SES · 1re

Comment se forme et s'exprime l'opinion publique ?

Aïe, contrôle surprise et tu n'as jamais mis le nez dans ce chapitre ? Pas de panique. On va repartir des bases indispensables : tu te souviens, en seconde, on a vu comment la vie politique s'organise en démocratie, notamment par le vote. C'est exactement le socle qui nous manque pour comprendre comment l'opinion publique se forme et s'exprime. On va voir l'essentiel pour que tu puisses au moins répondre aux questions de repérage.

Les indispensables pour démarrer

Prérequis réactivés : Dans une démocratie, les citoyens expriment leur volonté par le vote. C'est une première forme d'expression de l'opinion publique. Mais les électeurs ne sont pas seuls : ils sont influencés par leur entourage (famille, amis, collègues) et par ce qu'ils voient dans les médias (journaux télévisés, réseaux sociaux, etc.).

Qu'est-ce que l'opinion publique ? C'est l'ensemble des jugements, des attitudes et des préférences partagés par une population sur des questions d'intérêt collectif (politique, société, vie publique). Ce n'est pas une donnée naturelle : elle se construit et dépend de la façon dont on la mesure.

Comment la mesure-t-on ? Grâce à un outil clé : le sondage. Un sondage consiste à interroger un échantillon (un petit groupe de personnes) pour estimer ce que pense la population entière. Pour que le résultat soit fiable, l'échantillon doit être représentatif : il doit reproduire la composition de la population (par âge, sexe, profession, etc.).

À toi de jouer

1.

Complète la phrase : L'opinion publique est l'ensemble des et des préférences partagés sur des questions collectives.

Corrigé

L'opinion publique est l'ensemble des jugements et des préférences partagés sur des questions collectives.

2.

Pour mesurer l'opinion, on utilise des .

Corrigé

Pour mesurer l'opinion, on utilise des sondages.

3.

Pour être fiable, l'échantillon d'un sondage doit être .

Corrigé

Pour être fiable, l'échantillon d'un sondage doit être représentatif.

Voilà, ça te revient ! On remet de l'ordre. Cette fois, on reprend la méthode : on va structurer comment se forme l'opinion publique, puis comment elle s'exprime, et enfin comment on la mesure avec ses limites. C'est le triptyque à maîtriser pour le contrôle. On applique tout de suite sur des exemples concrets.

Définition et mesure de l'opinion publique

L'opinion publique désigne l'ensemble des jugements, attitudes et préférences partagés par une population sur des questions d'intérêt collectif. Elle n'est pas spontanée : elle se construit et se mesure principalement par les sondages d'opinion.

Technique du sondage : On interroge un échantillon de personnes. Pour estimer correctement l'opinion de la population entière, cet échantillon doit être représentatif. La méthode des quotas est très utilisée en France : on fixe à l'avance des proportions d'individus à interroger pour chaque catégorie (âge, sexe, profession, lieu de résidence) afin que l'échantillon « ressemble » à la population. La Commission des sondages, créée en 1977, encadre la réalisation et la publication des sondages.

Limites des sondages

Les sondages ne sont pas neutres :

  • La formulation des questions influence les réponses.
  • Les « non-réponses » (sans opinion, ne se prononce pas) sont parfois écartées, ce qui donne l'illusion d'une opinion tranchée.
  • Le sociologue Pierre Bourdieu critique trois postulats implicites : tout le monde a une opinion, toutes les opinions se valent et il y a un consensus sur les sujets importants.

Formation de l'opinion publique

L'opinion d'un individu se construit par socialisation : famille, école, amis, travail transmettent des manières de voir le monde. Les opinions varient donc selon les milieux sociaux.
Les médias jouent un rôle central grâce à l'agenda-setting : ils sélectionnent les sujets dont on parle, contribuant ainsi à former l'opinion publique même s'ils ne dictent pas ce qu'il faut penser.
Internet et les réseaux sociaux élargissent l'expression des opinions, mais posent des défis : fausses informations, enfermement entre personnes pensant pareil, difficulté à distinguer une vraie tendance d'opinion.

Expression de l'opinion publique

L'opinion publique ne s'exprime pas uniquement par les sondages. Elle se manifeste aussi par :

  • Le vote et les élections (expression institutionnelle).
  • La participation à des manifestations, pétitions, actions collectives.
  • L'engagement associatif ou militant.
  • Les discussions sur les réseaux sociaux.

