Domestication des plantes
La domestication est le processus par lequel des plantes sauvages ont été progressivement transformées en plantes cultivées par sélection artificielle humaine sur de nombreuses générations. Elle débute au Néolithique (il y a ~10 000 ans) dans plusieurs foyers indépendants : Croissant fertile (blé, orge, lentille), Chine (riz, millet), Méso-Amérique (maïs, haricot, courge).
À chaque génération, les individus portant les caractères les plus utiles à l'agriculture sont préférentiellement reproduits. Cela déplace progressivement les fréquences alléliques en faveur des allèles « favorables », au détriment de la diversité génétique de l'espèce.
Ensemble des modifications morphologiques et physiologiques partagées par les plantes domestiquées par rapport à leurs ancêtres sauvages.
- Augmentation de la taille des organes récoltés (graines, fruits, tubercules) : sélection directe pour le rendement.
- Perte de déhiscence : les graines restent fixées à la plante à maturité, condition nécessaire à la récolte.
- Réduction de la dormance des graines : germination synchronisée et prévisible.
- Réduction des défenses chimiques (toxines, amertume) et mécaniques (épines, glumes dures).
- Perte de dispersion autonome : la plante devient incapable de se reproduire sans l'intervention humaine.
- Identifier l'espèce sauvage ancestrale et la plante domestiquée correspondante.
- Comparer les caractères : taille des organes récoltés, mode de dispersion, dormance, défenses chimiques et mécaniques.
- Relier chaque caractère modifié à un avantage concret pour l'agriculteur (rendement, récolte, stockage, prévisibilité).
- Identifier les bases génétiques : mutations ponctuelles ou modifications de régulation de gènes clés (ex. tb1, tga1 chez le maïs).
- Quantifier si possible la perte de diversité allélique à l'aide de la formule ci-dessus.
- La domestication n'est pas une évolution « consciente » de la plante : c'est la sélection humaine qui modifie les fréquences alléliques.
- Ne pas confondre sélection artificielle (humaine, orientée vers un objectif) et sélection naturelle (par l'environnement, non intentionnelle).
- Le syndrome de domestication n'est pas identique pour toutes les espèces : chaque plante a son propre ensemble de caractères modifiés.
- La perte de diversité génétique n'est pas anodine : l'uniformité génétique fragilise les cultures face aux pathogènes (ex. mildiou de la pomme de terre, Irlande 1845).
- $h^2 = 0$ : le caractère est entièrement environnemental, insensible à la sélection. $h^2 = 1$ : il est entièrement génétique.