SES / Économie · Terminale

Quels sont les fondements du commerce international ? (avantages comparatifs)

Courage, on va partir de zéro et te rendre opérationnel en un rien de temps. Tu te souviens du chapitre de première sur les défaillances du marché (externalités, biens collectifs) ? Ici, on passe à l'échelle internationale : pourquoi les pays échangent-ils entre eux ? On va voir que le commerce international repose sur la même idée que le commerce local : chacun se spécialise dans ce qu'il fait le mieux, puis on échange. On commence par les bases.

Qu'est-ce que le commerce international ?

Le commerce international désigne l'ensemble des échanges de biens et de services entre des agents situés dans des pays différents.

Les exportations sont les biens et services vendus à l'étranger ; les importations sont ceux achetés à l'étranger.

On parle de spécialisation lorsqu'un pays se concentre sur la production de certains biens plutôt que de tout produire lui-même.

En première, tu as vu les défaillances du marché (externalités, biens collectifs). Ici, on s'intéresse à l'idée que le libre-échange, c'est-à-dire l'absence d'entraves au commerce entre pays, peut être mutuellement bénéfique, à condition de bien identifier les forces en présence.

L'avantage absolu d'Adam Smith (1776)

Adam Smith, dans Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, avance l'idée d'avantage absolu : un pays a intérêt à se spécialiser dans la production des biens qu'il fabrique avec moins de ressources (par exemple, moins d'heures de travail) que les autres pays, puis à échanger.

Exemple : si la France produit du fromage plus efficacement que l'Allemagne (moins d'heures), et l'Allemagne des voitures plus efficacement, alors la France se spécialise en fromage, l'Allemagne en voitures, et elles échangent.

Limite : si un pays est moins productif dans tous les biens, l'avantage absolu ne permet pas d'expliquer pourquoi ce pays aurait malgré tout intérêt à participer au commerce international. C'est là qu'intervient Ricardo (palier suivant).

À toi de jouer

1. Compète les phrases suivantes avec les mots : commerce international, exportations, importations, spécialisation.

Le désigne l'ensemble des échanges de biens et services entre pays.
Les sont les biens vendus à l'étranger.
Les sont les biens achetés à l'étranger.
La consiste pour un pays à se concentrer sur la production de certains biens.
Corrigé
Le commerce international désigne l'ensemble des échanges de biens et services entre pays.
Les exportations sont les biens vendus à l'étranger.
Les importations sont les biens achetés à l'étranger.
La spécialisation consiste pour un pays à se concentrer sur la production de certains biens.
2. On considère deux pays, la France et l'Allemagne, et deux biens, du fromage et des voitures. La France produit une tonne de fromage en 10 heures, et une voiture en 200 heures. L'Allemagne produit une tonne de fromage en 20 heures et une voiture en 100 heures. Selon la logique de l'avantage absolu d'Adam Smith :

La France a un avantage absolu dans le car elle le produit en moins d'heures que l'Allemagne.
L'Allemagne a un avantage absolu dans la car elle la produit en moins d'heures.
Conclusion : la France doit se spécialiser en et l'Allemagne en .
Corrigé
La France a un avantage absolu dans le fromage (10 h < 20 h).
L'Allemagne a un avantage absolu dans la voiture (100 h < 200 h).
Conclusion : la France doit se spécialiser en fromage et l'Allemagne en voitures.
3. Même raisonnement avec un exemple historique : le Portugal et l'Angleterre, avec le drap et le vin. Le Portugal produit 1 unité de drap en 90 heures, 1 unité de vin en 80 heures. L'Angleterre produit 1 unité de drap en 100 heures, 1 unité de vin en 120 heures.

