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Quels sont les processus sociaux qui contribuent à la déviance ?

Tu découvres la notion aujourd'hui et le contrôle est pour demain ? Pas de souci, on attaque par le commencement : les briques de base. On va poser les définitions essentielles pour que tu sois capable de reconnaître un comportement déviant et de le distinguer d'un acte délinquant. En 20 minutes, tu auras déjà de quoi répondre aux questions de cours.

1. Norme sociale et sanction

Une norme sociale est une règle de conduite, explicite ou implicite, qui indique ce qui est attendu dans une situation donnée. Par exemple : dire bonjour, respecter le Code de la route.

Chaque norme s’accompagne de sanctions : positives (sourire, compliment, récompense) quand on la respecte, ou négatives (remontrance, amende, exclusion) quand on la transgresse.

2. Déviance et délinquance

La déviance est la transgression d’une norme sociale en vigueur, exposant à une sanction. Elle ne se limite pas aux lois : ne pas respecter une règle de politesse, s’habiller de façon excentrique sont des déviances.

La délinquance est un cas particulier de déviance : c’est la transgression d’une norme juridique (loi), punie par l’État (vol, agression...). Toute délinquance est une déviance, mais l’inverse n’est pas vrai.

3. Une notion relative

Ce qui est considéré comme déviant varie selon les sociétés et les époques. Exemple : le port de la mini-jupe a été jugé déviant dans les années 1960 ; aujourd’hui il est banalisé. La déviance n’est pas une propriété de l’acte mais le résultat du regard social : elle est socialement construite.

À toi de jouer

1. Complète les phrases suivantes avec les mots : « norme », « déviance », « délinquance ».
a) Se moquer d’un camarade est une car cela transgresse la norme de respect.
b) Voler un téléphone est un acte de car c’est interdit par la loi.
c) Manger avec les doigts lors d’un repas officiel est une de la de savoir-vivre.
Corrigé
a) déviance ; b) délinquance ; c) déviance, norme.
2. Parmi les comportements suivants, entoure ceux qui sont déviants (D) et souligne ceux qui sont délinquants (L). Précise si un même acte peut être les deux.
– Griller un feu rouge.
– Porter des vêtements très colorés.
– Cracher par terre dans un lieu public.
– Insulter un professeur.
– Refuser de serrer la main de quelqu’un.
Complète : Griller un feu rouge est (D/L). Porter des vêtements très colorés est (D/L) selon le contexte. ...
Corrigé
Griller un feu rouge : L (et aussi D). Porter des vêtements très colorés : D (pas L) si cela transgresse une norme vestimentaire du groupe. Cracher par terre : D (pas L, sauf si arrêté municipal interdisant de cracher). Insulter un professeur : D et L (injure est une infraction). Refuser de serrer la main : D (pas L). Un même acte peut être les deux si la norme transgressée est à la fois sociale et juridique.
3. La notion de déviance est relative. Explique pourquoi le même comportement peut ne pas être jugé déviant dans tous les contextes. Complète : Selon l’ et le lieu, les sociales changent, donc la transgression n’est pas perçue de la même manière.
Corrigé
Selon l’époque et le lieu, les normes sociales changent, donc la transgression n’est pas perçue de la même manière.

Ça y est, les définitions te reviennent ? On va les étoffer avec deux mécanismes clé qui expliquent la déviance : l’étiquetage (le regard des autres) et le contrôle social. Tu vas apprendre à les repérer en situation.

1. La théorie de l’étiquetage (Becker)

Selon Howard Becker, aucun acte n’est déviant en lui-même. Il le devient parce qu’un groupe social édicte des normes, puis étiquette (labellise) comme « déviant » celui qui les transgresse. Le déviant est « celui à qui l’étiquette a été appliquée avec succès ».

Cet étiquetage peut enfermer l’individu dans une carrière déviante : une fois désigné comme déviant, il intériorise ce statut et persiste dans la transgression, renforçant l’image que les autres ont de lui.

1. Transgression 2. Étiquetage 3. Stigmatisation 4. Carrière déviante

2. Le contrôle social : formel et informel

Le contrôle social désigne l’ensemble des moyens par lesquels une société encourage le respect des normes et sanctionne les écarts.

