Contrôle demain, chapitre jamais ouvert ? Respire : tout tient dans une phrase — la plante est un organisme autotrophe qui fait circuler de la matière entre des organes spécialisés, et qui coordonne le tout par des hormones. Autour de cette phrase : deux sèves à ne jamais confondre, une relation source–puits, cinq hormones et deux bilans chimiques. Tu lis ça et tu as de quoi traiter l'essentiel d'un sujet.

La phrase qui vaut la moitié des points

La plante est un organisme autotrophe organisé en organes spécialisésracines, tiges, feuilles — reliés par deux systèmes vasculaires. Elle coordonne en permanence la circulation de matières (eau, ions, glucides) et sa croissance grâce à des signaux hormonaux.

Les deux mots à faire apparaître dans ta copie : système intégré. La plante ne se déplace pas, mais elle répond aux contraintes de l'environnementlumière, sécheresse, blessure — en réorientant ses flux et sa croissance.

Tout le reste du chapitre n'est que le détail de cette phrase, et il se range en trois questions :

  • Par où circule la matière ? Par deux vaisseaux, le xylème et le phloème.
  • Dans quel sens ? C'est la relation source–puits.
  • Qui commande ? Les phytohormones.

Si tu ne retiens que ça, tu as déjà un plan de réponse pour n'importe quelle question du chapitre.

Les deux sèves, en un tableau

Racines, tiges et feuilles contiennent toutes des faisceaux libéroligneux. Ces faisceaux regroupent deux types de vaisseaux, et les distinguer est ce qui rapporte le plus de points dans tout le chapitre.

XylèmePhloème
Sève transportéesève brutesève élaborée
Contenueau + ions minéraux (jamais de sucres)saccharose principalement
Sensdes racines vers les feuilles, en un sens uniquedes organes sources vers les organes puits ; la circulation est possible dans les deux sens
Ce qui fait monterle mécanisme de cohésion-tension, lié à la transpiration foliaire— ce qui compte ici, c'est le couple source → puits

Le moyen mnémotechnique : xylème = extrémité basse vers le haut, sève brute, un seul sens. Phloème = les sucres, et ça va dans les deux sens selon qui a faim.

À côté des vaisseaux, un second mot de vocabulaire : les méristèmes (apex caulinaire, apex racinaire, cambium, bourgeons axillaires) sont des zones de cellules indifférenciées qui assurent une croissance indéfinie tout au long de la vie de la plante.

Source et puits : la règle en deux lignes

Un organe n'est pas source ou puits par nature : il l'est par son bilan du moment.

  • Organe source — une feuille adulte bien éclairée : photosynthèse \(\gg\) respiration, donc production nette de glucides, donc exportation via le phloème.
  • Organe puits — un fruit en développement, une racine, un jeune bourgeon : pas de photosynthèse nette, donc ils importent de la sève élaborée.

Le chiffre qui tombe souvent : chez le maïs, une feuille adulte peut exporter jusqu'à 80 % de ses assimilats vers les grains en cours de remplissage.

Et la nuance qui rapporte le dernier point : la force d'attraction d'un puits dépend de son activité métabolique et de sa taille. En cas de compétition, les puits forts (grains, tubercules) détournent les flux à leur profit.

Les cinq hormones, une ligne chacune

Les phytohormones coordonnent le développement à distance : elles sont produites quelque part et agissent ailleurs. Apprends le couple où c'est produit / ce que ça fait.

  • Auxine (AIA) — produite par l'apex caulinaire ; favorise l'allongement cellulaire et inhibe les bourgeons axillaires (dominance apicale).
  • Cytokinines — produites dans les racines ; stimulent la division cellulaire et s'opposent à la sénescence foliaire.
  • Acide abscissique (ABA)hormone de stress ; provoque la fermeture des stomates en cas de sécheresse et induit la dormance des graines.
  • Éthylènegaz hormonal ; accélère la maturation des fruits et déclenche l'abscission foliaire (la chute des feuilles).
  • Gibbérellines (GA) — favorisent l'élongation des entre-nœuds et la levée de dormance.

Un vrai couple antagoniste, et une confusion classique — les correcteurs testent les deux. L'antagonisme : ABA (induit la dormance des graines) contre gibbérellines (levée de dormance) ; les deux agissent sur la même chose, en sens inverse. La confusion : ABA et cytokinines ne s'opposent pas, elles n'ont simplement pas les mêmes cibles — l'ABA ferme les stomates, les cytokinines assurent la division cellulaire et l'anti-sénescence. Ne les inverse pas.

Les deux bilans chimiques, et les phrases à ne jamais écrire

Deux équations à savoir écrire de mémoire, avec les coefficients :

  • Photosynthèse (bilan, en présence de lumière) : \(6\,CO_2 + 6\,H_2O \rightarrow C_6H_{12}O_6 + 6\,O_2\)
  • Respiration cellulaire (bilan) : \(C_6H_{12}O_6 + 6\,O_2 \rightarrow 6\,CO_2 + 6\,H_2O + ATP\)

Et les deux flux, qui se retiennent comme deux flèches :

  • Xylème : Racine → Feuille, sève brute.
  • Phloème : Source → Puits, sève élaborée.

