Tu as contrôle demain et tu n'as jamais mis les pieds en cours de SES sur ce chapitre ? On va faire au plus rapide. Avant de parler d'action publique pour l'environnement, il faut réactiver deux prérequis : les notions d'externalité négative et de défaillance de marché. Si ça te dit quelque chose tant mieux, sinon on les rappelle en deux mots. Ensuite, on te donne l'essentiel sur les trois instruments que l'État peut utiliser. Avec ça, tu pourras répondre aux questions de base. Let's go.
Pourquoi les pouvoirs publics agissent-ils pour l'environnement ?
L’environnement (air pur, climat, biodiversité) est un bien commun : tout le monde en profite sans qu’on puisse en exclure quiconque. Or, les activités économiques dégradent souvent l’environnement. La pollution est une externalité négative : le pollueur ne paie pas le coût qu’il impose à la collectivité. Le marché, laissé seul, ne corrige pas spontanément ce problème ; on parle de défaillance de marché. C’est pourquoi une action publique est nécessaire pour orienter les comportements.
Les trois instruments clés
Pour intervenir, les pouvoirs publics disposent de trois grands types d’outils :
- La réglementation (ou norme) : interdire ou imposer certains comportements (par exemple, interdire les sacs plastiques, fixer une limite d’émissions).
- La taxation : faire payer une somme proportionnelle à la pollution émise (taxe pigouvienne) pour que le pollueur internalise le coût. Cela l’incite à réduire sa pollution.
- Les marchés de quotas d’émission (ou droits à polluer) : on fixe une quantité maximale de pollution autorisée, puis on distribue des quotas que les entreprises peuvent échanger. Celles qui polluent moins peuvent vendre leurs quotas excédentaires.
À toi de jouer
La pollution due aux gaz d’échappement des voitures est un exemple d’$\underline{\hspace{1.1em}}$ négative car le conducteur ne paie pas pour les dommages qu’il cause. Le marché ne prend pas en compte ce coût, c’est une $\underline{\hspace{1.1em}}$ de marché. Pour y remédier, l’État peut utiliser trois instruments : la $\underline{\hspace{1.1em}}$, la $\underline{\hspace{1.1em}}$, et les $\underline{\hspace{1.1em}}$ de quotas.
Corrigé
1. Réglementation -> $\underline{\hspace{1.1em}}$
2. Taxation -> $\underline{\hspace{1.1em}}$
3. Marché de quotas -> $\underline{\hspace{1.1em}}$
A. Chaque entreprise reçoit des autorisations de polluer qu’elle peut vendre ou acheter.
B. L’État fixe une limite d’émission et interdit de la dépasser.
C. L’État prélève une somme proportionnelle à la pollution émise.
Corrigé
2. Taxation -> C
3. Marché de quotas -> A
$\underline{\hspace{1.1em}}$ Vrai
$\underline{\hspace{1.1em}}$ Faux
Corrigé
C’est bon, tu as l’ossature. Maintenant on remet tout en ordre : qui agit, à quelles échelles, et comment on analyse un cas concret. On va ajouter un peu de chair autour du squelette. Tu vas voir, ça va faire tilt.
La pluralité des acteurs et des échelles
L’action pour l’environnement ne vient pas que de l’État. Elle implique des pouvoirs publics (État, collectivités territoriales), des acteurs supranationaux (Union européenne, conférences internationales), les entreprises, la société civile (ONG, associations, citoyens) et les experts (comme le GIEC). Ces acteurs interviennent à des échelles locale, nationale, européenne et mondiale. Le caractère global du réchauffement climatique appelle une coopération internationale, mais celle-ci est rendue difficile par le risque de comportement de passager clandestin (un pays profite des efforts des autres sans en faire lui-même).
