Dictée demain et le chapitre n'a jamais été ouvert ? Respire : celui-là tient en deux familles. L'orthographe grammaticale, qui se calcule à partir de la phrase (les accords, les homophones), et l'orthographe lexicale, qui se retient mot par mot. Au brevet, la dictée est notée sur 10 points, et les deux types d'erreurs sont pénalisés. Apprends ce soir : les trois accords, les sept tests de substitution, les quatre réflexes lexicaux, la relecture en quatre étapes.

Les deux orthographes, en deux phrases

Tout le chapitre repose sur une seule séparation : l'orthographe se divise en deux domaines, et on ne les révise pas de la même façon.

  • Orthographe grammaticale : les accords (sujet-verbe, adjectif, participe passé) et les homophones grammaticaux (a/à, son/sont, ce/se…). Elle dépend de la phrase autour du mot : elle se calcule.
  • Orthographe lexicale : la graphie propre à chaque mot — doublement de consonnes, accents, lettres muettes, préfixes, suffixes. Elle dépend du mot lui-même : elle se retient.

Au brevet, la dictée est notée sur 10 points ; les deux types d'erreurs sont pénalisés. Impossible de sauver la note en ne travaillant qu'une moitié : on te compte les accords ratés comme les mots mal écrits.

Les trois accords à savoir ce soir

Trois accords, trois questions à se poser. Rien d'autre à retenir dans cette colonne.

AccordOn regarde quoiExemple
Sujet-verbele sujet réel du verbe — attention aux sujets éloignésLes élèves qui travaillent bien réussissent.
Adjectifle genre et le nombre du nom qu'il qualifieDes histoires merveilleuses. (fém. pl.)
Participe passéd'abord l'auxiliaire, puis la place du CODElles sont parties.

Le mot important de la première ligne, c'est réel. Dans Les élèves qui travaillent bien réussissent, ce qui commande réussissent, c'est Les élèves — pas le mot collé juste avant le verbe.

Le participe passé : trois cas, pas un de plus

C'est l'accord qui coûte le plus de points, et il se joue en deux questions seulement.

  • Avec être : accord avec le sujet. Elles sont parties.
  • Avec avoir + COD avant le verbe : accord avec le COD. Les lettres qu'il a écrites.
  • Avec avoir + COD après le verbe (ou pas de COD du tout) : pas d'accord. Il a écrit des lettres.

L'ordre des questions ne change jamais : quel auxiliaire ? puis, seulement si c'est avoir, où est le COD ? Compare les deux dernières lignes : mêmes mots, même verbe, même auxiliaire — c'est la place du COD, et elle seule, qui fait apparaître ou disparaître le -es.

Les sept tests de substitution

Un homophone ne se devine pas : il se teste. Tu remplaces le mot douteux par un mot dont tu connais la nature, et tu écoutes si la phrase tient encore.

CoupleSubstitution à essayerSi la substitution marche
a / àavaiton écrit a (sans accent)
est / etétaiton écrit est
son / sontleur / étaientson / sont
on / ontnous / avaienton / ont
ce / secelaon écrit ce
ou / oùtester le sens de lieu ou de tempslieu ou temps →
infinitif -er / participe vendre / vendu-er /

Le test en action : Elle a froidElle avait froid ✓, donc c'est le verbe avoir, on écrit a sans accent. Elle va à ParisElle va avait Paris ✗, donc c'est la préposition, on écrit à avec accent.

L'orthographe lexicale : quatre réflexes

Ici, rien ne se calcule à partir de la phrase : chaque mot a sa graphie. Mais quatre familles reviennent assez souvent pour être révisées la veille.

  • Doublement de consonnes — les préfixes il-, im-, in-, ir- devant consonne identique : illisible, immense, irrationnel. Et les verbes en -eler / -eter devant un e muet : j'appelle, je jette.
  • Lettres muettes finales — cherche un dérivé : bras → brassard, froid → froideur. Le dérivé fait entendre la lettre qu'on n'entend pas.
  • Adverbes en -ment — ils se forment sur l'adjectif au féminin : doux → douce → doucement.
  • Suffixes fréquents — la famille -tion / -sion / -ssion (attention, version, passion) et la famille -eur / -eux / -euse.

La relecture en quatre étapes

À la fin de la dictée, on ne relit pas « en général ». On fait quatre passages, chacun avec une seule chose en tête.

  1. Étape 1 — Adjectifs : identifier le nom qu'ils qualifient, vérifier genre et nombre.
  2. Étape 2 — Verbes conjugués : remonter au sujet réel, vérifier la terminaison.
  3. Étape 3 — Participes passés : identifier l'auxiliaire, localiser le COD (avant ou après), appliquer la règle.
  4. Étape 4 — Homophones : appliquer le test de substitution pour chaque mot douteux.

Quatre passages courts valent bien mieux qu'une relecture floue : à chaque tour, tu ne cherches qu'un seul type de faute, donc tu la vois.

Les cinq fautes qui reviennent le plus

Ce sont celles que les correcteurs voient dans presque toutes les copies. Les connaître la veille, c'est des points gratuits.

  • Infinitif au lieu du participe passé : il a mangeril a mangé.
  • Oubli d'accord avec être : elles sont arrivéarrivées.
  • Confusion ce / se : il ce lèveil se lève.
  • Confusion leur / leurs : leur est le pronom COI, il est invariable ; leurs est le déterminant pluriel.
  • Adverbe mal formé : il faut partir du féminin de l'adjectif (douce → doucement).