Complète :
Le Portugal a un avantage absolu dans le car 90 h < 100 h.
Le Portugal a un avantage absolu dans le car 80 h < 120 h.
L'Angleterre n'a donc avantage absolu (aucun/un). Dans cette situation, selon Adam Smith, l'Angleterre aurait-elle intérêt à échanger avec le Portugal ? (oui/non), car elle est moins productive dans les deux biens. Cette limite sera dépassée par la théorie des avantages comparatifs.
Corrigé
Le Portugal a un avantage absolu dans le drap (90 h < 100 h).
Le Portugal a un avantage absolu dans le vin (80 h < 120 h).
L'Angleterre n'a donc aucun avantage absolu. Selon Smith, l'Angleterre aurait-elle intérêt à échanger ? Non, car elle est moins productive partout. Cette limite sera dépassée par la théorie des avantages comparatifs.

Ça y est, l'avantage absolu te revient ? Parfait. Mais tu te souviens aussi de sa faiblesse : que faire quand un pays est moins bon partout ? David Ricardo a la réponse. On va calculer des <em>coûts d'opportunité</em> pour trouver l'avantage comparatif. C'est la clé.

La limite de l'avantage absolu

Comme vu au palier précédent, la théorie de l'avantage absolu ne permet pas d'expliquer le commerce lorsqu'un pays est moins productif dans tous les biens. Pourtant, dans la réalité, même ces pays participent au commerce international. David Ricardo (1817) résout cette énigme.

Coût d'opportunité et avantage comparatif

Ricardo introduit la notion d'avantage comparatif. Ce qui compte n'est pas la productivité absolue, mais le coût d'opportunité relatif. Produire un bien, c'est renoncer à produire un autre bien. Chaque pays doit se spécialiser dans le bien pour lequel son coût d'opportunité est le plus faible.

Le coût d'opportunité d'un bien A s'exprime en quantité de bien B : c'est ce à quoi on renonce en produisant 1 unité de A. Par exemple, si pour produire 1 drap, un pays doit renoncer à 1,5 litre de vin, le coût d'opportunité du drap est de 1,5 vin.

Un pays a un avantage comparatif dans le bien A si son coût d'opportunité pour A est plus faible que celui de ses partenaires.

L'exemple du drap et du vin (Portugal / Angleterre)

Reprenons les données :

  • Portugal : 1 drap en 90 h, 1 vin en 80 h.
  • Angleterre : 1 drap en 100 h, 1 vin en 120 h.

Coût d'opportunité du drap (en vin) :
Portugal : $\frac{90}{80} = 1,125$ vins. Angleterre : $\frac{100}{120} \approx 0,833$ vin.
L'Angleterre a un coût d'opportunité plus faible pour le drap, donc elle a un avantage comparatif dans le drap.

Coût d'opportunité du vin (en drap) :
Portugal : $\frac{80}{90} \approx 0,889$ drap. Angleterre : $\frac{120}{100} = 1,2$ drap.
Le Portugal a l'avantage comparatif dans le vin.

Conclusion : le Portugal se spécialise dans le vin, l'Angleterre dans le drap, et ils échangent. La production totale de chaque bien peut augmenter.

Méthode en 3 étapes

  1. Construire le tableau des temps de travail par unité (ou des productivités).
  2. Calculer les coûts d'opportunité : pour chaque pays et chaque bien, diviser le temps unitaire du bien par celui de l'autre bien (ou faire le rapport des productivités).
  3. Comparer : le pays dont le coût d'opportunité est le plus faible pour un bien donné possède l'avantage comparatif dans ce bien.

À toi de jouer

1. On se lance avec l'exemple Portugal-Angleterre. On t'aide à calculer pas à pas.

Tableau des temps de travail pour 1 unité (en heures) :
Portugal : drap = h, vin = h.
Angleterre : drap = h, vin = h.

Coût d'opportunité du drap pour le Portugal : $\frac{90}{80} = \underline{\hspace{1.1em}}$ vins.
Coût d'opportunité du drap pour l'Angleterre : $\frac{100}{120} = \underline{\hspace{1.1em}}$ vin.
Le coût d'opportunité le plus faible est celui de l', donc cette dernière a un avantage comparatif dans le .

