V VIDYALAYA · Soutien scolaire
SVTTerminaleA la recherche du passe geologique de la planeteFiche de cours

Crises biologiques et évolution de la biodiversité

Cinq extinctions de masse ont rythmé l'histoire du vivant — chacune suivie d'un renouveau de la biodiversité.
1 L'idée

La biodiversité fluctue au cours du temps géologique sous l'effet de deux processus opposés : la spéciation (apparition de nouvelles espèces) et l'extinction (disparition d'espèces). Le taux d'extinction de fond est faible et permanent.

On parle de crise biologique (ou extinction de masse) lorsqu'au moins 75 % des espèces disparaissent en un temps géologiquement court, touchant simultanément des groupes taxonomiques variés dans des milieux différents. Ces épisodes laissent des discontinuités stratigraphiques dans les archives fossiles.

2 Les cinq grandes crises biologiques
3 Causes et mécanismes

Volcanisme intense (trapps) : les épanchements basaltiques géants libèrent du CO2 (réchauffement à long terme) et du SO2 (pluies acides, refroidissement à court terme), perturbant la photosynthèse et les chaînes alimentaires pendant des milliers à des millions d'années.

Impact météoritique : un astéroïde de grande taille (diamètre ≥ 10 km) projette des poussières dans la stratosphère, bloquant la lumière solaire → hiver d'impact, effondrement de la production primaire, collapse des réseaux trophiques. Les deux causes peuvent se cumuler (crise K-Pg).

Dans les deux cas, le mécanisme commun est l'effondrement de la production primaire (végétaux et phytoplancton), qui rompt la base des chaînes alimentaires.

4 Marqueurs géologiques des crises

Chaque crise laisse des empreintes identifiables dans les roches :

Méthode — Analyser une crise biologique à partir de documents
  • Repérer la discontinuité stratigraphique : dater la couche, identifier les groupes disparus.
  • Inventorier les marqueurs géologiques présents : iridium, quartz choqué, trapps, variations isotopiques.
  • Identifier la ou les causes à partir des marqueurs (impact météoritique, volcanisme, ou les deux).
  • Reconstituer la chaîne causale : perturbation climatique → effondrement de la production primaire → collapse des réseaux trophiques.
  • Analyser le renouvellement post-crise : niches écologiques libérées → radiation adaptative des groupes survivants.
Erreurs fréquentes
  • Confondre extinction de fond (lente, permanente) et extinction de masse (brutale, ≥ 75 % des espèces, polyphylétique).
  • Croire que l'impact de Chicxulub est la seule cause de la crise K-Pg : les Trapps du Deccan ont joué un rôle complémentaire.
  • La crise la plus massive est la fin du Permien (~252 Ma) — pas la crise K-Pg (~66 Ma), pourtant la plus médiatisée.
  • Ne pas confondre la limite K-Pg (Crétacé-Paléogène, ~66 Ma) avec la limite Permien-Trias (~252 Ma).
  • Oublier que les crises sont suivies de radiations adaptatives : elles renouvellent la biodiversité autant qu'elles la détruisent.