Brassage génétique : méiose et fécondation
Le brassage génétique désigne l'ensemble des mécanismes qui produisent, à chaque génération, de nouvelles combinaisons alléliques chez les descendants. Il repose sur trois sources complémentaires :
- Le brassage intrachromosomique : échanges de segments entre chromosomes homologues en prophase I (crossing-over).
- Le brassage interchromosomique : disposition aléatoire des bivalents en métaphase I.
- La fécondation : rencontre aléatoire de deux gamètes, qui amplifie encore la diversité.
Ces trois mécanismes expliquent que chaque individu issu de la reproduction sexuée possède un génome unique (hors jumeaux monozygotes).
En métaphase I, les paires de chromosomes homologues (bivalents) se disposent de façon aléatoire et indépendante de part et d'autre du plan équatorial. À l'anaphase I, les deux homologues de chaque paire migrent vers des pôles opposés selon cette orientation aléatoire.
Résultat : pour $n$ paires de chromosomes, une cellule peut produire jusqu'à $2^n$ types de gamètes différents. Chez l'Homme ($n = 23$) : $2^{23} = 8\,388\,608$ types de gamètes par ce seul mécanisme.
Exemple : un individu $AaBb$ (deux gènes indépendants) produit $2^2 = 4$ gamètes : $AB$, $Ab$, $aB$, $ab$, chacun à la fréquence $\dfrac{1}{4}$.
En prophase I, les chromosomes homologues s'apparient en bivalents. Des échanges de segments se produisent au niveau des chiasmas, entre chromatides non sœurs : ce sont les enjambements (crossing-over).
Un crossing-over produit des gamètes recombinés portant de nouvelles associations d'allèles, absentes chez les parents. Les gamètes non remaniés sont dits parentaux. La fréquence de recombinaison $r$ entre deux gènes liés est : $r = \dfrac{\text{nombre de gamètes recombinés}}{\text{nombre total de gamètes}}$.
Si $r \lt 0{,}5$, les gènes sont liés. La distance génétique en centimorgans (cM) est numériquement égale à $r$ exprimé en pourcentage.
- Vérifier si les gènes sont indépendants (chromosomes différents) ou liés (même chromosome).
- Gènes indépendants : appliquer $2^n$ pour le nombre de types de gamètes. Dresser l'échiquier de croisement.
- Gènes liés : identifier les gamètes parentaux (les plus fréquents) et les gamètes recombinés (les moins fréquents).
- Calculer $r = \dfrac{\text{recombinés}}{\text{total}}$. Si $r \lt 0{,}5$, les gènes sont liés. La valeur en % donne la distance en cM.
- Pour la fécondation : multiplier les diversités gamétiques des deux parents pour obtenir la diversité totale des zygotes.
- Interchromosomique ≠ intrachromosomique : le premier implique des chromosomes différents (métaphase I) ; le second, des échanges au sein d'une même paire homologue (prophase I, crossing-over).
- Appliquer $2^n$ à des gènes liés : la formule ne vaut que pour $n$ paires de chromosomes ou gènes indépendants.
- Confondre chromatides sœurs (copies identiques d'un chromosome répliqué) et chromatides non sœurs (entre homologues, qui échangent lors du crossing-over).
- Oublier que la fécondation est elle-même source de diversité : elle ne se contente pas de restaurer la diploïdie, elle amplifie la diversité par la rencontre aléatoire des gamètes.