Pas de panique : on part de zéro, sans aucun prérequis, et on va droit à l'essentiel pour que tu sois fonctionnel pour le contrôle. La raison, c'est notre capacité à penser logiquement et à distinguer le vrai du faux. On va voir ce que c'est et comment on raisonne.
Qu'est-ce que la raison ?
La raison est la faculté de bien juger et de distinguer le vrai du faux, comme le dit Descartes. C'est ce qui nous permet de raisonner, c'est-à-dire d'enchaîner des idées selon des règles logiques.
Descartes écrit : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ». Cela signifie que tout le monde possède la raison en principe ; ce qui fait la différence, c'est la méthode qu'on emploie.
Deux grands types de raisonnement
Raisonner, c'est tirer une conclusion à partir de prémisses. Il y a deux manières principales :
La déduction : on part d'une règle générale pour aller vers un cas particulier. La conclusion est certaine si les prémisses sont vraies. Exemple : Tous les hommes sont mortels. Socrate est un homme. Donc Socrate est mortel. (C'est un syllogisme.)
L'induction : on part de cas particuliers pour arriver à une règle générale. La conclusion est seulement probable, car un nouveau cas pourrait la contredire. Exemple : J'ai observé que le soleil s'est levé tous les jours de ma vie, donc il se lèvera demain.
À toi de jouer
1. Complète la définition de Descartes : Selon Descartes, la raison est la puissance de bien $\underline{\hspace{1.1em}}$ et de $\underline{\hspace{1.1em}}$ le vrai d'avec le $\underline{\hspace{1.1em}}$.
Corrigé
Selon Descartes, la raison est la puissance de bien juger et de distinguer le vrai d'avec le faux.
2. Pour chaque exemple, indique s'il s'agit d'une déduction (D) ou d'une induction (I) en complétant les cases. a) Si tous les mammifères ont des poumons et que le chien est un mammifère, alors le chien a des poumons. $\underline{\hspace{1.1em}}$ b) J'ai vu cent corbeaux noirs, donc tous les corbeaux sont noirs. $\underline{\hspace{1.1em}}$ c) Chaque fois que je lâche une pierre, elle tombe. Donc la prochaine fois que je lâcherai une pierre, elle tombera. $\underline{\hspace{1.1em}}$
Corrigé
a) D b) I c) I
3. Complète les phrases suivantes. Une déduction garantit une conclusion $\underline{\hspace{1.1em}}$ si les prémisses sont vraies. Une induction ne fournit qu'une conclusion $\underline{\hspace{1.1em}}$.
Corrigé
Une déduction garantit une conclusion certaine si les prémisses sont vraies. Une induction ne fournit qu'une conclusion probable.
Ah oui, la raison, le vrai, le faux, les types de raisonnement... ça te revient ? On va remettre ça au clair avec une méthode simple pour ne plus confondre déduction et induction. Ensuite, on s'attaque à la grande bagarre : d'où viennent nos connaissances ? La raison toute seule, ou l'expérience ? On va voir ça avec Descartes et Locke.
Méthode : distinguer déduction et induction en 3 étapes
Repère le sens : Dans une déduction, on va du général au particulier (règle → cas). Dans une induction, on va du particulier au général (observation → règle).
Regarde la certitude : Si la conclusion est nécessaire (on ne peut pas la nier si les prémisses sont vraies), c'est une déduction. Si elle est seulement probable, c'est une induction.
Vérifie avec un exemple : Le syllogisme « Tous les A sont B, or C est A, donc C est B » est toujours une déduction.
D'où vient la connaissance ? Le grand débat
Deux grandes réponses :
Le rationalisme (avec Descartes) : certaines connaissances viennent de la raison elle-même, indépendamment de l'expérience. Descartes cherche une vérité indubitable et la trouve dans le « je pense, donc je suis » (cogito). Il existe des idées innées.
L'empirisme (avec Locke) : toute connaissance provient de l'expérience sensible. L'esprit est une « table rase » (page blanche) que l'expérience remplit. Pas d'idées innées.
À toi de jouer
1. Complète la phrase de Locke : « L'esprit est une $\underline{\hspace{1.1em}}$ » (c'est-à-dire une page blanche). Donc, pour lui, la connaissance provient entièrement de l'$\underline{\hspace{1.1em}}$.
