Histoire-Géographie · Terminale

La France dans la Seconde Guerre mondiale : Vichy, Résistance, Libération

Tu n'as jamais vu cette notion mais le contrôle approche. Pas de panique ! On part de ce que tu sais déjà : la Première Guerre mondiale, les combats, la violence, et le héros de Verdun, le maréchal Pétain. Ça va nous servir pour comprendre comment la France a vécu la Seconde Guerre mondiale, entre défaite, régime de Vichy, Résistance et Libération. On va à l'essentiel, vite et bien.

Défaite et armistice de 1940

Après la drôle de guerre (automne 1939 – printemps 1940), l’Allemagne lance une offensive éclair le 10 mai 1940. L’armée française est battue en quelques semaines : c’est la débâcle. Des millions de civils fuient sur les routes (l’exode).
Le 16 juin 1940, le maréchal Philippe Pétain, héros de Verdun pendant la Grande Guerre, devient président du Conseil. Il annonce le 17 juin qu’il faut cesser le combat. L’armistice est signé le 22 juin 1940 à Rethondes.

La France coupée en deux

Après l’armistice, la France est divisée :
– une zone occupée au nord et à l’ouest, sous contrôle allemand ;
– une zone libre au sud, dirigée par le gouvernement français installé à Vichy.
Les deux zones sont séparées par la ligne de démarcation.

ParisLigne de démarcationZone occupéeZone libre

L’essentiel en bref

– Le 10 juillet 1940, l’Assemblée nationale donne les pleins pouvoirs à Pétain. C’est la fin de la IIIe République et le début du régime de Vichy.
– Vichy propage la Révolution nationale (« Travail, Famille, Patrie ») et collabore avec l’Allemagne (entrevue de Montoire, 24 octobre 1940).
– À Londres, le général de Gaulle lance l’appel du 18 juin 1940 et organise la France libre.
– En France, la Résistance intérieure s’oppose à l’occupant et à Vichy.
– La France est libérée en 1944 (débarquement en Normandie le 6 juin, libération de Paris le 25 août).

À toi de jouer

1. Complète la phrase : Le 22 juin 1940, l’armistice est signé à . Le maréchal devient le chef de l’État français après le vote des pleins pouvoirs du 10 juillet 1940.
Corrigé
Le 22 juin 1940, l’armistice est signé à Rethondes. Le maréchal Pétain devient le chef de l’État français après le vote des pleins pouvoirs du 10 juillet 1940.
2. Complète : La France est coupée en deux : au nord la zone , au sud la zone , séparées par la .
Corrigé
La France est coupée en deux : au nord la zone occupée, au sud la zone libre, séparées par la ligne de démarcation.
3. Associe chaque date à l’événement en complétant :
16 juin 1940 → devient président du Conseil.
18 juin 1940 → Appel du général à la radio de Londres.
10 juillet 1940 → Vote des à Pétain.
Corrigé
16 juin 1940 → Pétain devient président du Conseil.
18 juin 1940 → Appel du général de Gaulle à la radio de Londres.
10 juillet 1940 → Vote des pleins pouvoirs à Pétain.

Ah oui, Vichy, la Résistance, de Gaulle… Ça te revient ? On remet tout en ordre avec une méthode claire. Tu vas retrouver les dates, les acteurs et les logiques pour ne plus les confondre.

1. Le régime de Vichy (1940-1944)

Méthode : retenir trois dimensions
Politique : dictature personnelle de Pétain, fin de la République, Révolution nationale.
Collaboration : politique de coopération avec l’Allemagne (entrevue de Montoire, STO en 1943).
Antisémitisme d’État : statut des Juifs (octobre 1940), rafle du Vél d’Hiv (juillet 1942) par la police française.
Dates clés : 10 juillet 1940 (pleins pouvoirs), 24 octobre 1940 (Montoire), 16-17 juillet 1942 (Vél d’Hiv), 16 février 1943 (STO).

2. La Résistance et la France libre

Méthode : deux branches à distinguer
France libre : de Gaulle à Londres, appel du 18 juin 1940, Forces françaises libres (FFL).
Résistance intérieure : réseaux et mouvements (journaux clandestins, sabotages, renseignement).
Point commun : refuser l’armistice et prolonger le combat. En 1944, ils se rassemblent autour de de Gaulle.

