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Comment lutter contre le chômage ? (politiques de l'emploi)

Pas de panique ! Tu n'as jamais vu ce chapitre mais un contrôle approche. On repart des bases vues en 1ère : comment les entreprises sont organisées et gouvernées, ce qui les pousse à embaucher ou non. Ensuite, on pose la définition et la mesure du chômage. Tu vas voir, c'est accessible.

Prérequis : Pourquoi les entreprises embauchent-elles ?

En 1ère, tu as vu que les entreprises sont des organisations dont l'objectif est le profit. Leurs décisions d'embauche dépendent de deux éléments :

  • la demande anticipée pour leurs produits : si les débouchés sont faibles, elles produisent peu et n'embauchent pas ;
  • le coût du travail par rapport à la productivité : une entreprise embauche si ce que rapporte un salarié (sa productivité) est supérieur à ce qu'il coûte (salaire + cotisations sociales).

Cela permet de comprendre pourquoi le chômage existe et comment les pouvoirs publics peuvent agir.

Définition et mesure du chômage

Au sens du Bureau international du travail (BIT), un chômeur est une personne en âge de travailler qui :

  • est sans emploi (pas travaillé ne serait-ce qu'une heure dans la semaine) ;
  • est disponible pour travailler ;
  • a effectué une recherche active d'emploi (ou a trouvé un emploi qui commence plus tard).

Le taux de chômage est le rapport entre le nombre de chômeurs et la population active :

$$\text{Taux de chômage} = \frac{\text{Nombre de chômeurs}}{\text{Population active}} \times 100$$

La population active regroupe les actifs occupés (en emploi) et les chômeurs.

Population en âge de travaillerActiveInactiveActifs occupésChômeurs

À toi de jouer

1. Complète la définition : au sens du BIT, un chômeur est une personne en âge de travailler qui est , qui est pour travailler et qui a effectué une d'emploi.
Corrigé
sans emploi ; disponible ; recherche active
2. Dans un pays, la population active est de 30 millions de personnes et on compte 3 millions de chômeurs. Complète le calcul du taux de chômage : $$\text{Taux de chômage} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} \times 100 = \underline{\hspace{1.1em}} \, \%$$
Corrigé
$$\text{Taux de chômage} = \frac{3\,000\,000}{30\,000\,000} \times 100 = 10 \, \%$$
3. Vrai ou Faux (coche la bonne case) :
a) Une personne qui ne travaille pas et n'en cherche pas est chômeur. Vrai Faux
b) Le taux d'emploi est la part des personnes en emploi dans la population en âge de travailler. Vrai Faux
Corrigé
a) Faux (c'est un inactif). b) Vrai.

Ah oui, c'est ce chapitre ! On réactive les causes du chômage et les principales politiques de l'emploi. L'idée : poser le bon diagnostic avant de choisir le remède.

Les causes du chômage

  • Insuffisance de la demande globale (approche keynésienne) : si les entreprises anticipent des débouchés faibles, elles produisent peu et embauchent peu. C'est un chômage conjoncturel.
  • Coût du travail trop élevé : si le coût d'un salarié (salaire + cotisations) dépasse sa productivité, l'entreprise n'embauche pas. Cela touche surtout les emplois peu qualifiés.
  • Chômage structurel : inadéquation durable entre qualifications offertes et demandées, rigidités du marché du travail, faible mobilité.

Les politiques de l'emploi

On distingue deux grandes logiques :

  1. Soutenir la demande globale : politique budgétaire (hausse des dépenses publiques, baisse d'impôts) ou politique monétaire (baisse des taux d'intérêt). L'objectif est d'augmenter la consommation et l'investissement pour stimuler la production et l'embauche. Limites : déficit public, dette, temps, fuite vers les importations.
  2. Agir sur le coût et la flexibilité du travail : allègement des cotisations sociales employeurs pour réduire le coût du travail, favoriser l'embauche des peu qualifiés. Cela peut aussi passer par plus de flexibilité (contrats, horaires).
Chômageconjoncturel(demande insuf.)Politique desoutien de lademandeChômage lié aucoût du travailAllègement descotisations /flexibilité

