Philosophie · Terminale

Identité / égalité / différence

Tu as un contrôle de philosophie et tu n'as jamais mis les pieds en cours sur ces repères ? Pas de panique. On va voir l'essentiel, vite fait, pour te permettre de t'en sortir. Ces trois mots, identité, égalité, différence, sont des outils pour analyser des notions comme la justice ou la liberté. Mais d'abord, il faut les distinguer clairement. Prêt ? C'est parti.

Définitions de base

L'identité, l'égalité et la différence sont trois concepts qu'il ne faut pas confondre. En logique et en philosophie, ils ont des sens précis.

  • Identité : caractère de ce qui est le même (une seule chose). Principe d'identité : A = A.
  • Égalité : deux choses sont égales si elles ont la même valeur ou la même mesure, bien qu'elles soient distinctes. Exemple : $2+3 = 5$.
  • Différence : fait pour deux choses de ne pas être identiques, c'est-à-dire de ne pas être la même chose.

Point-clé : Égalité ≠ Identité. Des choses égales ne sont pas identiques (elles sont deux), et des choses différentes peuvent être égales en droits.

AA = A(même chose)ABmême valeur(égalité)ABnon-identique(différence)

À toi de jouer

1. Complète avec « identité », « égalité » ou « différence » : Le principe selon lequel une chose est identique à elle-même s'appelle le principe d'.
Corrigé
Complète avec « identité », « égalité » ou « différence » : Le principe selon lequel une chose est identique à elle-même s'appelle le principe d'identité.
2. Associe chaque phrase à un repère (identité, égalité, différence) :
a) Deux personnes ont les mêmes droits bien qu'elles soient distinctes. C'est l'.
b) Cet objet n'est pas le même que celui-là. C'est une .
c) Cet objet est exactement le même que celui que j'ai vu hier. Il est .
Corrigé
a) égalité,
b) différence,
c) identique (identité).
3. Vrai ou faux ?
- L'égalité signifie que deux choses sont la même chose. (vrai/faux)
- La différence est le contraire de l'identité.
- En mathématiques, $2+3=5$ illustre l'identité.
Corrigé
- faux,
- vrai,
- faux (c'est l'égalité).

Ah oui, c'est vrai, on en avait parlé... Ces trois repères permettent de ne pas tout mélanger. On va les réactiver avec une méthode simple pour les distinguer à coup sûr, et on s'entraîne.

Méthode : distinguer identité, égalité, différence en 3 étapes

  1. Si on parle d'une seule et même chose qui reste elle-même, il s'agit d'identité.
  2. Si on parle de deux choses distinctes qui ont la même valeur, mesure ou droits, il s'agit d'égalité.
  3. Si on constate simplement que deux choses ne sont pas la même chose, sans préjuger de leur valeur, il s'agit de différence.

Exercice d'application : avec ces indices, lis l'énoncé et déduis le repère.

À toi de jouer

1. Complète : Si je dis « Pierre et Paul sont différents », je constate une . Si je dis « Pierre et Paul ont la même dignité », j'affirme une . Si je dis « Pierre est toujours le même qu'il y a dix ans », je pose une question d'.
Corrigé
différence, égalité, identité.
2. Pour chaque situation, indique le repère mobilisé :
a) Le Code civil affirme que tous les citoyens sont égaux devant la loi. ->
b) Descartes affirme que le « je » qui pense est identique à lui-même dans le temps. ->
c) Tu remarques que ton frère et toi n'avez pas les mêmes goûts musicaux. ->
Corrigé
a) égalité,
b) identité,
c) différence.
3. Complète la phrase : « L'égalité ne nie pas la ; elle affirme simplement que, malgré leurs , les êtres ont les mêmes droits. »
Corrigé
« L'égalité ne nie pas la différence ; elle affirme simplement que, malgré leurs différences, les êtres ont les mêmes droits. »

On répète pour que ça devienne un automatisme. Voici cinq phrases très simples. À toi de compléter avec le repère qui convient : identité, égalité ou différence.

À toi de jouer

1. Le principe logique A = A repose sur la notion d'.
Corrigé
identité
2. Dire que deux citoyens ont les mêmes droits, c'est parler d'.
Corrigé
égalité
3. Constater que deux objets n'ont pas la même couleur, c'est relever une .
Corrigé
différence
4. L' arithmétique entre $2+3$ et $5$ est un exemple d'égalité.
Corrigé
égalité
5. Le problème de savoir si une personne reste la même au fil du temps est un problème d'.
Corrigé
identité

Maintenant, on passe aux exercices type contrôle. Tu vas devoir analyser des textes ou des situations en utilisant ces repères, et justifier tes choix. Plus de trous, c'est toi qui construis la réponse.