Accords, homophones, participe passé… les mots te reviennent, mais dans le désordre, et tu ne sais plus lequel commande lequel. On remet tout en place : la différence exacte entre orthographe grammaticale et orthographe lexicale, les trois accords un par un, les sept tests de substitution, les quatre chantiers lexicaux — et la méthode de relecture en quatre étapes, dans l'ordre où elle se fait.

1. Ce que « grammaticale » et « lexicale » veulent dire exactement

L'orthographe se divise en deux domaines, et la distinction n'est pas décorative : elle dit chercher la réponse.

  • Orthographe grammaticale — elle regroupe les accords (sujet-verbe, adjectif, participe passé) et les homophones grammaticaux (a/à, son/sont, ce/se…). La bonne graphie n'est pas dans le mot : elle est dans la phrase. Change le sujet, change la place du COD, et la terminaison change avec.
  • Orthographe lexicale — c'est la graphie propre à chaque mot : doublement de consonnes, accents, lettres muettes, préfixes, suffixes. Là, la phrase ne t'apprendra rien : la réponse appartient au mot, elle se retient ou se retrouve par la famille du mot.

L'enjeu : au brevet, la dictée est notée sur 10 points et les deux types d'erreurs sont pénalisés. Une copie sans faute d'accord mais avec des mots mal écrits perd des points, exactement comme l'inverse.

Conséquence sur ta façon de travailler : le grammatical se raisonne (des tests, une méthode, un ordre) ; le lexical se fréquente (des familles de mots, des dérivés, de la mémoire).

2. L'accord sujet-verbe

Règle : le verbe s'accorde avec son sujet réel. Le piège tient dans le mot réel, parce que le sujet n'est pas toujours collé au verbe — attention aux sujets éloignés.

L'exemple de référence :

Les élèves qui travaillent bien réussissent.

  • Le mot placé juste avant réussissent est bien : ce n'est pas un sujet.
  • Entre le sujet et le verbe s'est glissée toute une proposition relative, qui travaillent bien.
  • Le sujet réel de réussissent, c'est Les élèves : pluriel, donc -ent.
  • Et travaillent ? Son sujet est qui, qui reprend Les élèves : pluriel lui aussi.

Le geste : devant chaque verbe conjugué, tu remontes jusqu'au sujet réel — tu poses la question « qui est-ce qui ? » — puis tu écris la terminaison. Jamais l'inverse.

3. L'accord de l'adjectif

Règle : l'adjectif prend le genre et le nombre du nom qu'il qualifie.

Des histoires merveilleuses.histoires est féminin pluriel, donc merveilleuses : féminin pluriel.

Le travail n'est pas d'accorder, c'est de trouver le bon nom. Un adjectif peut être loin de son nom, ou séparé de lui par d'autres mots ; la question à poser est toujours la même : merveilleuses, ça qualifie quoi ? Une fois le nom identifié, l'accord se fait tout seul.

C'est pour cette raison que la relecture commence par les adjectifs (étape 1) : c'est la vérification la plus rapide, et elle t'oblige déjà à regarder les noms de la phrase, ce qui prépare les étapes suivantes.

4. L'accord du participe passé

Trois cas, et un ordre de questions qui ne change jamais.

CasAccord avecExemple
Auxiliaire êtrele sujetElles sont parties.
Auxiliaire avoir + COD avantle CODLes lettres qu'il a écrites.
Auxiliaire avoir + COD après (ou absent)pas d'accordIl a écrit des lettres.

Question 1 : quel auxiliaire ? Si c'est être, tu as fini : tu accordes avec le sujet. Elles sont partiesElles est féminin pluriel, donc parties.

Question 2 (seulement avec avoir) : où est le COD ? Tu cherches le complément d'objet direct, puis tu regardes s'il est avant ou après le verbe.

  • Les lettres qu'il a écrites. — le COD est qu' (= les lettres, féminin pluriel), placé avant : accord → écrites.
  • Il a écrit des lettres. — le COD est des lettres, placé après : pas d'accord → écrit.

Les deux phrases contiennent le même verbe, le même auxiliaire et le même objet. Seule la place change — et elle suffit à décider.

5. Les homophones grammaticaux et le test de substitution

Des mots qui s'entendent pareil et s'écrivent différemment : à l'oreille, tu ne peux pas trancher. Le principe est donc toujours le même — remplacer le mot douteux par un mot dont la nature est certaine, et regarder si la phrase tient.

CoupleSubstitutionConclusion
a / àavaitsi ça marche → a
est / etétaitsi ça marche → est
son / sontleur / étaientleurson ; étaientsont
on / ontnous / avaientnouson ; avaientont
ce / secelasi ça marche → ce
ou / oùsens de lieu ou de tempslieu ou temps →
infinitif -er / participe vendre / venduvendre-er ; vendu

Remarque la logique commune : on substitue toujours une forme impossible à confondre. Avait ne peut être qu'un verbe ; cela ne peut être qu'un pronom ; vendre ne peut être qu'un infinitif. Le test ne devine pas la bonne réponse : il révèle la nature du mot, et la nature impose la graphie.

6. L'orthographe lexicale : les quatre chantiers

Ici la phrase ne t'aide plus. Mais quatre familles de mots suivent des régularités qu'on peut travailler.

Doublement de consonnes. Deux situations à connaître :

  • les préfixes il-, im-, in-, ir- devant une consonne identique : illisible, immense, irrationnel ;
  • les verbes en -eler / -eter devant un e muet : j'appelle, je jette.