  • Contrôle formel : exercé par des institutions spécialisées (police, justice), sanctions officielles (amende, prison).
  • Contrôle informel : exercé au quotidien par l’entourage (famille, amis), sanctions non codifiées (moquerie, exclusion).

Le contrôle social ne fait pas que réprimer la déviance, il la produit aussi en définissant les normes et en désignant les déviants.

Méthode : analyser un comportement déviant

Pour analyser un comportement déviant : 1) Identifier la norme transgressée. 2) Repérer les réactions sociales : sanctions formelles ou informelles. 3) Observer si un étiquetage se produit.

À toi de jouer

1. Associe chaque situation au contrôle social formel (F) ou informel (I) :
a) Un élève se fait réprimander par ses parents pour un mensonge.
b) Un conducteur reçoit une contravention pour excès de vitesse.
c) Des voisins jettent un regard désapprobateur à une personne qui fait du bruit.
d) Un tribunal condamne un voleur à de la prison.
Corrigé
a) I, b) F, c) I, d) F.
2. Complète le texte sur l’étiquetage :
Dans un lycée, Kévin est surpris en train de taguer un mur. Le surveillant le convoque et le traite de « vandale ». Cet acte est une de la norme scolaire. La réaction du surveillant est une sanction (formelle/informelle). En le traitant de « vandale », il lui colle une (étiquette). Kévin risque d’intérioriser cette image et de multiplier les actes de ce type : c’est ce qu’on appelle une __________ déviante.
Corrigé
transgression ; formelle ; étiquette ; carrière.
3. Distinguer déviance et délinquance à l’aide d’un exemple. Complète : Voler dans un magasin est un acte de car il transgresse une norme (le Code pénal) ; ne pas faire la bise à sa grand-mère est une car cela heurte une norme sociale (la politesse) sans être puni par la loi.
Corrigé
délinquance, juridique, déviance.

On va répéter encore et encore la même gymnastique pour que ça devienne automatique. Cinq mini-exercices, presque identiques, pour ne plus hésiter entre déviance, délinquance, contrôle formel et informel.

À toi de jouer

1. Comportement : tricher pendant un examen. Norme : . Ce comportement est une (déviance / délinquance). La sanction probable est (formelle / informelle), par exemple .
Corrigé
Norme : probité scolaire. Ce comportement est une délinquance (fraude à un examen est une infraction). La sanction probable est formelle (conseil de discipline, annulation de l'épreuve).
2. Comportement : ne pas dire bonjour à ses collègues de bureau. Norme : . Ce comportement est une (déviance / délinquance). La sanction probable est (formelle / informelle), par exemple .
Corrigé
Norme : politesse. Ce comportement est une déviance. La sanction probable est informelle (regard froid, isolement).
3. Comportement : voler un portefeuille. Norme : . Ce comportement est une (déviance / délinquance). La sanction probable est (formelle / informelle), par exemple .
Corrigé
Norme : juridique (interdiction du vol). Ce comportement est une délinquance. La sanction probable est formelle (amende, prison).
4. Comportement : porter une cravate alors que tout le monde est en T-shirt. Norme : . Ce comportement est une (déviance / délinquance). La sanction probable est (formelle / informelle), par exemple .
Corrigé
Norme : vestimentaire du groupe. Ce comportement est une déviance. La sanction probable est informelle (moqueries, remarques).
5. Comportement : jeter des déchets sur la voie publique. Norme : . Ce comportement est une (déviance / délinquance). La sanction probable est (formelle / informelle), par exemple .
Corrigé
Norme : environnementale / civique (interdiction réglementaire). Ce comportement est une délinquance (contravention). La sanction probable est formelle (amende).

Maintenant, tu vas mobiliser les notions sur des exercices du même type que ceux que tu pourrais avoir en évaluation. Plus aucun trou pour te guider, à toi de jouer !

