Alors comme ça, tu n'as jamais entendu parler de Molière, Racine, Marivaux ou Beckett ? Pas de panique, on va réparer ça en un temps record. Avant de plonger, assure-toi d'avoir les bases : les genres littéraires (roman, poésie, théâtre), le vocabulaire du théâtre (scène, acte, dialogue, réplique...) et la différence entre comédie et tragédie. Si tu sais ça, le contrôle sera un jeu d'enfant.
1. Les prérequis indispensables
Le théâtre, c’est un texte écrit pour être joué. On appelle l’auteur un dramaturge. Le texte se compose des répliques (ce que disent les personnages) et des didascalies (indications scéniques, souvent en italique, qui ne sont pas prononcées).
Une pièce est découpée en actes, eux-mêmes divisés en scènes. L’exposition (début) présente la situation et le dénouement (fin) résout l’intrigue.
Deux grands genres : la comédie, qui fait rire et se termine bien ; la tragédie, qui met en scène des personnages nobles face à un destin cruel et se termine souvent mal.
2. Les quatre monstres sacrés (en résumé)
Molière (XVIIe) : maître de la comédie classique. Pièces célèbres : Le Malade imaginaire, Tartuffe, L’Avare. Il dénonce les défauts en faisant rire.
Racine (XVIIe) : auteur de tragédies en alexandrins (Phèdre, Andromaque). Ses héros sont déchirés par la passion. Respect des trois unités (temps, lieu, action).
Marivaux (XVIIIe) : comédies de l’amour et du langage (Le Jeu de l’amour et du hasard). Ses personnages manient la parole avec finesse et jeu de séduction.
Beckett (XXe) : théâtre de l’absurde (En attendant Godot). Action réduite, langage qui se défait, personnages errants. Il interroge le sens de l’existence.
À toi de jouer
Molière écrit surtout des . Racine écrit des .
Corrigé
Molière écrit surtout des comédies. Racine écrit des tragédies.
Le Malade imaginaire →
Phèdre →
Le Jeu de l’amour et du hasard →
En attendant Godot →
Corrigé
Phèdre → Racine
Le Jeu de l’amour et du hasard → Marivaux
En attendant Godot → Beckett
Justifie ta réponse en une phrase :
Corrigé
Justification : l’alexandrin est un type de vers, alors que les autres sont des termes liés à la parole au théâtre.
Ah oui, ça revient... Tu as déjà croisé ces noms en 2de peut-être. L'objectif maintenant : consolider avec une méthode pour analyser un texte de théâtre. On va voir le vocabulaire précis et comment reconnaître le genre et l'auteur.
1. Le vocabulaire du théâtre (rappel structure)
Voici les mots indispensables :
- Réplique : parole d’un personnage.
- Tirade : longue réplique ininterrompue.
- Monologue : un personnage parle seul sur scène.
- Aparté : parole adressée au public, que les autres personnages ne sont pas censés entendre.
- Didascalie : indication scénique (geste, ton, décor) donnée par l’auteur.
- Double énonciation : une réplique s’adresse à la fois à un personnage et au spectateur.
2. Comédie et tragédie : comment les reconnaître ?
Comédie : personnages ordinaires, fin heureuse, recherche du rire. Registre comique (comique de mots, de gestes, de situation, de caractère).
Tragédie : personnages de haut rang, fin malheureuse (souvent la mort), émotions fortes (terreur et pitié). Respect fréquent des trois unités et écriture en alexandrins (vers de 12 syllabes).
3. Méthode pour identifier un auteur
Pose-toi ces questions :
- À quel siècle la pièce a-t-elle été écrite ? (XVIIe : Molière, Racine ; XVIIIe : Marivaux ; XXe : Beckett)
- Quel est le genre ? (comédie → plutôt Molière ou Marivaux ; tragédie → Racine ; absurde → Beckett)
- Quels sont les thèmes et le style ? (satire sociale → Molière ; passion funeste → Racine ; marivaudage amoureux → Marivaux ; existence vide → Beckett)
À toi de jouer
- Une est une parole que le personnage adresse au public, caché des autres.