Coût d'opportunité du vin pour le Portugal : $\frac{80}{90} = \underline{\hspace{1.1em}}$ drap.
Coût d'opportunité du vin pour l'Angleterre : $\frac{120}{100} = \underline{\hspace{1.1em}}$ drap.
Le coût d'opportunité le plus faible est celui du , donc il a un avantage comparatif dans le .
Corrigé
Tableau : Portugal : drap = 90 h, vin = 80 h. Angleterre : drap = 100 h, vin = 120 h.
Coût d'opportunité du drap pour le Portugal : 90/80 = 1,125 vins.
Pour l'Angleterre : 100/120 = 0,833 vin.
Le plus faible est celui de l'Angleterre, donc elle a l'avantage comparatif dans le drap.
Coût d'opportunité du vin pour le Portugal : 80/90 = 0,889 drap.
Pour l'Angleterre : 120/100 = 1,2 drap.
Le plus faible est celui du Portugal, donc il a l'avantage comparatif dans le vin.
2. Nouvel exemple : deux pays, A et B, produisent deux biens X et Y. Temps de travail pour 1 unité :
- Pays A : X = 4 h, Y = 2 h.
- Pays B : X = 1 h, Y = 3 h.

Calcule les coûts d'opportunité en complétant :
Pour A, coût d'opp. de X en Y : $\frac{4}{2} = \underline{\hspace{1.1em}}$ Y.
Pour A, coût d'opp. de Y en X : $\frac{2}{4} = \underline{\hspace{1.1em}}$ X.
Pour B, coût d'opp. de X en Y : $\frac{1}{3} \approx \underline{\hspace{1.1em}}$ Y.
Pour B, coût d'opp. de Y en X : $\frac{3}{1} = \underline{\hspace{1.1em}}$ X.

Pour le bien X, quel pays a le coût d'opportunité le plus faible ? (A/B) a un avantage comparatif en X.
Pour le bien Y, quel pays a le coût d'opportunité le plus faible ? (A/B) a un avantage comparatif en Y.
Corrigé
Pour A, coût d'opp. de X en Y : 2 Y. Coût d'opp. de Y en X : 0,5 X.
Pour B, coût d'opp. de X en Y : 0,33 Y. Coût d'opp. de Y en X : 3 X.
Pour X, B a le coût d'opp. le plus faible (0,33 < 2), donc B a l'avantage comparatif en X.
Pour Y, A a le coût d'opp. le plus faible (0,5 < 3), donc A a l'avantage comparatif en Y.
3. Et maintenant une question de réflexion : dans l'exemple précédent, le pays B est plus productif dans les deux biens (1 h pour X contre 4 h pour A, 3 h pour Y contre 2 h pour A). Pourtant, A a un avantage comparatif en Y. Explique en une phrase pourquoi A a quand même intérêt à échanger avec B.

Indice : compare le coût d'opportunité de Y pour A (ce à quoi il renonce) à celui de B.
Corrigé
Le pays A a un coût d'opportunité pour Y de 0,5 X, tandis que B a un coût d'opportunité de 3 X. Cela signifie que A sacrifie moins de X pour produire 1 Y que B. A a donc un avantage comparatif en Y. En se spécialisant en Y et en l'échangeant contre du X (où B a l'avantage comparatif), A obtient plus de X que s'il les produisait lui-même. Les deux pays y gagnent.

On passe au mode automatique. Cinq petits exercices, le même schéma à chaque fois : un tableau, des coûts d'opportunité à calculer, et hop. Tu vas voir, c'est toujours la même mécanique. On chauffe les neurones.

À toi de jouer

1. Pays P et Q. Bien 1 (B1) et Bien 2 (B2). Temps pour 1 unité : P : B1 = 6 h, B2 = 3 h ; Q : B1 = 2 h, B2 = 5 h.

Complète :
Coût d'opportunité de B1 en B2 : P = $\frac{6}{3} = \underline{\hspace{1.1em}}$ B2 ; Q = $\frac{2}{5} = \underline{\hspace{1.1em}}$ B2.
Avantage comparatif B1 : pays (P/Q).

