Contrôle demain et le chapitre n'a jamais été ouvert ? Tout tient sur une seule distinction : la nature d'un mot et sa fonction ne sont pas la même question. Dix classes grammaticales à reconnaître, dix fonctions à savoir nommer, une méthode en six étapes et une phrase entièrement analysée : de quoi remplir une copie ce soir.
1. L'idée, en deux phrases
La nature (on dit aussi classe grammaticale) d'un mot, c'est ce qu'il est de façon intrinsèque : elle est fixe et ne dépend pas de la phrase.
La fonction d'un mot, c'est le rôle qu'il joue dans la phrase : elle dépend de la construction et elle peut varier.
Le même mot, deux fonctions différentes :
- « Le soleil brille. » → soleil : nom commun (nature) ; sujet (fonction).
- « Je regarde le soleil. » → soleil : nom commun (nature) ; COD (fonction).
La nature n'a pas bougé, la fonction a changé. Toute l'analyse grammaticale tient dans ce double regard.
2. Les dix classes grammaticales
| Classe | Ce qu'elle fait | Exemples |
|---|---|---|
| Nom commun | désigne un être, une chose ou une notion | enfant, liberté, table |
| Nom propre | désigne un individu ou un lieu uniques | Paris, Marie |
| Déterminant | introduit le nom | le, un, du, mon, ce, deux, chaque |
| Adjectif qualificatif | qualifie un nom, s'accorde avec lui | grand, rouge, intelligent |
| Pronom | remplace ou représente un nom | je, qui, celui, le mien, on |
| Verbe | exprime une action ou un état | courir, lire ; être, sembler |
| Adverbe | modifie un verbe, un adjectif ou un autre adverbe ; invariable | vite, très, souvent, ne…pas |
| Préposition | mot de liaison invariable qui introduit un complément | à, de, dans, pour, avec, sans, par |
| Conjonction de coordination | relie deux éléments de même niveau | mais, ou, et, donc, or, ni, car |
| Conjonction de subordination | introduit une proposition subordonnée | que, si, quand, parce que, bien que, pour que |
Le moyen mnémotechnique pour les conjonctions de coordination : « Mais où est donc Ornicar ? » (mais, ou, et, donc, or, ni, car).
3. Les dix fonctions à savoir nommer
| Fonction | Comment on la repère | Exemple |
|---|---|---|
| Sujet | « Qui est-ce qui… ? » / « Qu'est-ce qui… ? » | Le soleil brille. |
| COD | verbe + qui ? / quoi ? — sans préposition | Je lis ce roman. |
| COI | verbe + à qui ? / de quoi ? — introduit par à ou de | Je pense à toi. |
| COS | second complément du verbe, indirect | Il offre des fleurs à sa mère. |
| Attribut du sujet | relié au sujet par un verbe d'état | Ce film est passionnant. |
| Attribut du COD | relié au COD par le verbe | Je trouve ce film passionnant. |
| Épithète liée | adjectif attaché au nom, sans virgule | une belle maison |
| Épithète détachée (apposée) | adjectif ou participe séparé par une virgule | Fatigué, il rentra chez lui. |
| Complément du nom | précise un nom, introduit par une préposition | La porte du jardin. |
| Complément circonstanciel | généralement déplaçable et supprimable | lieu, temps, manière, cause… |
Les compléments circonstanciels se déclinent : de lieu (où ?), de temps (quand ?), de manière (comment ?), de cause (pourquoi ?), de but, de condition, d'opposition.
4. La méthode, en six étapes
- Étape 1 — Repérer le verbe conjugué : c'est le noyau de la phrase.
- Étape 2 — Trouver le sujet : « Qui est-ce qui / Qu'est-ce qui + verbe ? »
- Étape 3 — Chercher les compléments d'objet : « verbe + qui / quoi ? » (COD, sans préposition) ; « verbe + à qui / de quoi ? » (COI).
- Étape 4 — Identifier les CC : tenter de déplacer ou de supprimer le groupe — s'il est mobile et facultatif, c'est souvent un CC.
- Étape 5 — Vérifier les attributs : après un verbe d'état, l'adjectif ou le GN qui suit est attribut du sujet.
- Étape 6 — Pour la nature, raisonner indépendamment de la phrase : « À quelle classe ce mot appartient-il toujours ? »
Les étapes 1 à 5 donnent les fonctions. L'étape 6, seule, donne la nature. Ne les mélange pas.
5. Une phrase analysée en entier
« Chaque matin, ma sœur lit tranquillement un roman policier. »
| Mot | Nature | Fonction |
|---|---|---|
| Chaque | déterminant indéfini | détermine matin |
| matin | nom commun masculin singulier | CC de temps du verbe lit |
| ma | déterminant possessif | détermine sœur |
| sœur | nom commun féminin singulier | sujet du verbe lit |
| lit | verbe lire, 3e personne du singulier, présent de l'indicatif | noyau du groupe verbal |
| tranquillement | adverbe de manière | CC de manière du verbe lit |
| un | article indéfini | détermine roman |
| roman | nom commun masculin singulier | noyau du GN, COD de lit |
| policier | adjectif qualificatif masculin singulier | épithète liée de roman |
Deux colonnes, toujours. Une réponse qui ne donne que la nature, ou que la fonction, est une réponse à moitié.
6. Les cinq phrases à ne pas écrire
- « Épithète est une nature. » → non : adjectif qualificatif est une nature ; épithète et attribut sont des fonctions.
