Contrôle demain, et ce chapitre tu ne l’as jamais ouvert. Bonne nouvelle : il tient en quatre choses — ce qu’est une mutation, d’où elle vient, les trois types qu’on te demandera de reconnaître, et les trois effets qu’elle peut avoir. Plus un exemple, le papillon, qui revient presque à chaque fois. Lis-les dans cet ordre : c’est exactement l’ordre dans lequel on te les demandera.

L’idée en trois phrases

L’ADN est le support de l’information génétique de tous les êtres vivants. Il est formé d’une séquence de quatre nucléotides, notés A, T, G et C.

Une mutation est une modification aléatoire et héréditaire de cette séquence. Elle survient lors de la réplication de l’ADN — la copie de l’ADN avant une division cellulaire — ou bien elle est provoquée par un agent mutagène.

Les mutations sont la source première de la diversité génétique. Sur de nombreuses générations, elles introduisent de nouveaux caractères dans les populations et contribuent, via la sélection naturelle, à la biodiversité.

Les trois types de mutations

Il n’y en a que trois, et on te demandera de les reconnaître sur une séquence d’ADN. Retiens le verbe de chacune : remplacer, supprimer, ajouter.

TypeCe qui se passe dans la séquence
SubstitutionUn nucléotide est remplacé par un autre (exemple : C remplacé par T)
DélétionUn ou plusieurs nucléotides sont supprimés de la séquence
InsertionUn ou plusieurs nucléotides sont ajoutés dans la séquence
Le repère qui va vite

Compte les nucléotides des deux séquences. Même nombre → c’est une substitution (on a seulement échangé une lettre). Moins qu’avant → délétion. Plus qu’avant → insertion.

Les trois effets possibles

Une mutation peut avoir trois effets. L’ordre compte, parce qu’ils ne sont pas du tout aussi fréquents les uns que les autres :

  • Neutre — c’est le cas très fréquent, le cas ordinaire.
  • Défavorable.
  • Favorable — c’est le cas rare.
Le réflexe qui rapporte des points

« Favorable » et « défavorable » ne veulent rien dire tout seuls : c’est toujours dans un milieu donné. La même modification de l’ADN peut être défavorable dans un milieu et favorable dans un autre — c’est très exactement ce que raconte l’exemple du papillon, plus bas.

Les agents mutagènes

Un agent mutagène est un facteur qui augmente la fréquence des mutations. Trois familles, avec les exemples du cours :

  • Physiques : les rayonnements ultraviolets (les UV du soleil), les rayons X.
  • Chimiques : les composés du tabac, certains pesticides.
  • Biologiques : certains virus.
La phrase qu’on oublie toujours

Des mutations surviennent aussi spontanément lors de la copie de l’ADN : aucun agent extérieur n’est indispensable. L’agent mutagène rend les mutations plus fréquentes, il ne les rend pas possibles.

L’exemple qui tombe — le mélanisme industriel (Biston betularia)

Avant l’industrialisation

Les papillons clairs (typica) dominent : camouflés sur les troncs couverts de lichens, ils échappent aux prédateurs.

Une mutation sur un gène de pigmentation produit des individus à ailes sombres (carbonaria). Sur fond clair, ils sont visibles et prédatés : dans ce milieu, la mutation est défavorable.

Après l’industrialisation

La suie noircit les troncs d’arbres. Les papillons sombres sont désormais camouflés : la même mutation devient favorable.

Les individus sombres survivent et se reproduisent davantage. Leur fréquence augmente dans la population : c’est la sélection naturelle, et c’est ainsi que la biodiversité est modifiée.

Ce qu’il faut avoir retenu de cet exemple, en une ligne : la mutation n’a pas changé, c’est le milieu qui a changé — et l’effet de la mutation avec lui.

Si on te donne une mutation à analyser

Quatre étapes, toujours les mêmes, toujours dans cet ordre
  1. Décrire la mutation : quel type ? Substitution, délétion ou insertion.
  2. Déterminer si la protéine codée est modifiée, donc si le phénotype change — c’est-à-dire le caractère observable de l’individu, comme la couleur des ailes du papillon.
  3. Évaluer l’effet dans le milieu donné : neutre, défavorable ou favorable.
  4. Préciser la transmission : mutation somatique (dans une cellule du corps, non héréditaire) ou germinale (dans un gamète, transmissible à la descendance).