Corrigé
L'esprit est une table rase (ou page blanche). Donc, pour lui, la connaissance provient entièrement de l'expérience.
2. Relie chaque courant à sa définition en complétant les mots manquants : - Rationalisme : la connaissance vient de la $\underline{\hspace{1.1em}}$. - Empirisme : la connaissance vient de l'$\underline{\hspace{1.1em}}$.
Corrigé
- Rationalisme : la connaissance vient de la raison. - Empirisme : la connaissance vient de l'expérience.
3. Lis cet extrait de Hume, puis complète la phrase. « Toutes les idées, surtout les idées abstraites, sont naturellement faibles et obscures : l'esprit n'a qu'une prise légère sur elles ; elles sont sujettes à être confondues avec d'autres idées qui leur ressemblent ; et quand nous avons fréquemment employé un terme, quoiqu'il n'éveille pas dans notre esprit une idée distincte, nous nous imaginons qu'il y est attaché. Au contraire, toutes les impressions, c'est-à-dire toutes les sensations, soit externes soit internes, sont fortes et vives : les limites en sont plus nettement marquées ; il n'est pas non plus facile de tomber dans l'erreur ou la méprise à leur sujet. » D'après ce texte, pour Hume, les idées proviennent des $\underline{\hspace{1.1em}}$. Il est donc un philosophe $\underline{\hspace{1.1em}}$.
Corrigé
D'après ce texte, pour Hume, les idées proviennent des impressions sensibles. Il est donc un philosophe empiriste.
C'est parti pour cinq mini-exercices tout simples, quasiment identiques, pour mécaniser les notions clés. Tu vas remplir les trous, ça va rentrer tout seul !
À toi de jouer
1. Descartes définit la raison comme « la puissance de bien $\underline{\hspace{1.1em}}$ et de distinguer le vrai d'avec le $\underline{\hspace{1.1em}}$ ».
Corrigé
Descartes définit la raison comme « la puissance de bien juger et de distinguer le vrai d'avec le faux ».
2. Dans un syllogisme, on passe de deux $\underline{\hspace{1.1em}}$ à une conclusion certaine.
Corrigé
Dans un syllogisme, on passe de deux prémisses à une conclusion certaine.
3. L'induction généralise à partir de $\underline{\hspace{1.1em}}$ observés, mais sa conclusion est seulement $\underline{\hspace{1.1em}}$.
Corrigé
L'induction généralise à partir de cas particuliers observés, mais sa conclusion est seulement probable.
4. Pour Locke, l'esprit est une $\underline{\hspace{1.1em}}$, c'est-à-dire sans idées $\underline{\hspace{1.1em}}$.
Corrigé
Pour Locke, l'esprit est une table rase, c'est-à-dire sans idées innées.
5. Kant affirme que si toute connaissance commence avec l' $\underline{\hspace{1.1em}}$, elle n'en provient pas tout entière, car l'esprit impose ses $\underline{\hspace{1.1em}}$ a priori.
Corrigé
Kant affirme que si toute connaissance commence avec l'expérience, elle n'en provient pas tout entière, car l'esprit impose ses formes a priori.
On monte d'un cran avec des exercices type contrôle. Analyse, comparaison, explication de textes... tout ce qu'il te faut pour être prêt le jour J.
À toi de jouer
1. Explique la phrase de Descartes : « Je pense, donc je suis. » (5 lignes minimum)
Corrigé
Descartes, dans sa recherche d'une vérité indubitable, met en doute toutes ses connaissances. Il découvre que même s'il doute, il pense, et que s'il pense, il doit exister. Cette certitude première est le fondement de sa philosophie : la raison accède directement à une vérité sans recourir à l'expérience, illustrant la puissance de la raison seule.