- « Seul un mot isolé peut avoir une fonction. » → non : un groupe entier (GN, groupe prépositionnel, subordonnée) peut remplir une fonction.
- « Dans Ce film est passionnant, passionnant est COD. » → non : après être et les verbes d'état, ce qui suit est attribut, pas COD.
- « Tout « de + GN » est un COI. » → non : « la maison de Pierre » est un complément du nom.
- « Un adjectif est toujours épithète. » → non : placé après un verbe d'état, il devient attribut du sujet.
Si tu ne retiens qu'une chose ce soir : nature = ce que le mot est ; fonction = ce que le mot fait dans cette phrase-là.
« Nature », « fonction », « épithète » : ça te dit quelque chose, mais le fil se perd au moment de rédiger. On remet le chapitre à plat dans l'ordre où il se pense — la distinction de départ, la liste des classes, la liste des fonctions, puis la méthode en six étapes appliquée du début à la fin sur une phrase complète.
1. Deux concepts à ne pas confondre
Devant un mot, on peut poser deux questions très différentes.
- Quelle est sa nature ? C'est ce que le mot est de façon intrinsèque — sa classe grammaticale. Elle est fixe et ne dépend pas de la phrase : un dictionnaire peut te la donner.
- Quelle est sa fonction ? C'est le rôle qu'il joue dans la phrase. Elle dépend de la construction et elle peut varier d'une phrase à l'autre.
L'exemple qui fixe la différence :
- « Le soleil brille. » — soleil : nom commun (nature) ; sujet (fonction).
- « Je regarde le soleil. » — soleil : nom commun (nature) ; COD (fonction).
Le mot est le même, sa nature est la même ; c'est la place qu'il occupe dans la construction qui a changé. Retiens la formule : la nature ne bouge pas, la fonction bouge.
2. Les classes grammaticales
Dix classes à connaître. Certaines se subdivisent : c'est là que se gagnent les points de précision.
- Nom commun : désigne un être, une chose ou une notion. Ex. : enfant, liberté, table.
- Nom propre : désigne un individu ou un lieu uniques. Ex. : Paris, Marie.
- Déterminant : introduit le nom. Articles définis (le, la, les), indéfinis (un, une, des), partitifs (du, de la) ; possessifs (mon, son, leurs) ; démonstratifs (ce, cette, ces) ; numéraux (deux, cent) ; indéfinis (chaque, plusieurs, tout).
- Adjectif qualificatif : qualifie un nom et s'accorde avec lui. Ex. : grand, rouge, intelligent.
- Pronom : remplace ou représente un nom. Personnels (je, il, nous, se, le, lui), relatifs (qui, que, dont, où), démonstratifs (celui, ce, cela), possessifs (le mien, la sienne), indéfinis (on, quelqu'un, rien).
- Verbe : exprime une action (courir, lire) ou un état (être, paraître, sembler, devenir, rester).
- Adverbe : modifie un verbe, un adjectif ou un autre adverbe ; invariable. Ex. : vite, très, souvent, ne…pas.
- Préposition : mot de liaison invariable introduisant un complément. Ex. : à, de, dans, pour, avec, sans, par.
- Conjonction de coordination : relie deux éléments de même niveau. Ex. : mais, ou, et, donc, or, ni, car — « Mais où est donc Ornicar ? »
- Conjonction de subordination : introduit une proposition subordonnée. Ex. : que, si, quand, parce que, bien que, pour que.
Deux détails que le cours signale et qu'on oublie : l'adverbe et la préposition sont invariables ; l'adjectif, lui, s'accorde. C'est pourquoi, dans une analyse, on donne le genre et le nombre d'un nom ou d'un adjectif, jamais ceux d'un adverbe.
3. Les principales fonctions
- Sujet : fait ou subit l'action, ou est le thème de la phrase. Question : « Qui est-ce qui… ? » ou « Qu'est-ce qui… ? »
- COD (complément d'objet direct) : se construit sans préposition. Question : « verbe + qui ? / quoi ? » — Je lis ce roman.
- COI (complément d'objet indirect) : introduit par à ou de. Question : « verbe + à qui ? / de quoi ? » — Je pense à toi.
- COS (complément d'objet second) : second complément du verbe, indirect. — Il offre des fleurs à sa mère.
- Attribut du sujet : relié au sujet par un verbe d'état. — Ce film est passionnant.
- Attribut du COD : relié au COD par le verbe. — Je trouve ce film passionnant.
- Épithète liée : adjectif directement attaché au nom, sans virgule. — une belle maison.
- Épithète détachée (apposée) : adjectif ou participe séparé par une virgule, souvent en tête de phrase. — Fatigué, il rentra chez lui.
- Complément du nom : précise un nom, introduit par une préposition. — La porte du jardin.
- Compléments circonstanciels (CC) : généralement déplaçables et supprimables. De lieu (où ?), de temps (quand ?), de manière (comment ?), de cause (pourquoi ?), de but, de condition, d'opposition.
Remarque de structure : une fonction se définit toujours par rapport à quelque chose. Le sujet et les compléments d'objet se définissent par rapport au verbe ; l'épithète et le complément du nom, par rapport à un nom ; l'attribut, par rapport au sujet ou au COD. Dans une copie, dis-le : « COD de lit », « épithète liée de roman ».
4. La méthode d'analyse grammaticale
- Étape 1 — Repérer le verbe conjugué : c'est le noyau de la phrase.