3. La Libération (1944-1945)

Débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944, puis en Provence le 15 août. Paris se soulève et est libérée le 25 août (de Gaulle descend les Champs-Élysées). Le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) remplace Vichy. La guerre continue jusqu’à la capitulation allemande le 8 mai 1945.

À toi de jouer

1. Complète ce schéma des acteurs de la Résistance :
Résistance = (à Londres) + (en France).
Corrigé
Résistance = France libre (à Londres) + Résistance intérieure (en France).
2. Classe les événements suivants dans l’ordre chronologique (de 1 à 4) en remplissant les cases :
Appel du 18 juin
Rafle du Vél d’Hiv
Vote des pleins pouvoirs à Pétain
Création du STO
Corrigé
1) Vote des pleins pouvoirs à Pétain (10 juillet 1940)
2) Appel du 18 juin 1940
3) Rafle du Vél d’Hiv (16-17 juillet 1942)
4) Création du STO (16 février 1943)
3. Complète ce texte à trous sur le régime de Vichy :
Le régime de Vichy met en œuvre la « Révolution nationale » dont la devise est « , Famille, Patrie ». Il mène une politique de avec l’Allemagne, officialisée lors de l’entrevue de le 24 octobre 1940. Il impose aussi le (STO) qui envoie de force des travailleurs français en Allemagne.
Corrigé
Le régime de Vichy met en œuvre la « Révolution nationale » dont la devise est « Travail, Famille, Patrie ». Il mène une politique de collaboration avec l’Allemagne, officialisée lors de l’entrevue de Montoire le 24 octobre 1940. Il impose aussi le Service du travail obligatoire (STO) qui envoie de force des travailleurs français en Allemagne.

Cinq petits exercices pour automatiser les bases. Même structure, des infos différentes : impossible de te planter. On y va !

À toi de jouer

1. Le 18 juin 1940, le général lance un appel à la radio de Londres.
Corrigé
Le 18 juin 1940, le général de Gaulle lance un appel à la radio de Londres.
2. Le 10 juillet 1940, les députés votent les pleins pouvoirs à .
Corrigé
Le 10 juillet 1940, les députés votent les pleins pouvoirs à Pétain.
3. La devise de l’État français est « , Famille, Patrie ».
Corrigé
La devise de l’État français est « Travail, Famille, Patrie ».
4. Le STO, instauré en , envoie des Français travailler en Allemagne.
Corrigé
Le STO, instauré en 1943, envoie des Français travailler en Allemagne.
5. La rafle du Vél d’Hiv, en juillet , est organisée par la police française.
Corrigé
La rafle du Vél d’Hiv, en juillet 1942, est organisée par la police française.

Maintenant que les repères sont solides, on monte le niveau. Des exercices comme lors du contrôle ou du bac : analyse de textes, questions ouvertes, rédaction. Montre ce que tu sais !

À toi de jouer

1. Quels sont les trois axes principaux de la politique du régime de Vichy ? Donne un exemple concret pour chacun.
Corrigé
Les trois axes sont :
1. Un régime autoritaire et antirépublicain : la « Révolution nationale » avec sa devise « Travail, Famille, Patrie », la suppression des libertés, le culte de la personnalité de Pétain.
2. La collaboration avec l’Allemagne nazie : entrevue de Montoire (24 octobre 1940), mise en place du STO (1943).
3. Une politique antisémite d’État : statut des Juifs (octobre 1940), rafle du Vél d’Hiv (juillet 1942) organisée par la police française.
2. Explique quelle est la différence entre la France libre et la Résistance intérieure. Quel rôle joue le général de Gaulle ?
Corrigé
La France libre, fondée par de Gaulle à Londres, regroupe les Français qui refusent l’armistice et poursuivent le combat aux côtés des Alliés. Elle dispose de forces armées (FFL).
La Résistance intérieure agit sur le sol français, dans la clandestinité : réseaux de renseignement, sabotages, journaux clandestins, aide aux personnes traquées.
De Gaulle incarne la légitimité française face au régime de Vichy. Il unifie progressivement les différentes forces de la Résistance et prend la tête du GPRF à la Libération.
3. À l’aide de tes connaissances, rédige un paragraphe d’une dizaine de lignes montrant comment la France passe de la défaite de 1940 à la Libération en 1944.
Corrigé
La défaite de juin 1940 conduit à l’armistice et à la division de la France. Le maréchal Pétain instaure le régime de Vichy, autoritaire et collaborateur, qui met en œuvre la Révolution nationale et participe à la déportation des Juifs. Cependant, depuis Londres, le général de Gaulle lance un appel à la résistance le 18 juin 1940 et crée la France libre. En métropole, des réseaux clandestins se structurent malgré la répression. À partir de 1943, le STO pousse de nombreux jeunes à rejoindre les maquis. La Résistance s’unifie autour de de Gaulle. Le débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944 ouvre la voie de la Libération : Paris est libérée en août, et de Gaulle rétablit l’autorité de la République avec le GPRF.
4. Quelle est la date de l'appel du général de Gaulle à la radio de Londres ? Pourquoi cet appel est-il un tournant ?
Corrigé
L’appel a lieu le 18 juin 1940. C’est un tournant car il donne naissance à la France libre et à la Résistance extérieure. Il affirme la légitimité d’une France qui continue le combat, en opposition totale avec l’armistice et le régime de Vichy.
5. D'après tes connaissances, pourquoi la rafle du Vél d’Hiv est-elle un événement majeur de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale en France ?
Corrigé
La rafle des 16-17 juillet 1942, où 13 000 Juifs sont arrêtés à Paris par la police française et enfermés au Vélodrome d’Hiver avant d’être déportés, illustre la participation active de l’État français au génocide. Longtemps occultée, elle est devenue le symbole de la responsabilité du régime de Vichy et de la complicité de la France dans la Shoah. Sa reconnaissance officielle (par Jacques Chirac en 1995) a marqué un tournant dans la mémoire nationale.

