Quelles sont les principales défaillances du marché ? (externalités, biens collectifs)
Tu as un contrôle sur les défaillances du marché, mais tu n’as jamais vu le cours ? Pas de panique, on démarre de zéro. Pour comprendre pourquoi le marché peut « défaillir », il faut d’abord savoir comment il fonctionne quand tout va bien. On révise donc vite fait le marché concurrentiel et son efficacité, puis on aborde ce qui cloche quand une défaillance apparaît. On y va pas à pas, et je te tiens la main.
1. Rappels express : le marché concurrentiel efficace
Qu’est-ce qu’un marché concurrentiel ? C’est un marché où beaucoup d’acheteurs et de vendeurs échangent un produit identique, sans entrave. Les conditions (atomicité, homogénéité, libre entrée/sortie, transparence de l’information) assurent que le prix s’impose à tous.
Offre et demande : La demande relie le prix à la quantité que les consommateurs veulent acheter (courbe décroissante). L’offre relie le prix à la quantité que les producteurs veulent vendre (courbe croissante). L’équilibre est le prix pour lequel la quantité offerte égale la quantité demandée. Tout le monde y trouve son compte : les échanges mutuellement avantageux sont réalisés.
Surplus et efficacité : Le surplus du consommateur est la différence entre ce qu’il était prêt à payer et le prix payé. Le surplus du producteur est la différence entre le prix reçu et son coût de production. Le surplus total (somme des deux) est maximal à l’équilibre concurrentiel : on dit que l’allocation des ressources est efficace.
2. Première idée de la défaillance du marché
Parfois, même en l’absence de pouvoir de marché (monopole…), le marché seul n’atteint pas l’efficacité. On parle de défaillance du marché : l’allocation des ressources n’est pas optimale d’un point de vue collectif. Trois grandes défaillances sont au programme :
Les externalités : quand l’action d’un agent a un effet sur un autre sans compensation monétaire.
Les biens collectifs et biens communs : certains biens ne peuvent pas être fournis efficacement par le marché à cause de leurs caractéristiques (non-rivalité, non-excluabilité).
Les asymétries d’information : quand l’information n’est pas également répartie entre les parties (ex: le vendeur connaît mieux le produit que l’acheteur).
On se concentre dans ce chapitre sur les deux premières. Le marché ne parvient pas, à lui seul, à atteindre l’optimum collectif. Heureusement, des interventions (taxes, subventions, réglementations) peuvent aider à corriger ces défaillances.
À toi de jouer
1. Complète les phrases suivantes avec les mots manquants (aide-toi du cours).
Sur un marché concurrentiel, l’équilibre est atteint lorsque la quantité \(\) est égale à la quantité \(\). Le prix d’équilibre \(\) le surplus total. Le surplus du consommateur correspond à la différence entre le prix qu’il est \(\) à payer et le prix \(\). Le surplus du producteur correspond à la différence entre le prix de \(\) et le prix auquel il \(\) produire. Quand le marché est concurrentiel, le surplus total est \(\).
Corrigé
Sur un marché concurrentiel, l’équilibre est atteint lorsque la quantité offerte est égale à la quantité demandée. Le prix d’équilibre maximise le surplus total. Le surplus du consommateur correspond à la différence entre le prix qu’il est prêt à payer et le prix payé. Le surplus du producteur correspond à la différence entre le prix de vente et le prix auquel il accepte de produire. Quand le marché est concurrentiel, le surplus total est maximal.
2. Complète le texte à trous sur les défaillances.
Une défaillance du marché survient lorsque son libre fonctionnement ne conduit pas à une allocation \(\) des ressources. Trois grandes catégories existent : les \(\) (effets sans compensation), les \(\) et biens communs (problèmes de rivalité et d’excluabilité), et les \(\) d’information.
Corrigé
Une défaillance du marché survient lorsque son libre fonctionnement ne conduit pas à une allocation optimale des ressources. Trois grandes catégories existent : les externalités (effets sans compensation), les biens collectifs et biens communs (problèmes de rivalité et d’excluabilité), et les asymétries d’information.
3. Pour chaque situation, indique s’il s’agit d’une défaillance de marché. Réponds par OUI ou NON dans \(\).
a) Un marché de pommes où le prix s’ajuste librement et où les échanges sont nombreux. → \(\) b) Une usine qui rejette des fumées toxiques sans payer d’amende. → \(\) c) La vaccination contre la grippe qui protège également les personnes non vaccinées. → \(\) d) Un vendeur de voiture d’occasion qui cache un défaut à l’acheteur. → \(\)
Corrigé
a) NON (c’est un marché concurrentiel fonctionnel). b) OUI (externalité négative). c) OUI (externalité positive). d) OUI (asymétrie d’information).