Coût d'opportunité de B2 en B1 : P = $\frac{3}{6} = \underline{\hspace{1.1em}}$ B1 ; Q = $\frac{5}{2} = \underline{\hspace{1.1em}}$ B1.
Avantage comparatif B2 : pays (P/Q).
Corrigé
Coût d'opp. B1 : P = 2 B2 ; Q = 0,4 B2. Avantage comparatif B1 : Q (0,4 < 2).
Coût d'opp. B2 : P = 0,5 B1 ; Q = 2,5 B1. Avantage comparatif B2 : P (0,5 < 2,5).
2. Pays A et B. Bien X et Y. Temps pour 1 unité : A : X = 10 h, Y = 2 h ; B : X = 8 h, Y = 4 h.

Complète :
Coût d'opportunité de X en Y : A = $\frac{10}{2} = \underline{\hspace{1.1em}}$ Y ; B = $\frac{8}{4} = \underline{\hspace{1.1em}}$ Y. Avantage comparatif X : pays .
Coût d'opportunité de Y en X : A = $\frac{2}{10} = \underline{\hspace{1.1em}}$ X ; B = $\frac{4}{8} = \underline{\hspace{1.1em}}$ X. Avantage comparatif Y : pays .
Corrigé
A : coût opp X = 5 Y ; B : coût opp X = 2 Y -> avantage B en X.
A : coût opp Y = 0,2 X ; B : coût opp Y = 0,5 X -> avantage A en Y.
3. Pays U et V. Bien M et N. Temps unitaires : U : M = 5 h, N = 1 h ; V : M = 5 h, N = 10 h.

Complète :
Coût d'opportunité de M en N : U = $\frac{5}{1} = \underline{\hspace{1.1em}}$ N ; V = $\frac{5}{10} = \underline{\hspace{1.1em}}$ N. Avantage comparatif M : pays .
Coût d'opportunité de N en M : U = $\frac{1}{5} = \underline{\hspace{1.1em}}$ M ; V = $\frac{10}{5} = \underline{\hspace{1.1em}}$ M. Avantage comparatif N : pays .
Corrigé
U : coût opp M = 5 N ; V : coût opp M = 0,5 N -> avantage V en M.
U : coût opp N = 0,2 M ; V : coût opp N = 2 M -> avantage U en N.
4. Pays Nord et Sud. Bien A et B. Temps : Nord : A = 12 h, B = 4 h ; Sud : A = 3 h, B = 2 h.

Complète :
Coût d'opportunité de A en B : Nord = $\frac{12}{4} = \underline{\hspace{1.1em}}$ B ; Sud = $\frac{3}{2} = \underline{\hspace{1.1em}}$ B. Avantage comparatif A : pays .
Coût d'opportunité de B en A : Nord = $\frac{4}{12} = \underline{\hspace{1.1em}}$ A ; Sud = $\frac{2}{3} \approx \underline{\hspace{1.1em}}$ A. Avantage comparatif B : pays .
Corrigé
Nord : coût opp A = 3 B ; Sud : coût opp A = 1,5 B -> avantage Sud en A.
Nord : coût opp B ≈ 0,33 A ; Sud : coût opp B ≈ 0,67 A -> avantage Nord en B.
5. Pays 1 et 2. Bien H et K. Temps : 1 : H = 9 h, K = 3 h ; 2 : H = 3 h, K = 6 h.

Complète :
Coût d'opportunité de H en K : 1 = $\frac{9}{3} = \underline{\hspace{1.1em}}$ K ; 2 = $\frac{3}{6} = \underline{\hspace{1.1em}}$ K. Avantage comparatif H : pays .
Coût d'opportunité de K en H : 1 = $\frac{3}{9} \approx \underline{\hspace{1.1em}}$ H ; 2 = $\frac{6}{3} = \underline{\hspace{1.1em}}$ H. Avantage comparatif K : pays .
Corrigé
1 : coût opp H = 3 K ; 2 : coût opp H = 0,5 K -> avantage 2 en H.
1 : coût opp K ≈ 0,33 H ; 2 : coût opp K = 2 H -> avantage 1 en K.