Les quatre phrases qui coûtent des points, à relire juste avant d'entrer en salle :

  • « La sève brute transporte les sucres » — non : la sève brute contient uniquement eau + ions minéraux, jamais de sucres.
  • « Les feuilles sont des sources » — pas toujours : une jeune feuille en croissance est un puits jusqu'à sa maturité fonctionnelle.
  • « La feuille respire la nuit et photosynthétise le jour » — la respiration cellulaire a lieu dans tous les organes, y compris les feuilles, de jour comme de nuit ; seule la photosynthèse est limitée aux chloroplastes.
  • « Les cytokinines ferment les stomates » — non : c'est l'ABA qui ferme les stomates lors d'un stress hydrique.

Ça te revient : le xylème, le phloème, l'auxine, cette histoire de source et de puits… Les mots sont là, mais dans le désordre. On les remet à leur place dans l'ordre où le chapitre se construit : d'abord les organes et les vaisseaux, puis ce qui circule dedans, puis dans quel sens, puis qui commande — et on finit par la méthode qui sert à lire un schéma le jour du contrôle.

Le fil du chapitre

Une seule idée directrice : la plante est un système intégré. C'est un organisme autotrophe — il fabrique sa matière organique lui-même — organisé en organes spécialisés (racines, tiges, feuilles) reliés par deux systèmes vasculaires. Deux choses sont coordonnées en permanence : la circulation de matières (eau, ions, glucides) et la croissance, cette dernière étant pilotée par des signaux hormonaux. Le tout permet de répondre aux contraintes de l'environnement : lumière, sécheresse, blessure.

D'où le plan en cinq temps qu'on va suivre — et qui est aussi un plan de dissertation tout prêt :

  • 1. Les organes, les faisceaux libéroligneux et les méristèmes — l'architecture.
  • 2. Les deux sèves : contenu, sens, mécanisme — les tuyaux.
  • 3. Les bilans de matière : photosynthèse et respiration — ce qui produit et ce qui consomme.
  • 4. La relation source–puits — ce qui oriente les flux.
  • 5. La régulation hormonale — ce qui commande.

1. Organes, faisceaux libéroligneux et méristèmes

Les faisceaux libéroligneux sont présents dans les racines, les tiges et les feuilles : c'est le point important, la continuité du réseau. Un faisceau regroupe deux types de vaisseaux, le xylème et le phloème. Autrement dit, il n'y a pas un organe « pour l'eau » et un organe « pour les sucres » : les deux réseaux traversent toute la plante côte à côte.

La croissance, elle, est localisée. Les méristèmes sont des zones de cellules indifférenciées. Il faut savoir les nommer :

  • l'apex caulinaire (au sommet de la tige) ;
  • l'apex racinaire (à l'extrémité de la racine) ;
  • le cambium ;
  • les bourgeons axillaires.

Leur rôle se résume en un mot : ils assurent une croissance indéfinie tout au long de la vie de la plante. Retiens la formule telle quelle — « indéfinie » et « tout au long de la vie » sont les deux termes attendus, et ils distinguent la plante d'un animal dont la croissance s'arrête.

Un détail qui va resservir au point 5 : l'apex caulinaire et les bourgeons axillaires sont à la fois des méristèmes et les acteurs de la dominance apicale. Le même objet apparaît dans deux parties du cours : c'est exactement ce qu'on appelle un système intégré.

2. Les deux sèves : contenu, sens, mécanisme

Le xylème conduit la sève brute, c'est-à-dire eau + ions minéraux, des racines vers les feuilles, en un sens unique. Le mécanisme à citer obligatoirement : la cohésion-tension, liée à la transpiration foliaire. C'est donc la feuille, en transpirant, qui tire la colonne d'eau vers le haut — pas la racine qui pousse.

Le phloème conduit la sève élaborée, essentiellement du saccharose, des organes sources vers les organes puits. Et ici, différence majeure : la circulation est possible dans les deux sens. Ce n'est pas une bizarrerie, c'est la conséquence logique de la définition : puisque le sens est fixé par le couple source–puits et non par la gravité, il change quand les rôles changent.

Les deux flèches à savoir tracer sur un schéma :

  • Xylème : Racine → Feuille (sève brute).
  • Phloème : Source → Puits (sève élaborée).

Le contraste à formuler explicitement en copie : le xylème a un sens fixe, le phloème a un sens variable. Une phrase, un point.

3. Les bilans de matière

Deux réactions, deux rôles opposés, et il faut pouvoir écrire les deux bilans :

  • Photosynthèse (en présence de lumière) : \(6\,CO_2 + 6\,H_2O \rightarrow C_6H_{12}O_6 + 6\,O_2\)
  • Respiration cellulaire : \(C_6H_{12}O_6 + 6\,O_2 \rightarrow 6\,CO_2 + 6\,H_2O + ATP\)

Lis-les l'une en face de l'autre : ce sont les mêmes espèces chimiques, dans l'ordre inverse. La photosynthèse consomme \(CO_2\) et \(H_2O\) pour produire du glucose et du \(O_2\) ; la respiration consomme le glucose et le \(O_2\) pour libérer de l'ATP. Le mot autotrophe du début du chapitre, c'est exactement la première équation.

Attention à la localisation, c'est là que les copies dérapent : la photosynthèse est limitée aux chloroplastes, alors que la respiration cellulaire a lieu dans tous les organesy compris les feuilles, de jour comme de nuit. Une racine ne photosynthétise pas ; elle respire quand même.

Cette dissymétrie est la clé du point suivant : si tout respire mais que seuls les organes chlorophylliens éclairés photosynthétisent, alors certains organes produisent plus qu'ils ne consomment, et d'autres non. C'est la définition même de la relation source–puits.