Ah, le marché concurrentiel et ses limites, ça te revient ? Maintenant, on attaque le cœur du chapitre : pourquoi le marché peut rater sa cible. On va explorer les externalités (effets non compensés) et les biens collectifs/biens communs (quand la violence de la rivalité et de l’excluabilité s’en mêle). On structure tout ça avec une méthode simple, pour ne plus se tromper.
1. Les externalités : des effets sans prix
Définition : une externalité apparaît quand l’activité d’un agent affecte le bien-être d’un autre, sans que le marché ne le prenne en compte (pas de paiement).
Externalité négative : l’effet est défavorable (ex: pollution, bruit). L’agent impose un coût externe.
Externalité positive : l’effet est favorable (ex: pollinisation des abeilles, connaissances diffusées). L’agent génère un bénéfice externe.
Pourquoi c’est une défaillance ? L’agent ne considère que son coût privé (ou bénéfice privé), pas le coût social (ou bénéfice social). Conséquence : en présence d’externalité négative, on produit trop ; en présence d’externalité positive, on ne produit pas assez. L’optimum collectif n’est pas atteint.
Solutions : internaliser l’externalité - Taxe pigouvienne : taxation des activités polluantes pour alourdir leur coût privé et réduire la production. - Subvention : aide pour encourager les activités bénéfiques (ex: prime à la conversion écologique). - Réglementation : normes, interdictions, quotas. - Marché de quotas d’émission : on plafonne la pollution et on laisse le marché déterminer le prix des droits à polluer.
2. Biens collectifs et biens communs : rivalité et excluabilité
Pour classer les biens, on utilise deux critères :
Rivalité : un bien est rival si sa consommation par une personne réduit la quantité disponible pour les autres (ex: une pomme).
Excluabilité : un bien est excluable si on peut empêcher ceux qui ne paient pas d’y accéder (ex: un concert payant).
En croisant ces critères, on obtient quatre catégories :
Bien privé : rival + excluable (ex: voiture). Le marché fonctionne bien.
Bien de club : non rival + excluable (ex: chaîne de télévision cryptée, logiciel).
Bien commun : rival + non excluable (ex: poisson en haute mer). Il y a risque de surexploitation (« tragédie des communs ») car personne ne peut être exclu, mais la ressource est épuisable.
Bien collectif pur (ou public) : non rival + non excluable (ex: défense nationale, éclairage public). Le marché échoue car il y a un problème de « passager clandestin » : chacun espère que les autres paieront, et personne n’a intérêt à fournir le bien.
Les biens communs et collectifs purs posent donc des problèmes d’allocation optimale, justifiant une intervention publique (production directe, réglementation).
À toi de jouer
1. Complète les définitions avec les mots : négative, positive, surproduit, sous-produit, privé, social, compensation.
Une externalité est dite \(\) lorsque l’effet est défavorable (ex : pollution). Elle est dite \(\) lorsque l’effet est favorable (ex : vaccination). En présence d’une externalité négative, le bien est \(\) car l’agent ne prend en compte que son coût \(\) et pas le coût \(\), qui inclut l’effet sur les autres. Pour corriger, on cherche à internaliser l’externalité en faisant payer une \(\) (taxe) ou en subventionnant.
Corrigé
Une externalité est dite négative lorsque l’effet est défavorable (ex : pollution). Elle est dite positive lorsque l’effet est favorable (ex : vaccination). En présence d’une externalité négative, le bien est surproduit car l’agent ne prend en compte que son coût privé et pas le coût social, qui inclut l’effet sur les autres. Pour corriger, on cherche à internaliser l’externalité en faisant payer une compensation (taxe) ou en subventionnant.
2. En utilisant la grille des critères, classe les biens suivants en complétant le tableau. Pour chaque bien, indique par OUI ou NON dans les colonnes de rivalité et d’excluabilité, puis donne le type de bien dans la dernière colonne.
Bien : éclairage public, poisson dans un lac privé, place de cinéma, logiciel libre, un banc public dans un parc.
Bien
Rival ?
Excluable ?
Type
Éclairage public
\(\)
\(\)
\(\)
Poisson dans un lac privé
\(\)
\(\)
\(\)
Place de cinéma
\(\)
\(\)
\(\)
Logiciel libre
\(\)
\(\)
\(\)
Banc public dans un parc
\(\)
\(\)
\(\)
Corrigé
Bien
Rival ?
Excluable ?