- Étape 2 — Trouver le sujet : « Qui est-ce qui / Qu'est-ce qui + verbe ? »
- Étape 3 — Chercher les compléments d'objet : « verbe + qui / quoi ? » (COD, sans préposition) ; « verbe + à qui / de quoi ? » (COI).
- Étape 4 — Identifier les CC : tenter de déplacer ou de supprimer le groupe — s'il est mobile et facultatif, c'est souvent un CC.
- Étape 5 — Vérifier les attributs : après un verbe d'état, l'adjectif ou le GN qui suit est attribut du sujet.
- Étape 6 — Pour la nature, raisonner indépendamment de la phrase : « À quelle classe ce mot appartient-il toujours ? »
Lis bien l'ordre : on part du verbe, pas du premier mot. Le verbe conjugué est le pivot ; sujet, COD, COI, CC et attributs se définissent tous par rapport à lui. Et l'étape 6 est mise à part à la fin : elle ne se raisonne pas comme les autres, puisque la nature ne dépend pas de la phrase.
5. La méthode appliquée, du début à la fin
« Chaque matin, ma sœur lit tranquillement un roman policier. »
- Étape 1 — Le verbe conjugué est lit (verbe lire, 3e personne du singulier, présent de l'indicatif). C'est le noyau du groupe verbal.
- Étape 2 — « Qui est-ce qui lit ? » → ma sœur. Le noyau de ce groupe est sœur : sujet du verbe lit.
- Étape 3 — « lit quoi ? » → un roman policier, sans préposition : c'est un COD. Le noyau du GN est roman.
- Étape 4 — Chaque matin se déplace et se supprime sans casser la phrase : CC de temps. Tranquillement aussi : CC de manière.
- Étape 5 — Lire n'est pas un verbe d'état : pas d'attribut ici. Policier est accroché à roman sans virgule : épithète liée.
- Étape 6 — On reprend chaque mot et on donne sa classe, phrase oubliée.
Le tableau final :
| Mot | Nature | Fonction |
|---|---|---|
| Chaque | déterminant indéfini | détermine matin |
| matin | nom commun masculin singulier | CC de temps du verbe lit |
| ma | déterminant possessif | détermine sœur |
| sœur | nom commun féminin singulier | sujet du verbe lit |
| lit | verbe lire, 3e personne du singulier, présent de l'indicatif | noyau du groupe verbal |
| tranquillement | adverbe de manière | CC de manière du verbe lit |
| un | article indéfini | détermine roman |
| roman | nom commun masculin singulier | noyau du GN, COD de lit |
| policier | adjectif qualificatif masculin singulier | épithète liée de roman |
6. Ce qu'il faut retenir
- Nature = ce que le mot est, toujours. Fonction = ce qu'il fait, ici.
- Dix classes grammaticales, dix fonctions principales : ce sont deux listes séparées, on ne prend jamais un mot dans l'une pour répondre à l'autre.
- Le verbe conjugué est le point de départ de toute analyse.
- Une fonction se nomme avec son point d'attache : COD de quel verbe, épithète de quel nom.
- La virgule distingue l'épithète liée de l'épithète détachée ; la préposition distingue le COD du COI.
Erreurs les plus fréquentes, à relire avant de rendre : confondre nature et fonction (adjectif qualificatif est une nature ; épithète et attribut sont des fonctions) ; oublier qu'un groupe entier peut remplir une fonction ; prendre pour un COD ce qui suit un verbe d'état ; analyser tout « de + GN » comme un COI ; croire qu'un adjectif est toujours épithète.
Le cours complet du niveau, puis on met les mains dedans — mais je rédige avec toi. D'abord les deux listes posées entièrement, ensuite quatre analyses menées de bout en bout, mot à mot, dans l'ordre de la méthode. Rien à chercher seul ici : du modèle propre à imiter.
1. Le cours, posé : nature et fonction
Un mot, deux étiquettes, et elles ne se déduisent pas l'une de l'autre.
La nature (ou classe grammaticale) est ce que le mot est de façon intrinsèque. Elle est fixe et ne dépend pas de la phrase : soleil est un nom commun qu'on l'emploie ou non, qu'on l'emploie ici ou ailleurs.
La fonction est le rôle que le mot joue dans la phrase. Elle dépend de la construction et elle peut varier.
- « Le soleil brille. » — soleil : nom commun (nature) ; sujet (fonction).
- « Je regarde le soleil. » — soleil : nom commun (nature) ; COD (fonction).
Conséquence pratique : une réponse complète comporte toujours deux informations. « Soleil : nom commun » ne vaut que la moitié des points ; « soleil : sujet » aussi.
2. Les dix classes grammaticales, en détail
- Nom commun : désigne un être, une chose ou une notion. Ex. : enfant, liberté, table. On en donne le genre et le nombre dans une analyse.
- Nom propre : désigne un individu ou un lieu uniques. Ex. : Paris, Marie.
- Déterminant : introduit le nom. Il en existe plusieurs espèces, et on attend que tu précises laquelle :
- articles définis : le, la, les ;
- articles indéfinis : un, une, des ;
- articles partitifs : du, de la ;
- possessifs : mon, son, leurs ;
- démonstratifs : ce, cette, ces ;
- numéraux : deux, cent ;
- indéfinis : chaque, plusieurs, tout.
- Adjectif qualificatif : qualifie un nom et s'accorde avec lui. Ex. : grand, rouge, intelligent.
