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Le théâtre : texte, représentation et ressorts du comique — Exercices

Lire un texte de théâtre, comprendre la double énonciation, distinguer le texte de sa représentation et nommer les ressorts du comique.
⏱ ~30 min✎ Dictionnaire autorisé

Tu n'as pas encore travaillé le chapitre et le contrôle approche ? Commence par ce qui est écrit noir sur blanc : qui parle, ce que chacun croit, et ce qui n'est pas prononcé du tout. On relit, on relève, on répond en phrases complètes.

1Reconnaître une page de théâtre/ 4 pts
Lis attentivement la scène, puis réponds aux questions en phrases complètes.

Texte :
BASILE, un gros carton dans les bras. — Madame, je viens pour le chien.
MADAME LOISEL, sans se retourner. — Il est dans l'entrée. Prenez-le, il est lourd.
BASILE. — Lourd ? Il a donc bien mangé.
MADAME LOISEL. — Il a surtout beaucoup de livres.
BASILE. — Des livres ? (Un temps.) Madame, je viens pour le chien. Le chien qui aboie.
MADAME LOISEL, se retournant enfin. — Et moi, monsieur, je vous parle du carton. Vous êtes bien le livreur ?
BASILE, posant le carton. — Je suis le vétérinaire.

Scène écrite pour cet exercice : elle n'est tirée d'aucune pièce publiée.

  1. Combien de personnages parlent dans cette scène ? Nomme-les.
  2. Relève les quatre didascalies. À quoi les reconnais-tu ?
  3. Que vient faire Basile ? Et de quoi Madame Loisel croit-elle qu'il s'agit ? Cite le texte.
  4. Comment appelle-t-on ce type de malentendu, au théâtre ?
Corrigé
Q1 Les personnages : deux personnages parlent, Basile et Madame Loisel. Basile est vétérinaire, Madame Loisel le prend pour un livreur.
Q2 Les didascalies : « un gros carton dans les bras », « sans se retourner », « se retournant enfin », « posant le carton ». On les reconnaît à ce qu'elles ne sont pas prononcées : elles décrivent un geste ou une attitude, et elles sont écrites en italique, à part des paroles.
Q3 Le malentendu : Basile vient soigner un animal — « je viens pour le chien. Le chien qui aboie. » Madame Loisel croit qu'il vient chercher un colis — « je vous parle du carton. Vous êtes bien le livreur ? »
Q4 Le nom du procédé : un quiproquo : deux personnages parlent de deux choses différentes en croyant parler de la même.

La page de théâtre n'a plus de secret. On passe à la notion centrale du chapitre : la double énonciation. Chaque réponse doit s'accrocher à un mot du texte.

2Apartés et double énonciation/ 4 pts
Réponds en t'appuyant sur des éléments précis de la scène.

La scène, rappelée ici pour que tu puisses répondre sans changer d'onglet :

Texte :
GERVAIS. — Monsieur, votre neveu a encore vendu la pendule.
MONSIEUR FLORIN. — Ma pendule ! (À part.) Pourvu qu'il n'ait pas trouvé la clé du buffet.
GERVAIS. — Monsieur a dit quelque chose ?
MONSIEUR FLORIN. — Monsieur a dit qu'il était calme.
GERVAIS, à part. — Il n'a jamais été aussi pâle.
MONSIEUR FLORIN. — Va, mon ami. Et surtout, ne touche à rien.
GERVAIS, sortant. — À rien, Monsieur. Sauf au buffet, qui est ouvert depuis ce matin.

Scène écrite pour cet exercice : elle n'est tirée d'aucune pièce publiée.

  1. Relève les deux paroles que l'autre personnage n'est pas supposé entendre. Comment appelle-t-on ce type de réplique ?
  2. Qui les entend, alors ? Explique ce que cela montre du fonctionnement du théâtre.
  3. Monsieur Florin affirme : « Monsieur a dit qu'il était calme. » Pourquoi cette réplique est-elle drôle pour le public et pas pour Gervais ?
  4. Donne la définition de la double énonciation en une phrase, puis explique pourquoi les didascalies n'en font pas partie.
Corrigé
Q1 Les deux paroles : « Pourvu qu'il n'ait pas trouvé la clé du buffet. » (Monsieur Florin) et « Il n'a jamais été aussi pâle. » (Gervais). Ce sont des apartés.
Q2 Qui les entend : le public, et lui seul. Les autres personnages sont conventionnellement supposés ne rien entendre. Cela montre qu'une réplique de théâtre est écrite pour la salle autant que pour le personnage à qui elle s'adresse.
Q3 L'effet de la réplique : Gervais n'a pas entendu l'aparté de son maître ; il n'a donc aucune raison de douter. Le public, lui, vient d'entendre Monsieur Florin s'affoler pour sa clé, et il entend juste après Gervais constater qu'il est « pâle ». La phrase est vraie dans la fiction et fausse pour la salle : c'est ce décalage qui fait rire.
Q4 La définition : la double énonciation, c'est le fait qu'une même réplique soit adressée en même temps à un autre personnage, à l'intérieur de la fiction, et au public, à l'extérieur. Les didascalies n'en font pas partie parce qu'elles ne sont jamais prononcées : le spectateur ne les entend pas, elles s'adressent au lecteur et à l'équipe qui monte la pièce.