- Un est une longue tirade d’un personnage seul.
- Les sont les indications scéniques.
Corrigé
- Un monologue est une longue tirade d’un personnage seul.
- Les didascalies sont les indications scéniques.
- Vers de douze syllabes (alexandrins) : □ Molière □ Racine □ Marivaux □ Beckett
- Théâtre de l’absurde : □ Molière □ Racine □ Marivaux □ Beckett
- Maître de la comédie au XVIIe siècle : □ Molière □ Racine □ Marivaux □ Beckett
- Pièce sur l’amour et le langage : □ Molière □ Racine □ Marivaux □ Beckett
Corrigé
- Théâtre de l’absurde : ☑ Beckett
- Maître de la comédie au XVIIe siècle : ☑ Molière
- Pièce sur l’amour et le langage : ☑ Marivaux
« GÉRONTE. – Mais que diable allait-il faire dans cette galère ?
SCAPIN. – Ah! monsieur, ne me demandez pas ce que c’est que cette galère, vous allez voir. »
Dans cet extrait, quel procédé comique Molière utilise-t-il ? Coche la bonne réponse :
□ Comique de mot □ Comique de geste □ Comique de situation □ Comique de caractère
Corrigé
Allez, on muscle la mémoire avec des exercices ultra simples. Cinq petites questions, toujours le même principe. Tu verras, ça rentre tout seul.
Récap' minute
Un petit rappel express :
- Molière = comédie (XVIIe)
- Racine = tragédie (XVIIe)
- Marivaux = comédie amoureuse (XVIIIe)
- Beckett = absurde (XXe)
À toi de jouer
Corrigé
Corrigé
Corrigé
Corrigé
Corrigé
Maintenant, on se frotte à des exercices comme au contrôle. Tu vas devoir analyser des extraits, justifier tes réponses. Sois précis dans ton vocabulaire.
À toi de jouer
« ARGAN. – Trois et deux font cinq, et cinq font dix, et dix font vingt… Ma petite femme, vous êtes une grosse bête. (Il se remet à compter.) »
1. De quel type de comique cet extrait relève-t-il principalement ? Justifie ta réponse en citant le texte.
2. Quelle est la particularité de la première phrase ?
Corrigé
2. La première phrase est une énumération de sommes d’argent qui semble absurde ; elle montre son avarice et son obsession maladive.
« Quand tu sauras mon crime, et le sort qui m’accable,
Je n’en mourrai pas moins, j’en mourrai plus coupable. »
1. Ces vers sont-ils des alexandrins ? Découpe les syllabes pour le vérifier.
2. Relevez le champ lexical dominant et dites en quoi il est caractéristique de la tragédie racinienne.
Corrigé
2. Le champ lexical de la faute (« crime », « coupable ») et de la mort (« mourrai ») est dominant. Il exprime la passion destructrice et la fatalité propre à la tragédie classique.
« SILVIA (à part). – Qu’est-ce que c’est que ce garçon-là ? Il n’a point de respect pour sa maîtresse ; il me parle comme à une petite fille. »
Explique en une phrase l’effet produit par l’aparté sur le spectateur.
Corrigé
Corrigé
Pour les plus curieux, on explore un peu au-delà du programme. Une petite mise en bouche de ce qui t'attend en terminale, avec des ponts entre les siècles.
À toi de jouer
Corrigé
Corrigé
Corrigé
LÉANDRE. – Mademoiselle, ce n’est point un hasard si mes yeux ont croisé les vôtres.
CÉLIE. – Les miens, monsieur, ne demandaient qu’à se baisser.
LÉANDRE. – Hélas ! je ne sais si je dois vous croire ; votre modestie cache peut-être une indifférence.
CÉLIE. – L’indifférence est un art que je ne possède point, et que mon cœur se refuse à apprendre.
LÉANDRE. – Il serait trop cruel de laisser un amant dans l’incertitude. Dites-moi seulement si je puis espérer.
(On retrouve le badinage, l’art de la répartie et l’ambiguïté des sentiments.)