4. La relation source–puits

Organe source. Une feuille adulte bien éclairée : sa photosynthèse est très supérieure à sa respiration (photosynthèse \(\gg\) respiration), donc elle réalise une production nette de glucides, donc elle exporte via le phloème. Exemple chiffré du cours : chez le maïs, une feuille adulte peut exporter jusqu'à 80 % de ses assimilats vers les grains en cours de remplissage.

Organe puits. Un fruit en développement, une racine ou un jeune bourgeon n'ont pas de photosynthèse nette : ils importent de la sève élaborée.

Et quand plusieurs puits demandent en même temps ? La force d'attraction d'un puits dépend de deux facteurs : son activité métabolique et sa taille. En cas de compétition, les puits forts — le cours cite les grains et les tuberculesdétournent les flux à leur profit.

La formulation à retenir mot pour mot, parce qu'elle contient toute la subtilité : source et puits ne sont pas des étiquettes définitives, ce sont des bilans. Un même organe change de statut : une jeune feuille en croissance est un puits jusqu'à sa maturité fonctionnelle, puis devient source.

5. La régulation hormonale

Les phytohormones coordonnent le développement à distance. C'est le mode de communication de la plante : pas de nerfs, des molécules. Cinq à connaître, avec pour chacune le lieu de production quand le cours le précise, et les effets.

HormoneProduite parEffets
Auxine (AIA)l'apex caulinairefavorise l'allongement cellulaire ; inhibe les bourgeons axillaires (dominance apicale)
Cytokininesles racinesstimulent la division cellulaire ; s'opposent à la sénescence foliaire
Acide abscissique (ABA)hormone de stressprovoque la fermeture des stomates en cas de sécheresse ; induit la dormance des graines
Éthylènegaz hormonalaccélère la maturation des fruits ; déclenche l'abscission foliaire
Gibbérellines (GA)favorisent l'élongation des entre-nœuds et la levée de dormance

Deux remarques qui font gagner des points. D'abord, auxine et cytokinines viennent des deux extrémités opposées de la plante (apex caulinaire / racines) : la coordination est bien à distance, et dans les deux sens. Ensuite, ABA et gibbérellines s'opposent sur la dormance : l'ABA l'induit, les GA la lèvent.

Méthode — analyser un schéma d'organisation vasculaire

Quatre gestes, toujours les mêmes, dans cet ordre :

  • 1. Identifier les deux vaisseaux. Xylème : sève brute = eau + ions, sens racine → feuille. Phloème : sève élaborée = saccharose, sens source → puits.
  • 2. Qualifier chaque organe. Source si la photosynthèse nette est > 0 (feuille adulte éclairée) ; puits dans le cas contraire (racine, fruit, jeune feuille).
  • 3. Relier la régulation hormonale au contexte. L'enchaînement modèle, à connaître par cœur : stress hydrique → ABA → fermeture des stomates → entrée de CO₂ réduite → photosynthèse diminuée.
  • 4. Ne pas oublier la cohésion-tension pour justifier la remontée de la sève brute dans le xylème.

Un réflexe de rédaction : à l'étape 3, écris la chaîne avec les flèches. Un correcteur coche chaque maillon ; une phrase qui saute du « stress hydrique » à la « photosynthèse diminuée » perd les trois maillons intermédiaires.

Le cours est en place, on le met en mouvement. Quatre situations traitées de bout en bout — un schéma de faisceau à annoter, une feuille de maïs qui remplit des grains, un plant privé d'eau, une plante dont on supprime l'apex — et à chaque fois la même grille en quatre temps. Le jour du contrôle, tu changes le décor, pas la démarche.

Le cours en un fil, avant de dérouler

La plante est un organisme autotrophe organisé en organes spécialisés — racines, tiges, feuilles — reliés par deux systèmes vasculaires. Elle coordonne la circulation de matières (eau, ions, glucides) et sa croissance par des signaux hormonaux : c'est un système intégré capable de répondre aux contraintes de l'environnement (lumière, sécheresse, blessure).

L'architecture. Les faisceaux libéroligneux, présents dans racines, tiges et feuilles, regroupent le xylème et le phloème. Les méristèmesapex caulinaire, apex racinaire, cambium, bourgeons axillaires — sont des zones de cellules indifférenciées assurant une croissance indéfinie tout au long de la vie de la plante.

Les flux. Le xylème conduit la sève brute (eau + ions minéraux) des racines vers les feuilles, en sens unique, par cohésion-tension liée à la transpiration foliaire. Le phloème conduit la sève élaborée (saccharose principalement) des organes sources vers les organes puits, dans les deux sens.

La matière. Photosynthèse : \(6\,CO_2 + 6\,H_2O \rightarrow C_6H_{12}O_6 + 6\,O_2\). Respiration cellulaire : \(C_6H_{12}O_6 + 6\,O_2 \rightarrow 6\,CO_2 + 6\,H_2O + ATP\). La photosynthèse est limitée aux chloroplastes ; la respiration a lieu dans tous les organes, de jour comme de nuit.

Le sens des flux. Une feuille adulte bien éclairée est une source (photosynthèse \(\gg\) respiration → production nette → exportation) ; un fruit, une racine, un jeune bourgeon sont des puits (pas de photosynthèse nette → importation). La force d'un puits dépend de son activité métabolique et de sa taille.