- Pronom : remplace ou représente un nom. Là encore, précise l'espèce :
- personnels : je, il, nous, se, le, lui ;
- relatifs : qui, que, dont, où ;
- démonstratifs : celui, ce, cela ;
- possessifs : le mien, la sienne ;
- indéfinis : on, quelqu'un, rien.
- Verbe : exprime une action (courir, lire) ou un état (être, paraître, sembler, devenir, rester). Apprends la liste des verbes d'état : c'est elle qui déclenche les attributs.
- Adverbe : modifie un verbe, un adjectif ou un autre adverbe ; invariable. Ex. : vite, très, souvent, ne…pas.
- Préposition : mot de liaison invariable qui introduit un complément. Ex. : à, de, dans, pour, avec, sans, par.
- Conjonction de coordination : relie deux éléments de même niveau : mais, ou, et, donc, or, ni, car. Moyen mnémotechnique : « Mais où est donc Ornicar ? »
- Conjonction de subordination : introduit une proposition subordonnée : que, si, quand, parce que, bien que, pour que.
Deux classes sont déclarées invariables par le cours : l'adverbe et la préposition. L'adjectif, lui, s'accorde avec le nom. C'est pour cela qu'on écrit « policier : adjectif qualificatif masculin singulier », mais jamais « tranquillement : adverbe masculin singulier ».
3. Les dix fonctions, en détail
Quatre fonctions se définissent par rapport au verbe (sujet, COD, COI, COS), trois par rapport à un nom (épithète liée, épithète détachée, complément du nom), deux sont des attributs, et les CC forment une famille à part — dix en tout.
- Sujet : fait ou subit l'action, ou est le thème de la phrase. Question : « Qui est-ce qui… ? » ou « Qu'est-ce qui… ? »
- COD — complément d'objet direct : se construit sans préposition. Question : « verbe + qui ? / quoi ? » Ex. : Je lis ce roman.
- COI — complément d'objet indirect : introduit par à ou de. Question : « verbe + à qui ? / de quoi ? » Ex. : Je pense à toi.
- COS — complément d'objet second : second complément du verbe, indirect. Ex. : Il offre des fleurs à sa mère. Il suppose donc qu'un premier complément est déjà là.
- Attribut du sujet : relié au sujet par un verbe d'état. Ex. : Ce film est passionnant.
- Attribut du COD : relié au COD par le verbe. Ex. : Je trouve ce film passionnant.
- Épithète liée : adjectif directement attaché au nom, sans virgule. Ex. : une belle maison.
- Épithète détachée (apposée) : adjectif ou participe séparé par une virgule, souvent en tête de phrase. Ex. : Fatigué, il rentra chez lui.
- Complément du nom : précise un nom, introduit par une préposition. Ex. : La porte du jardin.
- Compléments circonstanciels (CC) : généralement déplaçables et supprimables. De lieu (où ?), de temps (quand ?), de manière (comment ?), de cause (pourquoi ?), de but, de condition, d'opposition.
Point de méthode qui rapporte : une fonction n'est pas réservée à un mot isolé. Un groupe entier — groupe nominal, groupe prépositionnel, proposition subordonnée — peut remplir une fonction. Dans « Je pense à toi », le COI est le groupe « à toi » tout entier, pas le seul mot toi.
4. Exemple entièrement traité n°1 — une phrase longue
« Chaque matin, ma sœur lit tranquillement un roman policier. »
Étape 1 — le verbe conjugué. Un seul : lit. C'est le verbe lire, à la 3e personne du singulier, au présent de l'indicatif. Il est le noyau du groupe verbal, donc le pivot de toute l'analyse.
Étape 2 — le sujet. « Qui est-ce qui lit ? » → ma sœur. Le groupe entier est sujet ; son noyau est le nom sœur. On écrit : sœur, sujet du verbe lit.
Étape 3 — les compléments d'objet. « lit quoi ? » → un roman policier. Aucune préposition ne l'introduit : c'est donc un COD, pas un COI. Son noyau est roman.
Étape 4 — les compléments circonstanciels. On teste le déplacement et la suppression. « Ma sœur lit tranquillement un roman policier » tient debout sans chaque matin, et « Ma sœur lit chaque matin tranquillement un roman policier » aussi : mobile et facultatif → CC de temps (quand ?). Même test pour tranquillement → CC de manière (comment ?).
Étape 5 — les attributs. Lire ne figure pas parmi les verbes d'état (être, paraître, sembler, devenir, rester) : il n'y a donc aucun attribut dans cette phrase. L'adjectif policier est collé au nom roman, sans virgule : épithète liée.
Étape 6 — les natures. On oublie la phrase et on classe chaque mot.
| Mot | Nature | Fonction |
|---|---|---|
| Chaque | déterminant indéfini | détermine matin |
| matin | nom commun masculin singulier | CC de temps du verbe lit |
| ma | déterminant possessif | détermine sœur |
| sœur | nom commun féminin singulier | sujet du verbe lit |
| lit | verbe lire, 3e personne du singulier, présent de l'indicatif | noyau du groupe verbal |
| tranquillement | adverbe de manière | CC de manière du verbe lit |
| un | article indéfini | détermine roman |
| roman | nom commun masculin singulier | noyau du GN, COD de lit |
| policier | adjectif qualificatif masculin singulier | épithète liée de roman |
5. Exemple entièrement traité n°2 — COD et COS dans la même phrase
« Il offre des fleurs à sa mère. »
Étape 1. Verbe conjugué : offre (verbe offrir, 3e personne du singulier, présent de l'indicatif).
