Histoire-Géographie · Terminale

La France et la construction européenne

Salut ! Tu découvres le sujet à la dernière minute et un contrôle approche ? Pas de panique. On va partir des bases indispensables, sans jargon, pour que tu sois fonctionnel rapidement. Pour comprendre 'La France et la construction européenne depuis 1991', il faut d'abord avoir en tête quelques repères : <br> 1. L'issue de la Seconde Guerre mondiale et la volonté de paix en Europe. <br> 2. Le contexte de la guerre froide qui divise l'Europe en deux blocs. <br> 3. La France des débuts de la Ve République, avec de Gaulle puis ses successeurs. <br> Ces prérequis posés, on va se concentrer sur l'essentiel : les grandes étapes de la construction européenne, le rôle de la France, et le tournant de 1991 avec Maastricht. C'est parti !

Les fondamentaux en 5 minutes

La construction européenne, c’est un projet lancé après 1945 pour empêcher de nouvelles guerres, en rapprochant les économies des pays. La France a toujours été très active là-dedans.

A. Les débuts (1950-1957)
- 9 mai 1950 : le ministre français Robert Schuman propose de mettre en commun le charbon et l’acier (ressources de guerre) avec l’Allemagne. C’est la déclaration Schuman.
- 1951 : traité de Paris crée la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) entre 6 pays : France, RFA, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg.
- 1957 : traités de Rome instaurent la CEE (Communauté économique européenne) et Euratom. Le but : un marché commun où les marchandises, les personnes, les capitaux circulent librement.

B. Le tournant de Maastricht (1992)
- Avec la fin de la guerre froide, les dirigeants français (François Mitterrand) et allemand (Helmut Kohl) veulent approfondir l’union.
- 7 février 1992 : signature du traité de Maastricht, qui crée l’Union européenne (UE).
- Il prévoit une monnaie unique (le futur euro) et une citoyenneté européenne.
- En France, référendum le 20 septembre 1992 : le « oui » gagne de justesse (51 %).

C. L’euro et les suites
- 1999 : l’euro existe pour les transactions financières ; 2002 : pièces et billets circulent, le franc disparaît.
- L’espace Schengen supprime les contrôles aux frontières intérieures.
- L’UE s’élargit à l’Est en 2004 (10 nouveaux membres).
- Mais des tensions apparaissent : en 2005, les Français rejettent par référendum un projet de Constitution européenne (55 % de « non »).

1951CECAParis1957CEERome1992UEMaastricht2002EuroMonnaie2005RéférendumNon const.Les dates clés de la construction européenne

À toi de jouer

1. Complète les phrases suivantes avec les éléments manquants.

1. Le 9 mai \(\), le ministre français \(\) prononce la déclaration qui donne naissance à la CECA.

2. La CEE est créée par les traités de \(\), signés en \(\).

3. Le traité de \(\), signé en 1992, transforme la CEE en \(\) et programme une monnaie unique.
Corrigé
1. Le 9 mai 1950, le ministre français Robert Schuman prononce la déclaration qui donne naissance à la CECA.

2. La CEE est créée par les traités de Rome, signés en 1957.

3. Le traité de Maastricht, signé en 1992, transforme la CEE en Union européenne et programme une monnaie unique.
2. À quelle date ces événements se sont-ils produits ? Écris l’année dans la case.

- Mise en circulation de l’euro : \(\)
- Référendum français sur le traité de Maastricht : \(\)
- Signature du traité de Lisbonne : \(\) (indice : après le rejet de la Constitution en 2005)
Corrigé
- Mise en circulation de l’euro : 2002
- Référendum français sur le traité de Maastricht : 1992
- Signature du traité de Lisbonne : 2007

Tu as déjà entendu parler de tout ça, mais c’est un peu flou. Ce palier est fait pour réactiver tes souvenirs et structurer la méthode. On va reprendre le cours de façon ordonnée et je te montrerai comment répondre aux questions types. Après ça, tu pourras ressortir proprement les étapes et les enjeux.

Rappel : les grandes phases

1. La France, moteur de la construction européenne (1950-1957)
- Contexte : sortie de la Seconde Guerre mondiale, début de la guerre froide. La France veut encadrer le redressement allemand et garantir la paix.
- Acteurs : Robert Schuman, Jean Monnet (l’inspirateur), le général de Gaulle plus tard.
- Réalisations : CECA (1951), CEE et Euratom (1957) avec le « couple franco-allemand » en noyau dur.

2. L’approfondissement après la guerre froide (1992)
- La chute du mur de Berlin (1989) et la fin de l’URSS (1991) changent la donne. Mitterrand et Kohl veulent une Europe plus intégrée.
- Traité de Maastricht (1992) : naissance de l’UE, critères de convergence pour l’euro, politique étrangère et sécurité commune (PESC).
- En France, le référendum de septembre 1992 montre une fracture (51 % de oui seulement).