La commande. Auxine (apex caulinaire : allongement cellulaire, dominance apicale), cytokinines (racines : division cellulaire, anti-sénescence), ABA (stress : fermeture des stomates, dormance des graines), éthylène (gaz : maturation des fruits, abscission foliaire), gibbérellines (élongation des entre-nœuds, levée de dormance).

La grille qu'on va appliquer quatre fois

Toutes les situations qui suivent se traitent avec la même méthode :

  • ① Identifier les vaisseaux et ce qu'ils transportent. Xylème : eau + ions, racine → feuille. Phloème : saccharose, source → puits.
  • ② Qualifier chaque organe. Source si photosynthèse nette > 0 ; puits sinon.
  • ③ Relier l'hormone au contexte. Quelle contrainte (lumière, sécheresse, blessure) ? Quelle hormone ? Quel effet, et sur quel flux ou quelle croissance ?
  • ④ Citer le mécanisme. Cohésion-tension pour la montée de sève brute ; relation source–puits pour le phloème.

Quatre étapes, quatre points. Même quand une seule est explicitement demandée, les autres coûtent une ligne chacune et rapportent souvent autant.

Situation traitée 1 — annoter un schéma de faisceau libéroligneux

On te donne une coupe de tige où deux types de vaisseaux sont visibles, numérotés 1 et 2. On précise que le liquide circulant dans le vaisseau 1 contient de l'eau et des ions minéraux, celui du vaisseau 2 du saccharose. Identifiez les vaisseaux, indiquez le sens de circulation et justifiez.

  • ① Identification. Le vaisseau 1 transporte eau + ions minéraux : c'est de la sève brute, donc du xylème. Le vaisseau 2 transporte du saccharose : c'est de la sève élaborée, donc du phloème. Les deux appartiennent au même faisceau libéroligneux, structure que l'on retrouve dans les racines, les tiges et les feuilles.
  • ② Sens de circulation. Dans le xylème, le sens est unique : des racines vers les feuilles. Dans le phloème, le sens va des organes sources vers les organes puits, et la circulation est possible dans les deux sens — il n'y a donc pas de réponse unique tant qu'on n'a pas identifié qui est source et qui est puits.
  • ③ Justification du sens dans le xylème. C'est le mécanisme de cohésion-tension, lié à la transpiration foliaire, qui explique la remontée de la sève brute. C'est la phrase que le barème attend, et c'est celle qu'on oublie le plus souvent.
  • ④ Justification du sens dans le phloème. Il dépend de la relation source–puits : la sève élaborée va toujours de l'organe qui produit un excédent de glucides vers celui qui en consomme sans en produire.

Le réflexe à retenir : pour trancher entre les deux vaisseaux, on ne regarde jamais leur position sur le dessin — on regarde ce qui circule dedans. Sucres = phloème. Eau et ions seuls = xylème. Toujours.

Situation traitée 2 — la feuille de maïs et le grain en remplissage

Chez le maïs, on mesure qu'une feuille adulte bien éclairée exporte jusqu'à 80 % de ses assimilats vers les grains en cours de remplissage. Interprétez cette mesure en termes de relation source–puits.

  • ① Qualifier la feuille. C'est une feuille adulte bien éclairée : sa photosynthèse est très supérieure à sa respiration (photosynthèse \(\gg\) respiration). Elle réalise donc une production nette de glucides et devient un organe source, qui exporte via le phloème.
  • ② Qualifier le grain. Un grain en cours de remplissage n'a pas de photosynthèse nette : il importe de la sève élaborée. C'est un organe puits.
  • ③ Nommer le flux. Le trajet est donc : feuille (source) → phloème → grain (puits), et ce qui circule est du saccharose, principal constituant de la sève élaborée. À aucun moment le xylème n'intervient dans ce transport de sucres.
  • ④ Interpréter le chiffre. 80 %, c'est une proportion des assimilats de la feuille, pas une quantité absolue : la feuille garde une part pour son propre fonctionnement — elle respire aussi, comme tous les organes — et exporte le reste. Ce chiffre élevé traduit la force du puits : le grain est un puits fort.

La question supplémentaire classique : que se passe-t-il si plusieurs organes demandent en même temps ? Réponse attendue : la force d'attraction d'un puits dépend de son activité métabolique et de sa taille ; en cas de compétition, les puits fortsgrains, tuberculesdétournent les flux à leur profit. C'est exactement ce que montre le chiffre de 80 %.

Le piège de cet exercice : on écrit souvent « la feuille envoie ses sucres au grain parce que le grain en a besoin ». C'est le résultat, pas le mécanisme. La réponse attendue passe par les mots organe source, organe puits, sève élaborée, phloème.

Situation traitée 3 — un plant privé d'eau

Un plant est privé d'arrosage pendant plusieurs jours. On mesure une chute de l'activité photosynthétique de ses feuilles. Expliquez cette observation en mobilisant la régulation hormonale.

C'est l'enchaînement modèle du chapitre, celui que la méthode demande de savoir écrire tel quel :

stress hydrique → ABA → fermeture des stomates → entrée de CO₂ réduite → photosynthèse diminuée

  • ① La contrainte. La privation d'eau est une sécheresse, l'une des trois contraintes de l'environnement citées par le cours avec la lumière et la blessure.
  • ② L'hormone. L'acide abscissique (ABA) est l'hormone de stress. Elle provoque la fermeture des stomates en cas de sécheresse. Comme toutes les phytohormones, elle coordonne le développement à distance.
  • ③ La conséquence immédiate. Stomates fermés → entrée de CO₂ réduite.
  • ④ La conséquence sur le bilan. Le \(CO_2\) est un réactif de la photosynthèse — relis le bilan : \(6\,CO_2 + 6\,H_2O \rightarrow C_6H_{12}O_6 + 6\,O_2\). En limiter l'entrée, c'est limiter la réaction : la photosynthèse diminue. C'est bien ce qu'on mesure.