Étape 2. « Qui est-ce qui offre ? » → il : sujet du verbe offre.
Étape 3. Deux compléments du verbe, et c'est tout l'intérêt de la phrase.
- « offre quoi ? » → des fleurs, sans préposition → COD de offre.
- « offre à qui ? » → à sa mère, introduit par à. Comme un premier complément (le COD) est déjà présent, ce second complément indirect s'appelle COS.
Étape 4. Aucun groupe déplaçable et supprimable : pas de CC ici.
Étape 5. Offrir n'est pas un verbe d'état : pas d'attribut.
Étape 6. Les natures, mot à mot :
| Mot | Nature | Fonction |
|---|---|---|
| Il | pronom personnel | sujet du verbe offre |
| offre | verbe offrir, 3e personne du singulier, présent de l'indicatif | noyau du groupe verbal |
| des | article indéfini | détermine fleurs |
| fleurs | nom commun féminin pluriel | noyau du GN « des fleurs », COD de offre |
| à | préposition | introduit le groupe « à sa mère » |
| sa | déterminant possessif | détermine mère |
| mère | nom commun féminin singulier | noyau du groupe « à sa mère », COS de offre |
À retenir de cet exemple : le COS n'est pas une fonction mystérieuse, c'est un complément d'objet indirect qui arrive en second. S'il était seul, on parlerait simplement de COI — comme dans « Je pense à toi. »
6. Exemple entièrement traité n°3 — les deux attributs, côte à côte
Deux phrases avec le même adjectif, deux fonctions différentes. C'est l'exercice type du chapitre.
a) « Ce film est passionnant. »
- Étape 1. Verbe conjugué : est (verbe être, 3e personne du singulier, présent de l'indicatif). Être figure dans la liste des verbes d'état.
- Étape 2. « Qu'est-ce qui est passionnant ? » → ce film : sujet, noyau film.
- Étape 5. Après un verbe d'état, l'adjectif qui suit est attribut du sujet. Donc passionnant : attribut du sujet film. Ce n'est pas un COD.
| Mot | Nature | Fonction |
|---|---|---|
| Ce | déterminant démonstratif | détermine film |
| film | nom commun masculin singulier | sujet du verbe est |
| est | verbe être, 3e personne du singulier, présent de l'indicatif ; verbe d'état | noyau du groupe verbal |
| passionnant | adjectif qualificatif masculin singulier | attribut du sujet film |
b) « Je trouve ce film passionnant. »
- Étape 1. Verbe conjugué : trouve (verbe trouver, 1re personne du singulier, présent de l'indicatif).
- Étape 2. « Qui est-ce qui trouve ? » → je : sujet.
- Étape 3. « trouve quoi ? » → ce film, sans préposition → COD.
- Étape 5. Passionnant se rapporte cette fois au COD, par l'intermédiaire du verbe : c'est un attribut du COD.
| Mot | Nature | Fonction |
|---|---|---|
| Je | pronom personnel | sujet du verbe trouve |
| trouve | verbe trouver, 1re personne du singulier, présent de l'indicatif | noyau du groupe verbal |
| ce | déterminant démonstratif | détermine film |
| film | nom commun masculin singulier | noyau du GN « ce film », COD de trouve |
| passionnant | adjectif qualificatif masculin singulier | attribut du COD film |
Conclusion des deux analyses : passionnant a exactement la même nature dans les deux phrases (adjectif qualificatif) et deux fonctions différentes. Exactement le même phénomène que « le soleil » sujet puis COD.
7. Exemple entièrement traité n°4 — épithète, complément du nom, COI
Trois petites structures que le contrôle adore mettre côte à côte.
a) « une belle maison » — un groupe nominal, pas de verbe : on saute directement à l'analyse mot à mot.
- une : article indéfini ; détermine maison.
- belle : adjectif qualificatif féminin singulier ; épithète liée de maison — attaché au nom, sans virgule.
- maison : nom commun féminin singulier ; noyau du groupe nominal.
b) « Fatigué, il rentra chez lui. » — le même type de mot, mais détaché.
- Fatigué est séparé du reste par une virgule et placé en tête de phrase : c'est une épithète détachée (apposée), qui se rapporte à il.
- il : pronom personnel ; sujet du verbe rentra.
Le critère est purement typographique, à une condition : que l'adjectif se rapporte à un nom, et non au sujet par l'intermédiaire d'un verbe d'état — « Ce film est passionnant » ne contient aucune virgule et n'est pourtant pas une épithète, mais un attribut. Cette vérification faite : pas de virgule → épithète liée ; virgule → épithète détachée.
c) « La porte du jardin. » — le piège du « de ».
- La : article défini ; détermine porte.
- porte : nom commun féminin singulier ; noyau du groupe nominal.
- « du jardin » : groupe introduit par une préposition ; complément du nom porte. Son noyau est jardin, nom commun masculin singulier.
d) « Je pense à toi. » — pour comparer.
- Je : pronom personnel ; sujet du verbe pense.
- pense : verbe penser, 1re personne du singulier, présent de l'indicatif.
- « à toi » : groupe introduit par la préposition à ; COI de pense (« penser à qui ? »).
Compare c) et d) : dans les deux cas une préposition introduit un groupe. Mais en c) le groupe complète un nom (porte) → complément du nom ; en d) il complète le verbe (pense) → COI. La question n'est jamais « y a-t-il un de ou un à ? », mais « de quoi ce groupe dépend-il ? »
8. La méthode, à appliquer sur n'importe quelle phrase
- Étape 1 — Repérer le verbe conjugué : c'est le noyau de la phrase.