2. Complète le tableau comparant rationalisme et empirisme :
Critère
Rationalisme
Empirisme
Origine des idées
$\underline{\hspace{1.1em}}$
$\underline{\hspace{1.1em}}$
Rôle de l'expérience
$\underline{\hspace{1.1em}}$
$\underline{\hspace{1.1em}}$
Auteur représentatif
$\underline{\hspace{1.1em}}$
$\underline{\hspace{1.1em}}$
Corrigé
Origine des idées : Raison / Expérience sensible. Rôle de l'expérience : Secondaire ou inutile pour certaines connaissances / Essentielle, source unique. Auteur représentatif : Descartes / Locke (ou Hume).
3. Voici un extrait de la Critique de la raison pure de Kant : « Que toute notre connaissance commence avec l'expérience, cela ne soulève aucun doute. Mais si toute notre connaissance débute avec l'expérience, cela ne prouve pas qu'elle dérive toute de l'expérience. » Explique en quoi Kant dépasse l'opposition entre rationalisme et empirisme.
Corrigé
Kant reconnaît avec les empiristes que l'expérience est le point de départ de la connaissance. Cependant, il montre avec les rationalistes que l'esprit n'est pas passif : il possède des structures a priori (formes de la sensibilité et catégories de l'entendement) qui organisent les données sensibles. Ainsi, la connaissance résulte de la synthèse entre l'apport de l'expérience et l'activité structurante de la raison.
4. Classe les raisonnements suivants en déduction (D) ou induction (I) et justifie brièvement : a) Si un nombre est divisible par 4, alors il est pair. 12 est divisible par 4, donc 12 est pair. b) J'ai observé que tous les élèves de la classe aiment la philosophie, donc tous les élèves du lycée aiment la philosophie.
Corrigé
a) Déduction. La règle générale (divisible par 4 ⇒ pair) s'applique au cas particulier (12). La conclusion est nécessairement vraie. b) Induction. On généralise à partir d'un échantillon restreint. La conclusion n'est que probable.
5. Quelles sont les limites de la raison selon Kant ? Réponds en quelques phrases.
Corrigé
Selon Kant, la raison ne peut connaître que les phénomènes, c'est-à-dire les choses telles qu'elles nous apparaissent, organisées par nos formes a priori. Les noumènes (les choses en soi) restent inconnaissables. De plus, lorsque la raison prétend dépasser les limites de l'expérience possible, elle tombe dans des contradictions (antinomies). La métaphysique traditionnelle est ainsi mise en question.
On prend de l'avance ! Ces exercices te projettent au-delà du programme de terminale, vers des questions plus pointues sur les limites de la connaissance et la critique de la raison.
À toi de jouer
1. Explique la distinction entre phénomène et noumène chez Kant. En quoi cette distinction limite-t-elle le pouvoir de la raison ?
Corrigé
Pour Kant, le phénomène est l'objet tel qu'il nous apparaît, structuré par nos formes a priori de la sensibilité et de l'entendement. Le noumène est la chose en soi, indépendante de notre perception, que nous ne pouvons pas connaître. Cette distinction borne la raison théorique : elle ne peut légiférer que sur le monde des phénomènes, et toute tentative de connaître le noumène est vouée à l'échec.
2. Rédige un dialogue imaginaire (une réplique chacun) entre un rationaliste et un empiriste sur la question de l'idée de Dieu. Le rationaliste affirmera que l'idée de Dieu est innée ; l'empiriste soutiendra qu'elle vient de l'expérience.
Corrigé
Rationaliste : « L'idée de Dieu, par sa perfection et son infinité, ne peut dériver de l'expérience qui ne nous donne que des choses finies. Elle est donc innée, gravée dans notre raison. » Empiriste : « Nous formons l'idée de Dieu en élargissant les qualités que nous observons dans le monde (bonté, puissance) jusqu'à l'infini. Rien dans notre esprit qui ne vienne des sens. »
3. Hume a montré que l'induction ne peut pas être justifiée rationnellement : nous ne pouvons pas prouver que l'avenir ressemblera au passé. Comment Kant répond-il à ce problème ?
Corrigé
Kant accepte la critique de Hume : la nécessité causale et l'uniformité de la nature ne se trouvent pas dans les choses en soi. Mais il les réinterprète comme des principes a priori de l'entendement, des conditions de possibilité de l'expérience. Sans ces principes, aucune science empirique ne serait possible. La raison impose donc sa légalité aux phénomènes, ce qui rend la connaissance possible.