À toi de jouer

1. Lis cet énoncé : « Tous les êtres humains naissent égaux en dignité et en droits. » (Déclaration universelle des droits de l'homme). Explique pourquoi il s'agit bien d'égalité et non d'identité.
Corrigé
Il s'agit d'égalité car l'énoncé affirme que tous les êtres humains, bien qu'étant distincts (différents par leur apparence, leur origine, etc.), possèdent la même dignité et les mêmes droits fondamentaux. S'il s'agissait d'identité, cela signifierait qu'ils sont une seule et même chose, ce qui est absurde. L'égalité ici est une égalité en valeur, non en nature.
2. Dans une dissertation sur la justice, un élève écrit : « La justice exige que l'on traite tout le monde de manière identique. » Corrige cette phrase en utilisant les repères : pourquoi aurait-il dû écrire « égale » au lieu d'« identique » ?
Corrigé
Il faut écrire « égale » car la justice ne consiste pas à gommer toutes les différences (identité) mais à accorder la même considération ou les mêmes droits à des personnes différentes. Traiter identiquement reviendrait à nier les particularités de chacun. L'égalité de traitement n'implique pas l'identité de traitement.
3. Soit l'extrait de Descartes : « Je suis, j'existe, cela est certain. Mais combien de temps ? Aussi longtemps que je pense ; car peut-être même que, si je cessais de penser, je cesserais d'être... Je suis une chose qui pense. » Quel repère conceptuel peut-on mobiliser pour analyser cette citation ? Justifie.
Corrigé
On mobilise l'identité. Descartes cherche à fonder l'identité du sujet pensant dans le temps. Le « je » qui pense est certain de son existence et reste le même tant qu'il pense. C'est la permanence de la pensée qui assure l'identité personnelle.
4. Dans un paragraphe argumenté, montre que l'égalité en droit n'implique pas l'identité entre les personnes, mais repose sur la reconnaissance de leurs différences.
Corrigé
L'égalité en droit, par exemple l'égalité devant la loi, ne signifie pas que tous les citoyens sont identiques (mêmes caractéristiques, mêmes opinions, mêmes conditions). Au contraire, elle postule que des êtres différents (par leur sexe, leur religion, leur origine sociale) doivent être traités comme ayant la même valeur juridique. L'égalité reconnaît les différences mais refuse de les transformer en inégalités de droits. Comme le rappelle le repère, égalité n'est pas identité : l'une unit des réalités distinctes par un principe commun, l'autre suppose une unicité de substance.
5. Deux élèves ont obtenu la même note à un contrôle. Sont-ils identiques pour autant ? Justifie en utilisant les repères.
Corrigé
Non, ils ne sont pas identiques. Le fait d'avoir la même note relève de l'égalité (ils ont la même mesure de performance pour ce contrôle), mais ils restent deux élèves distincts avec des personnalités et des parcours différents. L'égalité (même note) ne supprime pas la différence (leur individualité).

Pour aller plus loin : ces repères sont cruciaux pour la philosophie politique (égalité des chances, discrimination positive) et la philosophie de l'esprit (identité personnelle). On va voir comment les réutiliser dans des contextes plus exigeants, comme en prépa ou en licence de philosophie.

À toi de jouer

1. Le bateau de Thésée : un bateau dont on remplace progressivement toutes les planches. Le bateau final est-il identique au bateau initial ? Justifie en reliant cela au repère « identité ». Que devient la différence dans ce cas ?
Corrigé
Ce paradoxe interroge l'identité dans le temps. Selon le critère matériel, le bateau final n'est pas identique car toutes les parties ont changé (différence avec l'original). Mais on peut soutenir qu'il reste le même (identité) si l'on considère la forme, la fonction ou la mémoire collective. L'identité n'est pas toujours incompatible avec une certaine différence : on peut conserver une identité tout en changeant partiellement (comme l'identité personnelle malgré le renouvellement cellulaire).
2. Aristote écrit : « Il faut traiter les choses égales également, et les choses inégales inégalement. » Explique cette phrase en distinguant égalité et identité, et en prenant un exemple.
Corrigé
Aristote parle ici de justice distributive : l'égalité n'est pas l'identité de traitement. Pour être juste, il faut parfois traiter différemment des situations différentes (différence) afin d'atteindre une réelle égalité. Par exemple, un impôt progressif traite inégalement les revenus (on prélève plus aux riches) mais vise une égalité de contribution. L'identité de traitement (prélever la même somme à tous) serait égalitaire en apparence mais injuste car elle ignore les différences de capacité.
3. Dans le débat sur la parité en politique, certains affirment que l'égalité exige l'indifférenciation totale des sexes. Critique cette position en mobilisant les repères.
Corrigé
Cette position confond égalité et identité. L'égalité des sexes ne suppose pas que les hommes et les femmes soient identiques (négation des différences biologiques ou sociales), mais qu'ils aient les mêmes droits et la même dignité. Exiger une représentation paritaire, c'est reconnaître que malgré leurs différences, les deux sexes comptent également dans la vie politique. L'égalité s'accommode donc de la différence, et même s'en nourrit : elle vise à dépasser les inégalités sans annihiler les spécificités.