Lettres muettes finales. On ne les entend pas, donc on les oublie. La parade : chercher un dérivébras → brassard, froid → froideur. Le mot de la même famille fait sonner la lettre cachée.

Adverbes en -ment. Ils se forment sur l'adjectif au féminin : doux → douce → doucement. Passe toujours par l'étape du milieu ; c'est elle qu'on saute quand on se trompe.

Suffixes fréquents. La famille -tion / -sion / -ssion (attention, version, passion) et la famille -eur / -eux / -euse. À l'oreille, ces terminaisons se ressemblent beaucoup : c'est le mot, pas le son, qu'il faut avoir en tête.

7. La méthode : relire en quatre étapes

La dictée est finie, il te reste du temps. Ne relis pas la phrase « pour voir » : fais quatre passages ciblés, dans cet ordre.

  1. Adjectifs — identifier le nom qu'ils qualifient, vérifier genre et nombre.
  2. Verbes conjugués — remonter au sujet réel, vérifier la terminaison.
  3. Participes passés — identifier l'auxiliaire, localiser le COD (avant ou après), appliquer la règle.
  4. Homophones — appliquer le test de substitution pour chaque mot douteux.

Pourquoi cet ordre. On va du plus simple au plus coûteux. Les adjectifs se vérifient d'un coup d'œil et t'obligent à repérer les noms. Les verbes conjugués te font repérer les sujets. Arrivé aux participes passés, tu as déjà en tête les sujets et les noms : il ne reste qu'à trouver l'auxiliaire et le COD. Les homophones viennent en dernier parce que c'est le passage le plus lent — un test par mot douteux.

Un seul type de faute par passage : c'est ce qui fait la différence entre une relecture qui rapporte et une relecture qui rassure.

Le cours est en place ; on le met en mouvement. Ici, tout le chapitre est déroulé — les deux domaines, les trois accords, les sept tests, les quatre chantiers lexicaux — puis quatre situations traitées de bout en bout : le participe passé avec avoir, le double piège a / à et -er / -é, une phrase de dictée passée aux quatre étapes, et une phrase saturée d'homophones. Rien à faire seul ici : je rédige, tu regardes, tu prends la méthode.

1. Les deux orthographes, définies au mot près

L'orthographe se divise en deux domaines. Retiens la formulation, elle organise tout le reste.

  • L'orthographe grammaticale couvre les accords — sujet-verbe, adjectif, participe passé — et les homophones grammaticaux : a/à, son/sont, ce/se… Sa caractéristique : la graphie du mot est imposée par la phrase. Le même mot s'écrira autrement si le sujet change de nombre ou si le COD change de place.
  • L'orthographe lexicale couvre la graphie propre à chaque mot : doublement de consonnes, accents, lettres muettes, préfixes, suffixes. Sa caractéristique : la graphie appartient au mot, quelle que soit la phrase où il tombe.

Au brevet, la dictée est notée sur 10 points ; les deux types d'erreurs sont pénalisés. C'est la raison d'être de cette double révision : travailler seulement les accords, ou seulement les listes de mots, laisse la moitié des points sur la table.

2. L'accord sujet-verbe — trouver le sujet réel

Règle : le verbe s'accorde avec son sujet réel. Et la difficulté n'est jamais l'accord lui-même : c'est l'identification du sujet, parce qu'il peut être éloigné du verbe.

Les élèves qui travaillent bien réussissent.

  • Le verbe : réussissent.
  • La question : qui est-ce qui réussit ? — Les élèves.
  • Ce qui gêne : entre les deux, une proposition relative entière (qui travaillent bien). Le dernier mot avant le verbe est bien, un adverbe : il n'a rien à commander.
  • Conclusion : sujet pluriel → réussissent.
  • Et le second verbe : travaillent a pour sujet qui, qui reprend Les élèves — donc pluriel également.

Le geste à automatiser : tu ne regardes jamais le mot d'avant, tu remontes. Une phrase de dictée est faite pour intercaler des mots entre le sujet et le verbe ; c'est même le principal moyen qu'elle a de te piéger.

3. L'accord de l'adjectif

Règle : l'adjectif prend le genre et le nombre du nom qu'il qualifie.

Des histoires merveilleuses.

  • Le nom : histoires — féminin pluriel.
  • L'adjectif merveilleuses le qualifie : il passe au féminin pluriel lui aussi.

Comme pour le verbe, l'accord n'est pas le travail : le travail, c'est de rattacher l'adjectif à son nom. Pose la question à voix basse — merveilleuses, ça qualifie quoi ? — puis accorde. Un adjectif éloigné de son nom, ou séparé de lui par un autre nom, reste accordé avec le nom qu'il qualifie, pas avec le nom le plus proche.

C'est aussi pour ça que la relecture commence par les adjectifs : la vérification est rapide, et elle te fait déjà repérer les noms de la phrase, dont tu auras besoin deux étapes plus loin.

4. L'accord du participe passé — les trois cas en détail

Le point qui rapporte, ou coûte, le plus de points. Deux questions, dans cet ordre, jamais l'inverse.

Cas 1 — auxiliaire être : accord avec le sujet.
Elles sont parties. Le sujet Elles est féminin pluriel, donc parties. Tu n'as même pas à chercher de COD : avec être, la question ne se pose pas.

Cas 2 — auxiliaire avoir, COD placé avant le verbe : accord avec le COD.
Les lettres qu'il a écrites. Le COD est qu', pronom relatif qui reprend les lettres — féminin pluriel. Il est écrit avant le verbe, donc le participe s'accorde : écrites.

