemple, ce qui affecterait l'agriculture de milliards de personnes. Géopolitiquement, cela pourrait devenir une arme : un État pourrait modifier le climat de manière unilatérale, créant des tensions extrêmes. Absence de gouvernance internationale, risque de conflit armé. Conclusion : la géo-ingénierie n'est pas une solution miracle et pose plus de problèmes politiques qu'elle n'en résout.