À toi de jouer

1.

Complète le texte à trous : Pour qu'un sondage soit fiable, on utilise la méthode des . Cela consiste à fixer à l'avance des proportions d'individus à interroger afin que l'échantillon soit de la population.

Corrigé

Pour qu'un sondage soit fiable, on utilise la méthode des quotas. Cela consiste à fixer à l'avance des proportions d'individus à interroger afin que l'échantillon soit représentatif de la population.

2.

Voici une critique de Bourdieu : « L'opinion publique n'existe pas. » Pour lui, les sondages supposent à tort que a une opinion sur tout sujet et que toutes les opinions se valent.

Corrigé

Voici une critique de Bourdieu : « L'opinion publique n'existe pas. » Pour lui, les sondages supposent à tort que tout le monde a une opinion sur tout sujet et que toutes les opinions se valent.

3.

Complète : L'idée que les médias choisissent les sujets dont on parle s'appelle la mise à l'agenda ou .

Corrigé

Complète : L'idée que les médias choisissent les sujets dont on parle s'appelle la mise à l'agenda ou agenda-setting.

Cinq exercices quasi identiques pour que le geste devienne automatique. Tu vas vérifier si un échantillon est représentatif en comparant des pourcentages. Concentre-toi, c'est du gâteau.

À toi de jouer

1.

Dans la population, les 18-24 ans représentent 25 %.
On interroge un échantillon de 200 personnes, dont 50 ont entre 18 et 24 ans.
Complète : La proportion de 18-24 ans dans l'échantillon est de %, ce qui est / n'est pas (choisis la bonne réponse) proche de la proportion dans la population (25 %), donc l'échantillon est (représentatif / non représentatif).

Corrigé

La proportion de 18-24 ans dans l'échantillon est de 25 %, ce qui est proche de la proportion dans la population (25 %), donc l'échantillon est représentatif.

2.

Dans la population, la part de diplômés du supérieur est de 40 %.
Échantillon de 150 personnes : on y compte 60 diplômés du supérieur.
Complète : La proportion de diplômés dans l'échantillon est de %, ce qui est / n'est pas proche de la proportion dans la population (40 %), donc l'échantillon est .

Corrigé

La proportion de diplômés dans l'échantillon est de 40 %, ce qui est proche de la proportion dans la population (40 %), donc l'échantillon est représentatif.

3.

La population compte 52 % de femmes.
Dans un échantillon de 250 personnes, on interroge 120 femmes.
Complète : La proportion de femmes dans l'échantillon est de %, ce qui est / n'est pas proche de la proportion dans la population (52 %), donc l'échantillon est .

Corrigé

La proportion de femmes dans l'échantillon est de 48 %, ce qui n'est pas proche de la proportion dans la population (52 %), donc l'échantillon est non représentatif.

4.

Dans la population, les ruraux représentent 15 %.
Échantillon de 300 personnes : on y trouve 90 ruraux.
Complète : La proportion de ruraux dans l'échantillon est de %, ce qui est / n'est pas proche de la proportion dans la population (15 %), donc l'échantillon est .

Corrigé

La proportion de ruraux dans l'échantillon est de 30 %, ce qui n'est pas proche de la proportion dans la population (15 %), donc l'échantillon est non représentatif.

5.

La population compte 20 % de seniors (65 ans et plus).
Dans un échantillon de 100 personnes, 20 sont des seniors.
Complète : La proportion de seniors dans l'échantillon est de %, ce qui est / n'est pas proche de la proportion dans la population (20 %), donc l'échantillon est .

Corrigé

La proportion de seniors dans l'échantillon est de 20 %, ce qui est proche de la proportion dans la population (20 %), donc l'échantillon est représentatif.

On monte en gamme. Voici des exercices type contrôle ou brevet. Tu vas devoir analyser des situations, relever les limites d'un sondage, distinguer les modes de formation et d'expression. Plus de trous : c'est toi qui rédiges. Montre ce que tu sais.

À toi de jouer

1.

Un institut réalise un sondage en ligne pour savoir si les Français sont favorables à une réforme. La question posée est : « Ne pensez-vous pas que cette excellente réforme améliorera la situation ? »
a) Identifie deux limites méthodologiques de ce sondage.
b) Quel postulat de Bourdieu est ici illustré ?