Maintenant on est au niveau du contrôle. Tu vas mobiliser tout ce que tu sais : calculs d'avantages comparatifs, interprétation, et aussi une ouverture sur les autres déterminants du commerce international. Les exercices sont plus variés, sans trous : c'est toi qui rédiges. Fais-toi confiance.

À toi de jouer

1. Le tableau suivant donne le nombre d'heures de travail nécessaires pour produire une unité de chaque bien dans deux pays, A et B.

Pays APays B
Bien X4 h8 h
Bien Y2 h2 h

1. Calcule, pour chaque pays, le coût d'opportunité du bien X en Y et du bien Y en X.
2. Détermine l'avantage comparatif de chaque pays dans chacun des biens.
3. Propose une spécialisation conforme à l'avantage comparatif.
4. Vérifie que les deux pays peuvent gagner à l'échange si le taux d'échange international est, par exemple, de 1 X = 3 Y. (Tu montreras qu'avec la spécialisation, chaque pays obtient plus de l'autre bien qu'en autarcie.)
Corrigé
1. Coût d'opportunité :
- Pour A :
- Coût opp X = 4/2 = 2 Y
- Coût opp Y = 2/4 = 0,5 X
- Pour B :
- Coût opp X = 8/2 = 4 Y
- Coût opp Y = 2/8 = 0,25 X

2. Avantage comparatif :
- En X : A (2 Y < 4 Y)
- En Y : B (0,25 X < 0,5 X)

3. Spécialisation : A produit uniquement X, B uniquement Y.

4. Avec une spécialisation complète, soit chaque pays disposant de 8 heures de travail (par exemple) :
- A produit 8/4 = 2 unités de X
- B produit 8/2 = 4 unités de Y
Avec un taux d'échange de 1 X = 3 Y, si A échange 1 X contre 3 Y de B, alors :
- A obtient au final 1 X et 3 Y. En autarcie, pour obtenir 1 X et 3 Y, il lui faudrait 4 h + 6 h = 10 h (> 8 h). Donc A gagne à l'échange.
- B échange 3 Y contre 1 X, il lui reste 1 Y et 1 X. En autarcie, pour 1 X et 1 Y, il lui faudrait 8 h + 2 h = 10 h (> 8 h). B gagne également.
Les deux pays profitent donc du commerce.
2. Dans le tableau suivant, les chiffres représentent les productivités horaires (unités produites par heure) pour deux pays C et D.

Pays CPays D
Blé (kg)105
Tissu (m)43

1. Calcule le coût d'opportunité d'un kilogramme de blé en mètres de tissu, puis d'un mètre de tissu en kilogrammes de blé, pour chaque pays.
2. Détermine l'avantage comparatif de chaque pays.
3. Pourquoi dit-on que le commerce peut être mutuellement bénéfique même si le pays C est plus productif dans les deux biens ?
Corrigé
1. Coût d'opportunité :
- Blé :
- C : pour 1 kg de blé, il renonce à 4/10 = 0,4 m de tissu.
- D : pour 1 kg de blé, il renonce à 3/5 = 0,6 m de tissu.
- Tissu :
- C : 1 m de tissu coûte 10/4 = 2,5 kg de blé.
- D : 1 m de tissu coûte 5/3 ≈ 1,67 kg de blé.