Cas 3 — auxiliaire avoir, COD placé après le verbe (ou pas de COD) : pas d'accord.
Il a écrit des lettres. Le COD des lettres vient après : le participe reste invariable, écrit.

AuxiliairePosition du CODAccord ?Exemple
êtresans objetoui, avec le sujetElles sont parties.
avoiravant le verbeoui, avec le CODLes lettres qu'il a écrites.
avoiraprès, ou pas de CODnonIl a écrit des lettres.

Ce qu'il faut voir : les deux lignes avoir contiennent le même verbe et le même objet. Ce n'est ni le sens ni le vocabulaire qui décide — c'est la position. Ne cherche pas à te souvenir de la règle par le sens de la phrase : repère l'auxiliaire, repère le COD, regarde de quel côté du verbe il tombe. C'est une vérification mécanique, et c'est ce qui la rend fiable même quand tu es fatigué en fin d'épreuve.

5. Les homophones grammaticaux — les sept tests, un par un

Même principe partout : substituer un mot de nature certaine.

  • a / à — substituer avait. Si la phrase tient, c'est le verbe avoir : on écrit a, sans accent. Sinon c'est la préposition : à, avec accent.
  • est / et — substituer était. Si ça marche, c'est le verbe être : est. Sinon, c'est le mot de liaison : et.
  • son / sont — substituer leur ou étaient. Si leur passe, c'est le déterminant : son. Si étaient passe, c'est le verbe : sont.
  • on / ont — substituer nous ou avaient. Si nous passe, c'est le pronom sujet : on. Si avaient passe, c'est le verbe : ont.
  • ce / se — substituer cela. Si ça marche, on écrit ce. Sinon, se.
  • ou / où — tester le sens. Si le mot exprime un lieu ou un temps, c'est , avec accent. Sinon, ou.
  • Infinitif -er / participe — substituer vendre ou vendu. Si vendre passe, écris l'infinitif en -er. Si vendu passe, écris le participe en .

Le point commun de ces sept tests : aucun ne te demande de « sentir » la bonne réponse. Chacun remplace le mot douteux par une forme dont la nature ne peut pas être confondue — avait est forcément un verbe, cela forcément un pronom, vendre forcément un infinitif. Tu ne devines pas la graphie : tu établis la nature, et la nature décide de la graphie.

6. L'orthographe lexicale — les quatre chantiers en détail

Doublement de consonnes. Premier cas, les préfixes il-, im-, in-, ir- devant consonne identique : le préfixe se termine par la même consonne que celle qui ouvre le mot, et les deux se rencontrent. Illisible (il- + lisible), irrationnel (ir- + rationnel), immense. Second cas, les verbes en -eler / -eter devant un e muet : la consonne double quand la terminaison ne s'entend pas — j'appelle, je jette — alors qu'elle reste simple quand la terminaison s'entend : nous appelons, nous jetons.

Lettres muettes finales. Le problème : la dictée passe par l'oreille, et une lettre muette ne s'entend pas. La solution : chercher un dérivé, c'est-à-dire un mot de la même famille où la lettre se prononce. bras → brassard, froid → froideur. Le réflexe se déclenche à chaque mot qui semble finir sur une voyelle ou une consonne isolée : essaie de le faire parler en le mettant en famille.

Adverbes en -ment. Ils se forment sur l'adjectif au féminin. Le chemin complet compte trois cases : doux → douce → doucement. La faute classique consiste à sauter la case du milieu et à fabriquer l'adverbe sur le masculin. Même chemin pour lent → lente → lentement, ou heureux → heureuse → heureusement.

Suffixes fréquents. Deux familles à connaître : -tion / -sion / -ssion (attention, version, passion) et -eur / -eux / -euse. Ces terminaisons sont proches à l'oreille et se distinguent mal en dictée ; c'est le mot entier, et sa famille, qu'il faut avoir rencontrés — aucun test de substitution ne viendra t'aider ici.

7. Exemple entièrement traité — le participe passé avec avoir

Situation : deux phrases très proches, dictées à la suite. Le même verbe, le même auxiliaire, le même objet — et deux graphies différentes.

Phrase A : Les livres que j'ai lus étaient passionnants.

  • Auxiliaire ? ai → auxiliaire avoir. Donc il faut chercher le COD.
  • Où est le COD ? C'est que, pronom relatif. Il reprend les livres : masculin pluriel.
  • Avant ou après ? que est écrit avant le verbe.
  • Règle appliquée : avoir + COD avant → accord avec le COD → lus (masc. pl.).
  • Contrôle du reste de la phrase : étaient a pour sujet Les livres (pluriel) ; passionnants est un adjectif qui qualifie livres → masculin pluriel.

Phrase B : J'ai lu trois livres.

  • Auxiliaire ? aiavoir.
  • Où est le COD ? trois livres.
  • Avant ou après ? Après le verbe.
  • Règle appliquée : avoir + COD après → pas d'accordlu.

Ce que l'exemple prouve : le sens des deux phrases est presque identique. Ce n'est donc pas le sens qui commande, c'est la place du COD. Même démonstration avec les phrases du cours : Les lettres qu'il a écrites (COD avant → accord) contre Il a écrit des lettres (COD après → pas d'accord).

Et avec être ? Elles sont parties. Auxiliaire être → on n'ouvre même pas la question du COD : accord avec le sujet Elles, féminin pluriel → parties.