- Étape 2 — Trouver le sujet : « Qui est-ce qui / Qu'est-ce qui + verbe ? »
- Étape 3 — Chercher les compléments d'objet : « verbe + qui / quoi ? » (COD, sans préposition) ; « verbe + à qui / de quoi ? » (COI).
- Étape 4 — Identifier les CC : tenter de déplacer ou de supprimer le groupe — s'il est mobile et facultatif, c'est souvent un CC.
- Étape 5 — Vérifier les attributs : après un verbe d'état, l'adjectif ou le GN qui suit est attribut du sujet.
- Étape 6 — Pour la nature, raisonner indépendamment de la phrase : « À quelle classe ce mot appartient-il toujours ? »
Ce que les quatre exemples ont montré : la méthode se déroule toujours dans le même ordre, et le verbe conjugué commande tout. Quand tu bloques sur un groupe, la bonne question n'est pas « quelle étiquette lui coller ? » mais « à quoi se rattache-t-il ? » : au verbe (sujet, COD, COI, COS, CC), à un nom (épithète, complément du nom), ou au sujet / au COD par un verbe (attribut).
Tu connais les deux listes et la méthode. Ce qui te coûte des points maintenant, ce sont cinq confusions classiques — dont une, mélanger nature et fonction, qui peut faire rater tout un exercice — et une poignée de cas limites : les formes que le cours range dans deux classes à la fois, la virgule de l'épithète, le « de » trompeur, et les limites du test de déplacement.
1. Le cours en accéléré
Nature = ce que le mot est, intrinsèquement ; fixe, indépendante de la phrase. Fonction = le rôle dans la phrase ; dépend de la construction, variable.
Dix classes : nom commun, nom propre, déterminant, adjectif qualificatif, pronom, verbe, adverbe, préposition, conjonction de coordination, conjonction de subordination.
Dix fonctions : sujet, COD, COI, COS, attribut du sujet, attribut du COD, épithète liée, épithète détachée, complément du nom, compléments circonstanciels.
La méthode : 1. le verbe conjugué → 2. le sujet → 3. les compléments d'objet → 4. les CC (déplacer / supprimer) → 5. les attributs (verbe d'état) → 6. la nature, indépendamment de la phrase.
Tout le reste de ce palier sert à t'empêcher de perdre des points là-dessus.
2. Piège n°1 — confondre nature et fonction
C'est l'erreur la plus coûteuse, parce qu'elle se répète à chaque ligne d'un exercice d'analyse.
Adjectif qualificatif est une nature. Épithète et attribut sont des fonctions.
Donc : « belle est un épithète » n'est pas une réponse. La réponse complète est : « belle : adjectif qualificatif féminin singulier (nature) ; épithète liée de maison (fonction) ».
Le test qui tranche. Pose-toi la question de l'étape 6 : « À quelle classe ce mot appartient-il toujours ? » Si le mot que tu as écrit disparaît quand on change la phrase, c'était une fonction, pas une nature.
Le réflexe de rédaction. Écris toujours deux blocs séparés par un point-virgule : nature ; fonction. Comme dans le modèle du cours : « policier → adjectif qualificatif masculin singulier ; épithète liée de roman. » Deux informations, deux points à prendre.
3. Piège n°2 — n'analyser que des mots isolés
Beaucoup d'élèves cherchent « le mot qui est COD ». Or un groupe entier peut remplir une fonction : un groupe nominal, un groupe prépositionnel, une proposition subordonnée.
- « Je lis ce roman. » — le COD est le groupe « ce roman », dont le noyau est roman.
- « Je pense à toi. » — le COI est le groupe prépositionnel « à toi », pas le seul toi.
- « Il offre des fleurs à sa mère. » — le COS est le groupe « à sa mère ».
Ce qu'attend le correcteur. Nomme la fonction du groupe, puis précise le noyau. La formulation du cours le montre : « roman → nom commun masculin singulier ; noyau du GN, COD de lit. »
Conséquence sur les CC : dans « Chaque matin, ma sœur lit… », ce qu'on déplace et ce qu'on supprime, c'est le groupe entier — pas le mot matin tout seul. Le déterminant chaque part avec lui.
4. Piège n°3 — COD ou attribut du sujet ?
Après être et les autres verbes d'état, le GN ou l'adjectif qui suit est attribut, pas COD.
La liste à connaître par cœur, c'est elle qui déclenche l'alerte : être, paraître, sembler, devenir, rester.
- « Ce film est passionnant. » → est est un verbe d'état → passionnant est attribut du sujet. Écrire « COD » ici est faux.
- « Je lis ce roman. » → lire exprime une action → ce roman est bien un COD.
Pourquoi l'erreur est si fréquente ? Parce que la question de l'étape 3 (« verbe + quoi ? ») fonctionne aussi après un verbe d'état : « ce film est quoi ? — passionnant ». La question ne suffit donc pas : il faut d'abord regarder quel verbe on a. C'est exactement pour cela que la méthode place une étape 5 de vérification des attributs après l'étape 3.
Le bon réflexe : avant de répondre « COD », vérifie que le verbe n'est pas dans la liste des cinq verbes d'état.
5. Piège n°4 — tout « de + GN » n'est pas un COI
Le COI est bien « introduit par à ou de ». Mais la réciproque est fausse : une préposition peut aussi introduire un complément du nom.