2. Avantage comparatif : blé → C (0,4 < 0,6) ; tissu → D (1,67 < 2,5).

3. Le commerce est bénéfique car chaque pays se spécialise dans le bien où son coût d'opportunité est le plus faible. Cela permet d'augmenter la production mondiale totale et d'offrir plus de biens aux consommateurs des deux pays. Même si C est plus productif partout, D a un avantage comparatif dans le tissu où son désavantage relatif est moindre. En se spécialisant et en échangeant, les deux pays obtiennent plus qu'en autarcie.
3. Présentez deux autres déterminants du commerce international que les avantages comparatifs technologiques, et illustrez-les par des exemples contemporains.
Corrigé
Parmi les déterminants du commerce international, on peut citer :
1. Les dotations factorielles (modèle HOS) : un pays se spécialise dans les biens qui utilisent intensément le facteur de production (travail, capital, terre) dont il est le plus abondamment doté. Exemple : les pays en développement, abondants en main-d'œuvre, exportent des produits à forte intensité de travail (textile, assemblage).
2. Les économies d'échelle et la différenciation des produits : produire en grande quantité réduit le coût unitaire, ce qui incite à la spécialisation même dans des biens similaires. Cela explique le commerce intrabranche. Exemple : l'Allemagne et la France échangent des automobiles pour profiter d'économies d'échelle tout en offrant une variété de modèles aux consommateurs.
4. Vous disposez du document suivant (extrait de l'INSEE) : « En 2019, les échanges de matériels de transport entre la France et l'Allemagne représentaient 15 % du commerce bilatéral, avec des flux croisés à la fois de voitures et de pièces détachées. » Expliquez pourquoi ce type d'échange intrabranche ne peut pas être expliqué par la seule théorie des avantages comparatifs de Ricardo.
Corrigé
La théorie ricardienne repose sur des différences de productivité et prédit des échanges interbranches (biens différents). Or, ici, on observe des échanges croisés de produits d'une même branche (automobile). Cela s'explique par d'autres facteurs : la recherche de variété des consommateurs, les économies d'échelle (chaque pays se spécialise sur un segment pour réduire les coûts) et la différenciation des produits (qualité, design). Ces échanges intrabranches relèvent des théories modernes du commerce (Krugman, etc.).
5. Deux pays, E et F, possèdent chacun 1200 heures de travail par an. Les temps de production unitaires sont :
- Pays E : 1 unité de bien A = 2 h, 1 unité de bien B = 6 h.
- Pays F : 1 unité de bien A = 3 h, 1 unité de bien B = 3 h.

1. En situation d'autarcie, chaque pays répartit son temps de travail à parts égales entre les deux biens. Calculez la production totale de chaque bien pour l'ensemble des deux pays.
2. Déterminez l'avantage comparatif de chaque pays.
3. Supposez que chaque pays se spécialise entièrement dans le bien pour lequel il a un avantage comparatif. Calculez la nouvelle production mondiale totale de chaque bien.
4. Montrez que la spécialisation a permis d'augmenter la production mondiale.
Corrigé
1. En autarcie : chaque pays consacre 600 h à chaque bien.
- E produit 600/2 = 300 unités de A, 600/6 = 100 unités de B.
- F produit 600/3 = 200 unités de A, 600/3 = 200 unités de B.
Total mondial : A = 300+200 = 500, B = 100+200 = 300.

2. Coûts d'opportunité :
- Pour E : 1 A = 2/6 = 1/3 B ; 1 B = 6/2 = 3 A.
- Pour F : 1 A = 3/3 = 1 B ; 1 B = 1 A.
E a un avantage comparatif en A (1/3 < 1), F en B (1 < 3).

3. Avec spécialisation :
- E produit uniquement A : 1200/2 = 600 A.
- F produit uniquement B : 1200/3 = 400 B.
Total : A = 600, B = 400.

4. Comparaison : la production de A est passée de 500 à 600 (+20 %), celle de B de 300 à 400 (+33 %). La spécialisation a donc augmenté la production mondiale des deux biens, libérant un surplus qui peut être redistribué via l'échange.

Tu maîtrises maintenant les avantages comparatifs. Prêt à voir plus loin ? L'année prochaine (ou en prépa), tu approfondiras avec le modèle HOS, les nouvelles théories du commerce, et la fragmentation des chaînes de valeur. On te donne un avant-goût avec trois exercices pour comprendre que le commerce international est un phénomène bien plus complexe.