Trois séries courtes pour automatiser les gestes du chapitre : reconnaître, nommer, classer. Trois lignes de réponse suffisent à chaque fois.

3Échauffement : reconnaître, nommer, classer/ 3 pts
Réponds directement, sans rédiger. (Les extraits cités ont été écrits pour cet exercice : ils ne sont tirés d'aucune pièce publiée.)
  1. Réplique ou didascalie ? Écris R ou D pour chacun : a. « Vous parlez trop. » — b. se levant d'un bond — c. Un salon, deux fauteuils, une horloge arrêtée. — d. « De quel côté ? » — e. à part
  2. Le mot juste. Complète : a. un personnage seul en scène qui parle à voix haute → ... ; b. une longue réplique d'un seul tenant → ... ; c. une parole que le public entend et que les autres personnages sont supposés ne pas entendre → ... ; d. le début d'une pièce, qui fait connaître les personnages et le problème → ... ; e. un retournement soudain → ...
  3. Quel comique ? Classe chaque effet (mots, gestes, situation, caractère) : a. un personnage glisse et tombe ; b. un personnage répète la même expression toutes les trois répliques ; c. deux personnages parlent de deux choses différentes en croyant parler de la même ; d. un personnage préfère sauver son argent plutôt que sa maison.
Corrigé
Q1 Réplique ou didascalie : a → R. b → D. c → D (didascalie de décor, en tête de scène). d → R. e → D. Le test : est-ce que le public l'entend ? Si oui, c'est une réplique.
Q2 Le mot juste : a → un monologue. b → une tirade. c → un aparté. d → l'exposition. e → un coup de théâtre.
Q3 Les familles de comique : a → comique de gestes. b → comique de mots (par répétition). c → comique de situation (c'est un quiproquo). d → comique de caractère (un défaut poussé jusqu'à l'absurde).

Format contrôle. On quitte le relevé pour l'analyse : ce que les didascalies apprennent, ce que le corps des personnages raconte, et de quoi le spectateur rit exactement. Chaque réponse doit être justifiée par une citation.

4Le comique et ce qu'il montre/ 4 pts
Réponds en justifiant chaque réponse par une citation.

La scène, rappelée ici pour que tu puisses répondre sans changer d'onglet :

Texte :
MONSIEUR PRUNIER, comptant des pièces sur la table. — Quarante-deux, quarante-trois... Vous m'avez fait perdre le compte.
LA VOISINE. — Je n'ai rien dit.
MONSIEUR PRUNIER. — Vous avez respiré. (Il recommence.) Un, deux, trois...
LA VOISINE. — Votre maison brûle, monsieur Prunier.
MONSIEUR PRUNIER, sans lever la tête. — Quatre, cinq... De quel côté ?
LA VOISINE. — Du côté de la cave.
MONSIEUR PRUNIER, se levant d'un bond, il rafle les pièces et sort en courant. — La cave ! Poussez-vous, madame, poussez-vous !

Scène écrite pour cet exercice : elle n'est tirée d'aucune pièce publiée.