Le prolongement qui rapporte des points. Si la photosynthèse de la feuille diminue, sa production nette de glucides diminue aussi. Or c'est précisément cette production nette qui fait d'elle un organe source : son exportation via le phloème vers les puits (racines, fruits, jeunes bourgeons) se réduit d'autant. Une contrainte du milieu, captée par une hormone, se répercute sur les flux de matière dans toute la plante : voilà le système intégré en action, et c'est la phrase de conclusion à écrire.

Le contre-sens à éviter absolument : ne jamais attribuer la fermeture des stomates aux cytokinines. Les cytokinines sont produites dans les racines et stimulent la division cellulaire tout en s'opposant à la sénescence foliaire — rien à voir avec les stomates.

Situation traitée 4 — on supprime l'apex caulinaire

Sur un plant, on sectionne le sommet de la tige. Quelques jours plus tard, les bourgeons axillaires, jusque-là inactifs, se développent. Expliquez à partir de la régulation hormonale.

  • ① Ce que dit le cours sur la situation intacte. L'auxine (AIA) est produite par l'apex caulinaire. Elle favorise l'allongement cellulaire et inhibe les bourgeons axillaires : c'est la dominance apicale. Tant que l'apex est en place, les bourgeons axillaires restent donc inhibés — exactement ce que décrit l'énoncé avant la section.
  • ② Ce que change la section. On retire l'organe qui produit l'auxine. L'inhibition qu'exerçait l'apex caulinaire sur les bourgeons axillaires n'a plus de source : les bourgeons axillaires ne sont plus inhibés et se développent. On raisonne ici en retournant le mécanisme du cours — c'est la démarche attendue à chaque expérience d'ablation.
  • ③ Pourquoi les bourgeons peuvent repartir. Parce que ce sont des méristèmes : au même titre que l'apex caulinaire, l'apex racinaire et le cambium, les bourgeons axillaires sont des zones de cellules indifférenciées assurant une croissance indéfinie tout au long de la vie de la plante. Le potentiel de croissance était là, seul le signal manquait.
  • ④ La conclusion à formuler. La croissance de la plante n'est pas la simple somme de ses méristèmes : elle est coordonnée à distance par des phytohormones. Un signal produit à un endroit détermine ce qui se passe ailleurs.

La variante fréquente : on te demande une autre hormone impliquée dans l'allongement de la tige. Réponse : les gibbérellines (GA), qui favorisent l'élongation des entre-nœuds. Ne les confonds pas avec l'auxine : l'auxine agit sur l'allongement cellulaire, les gibbérellines sur l'élongation des entre-nœuds. Les deux formulations sont celles du cours, garde-les distinctes.

Rédiger : la chaîne de raisonnement attendue

Quelle que soit la situation, la copie qui obtient tous les points suit toujours le même ordre :

  • Le fait observé (ce que dit le document ou l'expérience).
  • La structure concernée — xylème, phloème, méristème, stomate — nommée explicitement.
  • Le mécanismecohésion-tension, relation source–puits, ou l'hormone concernée avec son lieu de production.
  • La conséquence sur le flux de matière ou sur la croissance.
  • La conclusion intégrée : la plante répond à une contrainte de son environnement (lumière, sécheresse, blessure) en tant que système intégré.

Trois précautions de rédaction qui font la différence :

  • Nomme la sève, pas seulement le vaisseau. « Le xylème transporte » ne vaut rien sans « la sève brute, c'est-à-dire eau + ions minéraux ».
  • Justifie le statut source ou puits par le bilan, jamais par l'organe : « photosynthèse \(\gg\) respiration, donc production nette, donc exportation ».
  • Écris les flèches. Une chaîne comme stress hydrique → ABA → fermeture des stomates → entrée de CO₂ réduite → photosynthèse diminuée se corrige maillon par maillon.

Le cours, tu l'as. Reste ce qui coûte réellement des points : les deux sèves qu'on mélange, la feuille qu'on déclare source par réflexe, la respiration qu'on croit réservée à la nuit, l'ABA et les cytokinines qu'on inverse, et la cohésion-tension qu'on oublie de citer. Cinq pièges, les cas limites qui vont avec, et une checklist de fin de copie.

Le cours en dix lignes, pour poser le décor

La plante, organisme autotrophe, est organisée en organes spécialisés reliés par deux systèmes vasculaires groupés en faisceaux libéroligneux présents dans racines, tiges et feuilles. Le xylème monte la sève brute (eau + ions minéraux) racines → feuilles, en sens unique, par cohésion-tension liée à la transpiration foliaire. Le phloème distribue la sève élaborée (saccharose) source → puits, dans les deux sens. La croissance vient des méristèmes (cellules indifférenciées, croissance indéfinie) et la coordination des phytohormones, qui agissent à distance.

Toute la suite de ce palier consiste à repérer les endroits où cette description, apprise trop vite, se transforme en faute dans une copie.

Piège n° 1 — la sève brute ne contient pas de sucres

La faute : écrire que la sève brute transporte l'eau, les ions et les produits de la photosynthèse.