3. La mise en œuvre et les difficultés (1999-2005)
- L’euro devient réalité (1999-2002) : la France perd sa monnaie nationale.
- L’UE s’élargit à l’Est (2004), ce qui inquiète une partie de l’opinion.
- L’idée d’une Constitution européenne est rejetée par les Français en 2005 (55 % de non), révélant un malaise démocratique.

4. Méthode pour analyser un document ou une question
Quand tu dois répondre sur ce sujet, pense à toujours :
- Situer dans le temps et le contexte (qu’est-ce qui se passe à ce moment-là ?)
- Identifier les acteurs (qui décide ?)
- Distinguer les aspects économiques (marché, euro) et politiques (souveraineté, citoyenneté).
- Montrer les continuités et les ruptures (ex. : de la CEE à l’UE, l’euro qui remplace le franc).

Construction européenne : les trois âges1950-1957CECACEE1992UEEuro2005-CriseDébat

À toi de jouer

1. Relie chaque date à l’événement correspondant (complète avec les bons numéros).

1. 1951 — Traité de Maastricht
2. 1957 — Mise en circulation de l’euro
3. 1992 — Traité de Paris (CECA)
4. 2002 — Traités de Rome (CEE)

Réponse : 1 → \(\) ; 2 → \(\) ; 3 → \(\) ; 4 → \(\)
Corrigé
1 → 3e item (Traité de Paris) ; 2 → 4e item (Traités de Rome) ; 3 → 1er item (Traité de Maastricht) ; 4 → 2e item (Mise en circulation de l’euro).
Soit : 1 → CECA, 2 → CEE, 3 → UE, 4 → euro.
2. Complète le texte suivant sur le traité de Maastricht.

« Le traité de Maastricht, signé le \(\) février 1992, entre en vigueur le 1er novembre \(\). Il crée l’Union européenne et fixe les \(\) de convergence pour participer à la monnaie unique. En France, il est approuvé par \(\) le 20 septembre 1992, avec environ \(\) % de ‘oui’. »
Corrigé
« Le traité de Maastricht, signé le 7 février 1992, entre en vigueur le 1er novembre 1993. Il crée l’Union européenne et fixe les critères de convergence pour participer à la monnaie unique. En France, il est approuvé par référendum le 20 septembre 1992, avec environ 51 % de ‘oui’. »

Place à l’automatisation ! Cinq petits exercices identiques dans l’esprit pour que les dates et les acteurs deviennent des réflexes. Tu vas mémoriser sans même t’en rendre compte. Tous les énoncés te demandent de retrouver un élément manquant (année, nom, pourcentage). C’est le même geste mental, alors enchaîne !

À toi de jouer

1. Complète : La déclaration Schuman est prononcée le 9 mai \(\).
Corrigé
La déclaration Schuman est prononcée le 9 mai 1950.
2. Complète : Le traité de Paris instituant la CECA est signé en \(\).
Corrigé
Le traité de Paris instituant la CECA est signé en 1951.
3. Complète : Les traités de Rome créant la CEE datent de \(\).
Corrigé
Les traités de Rome créant la CEE datent de 1957.
4. Complète : Le traité de Maastricht est signé le 7 février \(\).
Corrigé
Le traité de Maastricht est signé le 7 février 1992.
5. Complète : Lors du référendum français sur le traité de Maastricht, le « oui » obtient environ \(\) % des voix.
Corrigé
Lors du référendum français sur le traité de Maastricht, le « oui » obtient environ 51 % des voix.

Maintenant, on passe aux choses sérieuses : des exercices type brevet, avec des questions ouvertes et une vraie analyse. Tu vas devoir mobiliser tes connaissances pour expliquer, argumenter et montrer que tu maîtrises le sujet. Prends ton temps, rédige bien, et n’oublie pas la méthode : date, contexte, acteurs, conséquences. C’est parti pour un sans-faute !