À toi de jouer

1. Relie chaque cause du chômage à la politique appropriée (complète par la lettre) :
a) Insuffisance de la demande globale →
b) Coût du travail trop élevé →
Politiques proposées :
1. Allègement des cotisations sociales employeurs
2. Plan de relance budgétaire
Corrigé
a) → 2 ; b) → 1
2. Complète le tableau suivant en indiquant le mécanisme et un exemple de politique :
Cause du chômageMécanismeExemple de politique
Conjoncturel
Coût du travail élevé
Corrigé
ConjoncturelFaible demande anticipée → faible production et embaucheRelance budgétaire (hausse dépenses publiques)
Coût du travail élevéCoût total supérieur à la productivité → l'entreprise renonce à embaucherAllègement de cotisations sociales employeurs
3. Situation : une économie connaît une récession, la consommation des ménages chute. Quel type de chômage risque d'augmenter ? Quelle politique préconiser ?
Corrigé
Type de chômage : chômage conjoncturel (lié à l'insuffisance de demande). Politique préconisée : politique de soutien de la demande (relance budgétaire ou monétaire).

On muscle le calcul du taux de chômage ! Cinq fois le même geste, avec des nombres différents, pour que ça devienne automatique.

À toi de jouer

1. Population active = 28 millions, chômeurs = 2,8 millions. Calcule le taux de chômage.
$$\text{Taux} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} \times 100 = \underline{\hspace{1.1em}} \, \%$$
Corrigé
$$\text{Taux} = \frac{2,8\,\text{millions}}{28\,\text{millions}} \times 100 = 10\,\%$$
2. Population active = 42 millions, chômeurs = 4,2 millions. Calcule le taux de chômage.
$$\text{Taux} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} \times 100 = \underline{\hspace{1.1em}} \, \%$$
Corrigé
$$\text{Taux} = \frac{4,2\,\text{millions}}{42\,\text{millions}} \times 100 = 10\,\%$$
3. Population active = 25 millions, chômeurs = 3,75 millions. Calcule le taux de chômage.
$$\text{Taux} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} \times 100 = \underline{\hspace{1.1em}} \, \%$$
Corrigé
$$\text{Taux} = \frac{3,75\,\text{millions}}{25\,\text{millions}} \times 100 = 15\,\%$$
4. Population active = 60 millions, chômeurs = 4,8 millions. Calcule le taux de chômage.
$$\text{Taux} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} \times 100 = \underline{\hspace{1.1em}} \, \%$$
Corrigé
$$\text{Taux} = \frac{4,8\,\text{millions}}{60\,\text{millions}} \times 100 = 8\,\%$$
5. Population active = 18 millions, chômeurs = 1,35 million. Calcule le taux de chômage.
$$\text{Taux} = \frac{\underline{\hspace{1.1em}}}{\underline{\hspace{1.1em}}} \times 100 = \underline{\hspace{1.1em}} \, \%$$
Corrigé
$$\text{Taux} = \frac{1,35\,\text{millions}}{18\,\text{millions}} \times 100 = 7,5\,\%$$

Passons aux exercices type contrôle. Lis bien chaque énoncé, montre tes calculs et rédige des réponses argumentées. Tu es prêt !

