Contraception et maîtrise de la reproduction
La reproduction humaine repose sur deux étapes essentielles : la fécondation (rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule dans les trompes de Fallope) et la nidation (implantation de l'embryon dans la paroi de l'utérus, environ 7 jours après).
Maîtriser la reproduction, c'est agir sur l'une de ces étapes — ou sur les conditions qui y conduisent — pour éviter une grossesse non désirée. On distingue la contraception (méthodes temporaires et réversibles) de la stérilisation (définitive) et de l'IVG (interruption volontaire de grossesse), qui intervient après la fécondation.
Chaque méthode contraceptive agit à une étape précise :
- Bloquer l'ovulation : les contraceptifs hormonaux (pilule, patch, implant, anneau vaginal) diffusent des hormones de synthèse qui empêchent la libération de l'ovule par l'ovaire.
- Empêcher la rencontre des gamètes : les méthodes barrières (préservatif masculin ou féminin, diaphragme) forment un obstacle physique entre spermatozoïdes et ovule.
- Modifier la glaire cervicale : certaines hormones épaississent le mucus au col de l'utérus, rendant le passage des spermatozoïdes impossible.
- Empêcher la nidation : le dispositif intra-utérin (DIU ou stérilet) crée un environnement défavorable à l'implantation de l'embryon dans l'utérus.
- Méthodes hormonales : pilule (quotidienne), patch (hebdomadaire), implant sous-cutané (durée 3 ans), anneau vaginal (mensuel). Très efficaces — indice de Pearl proche de 0.
- Dispositif intra-utérin (DIU) : stérilet hormonal ou en cuivre, posé par un médecin pour 3 à 10 ans. Efficacité très élevée.
- Méthodes barrières : préservatif masculin ou féminin, diaphragme. Le préservatif est le seul moyen de se protéger simultanément des IST (infections sexuellement transmissibles).
- Méthodes locales : spermicides (crèmes ou gels détruisant les spermatozoïdes). Efficacité plus faible, souvent utilisés en complément d'une autre méthode.
- Méthodes naturelles : méthode Ogino (calcul des jours fertiles selon le cycle). Peu fiables — non recommandées comme contraception principale.
L'indice de Pearl indique le nombre de grossesses non désirées survenues chez 100 femmes utilisant une méthode contraceptive pendant un an. Plus l'indice est faible, plus la méthode est efficace.
- Pilule : indice de Pearl ≈ 0,1 à 0,3 (usage correct).
- Préservatif seul : indice de Pearl ≈ 2 à 15 (variable selon l'utilisation).
- Méthode Ogino : indice de Pearl ≈ 15 à 25.
- En cas de rapport non protégé ou d'échec contraceptif (préservatif déchiré), on peut recourir à la contraception d'urgence.
- La pilule du lendemain (lévonorgestrel) doit être prise dans les 72 heures suivant le rapport ; son efficacité diminue avec le délai.
- Son mécanisme : retarder ou bloquer l'ovulation pour empêcher la fécondation. Elle ne provoque pas d'avortement.
- Elle est disponible sans ordonnance en pharmacie et gratuitement pour les mineures.
- Le préservatif est le seul contraceptif qui protège aussi des IST : une pilule ou un DIU ne protège pas contre le VIH, les hépatites ou les autres IST.
- La pilule du lendemain n'est pas une méthode contraceptive régulière : elle est moins efficace que la pilule et est uniquement prévue pour les situations d'urgence.
- La méthode Ogino est peu fiable car la durée du cycle peut varier d'un mois à l'autre, rendant le calcul des jours fertiles incertain.
- Un contraceptif hormonal (pilule, patch…) n'est pleinement efficace qu'après 7 jours de prise correcte : un moyen complémentaire est nécessaire au début.