Corrigé

a) Première limite : le sondage est réalisé en ligne, ce qui exclut les personnes sans accès à internet, l'échantillon n'est donc pas représentatif. Deuxième limite : la formulation de la question est orientée (« excellente réforme »), ce qui influence la réponse.
b) Le postulat illustré est qu'il y aurait un consensus sur ce qui est important et sur la manière de le présenter, ce que critique Bourdieu.

2.

Associe chaque concept à sa définition :
1. Agenda-setting
2. Socialisation politique
3. Méthode des quotas
a) Processus par lequel les individus acquièrent leurs opinions politiques au contact de la famille, de l'école...
b) Technique qui consiste à fixer des proportions dans l'échantillon pour qu'il ressemble à la population.
c) Rôle des médias qui sélectionnent les sujets dont on parle.

Corrigé

1-c ; 2-a ; 3-b

3.

Lors d'une élection, les instituts de sondage publient des enquêtes quotidiennes. Juste avant le scrutin, un candidat est donné à 54 % des intentions de vote, mais il n'obtient finalement que 30 %.
Propose deux raisons, liées aux limites des sondages, qui peuvent expliquer ce décalage.

Corrigé

Première raison : la non-réponse ou le « ne se prononce pas » a pu être écarté, sur-représentant ainsi l'intention de vote pour ce candidat.
Deuxième raison : l'échantillon n'était peut-être pas représentatif (sous-représentation de catégories qui ont finalement voté autrement).

4.

En janvier, un sondage indique que 60 % des personnes interrogées sont favorables à une hausse des impôts. En février, un autre sondage sur le même sujet, avec une question différente, ne trouve que 35 % d'avis favorables.
Qu'est-ce que cela révèle sur la mesure de l'opinion publique ?

Corrigé

Cela révèle que l'opinion publique mesurée dépend fortement de la formulation de la question. Le résultat d'un sondage n'est donc pas une vérité absolue ; il peut varier en fonction de la méthode employée.

5.

Explique le rôle des médias dans la formation de l'opinion publique en t'appuyant sur la notion d'agenda-setting. Donne un exemple.

Corrigé

Les médias contribuent à former l'opinion publique en sélectionnant les sujets qu'ils traitent (agenda-setting). Par exemple, si les journaux télévisés mettent en avant le chômage chaque soir, le public aura tendance à considérer ce sujet comme prioritaire. Les médias ne disent pas quoi penser mais sur quoi réfléchir.

Pour les curieux, on va un cran plus loin. L'année prochaine, en terminale, tu étudieras plus en détail les comportements électoraux et les nouveaux modes de participation. Ces exercices te donnent un avant-goût : ils t'obligent à critiquer et à imaginer.

À toi de jouer

1.

La théorie de la « spirale du silence », formulée par la politologue Noelle-Neumann, suggère que les individus hésitent à exprimer une opinion si celle-ci leur paraît minoritaire, de peur d'être isolés socialement. Cette dynamique peut fausser la perception de l'opinion publique.
a) Explique en quoi ce phénomène peut remettre en cause la fiabilité des sondages.
b) Quel lien peux-tu faire avec l'agenda-setting des médias ?

Corrigé

a) Si les opinions minoritaires sont tues, les sondages peuvent enregistrer une opinion majoritaire amplifiée et donner l'illusion d'un consensus. Les non-réponses ou les réponses conformistes faussent la mesure.
b) L'agenda-setting renforce la spirale du silence : en mettant en avant certains sujets et certaines opinions, les médias peuvent donner l'impression qu'une opinion est majoritaire, incitant les autres au silence.

2.

On observe que les jeunes utilisent massivement les réseaux sociaux pour s'informer et exprimer leurs opinions politiques, mais ces opinions sont souvent éphémères et difficilement mesurables par les instituts de sondage traditionnels.
Propose une méthode alternative pour capter cette expression de l'opinion publique en ligne, en indiquant ses avantages et ses limites.

Corrigé

On pourrait utiliser l'analyse des « big data » (mots-dièses, mentions) sur Twitter ou Instagram pour détecter les tendances. Avantage : réactivité, prise en compte des opinions non sollicitées. Limites : pas représentatif (bulles de filtre), difficile de distinguer les vrais comptes, problèmes éthiques (protection des données).