- « la maison de Pierre » → le groupe complète le nom maison → complément du nom, pas COI.
- « La porte du jardin. » → même chose : complément du nom porte.
- « Je pense à toi. » → là, le groupe complète le verbe pense → COI.
Le test qui tranche : demande-toi de quel mot le groupe dépend. S'il dépend du verbe, c'est un complément d'objet (COI ou COS). S'il dépend d'un nom, c'est un complément du nom. La présence de de ou de à ne prouve rien toute seule.
6. Piège n°5 — un adjectif n'est pas toujours épithète
L'adjectif qualificatif a quatre fonctions possibles dans ce chapitre. Les deux premières se départagent à la virgule près ; les deux autres dépendent du verbe — c'est la construction, et pas seulement la place du mot, qui tranche.
| Position | Fonction | Exemple |
|---|---|---|
| attaché au nom, sans virgule | épithète liée | une belle maison |
| séparé par une virgule | épithète détachée (apposée) | Fatigué, il rentra chez lui. |
| après un verbe d'état | attribut du sujet | Ce film est passionnant. |
| rapporté au COD par le verbe | attribut du COD | Je trouve ce film passionnant. |
Note bien que passionnant apparaît dans deux lignes du tableau avec deux fonctions différentes, et que sa nature ne change pas : adjectif qualificatif, dans les deux cas. C'est le même phénomène que « le soleil » sujet puis COD.
Attention aussi au participe. L'épithète détachée peut être un adjectif ou un participe : ne cherche pas seulement des adjectifs « évidents » en tête de phrase.
7. Cas limite — les formes qui figurent dans deux listes
L'étape 6 dit de raisonner « indépendamment de la phrase ». Cela marche pour l'immense majorité des mots. Mais quelques formes apparaissent dans deux listes différentes du cours, et là il faut regarder ce que le mot fait pour savoir de quel mot il s'agit.
| Forme | Première classe | Seconde classe | Comment trancher |
|---|---|---|---|
| le | article défini (le, la, les) | pronom personnel (je, il, nous, se, le, lui) | il introduit un nom → déterminant ; il remplace un nom → pronom |
| ce | déterminant démonstratif (ce, cette, ces) | pronom démonstratif (celui, ce, cela) | même test : devant un nom → déterminant ; à la place d'un nom → pronom |
| que | pronom relatif (qui, que, dont, où) | conjonction de subordination (que, si, quand…) | il représente un nom → pronom relatif ; il introduit seulement la subordonnée → conjonction |
Le critère vient directement des définitions du cours : le déterminant introduit le nom, le pronom remplace ou représente un nom. Deux définitions incompatibles → un test sûr.
8. Cas limite — COI ou COS ? Et la limite du test de déplacement
COI ou COS. Les deux sont des compléments d'objet indirects. Le COS est celui qui arrive en second, après un premier complément.
- « Je pense à toi. » — un seul complément → COI.
- « Il offre des fleurs à sa mère. » — un COD déjà présent, puis un complément indirect → COS.
Le réflexe : compte les compléments du verbe avant de choisir l'étiquette.
La limite du test de l'étape 4. Relis la formulation exacte du cours : les CC sont « généralement déplaçables et supprimables », et si un groupe est mobile et facultatif, c'est « souvent un CC ». Ces deux mots sont dans le cours, et ils sont importants : le test de déplacement est un indice fort, pas une preuve.
Ne t'arrête donc jamais au seul test de déplacement : croise-le avec la question circonstancielle — où ? quand ? comment ? pourquoi ? Si le groupe répond à l'une d'elles, tu tiens ton CC et tu peux en préciser l'espèce : lieu, temps, manière, cause, but, condition, opposition.
Et n'oublie pas de nommer l'espèce : « CC » tout court est une réponse incomplète. Le modèle du cours écrit « CC de temps du verbe lit », avec l'espèce et le verbe.
9. La grille de correction, dans l'ordre
Avant de rendre, repasse dans cet ordre sur chaque mot analysé.
- Deux étiquettes par mot. Nature et fonction. Jamais une seule.
- Le point d'attache est nommé. « COD de lit », « épithète liée de roman », « sujet du verbe lit ».
- L'espèce est précisée. Pas « déterminant » mais « déterminant possessif » ; pas « pronom » mais « pronom personnel » ; pas « CC » mais « CC de manière ».
- Le genre et le nombre pour les noms et les adjectifs ; la personne, le temps et le mode pour le verbe conjugué, sur le modèle « verbe lire, 3e personne du singulier, présent de l'indicatif ». Rien de tout cela pour un adverbe ou une préposition, qui sont invariables.
- Les cinq contrôles anti-erreur : (1) aucune fonction écrite dans la colonne « nature » ; (2) les fonctions de groupes sont bien attribuées au groupe ; (3) rien n'est appelé COD après être, paraître, sembler, devenir, rester ; (4) aucun « de + GN » qui dépend d'un nom n'est appelé COI ; (5) aucun adjectif placé après un verbe d'état n'est appelé épithète.
Ces cinq contrôles sont exactement les cinq erreurs fréquentes du cours. Les faire un par un, en fin d'exercice, coûte deux minutes et rattrape la majorité des points perdus.
Ce chapitre est une porte d'entrée, pas une fin. Il installe un réflexe — devant tout élément de langue, poser deux questions séparées : quelle nature, quelle fonction — et ce réflexe ne bougera plus. Voyons ce que tu emportes, et les portes que le cours laisse entrouvertes sans les franchir.
