Le théâtre : texte, représentation et ressorts du comique — Exercices
Tu n'as pas encore travaillé le chapitre et le contrôle approche ? Commence par ce qui est écrit noir sur blanc : qui parle, ce que chacun croit, et ce qui n'est pas prononcé du tout. On relit, on relève, on répond en phrases complètes.
Texte :
BASILE, un gros carton dans les bras. — Madame, je viens pour le chien.
MADAME LOISEL, sans se retourner. — Il est dans l'entrée. Prenez-le, il est lourd.
BASILE. — Lourd ? Il a donc bien mangé.
MADAME LOISEL. — Il a surtout beaucoup de livres.
BASILE. — Des livres ? (Un temps.) Madame, je viens pour le chien. Le chien qui aboie.
MADAME LOISEL, se retournant enfin. — Et moi, monsieur, je vous parle du carton. Vous êtes bien le livreur ?
BASILE, posant le carton. — Je suis le vétérinaire.
Scène écrite pour cet exercice : elle n'est tirée d'aucune pièce publiée.
- Combien de personnages parlent dans cette scène ? Nomme-les.
- Relève les quatre didascalies. À quoi les reconnais-tu ?
- Que vient faire Basile ? Et de quoi Madame Loisel croit-elle qu'il s'agit ? Cite le texte.
- Comment appelle-t-on ce type de malentendu, au théâtre ?
Corrigé
La page de théâtre n'a plus de secret. On passe à la notion centrale du chapitre : la double énonciation. Chaque réponse doit s'accrocher à un mot du texte.
La scène, rappelée ici pour que tu puisses répondre sans changer d'onglet :
Texte :
GERVAIS. — Monsieur, votre neveu a encore vendu la pendule.
MONSIEUR FLORIN. — Ma pendule ! (À part.) Pourvu qu'il n'ait pas trouvé la clé du buffet.
GERVAIS. — Monsieur a dit quelque chose ?
MONSIEUR FLORIN. — Monsieur a dit qu'il était calme.
GERVAIS, à part. — Il n'a jamais été aussi pâle.
MONSIEUR FLORIN. — Va, mon ami. Et surtout, ne touche à rien.
GERVAIS, sortant. — À rien, Monsieur. Sauf au buffet, qui est ouvert depuis ce matin.
Scène écrite pour cet exercice : elle n'est tirée d'aucune pièce publiée.
- Relève les deux paroles que l'autre personnage n'est pas supposé entendre. Comment appelle-t-on ce type de réplique ?
- Qui les entend, alors ? Explique ce que cela montre du fonctionnement du théâtre.
- Monsieur Florin affirme : « Monsieur a dit qu'il était calme. » Pourquoi cette réplique est-elle drôle pour le public et pas pour Gervais ?
- Donne la définition de la double énonciation en une phrase, puis explique pourquoi les didascalies n'en font pas partie.
Corrigé
Trois séries courtes pour automatiser les gestes du chapitre : reconnaître, nommer, classer. Trois lignes de réponse suffisent à chaque fois.
- Réplique ou didascalie ? Écris R ou D pour chacun : a. « Vous parlez trop. » — b. se levant d'un bond — c. Un salon, deux fauteuils, une horloge arrêtée. — d. « De quel côté ? » — e. à part
- Le mot juste. Complète : a. un personnage seul en scène qui parle à voix haute → ... ; b. une longue réplique d'un seul tenant → ... ; c. une parole que le public entend et que les autres personnages sont supposés ne pas entendre → ... ; d. le début d'une pièce, qui fait connaître les personnages et le problème → ... ; e. un retournement soudain → ...
- Quel comique ? Classe chaque effet (mots, gestes, situation, caractère) : a. un personnage glisse et tombe ; b. un personnage répète la même expression toutes les trois répliques ; c. deux personnages parlent de deux choses différentes en croyant parler de la même ; d. un personnage préfère sauver son argent plutôt que sa maison.
Corrigé
Format contrôle. On quitte le relevé pour l'analyse : ce que les didascalies apprennent, ce que le corps des personnages raconte, et de quoi le spectateur rit exactement. Chaque réponse doit être justifiée par une citation.
La scène, rappelée ici pour que tu puisses répondre sans changer d'onglet :
Texte :
MONSIEUR PRUNIER, comptant des pièces sur la table. — Quarante-deux, quarante-trois... Vous m'avez fait perdre le compte.
LA VOISINE. — Je n'ai rien dit.
MONSIEUR PRUNIER. — Vous avez respiré. (Il recommence.) Un, deux, trois...
LA VOISINE. — Votre maison brûle, monsieur Prunier.
MONSIEUR PRUNIER, sans lever la tête. — Quatre, cinq... De quel côté ?
LA VOISINE. — Du côté de la cave.
MONSIEUR PRUNIER, se levant d'un bond, il rafle les pièces et sort en courant. — La cave ! Poussez-vous, madame, poussez-vous !
Scène écrite pour cet exercice : elle n'est tirée d'aucune pièce publiée.
- Relève les trois didascalies et explique ce que chacune apprend au spectateur.
- Quelle famille de comique domine dans cette scène ? Justifie par deux éléments précis.
- Relève un effet de comique de mots et explique-le.
- De quoi le spectateur rit-il exactement, et que comprend-il en même temps ? Rédige trois à cinq lignes.
Corrigé
Le format de l'année suivante : moins de relevés, plus d'interprétation. On passe du texte à la scène, on décide d'une mise en scène, puis on écrit à son tour.
La scène, rappelée ici pour que tu puisses répondre sans changer d'onglet :
Texte :
LE PROFESSEUR. — Vous êtes en retard.
NINA. — Je sais.
LE PROFESSEUR. — Asseyez-vous.
Scène écrite pour cet exercice : elle n'est tirée d'aucune pièce publiée.
Ce texte ne comporte volontairement aucune didascalie.
- Ce court texte peut donner des spectacles très différents. Propose deux mises en scène : pour chacune, ajoute deux didascalies et dis ce que le public comprend.
- Explique, en t'appuyant sur cet exemple, pourquoi une pièce n'est pas égale à son texte.
- Qui, dans une troupe, prend ces décisions ? Cite au moins trois rôles et dis ce que fait chacun.
- Écris la suite de la scène : huit répliques au minimum, dont trois didascalies et un aparté. La situation doit devenir comique, et tu dois pouvoir nommer la famille de comique que tu as employée.
Corrigé
NINA, s'asseyant. — Onze, monsieur. Votre horloge avance.
LE PROFESSEUR. — Mon horloge est réglée sur celle du collège.
NINA. — Et celle du collège avance aussi.
LE PROFESSEUR, à part. — Elle a raison, et c'est bien ce qui m'ennuie.
NINA. — Monsieur a dit quelque chose ?
LE PROFESSEUR. — Monsieur a dit : sortez vos cahiers.
NINA, ouvrant son sac vide. — Voilà, monsieur. »
Ce qui est attendu : la présentation correcte, trois didascalies utiles (et non décoratives), un aparté réellement adressé au public, et une famille de comique identifiable — ici le comique de mots, doublé d'un comique de situation.