Type
Éclairage public
NON
NON
Bien collectif pur
Poisson dans un lac privé
OUI
OUI
Bien privé
Place de cinéma
OUI
OUI
Bien privé
Logiciel libre
NON
NON
Bien collectif pur (ou bien commun numérique selon certaines définitions, mais ici gratuit et non excluable donc collectif)
Banc public dans un parc
OUI (si occupé, personne d'autre ne peut s'asseoir)
NON
Bien commun
3. Complète le raisonnement suivant sur les biens collectifs purs.
Un bien collectif pur se caractérise par deux non-propriétés : la non-\(\) (un usage supplémentaire ne coûte rien) et la non-\(\) (impossible d’empêcher quelqu’un d’en profiter). Cette seconde propriété engendre un problème de \(\) : chacun a intérêt à laisser les autres payer. Le marché a donc tendance à ne pas fournir ce bien ou à le fournir en quantité \(\). L’État doit donc souvent en \(\) la production.
Corrigé
Un bien collectif pur se caractérise par deux non-propriétés : la non-rivalité (un usage supplémentaire ne coûte rien) et la non-excluabilité (impossible d’empêcher quelqu’un d’en profiter). Cette seconde propriété engendre un problème de passager clandestin : chacun a intérêt à laisser les autres payer. Le marché a donc tendance à ne pas fournir ce bien ou à le fournir en quantité insuffisante. L’État doit donc souvent en assurer la production.
Allez, on muscle la reconnaissance. Voici cinq mini-exercices pour répéter le même geste : identifier une externalité. Ta mission, si tu l’acceptes, c’est de classer ces situations en positif/négatif et de justifier la case en une phrase. Vraiment, c’est cinq fois la même chose avec des exemples différents. Tu vas finir par le faire sans y penser.
À toi de jouer
1.Situation 1 : Une société de production d’électricité brûle du charbon et rejette des particules fines dans l’air, aggravant les troubles respiratoires des riverains.
Complète : Il s’agit d’une externalité \(\) (positive / négative) car l’activité \(\) (impose un coût / apporte un bénéfice) aux riverains sans \(\) (compensation monétaire/action de l'État).
Corrigé
Il s’agit d’une externalité négative car l’activité impose un coût aux riverains sans compensation monétaire.
2.Situation 2 : Un chercheur met au point un vaccin contre une maladie contagieuse ; plus de gens sont vaccinés, moins le virus circule, y compris chez les non-vaccinés.
Complète : Il s’agit d’une externalité \(\) (positive / négative) car l’activité \(\) (impose un coût / apporte un bénéfice) aux non-vaccinés sans \(\) (compensation monétaire/action de l'État).
Corrigé
Il s’agit d’une externalité positive car l’activité apporte un bénéfice aux non-vaccinés sans compensation monétaire.
3.Situation 3 : Une discothèque joue de la musique à fond jusqu’à 3 heures du matin, empêchant les voisins de dormir.
Complète : Il s’agit d’une externalité \(\) (positive / négative) car l’activité \(\) (impose un coût / apporte un bénéfice) aux voisins sans \(\) (compensation monétaire/action de l'État).
Corrigé
Il s’agit d’une externalité négative car l’activité impose un coût aux voisins sans compensation monétaire.
4.Situation 4 : Un agriculteur installe des ruches ; les abeilles pollinisent gratuitement les arbres fruitiers du voisin, augmentant sa récolte.
Complète : Il s’agit d’une externalité \(\) (positive / négative) car l’activité \(\) (impose un coût / apporte un bénéfice) au voisin sans \(\) (compensation monétaire/action de l'État).
Corrigé
Il s’agit d’une externalité positive car l’activité apporte un bénéfice au voisin sans compensation monétaire.
5.Situation 5 : Un propriétaire repeint sa façade avec une couleur très criarde, ce qui mécontente les habitants de la rue.
Complète : Il s’agit d’une externalité \(\) (positive / négative) car l’activité \(\) (impose un coût / apporte un bénéfice) aux habitants sans \(\) (compensation monétaire/action de l'État).
Corrigé
Il s’agit d’une externalité négative (subjective ici, mais considérée comme une nuisance esthétique) car l’activité impose un coût (désagrément) aux habitants sans compensation monétaire.
Tu maîtrises les bases, maintenant place au vrai contrôle. Les exercices qui suivent sont du type de ce que tu peux avoir en évaluation : analyse de documents, question de réflexion, mini-dissertation. Prends ton temps, rédige proprement. Tu as toutes les clés en main.