  1. Relève les trois didascalies et explique ce que chacune apprend au spectateur.
  2. Quelle famille de comique domine dans cette scène ? Justifie par deux éléments précis.
  3. Relève un effet de comique de mots et explique-le.
  4. De quoi le spectateur rit-il exactement, et que comprend-il en même temps ? Rédige trois à cinq lignes.
Corrigé
Q1 Les trois didascalies : « comptant des pièces sur la table » : le personnage est installé par son geste avant même de parler. « sans lever la tête » : la plus forte — on lui annonce que sa maison brûle et il ne bouge pas ; son corps dit ce que ses mots ne disent pas. « se levant d'un bond, il rafle les pièces et sort en courant » : le seul moment où il se lève, et ce qu'il emporte.
Q2 La famille dominante : le comique de caractère. Un défaut — l'attachement à l'argent — est poussé jusqu'à l'absurde. Deux preuves : il répond « Quatre, cinq... De quel côté ? » à l'annonce de l'incendie, donc il continue son compte ; et quand il se lève enfin, c'est pour emporter ses pièces, pas pour sauver sa maison.
Q3 Le comique de mots : « Vous avez respiré. » Il reproche à la voisine un acte qu'on ne peut pas éviter : l'exagération est dans les mots eux-mêmes. On accepte aussi « Quatre, cinq... De quel côté ? », où le compte et la question se mélangent dans une seule réplique.
Q4 Ce que le spectateur comprend : il rit d'un homme qui reste assis pendant que sa maison brûle et qui ne se lève que pour son argent : la démesure est visible dans le corps autant que dans les mots. Mais il comprend en même temps quelque chose de sérieux : cet homme a remplacé sa maison, ses voisins et sa propre sécurité par une addition. Le rire n'est pas gratuit — il désigne un travers, comme un miroir grossissant tendu à la salle.

Le format de l'année suivante : moins de relevés, plus d'interprétation. On passe du texte à la scène, on décide d'une mise en scène, puis on écrit à son tour.

5Du texte à la scène, et écriture/ 4 pts
Développe chaque réponse. Pour la dernière question, respecte la présentation du théâtre : nom du personnage en majuscules, tiret, réplique ; didascalies en italique.

La scène, rappelée ici pour que tu puisses répondre sans changer d'onglet :

Texte :
LE PROFESSEUR. — Vous êtes en retard.
NINA. — Je sais.
LE PROFESSEUR. — Asseyez-vous.

Scène écrite pour cet exercice : elle n'est tirée d'aucune pièce publiée.

Ce texte ne comporte volontairement aucune didascalie.

  1. Ce court texte peut donner des spectacles très différents. Propose deux mises en scène : pour chacune, ajoute deux didascalies et dis ce que le public comprend.
  2. Explique, en t'appuyant sur cet exemple, pourquoi une pièce n'est pas égale à son texte.
  3. Qui, dans une troupe, prend ces décisions ? Cite au moins trois rôles et dis ce que fait chacun.
  4. Écris la suite de la scène : huit répliques au minimum, dont trois didascalies et un aparté. La situation doit devenir comique, et tu dois pouvoir nommer la famille de comique que tu as employée.
Corrigé
Q1 Deux mises en scène : toute proposition cohérente est acceptée. Exemple A — didascalies « sans la regarder » et « désignant le fond de la salle » : le public comprend une sanction, une relation de contrainte. Exemple B — didascalies « doucement » et « avançant une chaise » : le public comprend une attention, peut-être une inquiétude. Les mots sont identiques, le sens change entièrement.
Q2 Texte et représentation : le texte est fixe, mais il est troué : il ne dit rien du ton, des gestes, des distances, du décor ni du rythme. Ces décisions appartiennent à la mise en scène, et elles changent ce que le spectateur comprend. Une pièce n'est donc pas égale à son texte : chaque représentation en propose une interprétation, et aucune n'est « la vraie ».
Q3 Qui décide quoi : l'auteur (le dramaturge) écrit le texte ; le metteur en scène choisit une interprétation, dirige les comédiens et décide de l'espace et du rythme ; les comédiens incarnent les personnages avec leur voix et leur corps ; le scénographe conçoit l'espace et le décor. On accepte aussi les costumes, la lumière et le son.
Q4 Exemple d'écriture : toute suite cohérente est acceptée. Exemple : « LE PROFESSEUR, ouvrant le cahier d'appel. — Douze minutes, Nina. Douze.
NINA, s'asseyant. — Onze, monsieur. Votre horloge avance.
LE PROFESSEUR. — Mon horloge est réglée sur celle du collège.
NINA. — Et celle du collège avance aussi.
LE PROFESSEUR, à part. — Elle a raison, et c'est bien ce qui m'ennuie.
NINA. — Monsieur a dit quelque chose ?
LE PROFESSEUR. — Monsieur a dit : sortez vos cahiers.
NINA, ouvrant son sac vide. — Voilà, monsieur. »
Ce qui est attendu : la présentation correcte, trois didascalies utiles (et non décoratives), un aparté réellement adressé au public, et une famille de comique identifiable — ici le comique de mots, doublé d'un comique de situation.
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