La règle : la sève brute, dans le xylème, contient uniquement eau + ions minérauxjamais de sucres. Les sucres, c'est la sève élaborée du phloème, principalement du saccharose.

Pourquoi on se trompe : parce que l'eau du xylème sert de réactif à la photosynthèse — regarde le bilan, \(6\,CO_2 + 6\,H_2O \rightarrow C_6H_{12}O_6 + 6\,O_2\) — et qu'on en déduit à tort que le xylème « apporte le sucre ». Il apporte de quoi le fabriquer, pas le sucre lui-même. La distinction est exactement là.

Le test en deux secondes : devant un vaisseau, demande-toi ce qui circule. Saccharose → phloème. Eau et ions minéraux seuls → xylème. Aucune exception dans ce chapitre.

Piège n° 2 — une feuille n'est pas toujours une source

La faute : écrire « les feuilles sont les organes sources, les racines et les fruits sont les puits » comme si c'était une propriété fixe des organes.

La règle : une jeune feuille en croissance est un puits jusqu'à sa maturité fonctionnelle. Le cours cite d'ailleurs le jeune bourgeon parmi les puits, aux côtés du fruit en développement et de la racine.

Le critère, le vrai : on est source si la photosynthèse nette est > 0 — c'est-à-dire une feuille adulte bien éclairée, pour laquelle photosynthèse \(\gg\) respiration, d'où une production nette de glucides et une exportation via le phloème. Sinon, on est puits : pas de photosynthèse nette, donc importation de sève élaborée.

Deux mots de l'énoncé à ne jamais survoler : « adulte » et « bien éclairée ». S'ils sont là, la feuille est source. S'ils sont remplacés par « jeune », « en croissance », ou par une information sur un faible éclairement, la réponse change. Les sujets jouent précisément sur ces adjectifs.

Conséquence sur le sens du flux : c'est aussi la raison pour laquelle la circulation dans le phloème est possible dans les deux sens, alors que celle du xylème est à sens unique. Si le statut d'un organe change, le sens du flux qui le dessert change avec lui.

Piège n° 3 — la respiration, partout, jour et nuit

La faute : opposer « la plante photosynthétise le jour et respire la nuit », ou réserver la respiration aux organes non chlorophylliens.

La règle : la respiration cellulaire a lieu dans tous les organes, y compris les feuilles, de jour comme de nuit. Seule la photosynthèse est limitée aux chloroplastes.

Ce que ça implique dans une réponse : quand on dit d'une feuille adulte éclairée qu'elle est une source, on écrit photosynthèse \(\gg\) respiration, et non « photosynthèse sans respiration ». Le signe \(\gg\) est un rapport entre deux processus qui ont lieu simultanément dans le même organe. C'est le mot nette de « production nette de glucides » et de « photosynthèse nette » qui porte toute l'information : nette = ce qui reste une fois la respiration payée.

Les deux bilans, à connaître dans le bon sens :

  • Photosynthèse : \(6\,CO_2 + 6\,H_2O \rightarrow C_6H_{12}O_6 + 6\,O_2\)
  • Respiration cellulaire : \(C_6H_{12}O_6 + 6\,O_2 \rightarrow 6\,CO_2 + 6\,H_2O + ATP\)

Erreur de recopie fréquente : écrire la respiration comme la photosynthèse « à l'envers » en oubliant l'ATP. L'ATP figure dans le bilan de la respiration ; c'est le point de la réaction.

Piège n° 4 — ABA et cytokinines, ne pas inverser

La faute que le cours signale explicitement : attribuer la fermeture des stomates aux cytokinines. C'est l'ABA, et seulement lui, qui ferme les stomates lors d'un stress hydrique.

Le tableau à relire la veille, en se cachant une colonne à la fois :

HormoneLieu / natureEffet 1Effet 2
Auxine (AIA)produite par l'apex caulinairefavorise l'allongement cellulaireinhibe les bourgeons axillaires (dominance apicale)
Cytokininesproduites dans les racinesstimulent la division cellulaires'opposent à la sénescence foliaire
ABAhormone de stressfermeture des stomates (sécheresse)induit la dormance des graines
Éthylènegaz hormonalaccélère la maturation des fruitsdéclenche l'abscission foliaire
Gibbérellines (GA)favorisent l'élongation des entre-nœudslevée de dormance

Les trois confusions les plus coûteuses :

  • ABA ↔ cytokinines : stomates et sécheresse, c'est l'ABA. Division cellulaire et sénescence, ce sont les cytokinines.
  • ABA ↔ gibbérellines sur la dormance : l'ABA induit la dormance des graines, les GA assurent la levée de dormance. Sens opposés.
  • Auxine ↔ gibbérellines sur la croissance en longueur : l'auxine agit sur l'allongement cellulaire, les GA sur l'élongation des entre-nœuds. Deux formulations distinctes, garde celle du cours.

Le détail qui rapporte : quand le cours précise le lieu de production, cite-le. « L'auxine, produite par l'apex caulinaire… », « les cytokinines, produites dans les racines… ». C'est ce qui prouve que la coordination est bien à distance.

Piège n° 5 — le sens des flux, et la cohésion-tension oubliée

La faute : traiter les deux vaisseaux de façon symétrique, ou décrire la montée de sève brute sans nommer son mécanisme.