1. Ce que tu emportes, et qui ne bougera plus
Une seule idée, mais elle est structurante : la nature et la fonction sont deux regards distincts sur le même mot. La nature est fixe et ne dépend pas de la phrase ; la fonction dépend de la construction et peut varier.
Cette dissociation ne se périme pas. Tant que tu analyseras du français, tu auras à dire ce qu'un élément est et ce qu'il fait, et à ne pas répondre à l'une des deux questions en croyant répondre à l'autre.
Tu emportes aussi une méthode qui est, en réalité, une méthode de hiérarchisation : on part du verbe conjugué, noyau de la phrase, et on rattache tout le reste à lui de proche en proche. C'est cette habitude de chercher le noyau puis les dépendances qui servira ensuite, bien au-delà de l'étiquetage.
2. La porte principale — du mot au groupe, du groupe à la proposition
Le cours pose déjà la marche suivante, dans sa liste d'erreurs fréquentes : « oublier qu'un groupe entier — GN, groupe prépositionnel, subordonnée — peut remplir une fonction, pas seulement un mot isolé ».
Lis bien : une proposition subordonnée peut remplir une fonction. Cela veut dire qu'une proposition entière, avec son propre verbe conjugué, peut occuper la place d'un COD ou d'un complément du nom. C'est le grand chantier du niveau suivant : les mêmes dix fonctions, mais remplies par des propositions.
Question ouverte à garder en tête : si une subordonnée a son propre verbe conjugué, alors la méthode en six étapes doit s'appliquer deux fois — une fois dans la proposition principale, une fois à l'intérieur de la subordonnée. Rien dans le chapitre ne l'interdit ; c'est exactement là que le programme continue.
3. Porte n°2 — les pronoms relatifs, deux fonctions pour le prix d'une
Le cours range qui, que, dont, où parmi les pronoms relatifs, et définit le pronom comme un mot qui remplace ou représente un nom.
Mets ces deux informations ensemble et une question surgit : si un pronom relatif représente un nom, alors il a une double vie — il renvoie à un nom situé avant lui, et il occupe une place à l'intérieur de la proposition qu'il ouvre. Quelle est sa fonction dans cette proposition ? Sujet ? COD ? Autre chose selon le pronom choisi ?
Le chapitre ne répond pas — il te donne la liste, pas l'analyse interne. Mais tu as déjà tout l'outillage pour poser correctement la question, et c'est ce qui compte : la réponse s'obtiendra avec la même méthode en six étapes, appliquée à l'intérieur de la subordonnée.
4. Porte n°3 — les CC de but, de condition, d'opposition et les conjonctions
Regarde de près deux listes du cours, mises côte à côte.
| Compléments circonstanciels cités | Conjonctions de subordination citées |
|---|---|
| de but | pour que |
| de condition | si |
| d'opposition | bien que |
| de cause | parce que |
La correspondance saute aux yeux : ce sont les mêmes circonstances, exprimées une fois par un groupe, une fois par une proposition. Remarque d'ailleurs que le cours donne une question (où ? quand ? comment ? pourquoi ?) pour les quatre premières espèces de CC, mais aucune pour le but, la condition et l'opposition. Hasard ? Regarde la colonne de droite : pour ces trois-là, le cours te fournit une conjonction de subordination plutôt qu'une question. La question reste ouverte ici ; c'est le niveau suivant qui reprend le fil.
5. Porte n°4 — les listes du cours sont-elles closes ?
Trois listes du chapitre méritent une question honnête.
- Les verbes d'état : le cours en cite cinq — être, paraître, sembler, devenir, rester. Sont-ils les seuls à pouvoir introduire un attribut du sujet ? La question est légitime, et la réponse compte : c'est cette liste qui déclenche l'étape 5.
- Les prépositions : le cours en donne sept — à, de, dans, pour, avec, sans, par — précédées d'un « Ex. ». Une liste d'exemples n'est pas une liste complète ; la définition, elle, l'est : mot de liaison invariable introduisant un complément. Retiens la définition plutôt que la liste.
- Les conjonctions de coordination : là, au contraire, la liste est close, et le moyen mnémotechnique le dit — « Mais où est donc Ornicar ? » Sept mots, pas un de plus. C'est la seule des trois qu'on apprend par cœur intégralement.
Savoir quelles listes sont fermées et quelles listes sont ouvertes, c'est déjà travailler comme au lycée : on n'apprend pas tout de la même façon.
6. Ce qui change, après la troisième
Une chose ne changera pas : la question de départ restera « quelle nature, quelle fonction ? ». Ce qui change, c'est ce qu'on te demande d'en faire.
En troisième, l'analyse grammaticale est une fin en soi : on te donne une phrase, tu produis deux étiquettes par mot. Ensuite, elle devient un outil : nommer une construction sert à dire ce qu'elle produit dans un texte. Une épithète détachée placée en tête de phrase n'occupe pas la même place qu'une épithète liée ; un attribut du sujet ne dit pas la même chose qu'un COD. Ces différences, tu sais déjà les nommer.
Le réflexe à emporter. Devant n'importe quel élément de langue, pose les deux questions dans l'ordre, séparément : « Qu'est-ce que c'est, toujours ? », puis « Qu'est-ce que ça fait, ici ? ». Le chapitre entier tient dans ce geste, et c'est le seul que tu auras à refaire pendant tout le lycée.