V VIDYALAYA · Soutien scolaire
SVTTerminaleCorps humain et santeFiche de cours

Immunité adaptative : lymphocytes, anticorps et mémoire immunitaire

Une réponse ciblée, amplifiable et mémorisée — comment le système immunitaire reconnaît un antigène et s'en souvient.
1 L'idée

L'immunité adaptative (ou spécifique) prend le relais de l'immunité innée lorsque celle-ci ne suffit pas à éliminer l'agent pathogène. Elle présente trois propriétés essentielles :

Deux réponses coordonnées coexistent : la réponse humorale (production d'anticorps par les plasmocytes) et la réponse cellulaire (destruction directe des cellules infectées par les lymphocytes T cytotoxiques), toutes deux pilotées par les lymphocytes T auxiliaires (LT4).

2 Les lymphocytes : acteurs de la réponse adaptative

Les lymphocytes sont des leucocytes produits dans la moelle osseuse. Chaque clone exprime à sa surface un récepteur spécifique d'un seul antigène (ou épitope).

La sélection clonale désigne la sélection, parmi des millions de clones préexistants, du seul lymphocyte dont le récepteur est complémentaire de l'antigène. L'expansion clonale est sa multiplication rapide pour former une armée de cellules identiques.

3 Les anticorps : structure et modes d'action

Un anticorps (immunoglobuline, Ig) est une protéine sécrétée par les plasmocytes, de forme en Y. Il est constitué de :

Les anticorps agissent selon plusieurs mécanismes :

4 La mémoire immunitaire et la vaccination

Lors du premier contact avec un antigène, la réponse primaire est lente (délai de 7 à 14 jours) et modérée en intensité. Une fraction des lymphocytes activés se différencie en lymphocytes mémoires (LB mémoires et LT mémoires), à longue durée de vie (mois à décennies).

Lors d'un second contact avec le même antigène, la réponse secondaire est :

La vaccination exploite ce mécanisme : l'injection d'un antigène inoffensif (vaccin atténué, inactivé ou sous-unitaire) déclenche une réponse primaire et la constitution d'une mémoire immunitaire sans provoquer la maladie. Toute infection ultérieure par l'agent pathogène réel déclenche une réponse secondaire protectrice.

Méthode — Reconstituer la chronologie de la réponse adaptative
  • Entrée de l'antigène → phagocytose et présentation aux LT4 par les CPA.
  • Activation des LT4 → sécrétion d'interleukines.
  • Sélection et expansion clonale des LB et LT8 spécifiques de l'antigène.
  • Réponse humorale : LB → plasmocytes (anticorps) + LB mémoires.
  • Réponse cellulaire : LT8 → apoptose des cellules infectées + LT8 mémoires.
  • Élimination de l'antigène → contraction clonale (apoptose des effecteurs en excès).
  • Persistance des lymphocytes mémoires pendant des mois à plusieurs décennies.
Erreurs fréquentes
  • Confondre lymphocyte B et plasmocyte : le LB naïf ne sécrète pas d'anticorps — seul le plasmocyte issu de sa différenciation le fait.
  • Croire que les anticorps détruisent directement les cellules infectées : c'est le rôle du LT8. Les anticorps agissent sur les antigènes extracellulaires (libres dans le sang ou l'espace interstitiel).
  • Oublier le rôle central du LT4 : sans lui, ni la réponse humorale ni la réponse cellulaire ne sont correctement activées — c'est précisément ce que le VIH détruit.
  • Inverser épitope et paratope : l'épitope est le site sur l'antigène ; le paratope est le site sur l'anticorps.
  • Dire que la vaccination déclenche une réponse secondaire : elle déclenche une réponse primaire et forme des cellules mémoires, lesquelles permettront une réponse secondaire lors d'une infection réelle.