À toi de jouer

1. Explique pourquoi la déclaration Schuman du 9 mai 1950 est considérée comme l’acte fondateur de la construction européenne. (environ 10 lignes)
Corrigé
La déclaration Schuman est fondatrice car elle propose une solution inédite pour garantir la paix en Europe après la Seconde Guerre mondiale. Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, propose de placer les productions de charbon et d’acier de la France et de l’Allemagne sous une autorité supranationale. Cela rendrait impossible toute guerre entre les deux anciens ennemis, car ces ressources sont indispensables à une économie de guerre. La proposition mène au traité de Paris (1951) et à la création de la CECA entre six pays, qui deviendra le noyau de la future Union européenne. C’est le début d’un processus d’intégration progressive et inédit dans l’histoire, fondé sur la solidarité et le transfert de souveraineté.
2. Montre en quoi le traité de Maastricht constitue une étape majeure dans la construction européenne. (environ 10 lignes)
Corrigé
Le traité de Maastricht (1992) marque une étape majeure car il transforme la Communauté économique en une Union européenne aux ambitions politiques. Il instaure une citoyenneté européenne, une politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et une coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. Surtout, il pose les bases d’une union économique et monétaire en fixant les critères de convergence pour l’adoption d’une monnaie unique, l’euro. Pour la France, ce traité représente un saut fédéral important ; il est d’ailleurs ratifié de justesse par référendum en 1992, révélant des divisions dans l’opinion. Avec Maastricht, l’Europe franchit un cap qualitatif vers plus d’intégration politique et économique.
3. Quelles sont les raisons du rejet par les Français du projet de Constitution européenne en 2005 ? (environ 10 lignes)
Corrigé
Le « non » au référendum de 2005 (55 %) s’explique par plusieurs raisons. D’abord, une inquiétude face à une Europe perçue comme trop libérale et éloignée des préoccupations sociales ; beaucoup de Français craignent que la Constitution ne renforce une mondialisation dérégulée. Ensuite, le projet paraît illisible et trop long pour certains électeurs. La question de l’élargissement (2004) a aussi inquiété : l’arrivée de pays d’Europe de l’Est à bas coûts salariaux fait redouter des délocalisations. Enfin, le contexte politique intérieur français joue un rôle : le « non » est aussi un désaveu du président Chirac et du gouvernement. Ce vote marque un coup d’arrêt à l’approfondissement et oblige à repenser la méthode de construction européenne.
4. Compare la ratification du traité de Maastricht (1992) et le rejet de la Constitution européenne (2005) en France. Quels enseignements peux-tu en tirer sur le rapport des Français à l’Europe ?
Corrigé
En 1992, le traité de Maastricht est approuvé de justesse (51 %) par référendum ; en 2005, le projet de Constitution est clairement rejeté (55 %). Dans les deux cas, le référendum divise le pays, mais le non l’emporte en 2005. Ces résultats révèlent un rapport ambivalent des Français à la construction européenne. Si une majorité approuve l’idée d’une Europe unie pour la paix et la prospérité, beaucoup craignent la perte de souveraineté nationale, les effets de la concurrence économique et le manque de démocratie directe. L’écart se creuse entre les élites politiques favorables à l’intégration et une partie de l’opinion qui se sent dépossédée. Finalement, cela montre que la construction européenne est un sujet politique sensible, qui mobilise autant qu’il inquiète.

Si tu continues en histoire ou en sciences politiques après le bac, tu vas approfondir la gouvernance européenne et les théories de l’intégration. Ces deux exercices te donnent un avant-goût : on te demande de penser de manière prospective et critique, au-delà du simple récit chronologique. Prends de la hauteur et montre que tu sais faire des ponts entre passé, présent et futur.

À toi de jouer

1. En t’appuyant sur l’histoire de la construction européenne depuis 1950, rédige un paragraphe argumenté (environ 15 lignes) où tu évalues la capacité de la France à influencer les grandes décisions européennes aujourd’hui.
Corrigé
Depuis la déclaration Schuman, la France a souvent joué un rôle de leader dans la construction européenne : initiative de la CECA et de la CEE, relance par le couple franco-allemand sous Mitterrand et Kohl pour Maastricht, etc. Cependant, avec les élargissements successifs et l’introduction de la majorité qualifiée, son poids relatif s’est réduit. Aujourd’hui, la France reste un acteur clé, notamment par son partenariat privilégié avec l’Allemagne, mais elle doit composer avec d’autres États membres aux intérêts divergents (pays d’Europe du Sud, pays d’Europe centrale). La crise de l’euro (2010), le Brexit et la pandémie ont montré sa capacité à proposer des projets (comme le plan de relance européen) ; néanmoins, le rapport de force est plus équilibré. L’influence française dépend donc de sa capacité à construire des coalitions et à convaincre, ce qui est plus complexe qu’au temps des ‘Six’. Cette évolution interroge sur la notion de souveraineté partagée et le devenir d’une Europe politique.
2. Imagine un scénario plausible pour l’Union européenne à l’horizon 2050, en intégrant les tendances actuelles (élargissement, souveraineté, défis climatiques, etc.). Tu expliciteras les conséquences éventuelles pour la France.
Corrigé
Scénario plausible : d’ici 2050, l’UE s’est élargie à tous les Balkans et a trouvé un modus vivendi avec le Royaume-Uni post-Brexit. Face aux défis climatiques et à la rivalité sino-américaine, elle a renforcé son intégration dans les domaines de l’énergie, de la défense et du numérique, tout en laissant plus de souveraineté aux États dans les questions sociales et culturelles (Europe à plusieurs vitesses). La France a joué un rôle moteur dans la défense commune et la politique industrielle verte. Cependant, la pression migratoire et les différences de développement entre l’Ouest et l’Est ont accru les tensions centripètes. Pour la France, cela signifie qu’elle doit partager davantage de décisions en matière de sécurité, mais elle bénéficie d’un marché intégré et d’une monnaie forte. Son agriculture et ses normes sociales restent protégées, mais la concurrence fiscale entre États membres pèse sur son modèle social. Au final, la France reste un pays influent, mais l’UE est devenue une entité composite où le compromis permanent est la règle.