À toi de jouer
1.Exercice 1 – Pollution et taxe pigouvienne Une usine chimique rejette des déchets toxiques dans une rivière, dégradant la qualité de l’eau pour les agriculteurs en aval. Le marché de ses produits est concurrentiel. a) Explique pourquoi cette situation est une externalité négative. Pourquoi le marché livre-t-il une quantité de produit supérieure à l’optimum collectif ? b) Représente schématiquement cette situation sur un graphique (tu peux t’inspirer du cours) en indiquant l’équilibre de marché et l’optimum social. c) Quels instruments économiques le gouvernement peut-il utiliser pour corriger cette défaillance ? Détaille le mécanisme de la taxe pigouvienne.
Corrigé
a) La pollution est une externalité négative car le coût de la dégradation de l’eau n’est pas supporté par l’usine mais par les agriculteurs, sans compensation. L’usine ne considère que son coût privé (coût de production) et ignore le coût externe (pollution). Le coût social (privé + externe) est supérieur au coût privé. A l’équilibre de marché, où offre = demande (coût privé = bénéfice privé), la quantité produite est donc plus élevée que l’optimum social où coût social = bénéfice privé : il y a surproduction. b) Schéma : courbe d’offre (coût marginal privé, CMgP) et courbe de demande (bénéfice marginal privé). Une deuxième courbe d’offre plus haute correspondant au coût marginal social (CMgS = CMgP + coût externe marginal). L’équilibre de marché (Qm) est à droite de l’optimum social (Qs). La zone entre les deux courbes d’offre et la demande, entre Qs et Qm, représente la perte sèche (surplus social perdu). c) Le gouvernement peut imposer une taxe pigouvienne d’un montant égal au coût externe marginal. Cette taxe augmente le coût privé de l’usine, déplace la courbe d’offre vers le haut (de CMgP à CMgS). Le nouvel équilibre se rapproche de l’optimum social. Autres instruments : fixation de normes d’émission, mise en place d’un marché de quotas d’émission.
2.Exercice 2 – Classement de biens Voici une liste de biens : a) un banc public dans un square ; b) la défense nationale ; c) un abonnement à une plateforme de streaming ; d) une pomme achetée au marché. Pour chaque bien, précise s’il est rival, s’il est excluable, et déduis-en la catégorie (bien privé, bien collectif pur, bien commun, bien de club). Justifie oralement (ou par écrit) chaque réponse.
Corrigé
a) Banc public : rival (si quelqu’un s’assoit, il n’est pas libre pour un autre à cet instant) et non excluable (gratuit, ouvert à tous) → bien commun. b) Défense nationale : non rival (protéger un citoyen de plus ne coûte rien) et non excluable (impossible d’exclure un habitant) → bien collectif pur. c) Plateforme de streaming : non rival (un abonné de plus ne dégrade pas la qualité pour les autres) mais excluable (il faut payer) → bien de club. d) Pomme au marché : rival (si on la mange, personne d’autre ne le peut) et excluable (celui qui ne paie pas ne l’obtient pas) → bien privé.
3.Exercice 3 – Passager clandestin et éclairage public Explique en quoi l’éclairage public est un bien collectif pur, et pourquoi le marché ne peut pas le fournir de manière optimale. Dans ta réponse, utilise impérativement la notion de « passager clandestin » et illustre par un exemple concret.
Corrigé
L’éclairage public est non rival (tous les passants en profitent simultanément sans que la lumière diminue pour les autres) et non excluable (impossible d’empêcher un passant d’en bénéficier, sauf à l’éteindre pour tout le monde). C’est donc un bien collectif pur. Le marché échoue parce qu’aucune entreprise privée ne peut en faire payer l’usage à chaque bénéficiaire. Chaque usager espère que les autres financeront l’éclairage (phénomène de passager clandestin) ; personne n’est prêt à révéler sa disposition à payer. Résultat : le bien ne serait pas produit, ou en quantité insuffisante. La solution habituelle est la prise en charge par la collectivité (impôts locaux).
4.Exercice 4 – Étude de cas : la pêche en haute mer De nombreux stocks de poissons sont menacés d’épuisement. Explique en quoi la ressource halieutique en haute mer constitue un bien commun, et pourquoi le marché conduit à une surexploitation (« tragédie des communs »). Propose au moins deux politiques publiques pour remédier à cette situation.
Corrigé
Le poisson en haute mer est un bien commun : il est rival (un poisson pêché n’est plus disponible) mais non excluable (en haute mer, il est difficile d’interdire l’accès). Chaque pêcheur a intérêt à maximiser sa prise, car s’il ne le fait pas, un autre le fera. Additionnées, les décisions individuelles mènent à la surexploitation et à l’épuisement de la ressource : c’est la tragédie des communs. Pour y remédier : 1) Mettre en place des quotas individuels de pêche transférables (QIT) qui fixent un plafond total ; le marché des quotas incite à la pêche responsable. 2) Réglementation des périodes de pêche, des tailles minimales, voire des zones protégées. 3) Accords internationaux de gestion des stocks partagés.