À toi de jouer

1. En 2019, un pays comptait 35 millions d'actifs et 3,15 millions de chômeurs. En 2020, suite à une crise, la population active est restée stable mais le nombre de chômeurs a augmenté de 20%. Calcule le taux de chômage en 2019 et en 2020. Commente l'évolution.
Corrigé
2019 : Taux = (3,15/35)×100 = 9%. 2020 : chômeurs = 3,15×1,2 = 3,78 millions. Taux = (3,78/35)×100 ≈ 10,8%. Le taux a augmenté de 1,8 point, probablement à cause d'une dégradation conjoncturelle (baisse de la demande) qui a poussé les entreprises à réduire leurs effectifs.
2. Expliquez le mécanisme par lequel une politique de relance budgétaire peut réduire le chômage. Mentionnez ensuite au moins une limite de cette politique.
Corrigé
La hausse des dépenses publiques (infrastructures, embauches, aides) ou la baisse d'impôts augmente le revenu disponible des ménages et la commande publique. La demande globale s'accroît, les entreprises anticipent plus de débouchés, elles produisent plus et embauchent. Limite : creusement du déficit et de la dette publics ; aussi une partie de la demande supplémentaire peut se porter sur des biens importés, limitant l'effet sur la production nationale.
3. À partir des données suivantes, déterminez s'il s'agit principalement de chômage conjoncturel ou structurel :
– Pays A : fort ralentissement de la croissance du PIB, chômage passé de 7% à 11% en deux ans.
– Pays B : taux de chômage stable à 9% depuis dix ans, emplois vacants nombreux dans les nouvelles technologies mais chômeurs sans qualification correspondante.
Corrigé
Pays A : chômage conjoncturel, car lié au ralentissement de l'activité, donc à une insuffisance temporaire de demande. Pays B : chômage structurel, car il provient d'une inadéquation durable entre qualifications offertes et demandées, même quand des postes sont disponibles.
4. Un gouvernement souhaite réduire le chômage des jeunes non qualifiés. Deux mesures sont envisagées :
a) une aide à l'embauche (subvention pour deux ans) ;
b) un grand plan de formation aux métiers en tension.
Présentez le principe de chaque mesure et dites laquelle vous paraît la plus adaptée à ce problème, en justifiant.
Corrigé
a) Aide à l'embauche : baisse le coût du travail pour l'employeur, incitant à embaucher des jeunes non qualifiés. Cela agit sur l'offre d'emplois à court terme. b) Plan de formation : vise à accroître les qualifications des jeunes pour les faire correspondre aux besoins des entreprises. C'est une politique structurelle. La mesure (b) semble plus adaptée car elle s'attaque à la cause profonde (inadéquation) et pas seulement à un effet de court terme ; cependant, elle prend du temps. La mesure (a) peut être un complément pour faciliter l'insertion immédiate.
5. Rédigez un paragraphe argumenté montrant pourquoi une baisse générale des cotisations sociales employeurs peut être efficace pour lutter contre le chômage, mais aussi pourquoi elle peut présenter des limites.
Corrigé
Une baisse des cotisations réduit le coût du travail. Si le salaire perçu par le salarié reste inchangé, l'entreprise voit sa charge diminuer. Cela peut l'inciter à embaucher davantage, notamment pour les emplois peu qualifiés dont le coût était auparavant supérieur à la productivité. Cependant, cette mesure réduit les recettes de la Sécurité sociale, ce qui peut peser sur les finances publiques. De plus, si la demande globale est faible, même un coût du travail réduit ne suffira pas à relancer l'embauche : les entreprises n'embaucheront pas si elles n'anticipent pas de débouchés supplémentaires. L'efficacité dépend donc du contexte macroéconomique.

Tu maîtrises le programme ? Passage au niveau supérieur. On va intégrer des concepts qui te seront utiles l'an prochain : courbe de Phillips, taux de chômage naturel, contrainte budgétaire. Prêt à repousser tes limites ?

À toi de jouer

1. Expliquez le dilemme entre inflation et chômage à court terme (courbe de Phillips). Pourquoi cet arbitrage disparaît-il à long terme selon les monétaristes ?
Corrigé
Court terme : une politique de relance augmente la demande, réduit le chômage mais peut provoquer une hausse des prix car les entreprises, en situation de plein emploi, augmentent les salaires pour attirer la main-d'œuvre, ce qui alimente l'inflation. C'est l'arbitrage inflation-chômage. Long terme : selon les monétaristes (Friedman), les agents anticipent l'inflation et ajustent leurs comportements (les salariés réclament des hausses de salaire, ce qui annule l'effet sur le chômage). L'économie revient au taux de chômage naturel (NAIRU) et il n'y a plus d'arbitrage, seulement de l'inflation.
2. Dans la zone euro, les États sont soumis au Pacte de stabilité et de croissance (déficit public < 3% du PIB). Expliquez en quoi cette règle peut limiter l'usage des politiques de relance budgétaire pour lutter contre le chômage.
Corrigé
Pour relancer l'activité, un État doit creuser son déficit (hausse des dépenses, baisse des recettes). Or, la règle des 3% empêche une expansion budgétaire trop forte. Cela contraint les gouvernements à mener des politiques de rigueur ou à se tourner vers d'autres instruments (ex : politiques de l'offre, flexibilité). Ainsi, la coordination européenne réduit la marge de manœuvre nationale pour lutter contre le chômage conjoncturel.
3. Proposez et justifiez une politique mixte (agissant à la fois sur l'offre et la demande) pour réduire un chômage de masse combinant composantes conjoncturelle et structurelle.
Corrigé
Pour le volet conjoncturel : une relance monétaire (baisse des taux directeurs) pour stimuler l'investissement et la consommation. Pour le volet structurel : un plan massif de formation professionnelle et une baisse ciblée des cotisations sur les bas salaires. Cette combinaison évite de faire reposer toute l'action sur la demande (risque d'inflation) et s'attaque aux rigidités de long terme. Elle nécessite néanmoins une coordination des politiques et une évaluation des coûts budgétaires.