V VIDYALAYA · Soutien scolaire
SVTTerminaleCorps humain et santeFiche de cours

Stress : réponse adaptative de l'organisme

De l'alerte nerveuse à la réponse hormonale — comment l'organisme mobilise ses ressources face à un agent stressant.
1 L'idée

Le stress désigne la réponse non spécifique de l'organisme à toute demande d'adaptation. L'agent déclencheur, le stresseur, peut être physique (froid, douleur, infection), chimique ou psychologique (peur, émotion). La réponse vise à restaurer l'homéostasie et à préparer l'organisme à l'action (fight or flight).

Deux axes complémentaires coordonnent cette réponse : un axe nerveux rapide (sympatho-adrénomédullaire, SAM) et un axe neuroendocrinien lent (hypothalamo-hypophyso-corticosurrénalien, HPA). Les deux axes convergent vers les glandes surrénales.

2 Les deux axes de la réponse au stress
Axe SAM — rapide (secondes)
\(\text{Stresseur} \rightarrow \text{Hypothalamus} \xrightarrow{\text{SNS}} \text{Médullo-surrénale} \rightarrow \text{Adrénaline}\)
Axe HPA — lent (minutes–heures)
\(\text{Hypothalamus} \xrightarrow{\text{CRH}} \text{Hypophyse} \xrightarrow{\text{ACTH}} \text{Cortico-surrénale} \rightarrow \text{Cortisol}\)
Rétrocontrôle négatif
\(\text{Cortisol} \xrightarrow{\text{inhibe}} \text{Hypothalamus (CRH)} \;+\; \text{Hypophyse (ACTH)}\)
3 Effets des médiateurs

Adrénaline (action en quelques secondes) : augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle, dilatation des bronches, glycogénolyse hépatique (élévation rapide de la glycémie), réduction de l'activité digestive. Elle prépare l'organisme à une réaction immédiate.

Cortisol (action en quelques minutes à plusieurs heures) : élévation durable de la glycémie par néoglucogenèse, lipolyse et protéolyse, effet anti-inflammatoire à court terme, soutien de la pression artérielle. Il prolonge la mise à disposition des ressources énergétiques après la vague adrénergique.

4 Exemple — stress avant une épreuve sportive
Déroulement chronologique
Perception du stresseur (départ imminent) → activation de l'hypothalamus.
Axe SAM : en quelques secondes, la médullo-surrénale libère de l'adrénaline → fréquence cardiaque $\uparrow$, glycémie $\uparrow$, bronches dilatées.
Axe HPA : en 15–30 min, CRH → ACTH → cortisol → maintien de la glycémie élevée, mobilisation des acides gras.
Fin du stress : rétrocontrôle négatif du cortisol → $\downarrow$ CRH, $\downarrow$ ACTH → retour à l'homéostasie en 60–90 min.
Méthode — analyser un axe neuro-endocrinien
  • Identifier le stresseur et l'organe intégrateur (hypothalamus).
  • Distinguer voie nerveuse (SNS → médullo-surrénale → adrénaline) et voie hormonale (CRH → ACTH → cortisol).
  • Localiser le rétrocontrôle négatif : le cortisol inhibe l'hypothalamus et l'hypophyse.
  • Associer chaque médiateur à ses organes cibles et ses effets (cœur, foie, muscles, système immunitaire).
  • Conclure sur le caractère adaptatif (stress aigu) ou délétère (stress chronique) selon la durée d'exposition.
Erreurs fréquentes et pièges
  • Ne pas confondre l'effet anti-inflammatoire à court terme du cortisol et son effet immunosuppresseur à long terme : deux effets opposés selon la durée, sur des cibles différentes.
  • L'adrénaline est sécrétée par la médullo-surrénale (zone centrale de la glande) ; le cortisol par la cortico-surrénale (zone périphérique). Ce sont deux zones distinctes de la même glande.
  • Le rétrocontrôle négatif du cortisol s'exerce sur CRH et ACTH, pas directement sur la sécrétion d'adrénaline.
  • Le stress aigu est physiologiquement adaptatif ; c'est la persistance du stresseur qui le rend pathologique.