5.Exercice 5 – Synthèse : le marché a-t-il toujours raison ? Dans un développement structuré (introduction, deux parties, conclusion), montre que si le marché concurrentiel est efficace en principe, il peut connaître des défaillances qui justifient l’intervention de l’État. Tu t’appuieras sur les exemples des externalités et des biens collectifs.
Corrigé
Introduction : Sur un marché parfaitement concurrentiel, l’équilibre conduit à une allocation optimale des ressources. Cependant, dans la réalité, plusieurs situations montrent que le marché seul n’atteint pas toujours l’optimum collectif : on parle de défaillances du marché. Nous verrons d’abord que les externalités perturbent l’équilibre, puis que les biens collectifs posent problème.
I. Les externalités, ou quand le prix ne dit pas tout Définition, distinction positive/négative, exemple de la pollution. En ne payant pas les coûts imposés aux tiers, le producteur pollueur surproduit. De même, une externalité positive (vaccination) conduit à une sous-production car le bénéfice collectif n’est pas rémunéré. Des instruments permettent d’internaliser : taxe, subvention, réglementation.
II. Les biens collectifs et les passagers clandestins La distinction rival/excluable donne la grille de lecture. Les biens collectifs purs, non rivaux et non excluables, comme l’éclairage public ou la défense nationale, ne peuvent être fournis de façon rentable par le privé. Le passager clandestin empêche toute production marchande. L’État doit donc les financer ou les produire.
Conclusion : Le marché est un mécanisme puissant, mais il n’est pas infaillible. Les externalités et les biens collectifs montrent qu’une intervention publique est souvent nécessaire pour atteindre l’efficacité sociale.
Tu veux voir ce qui t’attend l’an prochain ? On va évoquer une autre grande défaillance du marché, les asymétries d’information, et on explorera une idée qui te fera réfléchir au rôle de l’État : la solution de Coase. Ce n’est pas au programme cette année, mais c’est un bon échauffement pour la Terminale.
À toi de jouer
1.Exercice 1 – Découvre l’asymétrie d’information Sur le marché des voitures d’occasion, le vendeur connaît l’état réel du véhicule, mais l’acheteur ne peut pas le vérifier parfaitement. Cette asymétrie d’information peut entraîner une « sélection adverse » : seuls les véhicules de mauvaise qualité restent sur le marché (les « lemons » de l’économiste Akerlof). Explique en quoi cette situation constitue une défaillance du marché. Comment l’État ou des mécanismes privés peuvent-ils y remédier ? (Tu peux t’aider d’un exemple concret).
Corrigé
L’asymétrie d’information empêche le marché d’atteindre l’efficacité car les acheteurs, ne pouvant distinguer la bonne de la mauvaise qualité, sont prêts à payer un prix moyen qui décourage les vendeurs de bons produits. Ils sortent du marché, ne restent que les mauvais (« sélection adverse »). C’est une défaillance car les échanges mutuellement avantageux sur les bons produits n’ont pas lieu. Solutions : certification (garantie, contrôle technique), réglementation (obligation de révéler les défauts), réputation des vendeurs (mécanisme de marché), ou intervention publique (label État).
2.Exercice 2 – Une affaire de voisins : le théorème de Coase Imaginons un champ où une voie ferrée traverse une terre agricole. Les étincelles de la locomotive détruisent les récoltes le long de la voie. Selon l’économiste Ronald Coase, si les droits de propriété sont bien définis et les coûts de transaction faibles, les parties peuvent négocier une solution efficace sans intervention de l’État. Par exemple, l’agriculteur paie la compagnie pour réduire sa vitesse, ou la compagnie indemnise l’agriculteur. Explique brièvement en quoi cette idée diffère de la taxe pigouvienne vue en cours. Quelles sont les limites d’une telle négociation privée ?
Corrigé
L’idée de Coase diffère de la taxe pigouvienne car elle ne nécessite pas d’intervention étatique directe : ce sont les agents eux-mêmes qui internalisent l’externalité par la négociation, pourvu que les droits de propriété soient clairement attribués. La taxe, elle, est imposée par l’État. Les limites : coûts de transaction élevés quand les parties sont nombreuses (exemple de la pollution atmosphérique avec des milliers de pollués), difficulté d’évaluation des dommages, comportement stratégique (passager clandestin). En pratique, la négociation privée est souvent difficile, d’où le recours fréquent à la réglementation ou à la taxation.