La règle, en deux temps. Le xylème va des racines vers les feuilles, en un sens unique. Le phloème va des sources vers les puits, et sa circulation est possible dans les deux sens. Une copie qui écrit « les deux sèves montent », ou « la sève élaborée redescend » comme si c'était toujours vers le bas, perd le point : ce qui fixe le sens dans le phloème, ce n'est pas le haut ou le bas, c'est qui est source et qui est puits.

Le mécanisme à citer systématiquement : la méthode du cours le dit noir sur blanc — ne pas oublier le mécanisme de cohésion-tension pour justifier la remontée de sève brute dans le xylème. Et il est lié à la transpiration foliaire : les deux termes vont ensemble, écrire l'un sans l'autre est une demi-réponse.

La conséquence conceptuelle, souvent demandée en question d'ouverture : la montée de sève brute est tirée par le haut, depuis la feuille qui transpire, et non poussée par le bas. C'est la raison pour laquelle le sens est unique dans le xylème.

Cas limites : compétition entre puits, feuilles jeunes, organes non éclairés

Cas 1 — plusieurs puits demandent en même temps. La force d'attraction d'un puits dépend de son activité métabolique et de sa taille. En cas de compétition, les puits fortsgrains, tuberculesdétournent les flux à leur profit. Si un sujet montre qu'un organe reçoit moins alors que la production n'a pas baissé, cherche le puits concurrent : c'est la réponse attendue. Le chiffre du cours va dans ce sens — chez le maïs, une feuille adulte exporte jusqu'à 80 % de ses assimilats vers les grains en cours de remplissage.

Cas 2 — la jeune feuille. Elle est puits jusqu'à sa maturité fonctionnelle, puis source. Sur un schéma de plante entière, il peut donc y avoir des feuilles sources et des feuilles puits en même temps, et des flux de phloème en sens contraires dans la même tige — ce que le cours autorise explicitement : circulation possible dans les deux sens.

Cas 3 — un organe non chlorophyllien. Une racine ne photosynthétise pas (la photosynthèse est limitée aux chloroplastes) mais elle respire : elle est donc nécessairement un puits. Elle reçoit du saccharose par le phloème et expédie de l'eau et des ions minéraux par le xylème. Le même organe est donc puits pour un réseau et point de départ pour l'autre : ne mélange pas les deux réseaux dans une même phrase.

Cas 4 — le stress hydrique. Chaîne complète exigée : stress hydrique → ABA → fermeture des stomates → entrée de CO₂ réduite → photosynthèse diminuée. Un maillon sauté = un point perdu, même si la conclusion est juste.

La checklist de fin de copie

Cinq questions à se poser avant de rendre. Elles récupèrent en trois minutes ce que la précipitation a coûté :

  • Ai-je nommé les deux sèves avec leur contenu ? Sève brute = eau + ions minéraux, jamais de sucres. Sève élaborée = saccharose principalement.
  • Ai-je précisé les sens ? Racine → feuille, sens unique, pour le xylème. Source → puits, deux sens possibles, pour le phloème.
  • Ai-je cité la cohésion-tension et la transpiration foliaire dès que je parle de montée de sève brute ?
  • Ai-je justifié source et puits par le bilan (photosynthèse \(\gg\) respiration → production nette → exportation) plutôt que par l'organe ?
  • Ai-je relié l'hormone au contexte, avec son lieu de production quand le cours le donne, et écrit la chaîne complète avec ses flèches ?

Et une dernière relecture ciblée : cherche dans ta copie les mots sucre, stomate, source et nuit. Ce sont les quatre endroits où se logent les erreurs fréquentes que le cours signale — sucres dans la mauvaise sève, stomates attribués à la mauvaise hormone, feuille déclarée source par réflexe, respiration réservée à la nuit.

Tu gères le chapitre ? On soulève le capot. Ce cours ne t'a pas seulement appris deux sèves et cinq hormones : il t'a fait accepter une idée qui dérange — un organisme peut être parfaitement coordonné sans aucun centre de commande. Et il laisse plusieurs questions grandes ouvertes. Rien de ce qui suit n'est exigible cette année ; c'est de quoi comprendre pourquoi ce chapitre existe.

Le chapitre, relu d'un cran plus haut

Reprenons ce que tu sais, mais dit autrement. Une plante est un organisme autotrophe fait d'organes spécialisés qui ne peuvent pas se passer les uns des autres : les feuilles fabriquent des glucides mais ne puisent pas d'eau, les racines puisent l'eau et les ions mais ne photosynthétisent pas. Toute l'organisation fonctionnelle de la plante découle de cette division du travail : il faut deux systèmes vasculaires parce qu'il y a deux flux de nature différente à assurer — l'un minéral, l'autre organique — et qu'ils n'obéissent pas au même moteur.

Regarde alors ce que le cours a construit, sans jamais le dire ainsi : deux réseaux, deux logiques. Le xylème a un sens fixe, imposé par un mécanisme physique — la cohésion-tension, liée à la transpiration foliaire. Le phloème, lui, a un sens variable, imposé par un état métabolique : qui produit un excédent, qui en consomme. Une plomberie contre une économie.

Et par-dessus, un troisième niveau : la coordination à distance par les phytohormones. L'auxine part de l'apex caulinaire et agit sur les bourgeons axillaires ; les cytokinines partent des racines et agissent jusque dans les feuilles, dont elles retardent la sénescence. Deux extrémités opposées de l'organisme s'informent mutuellement, sans système nerveux, sans centre. C'est ça, un système intégré.