8. Exemple entièrement traité — le couple a / à et le couple -er / -é

Situation : une phrase de cinq mots qui contient quatre décisions orthographiques, et elles s'enchaînent.

Phrase : Elle a commencé à travailler.

  • Décision 1 — a ou à ? Test : substituer avait. « Elle avait commencé » ✓ — la phrase tient, c'est le verbe avoir : on écrit a, sans accent.
  • Décision 2 — commencé ou commencer ? Test : substituer vendre / vendu. « Elle a vendu » ✓ — c'est vendu qui passe, donc un participe : on écrit commencé.
  • Décision 3 — à ou a ? Test : « Elle a commencé avait travailler » ✗ — la phrase ne tient pas, ce n'est pas le verbe : c'est la préposition, on écrit à, avec accent.
  • Décision 4 — travailler ou travaillé ? Test : « commencé à vendre » ✓ — c'est vendre qui passe, donc un infinitif : on écrit travailler.

Rappel des deux cas du cours, pour fixer le test a / à :

  • Elle a froid.Elle avait froid. ✓ — verbe avoir : on écrit a (sans accent).
  • Elle va à Paris.Elle va avait Paris. ✗ — préposition : on écrit à (avec accent).

Ce que l'exemple prouve : ces deux couples se croisent tout le temps dans la même phrase, parce que à est très souvent suivi d'un infinitif. Quand tu vois à + verbe, tu as presque toujours deux tests à faire, pas un.

9. Exemple entièrement traité — une phrase de dictée passée aux quatre étapes

Situation : une phrase longue, du type de celles qu'on dicte au brevet. On la relit avec la méthode, sans sauter d'étape.

Les longues lettres que sa grand-mère lui a envoyées sont arrivées hier ; il les a lues lentement, et il a rangé les enveloppes.

Étape 1 — Adjectifs. Un seul : longues. Il qualifie lettres, féminin pluriel → longues.

Étape 2 — Verbes conjugués. Je remonte à chaque sujet réel.

  • a (dans a envoyées) : qui est-ce qui a envoyé ? sa grand-mère, singulier.
  • sont (dans sont arrivées) : qui est-ce qui est arrivé ? Les longues lettres — et non sa grand-mère, qui est pourtant le nom le plus proche. Sujet éloigné, séparé du verbe par toute la relative que sa grand-mère lui a envoyées → pluriel, sont.
  • a (dans a lues, puis dans a rangé) : sujet il, singulier.

Étape 3 — Participes passés. Auxiliaire d'abord, place du COD ensuite.

  • envoyées : auxiliaire avoir ; COD = que, qui reprend les lettres (fém. pl.), placé avant → accord → envoyées.
  • arrivées : auxiliaire être → accord avec le sujet Les longues lettres (fém. pl.) → arrivées.
  • lues : auxiliaire avoir ; COD = les, qui reprend les lettres, placé avant → accord → lues.
  • rangé : auxiliaire avoir ; COD = les enveloppes, placé aprèspas d'accordrangé.

Étape 4 — Homophones.

  • a (trois fois) : « sa grand-mère lui avait envoyées » ✓, « il les avait lues » ✓ → verbe avoir, on écrit a sans accent.
  • sont : « étaient arrivées » ✓ → verbe, on écrit sont.
  • et : « était il a rangé » ✗ → ce n'est pas le verbe être, on écrit et.

Contrôle lexical, pour finir. lentement est un adverbe en -ment : il se forme sur l'adjectif au féminin — lent → lente → lentement.

Bilan : une seule phrase, et elle mobilise les trois accords, deux tests d'homophones et une règle lexicale. C'est exactement la densité d'une dictée de brevet.

10. Exemple entièrement traité — la phrase saturée d'homophones

Situation : cette fois, presque chaque mot court est un piège. On passe le test à chacun.

On ne sait pas où ils sont partis : leurs amis leur ont écrit, mais ils n'ont pas répondu.

  • On ou ont ? Substitution nous : « Nous ne savons pas » ✓ → pronom sujet → On.
  • ou ou ? Le mot indique un lieu (l'endroit où ils sont partis) → , avec accent.
  • sont ou son ? Substitution étaient : « ils étaient partis » ✓ → verbe → sont.
  • partis ou parti ? Auxiliaire être → accord avec le sujet ils, masculin pluriel → partis.
  • leurs ou leur (devant amis) ? Ici le mot est le déterminant et il précède un nom pluriel → leurs, avec s.
  • leur ou leurs (devant ont écrit) ? Ici le mot est le pronom COI, qui est invariableleur, sans s.
  • ont ou on ? Substitution avaient : « leur avaient écrit » ✓ → verbe → ont.
  • écrit accordé ou non ? Auxiliaire avoir, et pas de COD dans la phrase (leur est un COI) → pas d'accord → écrit.
  • n'ont et répondu ? « n'avaient pas répondu » ✓ → ont ; auxiliaire avoir sans COD → répondu, invariable.

Ce que l'exemple prouve : le couple leur / leurs se joue deux fois dans la même phrase, avec deux réponses opposées — parce que ce n'est pas le mot qui décide, c'est sa fonction. Et la troisième ligne du participe passé (avoir sans COD) se rencontre bien plus souvent qu'on ne croit : c'est elle qui explique écrit et répondu sans s.

11. La méthode, appliquée à n'importe quelle dictée

Les quatre exemples ci-dessus sont passés par la même grille. La voici, isolée, à appliquer telle quelle.