Tu veux aller plus loin ? On t’emmène sur le terrain de l’historiographie et des mémoires : comment la France a-t-elle géré cet héritage compliqué après la guerre ? Des sujets qu’on retrouvera en spécialité HGGSP ou en prépa.

Mémoires de la Seconde Guerre mondiale

Après 1945, le mythe d’une France unanimement résistante (le « résistancialisme ») domine. À partir des années 1970, le film Le Chagrin et la Pitié (1971) et les travaux d’historiens (Robert Paxton) brisent ce tabou et révèlent l’ampleur de la collaboration et de la complicité de Vichy dans la Shoah. Les procès pour crimes contre l’humanité (Klaus Barbie en 1987, Maurice Papon en 1998) et la reconnaissance officielle de la responsabilité de l’État français (discours de Chirac de 1995) marquent une évolution majeure de la mémoire collective.

À toi de jouer

1. Analyse ce document : « La France, ce ne sont pas les Français, la France c’est de Gaulle. » (phrase attribuée à de Gaulle après la guerre, illustrant le résistancialisme).
Explique ce que signifie cette phrase dans le contexte de l’après-guerre et pourquoi elle a été remise en question.
Corrigé
Cette phrase exprime le résistancialisme : la volonté de de Gaulle de reconstruire l’unité nationale en gommant la réalité de la collaboration et en identifiant la France à la Résistance incarnée par sa personne. Elle minimise la responsabilité du régime de Vichy et des Français qui ont soutenu ou subi le régime. À partir des années 1970, les historiens démontrent que Vichy a mené une politique propre de collaboration et d’antisémitisme, rendant impossible cette fiction d’une France entièrement résistante.
2. Quelles étapes majeures marquent l’évolution de la mémoire de Vichy en France de 1945 à nos jours ?
Corrigé
1. Après 1945 : épuration, mythe résistancialiste.
2. Années 1970 : choc du film Le Chagrin et la Pitié et des travaux de Paxton, révélant l’ampleur de la collaboration et l’autonomie de Vichy.
3. Années 1990 : reconnaissance officielle : discours de Chirac en 1995 sur la responsabilité de l’État français dans la rafle du Vél d’Hiv ; procès de Papon (1998).
4. Depuis, la mémoire se focalise sur les victimes (Shoah) et la complexité des attitudes (Justes, attentisme).
3. Selon toi, en quoi l’étude de Vichy pose-t-elle encore des questions vives dans la société française actuelle ?
Corrigé
L’étude de Vichy touche à l’identité nationale, à la responsabilité collective, à la xénophobie et à l’antisémitisme. Les débats sur la repentance, les propos de certains responsables politiques minimisant la collaboration, ou les usages de la mémoire de la Résistance montrent que ces questions restent sensibles. Comprendre Vichy, c’est réfléchir à la fragilité des démocraties face à la tentation autoritaire, ce qui résonne avec des enjeux contemporains.