Méthode : décrypter un instrument d'action publique
Quand tu es face à un cas, pose-toi ces questions :
1. De quel type d’instrument s’agit-il ? (réglementation, taxation, quotas)
2. Sur quel principe repose-t-il ? (interdiction, incitation par le prix, fixation de quantités)
3. Est-il plutôt incitatif ou contraignant ?
4. Peut-il rencontrer des difficultés ? (coût, acceptabilité, contrôle)
À toi de jouer
Acteur : Pouvoirs publics
Exemple : $\underline{\hspace{1.1em}}$ (un élu local)
Rôle : prendre des arrêtés municipaux
Acteur : $\underline{\hspace{1.1em}}$ (organisation non gouvernementale)
Exemple : Greenpeace
Rôle : $\underline{\hspace{1.1em}}$ (alerter, faire pression)
Acteur : Union européenne
Exemple : $\underline{\hspace{1.1em}}$ (institution)
Rôle : fixer des règles communes aux États membres
Acteur : $\underline{\hspace{1.1em}}$
Exemple : experts du climat
Rôle : produire des rapports scientifiques pour éclairer la décision
Corrigé
1. La ville de Paris interdit la circulation des véhicules les plus polluants certains jours. Instrument : $\underline{\hspace{1.1em}}$
2. Le gouvernement instaure une taxe sur les billets d’avion proportionnelle à la distance parcourue. Instrument : $\underline{\hspace{1.1em}}$
3. Dans le cadre du système européen, les cimenteries reçoivent des quotas d’émission de CO₂ qu’elles peuvent vendre ou acheter. Instrument : $\underline{\hspace{1.1em}}$
Corrigé
2. Taxation
3. Marché de quotas
Corrigé
Place à la répétition. Tu vas faire cinq fois le même geste : identifier l'instrument. Comme ça, ce sera automatique.
À toi de jouer
Corrigé
Corrigé
Corrigé
Corrigé
Corrigé
On monte d’un cran. Ces exercices ressemblent à ce que tu pourras croiser en évaluation. Tu vas devoir expliquer, comparer, analyser un texte. Prends ton temps, raisonne. Tu es capable.
Avantages et limites de chaque instrument (pour t'aider)
Réglementation : Avantage : simple, claire, directement contraignante. Limite : uniforme pour tous, ne tient pas compte du coût de dépollution selon les entreprises.
Taxation : Avantage : souple, laisse le choix de réduire ou de payer, incitation permanente à innover. Limites : difficile de fixer le taux optimal, peut peser sur les ménages modestes (problème d’équité et d’acceptabilité).
Marché de quotas : Avantage : permet d’atteindre un objectif quantifié à moindre coût grâce aux échanges. Limites : nécessite une bonne surveillance et peut être complexe à mettre en place ; le prix de la tonne carbone peut être volatile.
À toi de jouer
Corrigé
Corrigé
« Le système d’échange de quotas d’émission (SEQE) de l’UE fixe un plafond d’émissions de CO₂ pour les secteurs couverts. Les entreprises reçoivent des quotas qu’elles peuvent vendre ou acheter sur le marché. L’objectif est de réduire les émissions de 43 % d’ici 2030 par rapport à 2005. »
a) De quel instrument s’agit-il ?
b) Pourquoi ce système est-il censé réduire les émissions à moindre coût ?
Corrigé
b) Les entreprises qui peuvent réduire leurs émissions à faible coût le feront et pourront vendre leurs quotas excédentaires, tandis que celles pour qui la réduction coûte cher achèteront des quotas. Ainsi, la baisse globale des émissions est réalisée là où elle coûte le moins cher, minimisant le coût total pour l’économie.
Corrigé
Corrigé
Tu as les bases. Maintenant, on va un peu plus loin, pour voir comment tout ça est utilisé dans des cas concrets, avec une touche créative. L’an prochain (en prépa, à l’université…), tu pourras étudier l’évaluation des politiques publiques avec des outils comme l’analyse coûts-bénéfices, l’économie comportementale appliquée à l’environnement, ou la fiscalité écologique. Ces petits exercices t’en donnent un avant-goût.
Ce qui t'attend l'an prochain
L’étude de l’action publique pour l’environnement se poursuivra avec des approfondissements : comment évaluer l’efficacité d’une politique (comparaison des résultats aux objectifs, analyse de l’impact redistributif, acceptabilité sociale) ; comment concevoir des taxes ou des marchés de quotas en pratique (fixation du plafond, allocation initiale des quotas) ; le rôle des normes internationales et des accords climat (comme l’Accord de Paris) ; et les approches issues de l’économie comportementale (nudges).