  1. Étape 1 — Adjectifs : identifier le nom qu'ils qualifient, vérifier genre et nombre.
  2. Étape 2 — Verbes conjugués : remonter au sujet réel, vérifier la terminaison.
  3. Étape 3 — Participes passés : identifier l'auxiliaire, localiser le COD (avant ou après), appliquer la règle.
  4. Étape 4 — Homophones : appliquer le test de substitution pour chaque mot douteux.

Et un cinquième geste, lexical, à glisser en fin de parcours : sur les mots dont la finale t'inquiète, cherche un dérivé ; sur les adverbes en -ment, repasse par le féminin de l'adjectif.

Discipline : un seul type de faute par passage. Si tu cherches tout en même temps, tu ne trouves rien — c'est le défaut de la relecture « pour voir », qui rassure sans rapporter un point.

Le cours, tu l'as. Reste ce qui coûte réellement des points : l'infinitif écrit à la place du participe, l'accord oublié avec être, le participe passé avec avoir qu'on accorde une fois de trop, ce/se, leur/leurs, le sujet éloigné, et les tests d'homophones bâclés parce qu'on va vite. On passe chaque piège en revue, avec la formulation exacte qui sauve la ligne — et la check-list des dernières minutes.

Piège n°1 — l'infinitif à la place du participe passé

Ce qu'on écrit : il a manger.
Ce qu'il faut écrire : il a mangé.

Pourquoi ça arrive : -er et s'entendent exactement pareil. En dictée, l'oreille ne peut pas trancher — donc il ne faut pas lui demander de trancher.

Le test qui sauve : substituer vendre / vendu.

  • « il a vendu » ✓ → c'est le participe → mangé.
  • « il a vendre » ✗ → ce n'est pas l'infinitif.

Le cas symétrique, tout aussi fréquent : après la préposition à, c'est vendre qui passe. Elle a commencé à travailler → « commencé à vendre » ✓ → infinitif → travailler. Retiens la règle de comportement : chaque fois que tu entends le son à la fin d'un verbe, tu fais le test. Pas une fois sur deux : chaque fois.

Piège n°2 — l'accord oublié avec être

Ce qu'on écrit : elles sont arrivé.
Ce qu'il faut écrire : elles sont arrivées.

Pourquoi ça arrive : arrivé, arrivée, arrivés, arrivées se prononcent tous de la même façon. Rien dans le son ne te signale qu'il manque deux lettres.

La règle, en clair : avec l'auxiliaire être, le participe passé s'accorde avec le sujet. Point. Il n'y a pas de seconde question à se poser : tu ne cherches pas de COD, tu cherches le sujet.

Elles sont parties. — sujet Elles, féminin pluriel → parties.
Les lettres sont arrivées. — sujet Les lettres, féminin pluriel → arrivées.

Le réflexe : dès que tu vois une forme de être suivie d'un participe, tu remontes au sujet avant d'écrire la terminaison. C'est l'étape 3 de la relecture, et c'est la première chose qu'elle doit trancher.

Piège n°3 — le participe passé avec avoir : accorder trop, ou pas assez

Celui-ci se rate dans les deux sens, et c'est ce qui le rend dangereux.

Rater par défaut : Les lettres qu'il a écrit ✗. Le COD qu' (= les lettres) est avant le verbe : il faut accorder → Les lettres qu'il a écrites.

Rater par excès : une fois la règle apprise, la tentation est d'accorder partout. Il a écrites des lettres ✗. Ici le COD des lettres est après le verbe : pas d'accordIl a écrit des lettres.

Le troisième cas, celui qu'on oublie : avec avoir, quand il n'y a pas de COD du tout, il n'y a pas d'accord non plus. Leurs amis leur ont écritleur est un COI, pas un COD : le participe reste invariable.

La formulation exacte à avoir en tête : avec avoir, l'accord se fait avec le COD, et seulement s'il est placé avant le verbe. Deux conditions, pas une. Si l'une des deux manque — pas de COD, ou COD après — le participe ne bouge pas.

Piège n°4 — ce / se

Ce qu'on écrit : il ce lève.
Ce qu'il faut écrire : il se lève.

Le test qui sauve : substituer cela. Si cela passe, on écrit ce.

  • « il cela lève » ✗ → la phrase ne tient pas → on écrit se.

Ce qu'il faut comprendre : le test ne juge pas le sens de la phrase, il juge la nature du petit mot. Cela ne peut être qu'un pronom démonstratif ; s'il passe, le mot testé en était un aussi. C'est le même raisonnement que pour avait avec a / à, ou vendre avec -er.

Ce qui rend ce piège coûteux : se apparaît devant beaucoup de verbes courants (se lever, se dire, se trouver), donc la faute se répète plusieurs fois dans une même dictée. Une confusion apprise, c'est plusieurs points perdus, pas un seul.

Piège n°5 — leur / leurs

La confusion classique, et elle n'a rien à voir avec le son : les deux formes se prononcent pareil.

  • leur — pronom COI. Il est invariable : jamais de s. Leurs amis leur ont écrit.
  • leurs — déterminant pluriel. Il précède un nom au pluriel. Leurs amis leur ont écrit.

Ce qui trompe : les deux peuvent tomber dans la même phrase, à quelques mots d'intervalle, avec deux réponses opposées — comme dans l'exemple ci-dessus. Ce n'est donc pas le mot qu'on retient, c'est la question : est-ce qu'il accompagne un nom, ou est-ce qu'il remplace des personnes ?