À toi de jouer

1. Selon le modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson (HOS), les échanges internationaux s'expliquent par les dotations relatives en facteurs de production (travail, capital, terre). Un pays aura tendance à exporter les biens qui utilisent intensément le facteur dont il est le plus abondamment doté.

Données :
- Le pays X dispose de 10 000 heures de travail et de 1 000 unités de capital.
- Le pays Y dispose de 5 000 heures de travail et de 2 000 unités de capital.
Deux biens sont produits : les textiles, qui nécessitent pour 1 unité 5 heures de travail et 1 unité de capital ; les machines-outils, qui nécessitent 2 heures de travail et 4 unités de capital.

1. Quel est le pays relativement le mieux doté en travail ? Lequel en capital ? (Indice : calcule le ratio capital/travail pour chaque pays.)
2. Dans quel bien le pays X a-t-il un avantage comparatif ? Selon HOS, qu'exporte-t-il ?
Corrigé
1. Ratio capital/travail (K/L) :
- X : 1 000/10 000 = 0,1.
- Y : 2 000/5 000 = 0,4.
X a un ratio plus faible, donc X est relativement abondant en travail ; Y est relativement abondant en capital.

2. Intensité factorielle des biens :
- Textile : K/L = 1/5 = 0,2.
- Machine-outil : K/L = 4/2 = 2.
Le textile est intensif en travail, la machine-outil en capital. Selon HOS, un pays exporte le bien intensif dans son facteur abondant. X, abondant en travail, se spécialise dans le textile et l'exporte. Y exporte les machines-outils.
2. Le commerce intrabranche : deux pays, l'Italie et la France, produisent des pâtes alimentaires, un bien différencié par la marque, la forme, la qualité. Les deux pays ont des technologies similaires et des coûts de production proches. Pourtant, on observe que l'Italie exporte des pâtes vers la France et la France exporte des pâtes vers l'Italie.

1. Comment expliquer ce commerce sans avantage comparatif technologique ?
2. Pourquoi ce commerce est-il bénéfique pour les consommateurs ?
Corrigé
1. Ce commerce s'explique par la différenciation des produits et la recherche de variété. Les consommateurs italiens peuvent désirer certaines pâtes françaises (ex. coquillettes) et les consommateurs français apprécier des pâtes italiennes (ex. penne). De plus, des économies d'échelle peuvent être réalisées si chaque pays se spécialise sur une gamme spécifique, réduisant les coûts unitaires.
2. Il est bénéfique car il offre aux consommateurs un plus grand choix (variété) et peut entraîner des prix plus bas grâce aux économies d'échelle. C'est la logique du commerce intrabranche théorisée par Krugman.
3. La fragmentation de la chaîne de valeur : l'entreprise « TechGlobal » conçoit des ordinateurs portables aux États-Unis, fait fabriquer les microprocesseurs à Taïwan, les écrans en Corée du Sud, et assemble les produits en Chine, avant de les vendre en Europe et en Amérique.

1. En quoi cette organisation correspond-elle à une exploitation des avantages comparatifs à un niveau plus fin ?
2. Identifiez un avantage de cette fragmentation pour l'entreprise et un risque associé.
Corrigé
1. Chaque étape de production est localisée là où le pays possède un avantage comparatif pour cette tâche spécifique : les États-Unis pour la conception (main-d'œuvre hautement qualifiée), Taïwan et la Corée pour les composants de haute technologie (capital et expertise), la Chine pour l'assemblage (main-d'œuvre abondante à coût modéré). Cela applique l'avantage comparatif à chaque étape de la chaîne de valeur plutôt qu'au produit final.
2. Avantage : réduction des coûts de production en exploitant les meilleures efficacités de chaque lieu, ce qui améliore la compétitivité. Risque : dépendance aux chaînes d'approvisionnement internationales, vulnérabilité aux chocs (catastrophes naturelles, tensions commerciales, comme la pénurie de semi-conducteurs en 2021).