Ce que tu viens vraiment d'apprendre

Trois idées dépassent largement le chapitre :

  • Un statut peut être un bilan, pas une nature. « Source » et « puits » ne décrivent pas ce qu'un organe est, mais le résultat d'une soustraction : photosynthèse moins respiration. C'est pourquoi une jeune feuille est un puits jusqu'à sa maturité fonctionnelle puis devient source. Raisonner en bilans plutôt qu'en étiquettes, tu le referas partout en biologie.
  • Une contrainte du milieu peut se propager dans tout un organisme. La chaîne stress hydrique → ABA → fermeture des stomates → entrée de CO₂ réduite → photosynthèse diminuée part d'un phénomène physique dans le sol et finit par modifier la quantité de sève élaborée qui arrive dans un fruit à l'autre bout de la plante. Un signal, cinq échelles.
  • La croissance peut rester ouverte toute la vie. Les méristèmes, faits de cellules indifférenciées, assurent une croissance indéfinie tout au long de la vie de la plante. Un organisme peut donc conserver, en permanence, des réserves de cellules non engagées — une propriété qui n'a rien d'universel dans le vivant, et qui explique une bonne partie de ce qu'on peut faire avec les plantes.

Quatre questions que ce cours laisse ouvertes

1. Qu'est-ce qui fait avancer la sève élaborée ? Pour le xylème, le cours donne le moteur : la cohésion-tension, liée à la transpiration foliaire. Pour le phloème, il donne la direction — des sources vers les puits — mais pas le mécanisme. Comment un organe « attire »-t-il physiquement un flux ? Question ouverte à ton niveau, et l'une des plus intéressantes du chapitre.

2. Comment la plante « sait »-elle qu'elle manque d'eau ? Le cours dit que l'ABA, hormone de stress, provoque la fermeture des stomates en cas de sécheresse. Il donne l'effet, pas le capteur : par quoi la sécheresse est-elle détectée, et à partir de quel seuil ? Même remarque pour la lumière, qui figure parmi les contraintes listées en introduction sans qu'aucune hormone ne lui soit associée dans la fiche.

3. Et la blessure ? L'introduction du cours cite trois contraintes de l'environnement : lumière, sécheresse, blessure. La suite traite abondamment la sécheresse (via l'ABA) et la lumière (via la photosynthèse et la feuille « bien éclairée »). La blessure, elle, est annoncée puis laissée de côté : aucune des cinq hormones du cours ne lui est rattachée. C'est un trou volontaire — repérer ce qu'un cours annonce sans le traiter est déjà une compétence.

4. Comment se partage un flux entre plusieurs puits ? Le cours donne deux critères qualitatifs — l'activité métabolique et la taille — et un ordre de grandeur : jusqu'à 80 % des assimilats d'une feuille de maïs vers les grains en cours de remplissage. Mais aucune règle qui permettrait de calculer le partage. Derrière ce « 80 % », il y a des mesures : sur quelle plante, à quel stade, comparées à quoi ?

Ce qui change au niveau supérieur

Le contenu ne disparaît pas — il change de statut. Trois évolutions à anticiper :

  • On ne te demandera plus de nommer, mais de démontrer. Dire « xylème » ou « organe puits » deviendra le point de départ ; l'attendu se déplacera vers la justification à partir de documents — déduire le statut d'un organe d'une mesure, déduire le sens d'un flux d'une expérience, argumenter au lieu de réciter.
  • Les expériences de suppression deviennent la norme. Le raisonnement mené sur l'apex caulinaire — on retire l'organe producteur d'auxine, la dominance apicale disparaît, les bourgeons axillaires se développent — est le modèle de toute une famille d'exercices. Retire, observe, conclus sur le rôle de ce que tu as retiré.
  • Les autres notions du thème se branchent dessus. Ce chapitre pose le vocabulaire des flux (sève brute, sève élaborée, source, puits) et celui de la commande (phytohormones, méristèmes). Le reste du thème « De la plante à la planète » réutilise ces deux jeux de mots ; les apprendre proprement maintenant, c'est du temps gagné ensuite.

La compétence à emporter

Si tu ne gardes qu'un réflexe de ce chapitre, garde la grille — elle fonctionne sur n'importe quel document, connu ou non :

  • Qu'est-ce qui circule, et dans quel vaisseau ? Eau + ions minéraux → xylème, sève brute, racine → feuille, sens unique. Saccharose → phloème, sève élaborée, source → puits, deux sens possibles.
  • Chaque organe : source ou puits ? Le critère est le bilan — photosynthèse nette > 0 ou non — et jamais l'étiquette de l'organe.
  • Quel mécanisme physique ? Pour la montée de sève brute, toujours la cohésion-tension liée à la transpiration foliaire.
  • Quelle contrainte, quelle hormone, quel effet ? Lumière, sécheresse, blessure d'un côté ; auxine, cytokinines, ABA, éthylène, gibbérellines de l'autre — avec leur lieu de production quand il est connu.
  • Et alors ? Conclure au niveau de l'organisme : la plante, système intégré, réoriente ses flux de matière et sa croissance pour répondre à une contrainte de son environnement.

Cinq questions, dans cet ordre. Elles marchent sur une coupe de tige, sur une feuille de maïs, sur un plant en sécheresse et sur une plante étêtée — et elles marcheront sur les dispositifs que tu n'as pas encore rencontrés. C'est infiniment plus solide qu'une liste de définitions apprise par cœur.