Le réflexe de relecture : à chaque leur rencontré, regarde le mot qui suit. Un nom derrière ? Alors c'est le déterminant, et il s'accorde. Un verbe derrière ? Alors c'est le pronom, et il ne bouge pas.

Piège n°6 — le sujet éloigné

Le cours le signale explicitement : le verbe s'accorde avec son sujet réel, et il faut faire attention aux sujets éloignés. C'est la faute la plus discrète des quatre étapes, parce qu'elle ne se voit pas : la terminaison écrite est une terminaison correcte — simplement pas la bonne.

Les élèves qui travaillent bien réussissent.

  • Le mot juste avant le verbe est bien. Il ne commande rien.
  • Une relative entière (qui travaillent bien) s'est intercalée entre le sujet et le verbe.
  • Le sujet réel est Les élèves : pluriel → réussissent.

Comment on se fait avoir : en dictée, on écrit au fil de l'oreille. Quand le verbe arrive, le sujet a été prononcé plusieurs secondes plus tôt, et c'est le dernier nom entendu qui reste en tête. La relecture existe précisément pour corriger ça — c'est l'étape 2, et son verbe d'action est remonter.

Le geste, en trois mots : repérer le verbe, poser la question qui est-ce qui ?, écrire la terminaison. Dans cet ordre, jamais l'inverse.

Les couples d'homophones ratés parce qu'on va vite

Ces tests sont simples ; on les perd en ne les faisant pas, ou en les faisant de mémoire. Voilà la substitution exacte, à faire réellement, mot par mot.

CoupleCe qu'on substitueVerdict
a / àavaitça marche → a ; ça ne marche pas → à
est / etétaitça marche → est ; sinon → et
son / sontleur / étaientleurson ; étaientsont
on / ontnous / avaientnouson ; avaientont
ce / secelaça marche → ce ; sinon → se
ou / oùsens de lieu ou de tempslieu ou temps → ; sinon → ou
-er / -évendre / venduvendre-er ; vendu

Deux fautes de méthode à éliminer :

  • Substituer dans sa tête, à moitié. Le test consiste à relire la phrase entière avec le mot remplacé. Elle va avait Paris ✗ ne saute aux yeux que si on la relit vraiment.
  • Ne tester qu'une fois. Un même homophone revient souvent trois ou quatre fois dans une dictée, à chaque fois dans un contexte différent. On le teste à chaque occurrence.

Les fautes lexicales qui coûtent

Elles sont moins spectaculaires que les fautes d'accord, mais elles sont pénalisées aussi — la dictée du brevet est notée sur 10 points et les deux types d'erreurs comptent.

  • Adverbe mal formé. Il faut partir du féminin de l'adjectif : doux → douce → doucement. La faute vient du raccourci, quand on fabrique l'adverbe directement sur le masculin. Repasse toujours par la case du milieu.
  • Lettre muette finale oubliée. On n'écrit pas ce qu'on n'entend pas. La parade est mécanique : chercher un dérivébras → brassard, froid → froideur. Applique-la à tous les mots dont la finale te semble « nue ».
  • Doublement raté. Deux cas à surveiller : les préfixes il-, im-, in-, ir- devant consonne identique (illisible, immense, irrationnel) et les verbes en -eler / -eter devant un e muet (j'appelle, je jette).
  • Suffixe choisi à l'oreille. -tion / -sion / -ssion (attention, version, passion) et -eur / -eux / -euse ne se distinguent pas au son. Ici, aucun test ne t'aidera : c'est le mot lui-même qu'il faut avoir déjà vu écrit.

La check-list des dernières minutes

Quand la dictée est finie et qu'il te reste du temps, exécute ceci dans l'ordre, sans improviser.

  1. Adjectifs. Pour chacun : quel nom il qualifie, quel genre, quel nombre.
  2. Verbes conjugués. Pour chacun : remonter au sujet réel (qui est-ce qui ?), vérifier la terminaison. Méfie-toi des relatives intercalées.
  3. Participes passés. Auxiliaire d'abord. Être → accord avec le sujet. Avoir → chercher le COD, puis regarder s'il est avant (accord) ou après / absent (pas d'accord).
  4. Homophones. Un test de substitution par mot douteux, phrase relue en entier à chaque fois.
  5. Passage lexical. Finales suspectes → chercher un dérivé. Adverbes en -ment → repasser par le féminin de l'adjectif.

La règle d'or : un seul type de faute par passage. Une relecture globale « pour vérifier que tout va bien » ne trouve rien — elle confirme ce que tu as déjà écrit. Quatre passages ciblés, eux, trouvent.

Tu tiens le chapitre ? Alors soulève le capot. Ce cours ne t'a pas seulement donné des règles d'accord et une liste d'homophones : il t'a montré que l'orthographe française fonctionne à deux régimes — un qui se calcule à partir de la phrase, un qui se mémorise mot à mot — et il t'a laissé trois outils de raisonnement qui valent bien au-delà de la dictée. Voilà ce qu'il y a dessous, et ce qui vient après.

Le chapitre relu d'un cran plus haut

Reprends la toute première phrase du cours : l'orthographe se divise en deux domaines. Ce n'est pas un classement commode pour ranger les fiches — c'est une différence de nature, et elle commande deux façons de travailler opposées.