À toi de jouer

1. Distinguez déviance et délinquance. Vous donnerez un exemple pour chaque notion.
Corrigé
La déviance est la transgression d’une norme sociale (ex. : ne pas dire bonjour). La délinquance est la transgression d’une norme juridique, punie par l’État (ex. : vol). Toute délinquance est une déviance, mais l'inverse n'est pas vrai.
2. Kevin, 16 ans, a été pris en train de voler des bonbons dans un supermarché. Sa photo circule parmi les commerçants du quartier. Depuis, il est régulièrement surveillé, on lui refuse l'entrée de certains magasins, et il a fini par se faire renvoyer de son stage. Montrez en quoi cette situation illustre la théorie de l'étiquetage.
Corrigé
Kevin a transgressé une norme juridique (vol). Il est étiqueté comme « voleur » par les commerçants. Cette étiquette entraîne des réactions sociales négatives (surveillance, refus d’entrée, renvoi) qui renforcent son statut de déviant. Il risque d'intérioriser ce statut et de s’enfermer dans une carrière déviante (mécanisme de l'étiquetage).
3. Expliquez pourquoi le contrôle social informel s'affaiblit dans les grandes villes par rapport aux zones rurales. Quelles peuvent être les conséquences sur la déviance ?
Corrigé
Dans les grandes villes, l’anonymat et la faible interconnaissance affaiblissent le contrôle informel (regard désapprobateur, commérages). Cela peut rendre la déviance plus fréquente ou plus visible et entraîner un recours accru au contrôle formel (police).
4. Document : « La déviance n'est pas une qualité de l'acte, mais une conséquence de l'application par les autres de normes et de sanctions à un transgresseur. » (H. Becker). À l’aide du document et de vos connaissances, montrez que la déviance est un processus social.
Corrigé
La déviance est un processus car elle dépend : 1) de la définition des normes par un groupe social, 2) de l’identification d’un acte comme transgression, 3) de la réaction sociale (sanction, étiquetage). Ainsi, un même acte peut être ou non déviant selon les époques et les groupes. Becker souligne que l’étiquetage fait exister la déviance.
5. Après avoir défini le contrôle social, vous montrerez qu'il ne se limite pas à empêcher la déviance mais peut aussi la produire.
Corrigé
Le contrôle social est l’ensemble des moyens, formels et informels, qui encouragent le respect des normes. Il produit la déviance car c’est en établissant des normes qu’on crée la possibilité de les transgresser. De plus, l’étiquetage de certaines personnes comme déviantes peut favoriser la récidive et la carrière déviante (prophétie auto-réalisatrice).

La sociologie de la déviance ne s’arrête pas au lycée. L’an prochain, tu verras des prolongements passionnants sur le rôle des institutions dans la construction de la norme et les effets pervers de certaines politiques publiques. On prend de l’avance.

À toi de jouer

1. En vous appuyant sur la théorie de l’étiquetage, expliquez pourquoi les bénéficiaires du RSA peuvent être perçus comme des « assistés » et comment cette étiquette peut aggraver leur situation.
Corrigé
Les bénéficiaires du RSA sont étiquetés comme « assistés », c’est-à-dire des personnes qui profitent du système sans travailler. Cette étiquette stigmatisante peut les conduire à intérioriser ce statut, à se couper des liens sociaux ordinaires et à renoncer à chercher un emploi (carrière déviante). L’étiquetage renforce ainsi l’exclusion qu’il prétend décrire.
2. Comparez le contrôle social exercé dans une petite communauté traditionnelle et dans une société hyperconnectée. Vous soulignerez le rôle des réseaux sociaux.
Corrigé
Dans une petite communauté, le contrôle social est surtout informel (regard des voisins, réputation) et immediate. Dans une société hyperconnectée, le contrôle peut devenir formel via les signalements sur les plateformes (modération), et informel via la réputation numérique (likes, commentaires). La déviance est exposée à grande échelle et l’étiquetage peut être viral et durable (shaming en ligne).
3. « La prison produit de la délinquance. » Discutez cette affirmation à l’aide des notions du programme.
Corrigé
La prison peut produire de la délinquance par le mécanisme de l’étiquetage : le détenu est officiellement désigné comme délinquant, ce qui renforce son identité déviante. Il subit aussi une rupture des liens sociaux traditionnels (famille, travail) et une socialisation entre détenus qui peut normaliser la déviance (carrière déviante). Ainsi, plutôt que de réinsérer, la prison favorise la récidive.