  • Régime 1 — l'orthographe grammaticale se calcule. Le mot n'a pas de graphie fixe : il la reçoit de la phrase. écrit ou écrites ? Cela ne dépend pas du verbe écrire, cela dépend de l'auxiliaire et de la place du COD. a ou à ? Cela ne dépend pas du son, cela dépend de la nature du mot dans cette phrase-là. D'où la méthode en quatre étapes : quand une graphie se calcule, il faut un algorithme, et un ordre.
  • Régime 2 — l'orthographe lexicale se consulte. Là, la graphie appartient au mot. Aucune phrase ne rendra irrationnel plus ou moins double. Il n'y a pas d'algorithme : il y a des familles (les préfixes, les suffixes), des chemins de dérivation (froid → froideur), et de la fréquentation.

Comprendre ça change ta stratégie de révision : le grammatical se travaille par raisonnement et se rattrape vite ; le lexical se travaille par exposition et se construit lentement. Ce sont deux calendriers différents.

Ce que tu viens vraiment d'apprendre

Trois outils, dans ce cours, dépassent largement la dictée.

1. La substitution comme test de nature. Sept couples d'homophones, un seul principe : remplacer le mot douteux par une forme dont la nature ne peut pas être confondue. Avait est forcément un verbe ; cela forcément un pronom ; vendre forcément un infinitif. Ce n'est pas une astuce, c'est un raisonnement : tu transformes une question que ton oreille ne peut pas trancher en une question que ta grammaire peut trancher.

2. La position gouverne l'écriture. Les lettres qu'il a écrites / Il a écrit des lettres : même verbe, même auxiliaire, même objet, deux graphies. Ce qui a changé, c'est l'ordre des mots. Retiens l'idée générale : en français, la place d'un élément dans la phrase peut décider de la forme d'un autre. C'est la porte d'entrée de la syntaxe.

3. La dérivation révèle l'invisible. bras → brassard, froid → froideur : on fait parler une lettre muette en changeant de mot dans la même famille. Même mouvement pour l'adverbe, doux → douce → doucement : on passe par une forme intermédiaire pour obtenir la bonne. Mettre un mot en famille pour lire ce qu'on n'entend pas — ce réflexe-là sert en orthographe, en vocabulaire, et bientôt en étymologie.

Cinq questions que ce cours laisse ouvertes

Aucune n'est exigible. Toutes partent d'un point que tu maîtrises maintenant, et toutes ont une vraie réponse — plus tard.

  • Pourquoi la place du COD décide-t-elle de l'accord ? Le cours te donne la règle (COD avant → accord, COD après → pas d'accord) mais pas sa raison. Qu'est-ce qui, dans la façon dont une phrase se construit, rend cette position si décisive ?
  • Pourquoi l'adverbe se forme-t-il sur le féminin de l'adjectif ? Doucement ne qualifie aucun nom féminin. Pourquoi faut-il alors passer par douce ?
  • Que teste-t-on exactement en substituant ? Quand cela passe et que tu écris ce, tu as vérifié quelque chose sur le mot — sa nature, sa fonction, sa place possible dans la phrase ? Les trois ne sont pas la même chose.
  • Comment repérer le sujet réel dans une phrase très longue ? Le cours te dit d'y faire attention. Mais quand une phrase empile deux ou trois relatives, quel outil te garantit que tu remontes au bon groupe ?
  • Combien de mots faut-il avoir rencontrés pour ne plus hésiter sur le lexique ? La graphie appartient à chaque mot ; il n'existe donc pas de règle générale qui les couvre tous. Par quel chemin acquiert-on alors ce stock-là ?

Ce qui change au niveau supérieur

Le contenu ne disparaît pas ; c'est son cadre qui change.

  • L'exercice change, la compétence reste. Au brevet, la dictée est un exercice à part, notée sur 10 points, avec un moment de relecture identifié. Après, il n'y a plus de case « dictée » — mais l'orthographe continue d'être lue dans chaque copie que tu écris. Elle passe d'un exercice à une condition permanente.
  • Le déclencheur change. Aujourd'hui, quelqu'un dicte et tu sais qu'il faut relire. Ensuite, personne ne te dira quand. La relecture en quatre étapes doit devenir un geste que tu déclenches toi-même, sur tes propres textes — et sur des textes que tu as écrits, donc que tu relis mal, parce que tu sais déjà ce qu'ils veulent dire.
  • La distance augmente. Les trois accords ne bougeront pas d'un mot. Ce qui bouge, ce sont les phrases : plus longues, plus de propositions intercalées, donc des sujets plus éloignés de leur verbe et des COD plus loin devant leur participe. Le piège n°6 de ce chapitre est exactement celui qui grossit.
  • Le lexique change d'échelle. Les familles -tion / -sion / -ssion et -eur / -eux / -euse se retrouveront dans des mots plus longs, plus abstraits, moins familiers — et donc moins protégés par l'habitude. C'est là que la dérivation, apprise ici sur froid → froideur, devient vraiment rentable.

La compétence à emporter

Si tu ne gardes qu'une chose de ce chapitre, garde le doute méthodique et local.

Bien écrire, ce n'est pas ne jamais douter. C'est douter au bon endroit — devant un a, devant un son en fin de verbe, devant un leur, devant un participe passé — et savoir quoi faire de ce doute : un test, une question, une remontée au sujet. Le reste du temps, on écrit sans s'arrêter.

C'est exactement l'inverse des deux attitudes qui coûtent des points : écrire sans jamais douter (on ne voit rien), et douter de tout (on se paralyse et on relit « en général », c'est-à-dire pour rien).

Quatre étapes, sept tests, quatre réflexes lexicaux. Ce n'est pas beaucoup. Mais appliqué à chaque copie, c'est ce qui sépare une orthographe qu'on subit d'une orthographe qu'on contrôle.