Les trois phrases à ne surtout pas écrire

Erreurs fréquentes
  • « Une mutation, c’est forcément grave. » — Une mutation n’est pas toujours nuisible : elle est le plus souvent neutre, et parfois favorable selon le milieu.
  • « Le papillon est devenu sombre pour se camoufler. » — Les mutations ne sont pas dirigées par le besoin de l’organisme : elles sont aléatoires. C’est l’environnement qui sélectionne ensuite les individus les mieux adaptés.
  • « Cette personne a une mutation dans une cellule de sa peau, donc ses enfants l’auront. » — Une mutation somatique (dans une cellule du corps) ne se transmet pas aux enfants ; seule une mutation germinale (dans un ovule ou un spermatozoïde) est héréditaire.

« Mutation », « ADN », le papillon sur son tronc d’arbre : ça te dit quelque chose, mais au moment de rédiger le fil se perd. On remet donc le chapitre à plat, dans l’ordre — ce qu’est l’ADN, ce qu’une mutation vient y changer, quand elle apparaît, les trois types, les trois effets — puis on remonte le fil jusqu’à la biodiversité. Et on termine par la méthode, celle qu’on te demandera d’appliquer sur un document.

L’ADN, et ce qu’une mutation vient y changer

L’ADN est le support de l’information génétique de tous les êtres vivants. Le mot « tous » fait partie du cours : bactérie, papillon ou humain, c’est la même molécule qui porte l’information.

Cet ADN est formé d’une séquence de quatre nucléotides : A, T, G, C. Quatre, pas plus. Une séquence d’ADN, c’est donc une suite de ces quatre lettres, dans un ordre précis.

Une mutation est une modification aléatoire et héréditaire de cette séquence. Deux adjectifs, et on te demandera les deux :

  • Aléatoire : elle survient par hasard. Elle n’est pas dirigée par le besoin de l’organisme.
  • Héréditaire : elle est transmissible à la descendance. Le cours précise à quelle condition, et c’est la quatrième étape de la méthode : il faut que la mutation touche un gamète — un ovule ou un spermatozoïde. On parle alors de mutation germinale. Une mutation survenue dans une cellule du corps, dite somatique, ne se transmet pas aux enfants.

Quand une mutation apparaît — deux origines, pas une

Le cours en donne deux, et il faut les citer toutes les deux.

  • Lors de la réplication de l’ADN, c’est-à-dire lors de la copie de l’ADN avant une division cellulaire. Une erreur de copie, et la séquence n’est plus tout à fait celle d’origine.
  • Provoquée par un agent mutagène, un facteur extérieur qui vient modifier l’ADN.
Les agents mutagènes

Ces agents augmentent la fréquence des mutations. Des mutations surviennent aussi spontanément lors de la copie de l’ADN : aucun agent extérieur n’est indispensable.

  • Physiques : rayonnements ultraviolets (UV du soleil), rayons X.
  • Chimiques : composés du tabac, certains pesticides.
  • Biologiques : certains virus.

La nuance sur le rôle de l’agent mutagène est régulièrement demandée, et régulièrement ratée. Un agent mutagène n’est pas la cause obligatoire d’une mutation : c’est un facteur qui en augmente la fréquence. Sans lui, il y aurait quand même des mutations — moins souvent.

Les trois types de mutations

Une mutation modifie la séquence de nucléotides. Il y a trois façons de la modifier, et une seule question à se poser : qu’est-il arrivé aux lettres ?

TypeDéfinition du coursLongueur de la séquence
SubstitutionUn nucléotide est remplacé par un autre (exemple : C remplacé par T)Inchangée
DélétionUn ou plusieurs nucléotides sont supprimés de la séquenceDiminuée
InsertionUn ou plusieurs nucléotides sont ajoutés dans la séquenceAugmentée

La colonne de droite n’est pas une définition supplémentaire à apprendre : c’est la conséquence directe des trois définitions. Elle te sert de vérification quand tu compares deux séquences dans un exercice.

Trois effets — et un seul juge, le milieu

Une fois la mutation décrite, la question suivante est toujours : quel effet ? Le cours en distingue trois, et les assortit d’une indication de fréquence qu’il faut reprendre :

  • Neutretrès fréquent.
  • Défavorable.
  • Favorablerare.

Pourquoi une mutation peut-elle être neutre ? Parce que modifier la séquence d’ADN ne suffit pas : encore faut-il que la protéine codée soit modifiée, et donc que le phénotype change. C’est l’enchaînement de la deuxième étape de la méthode. Si la protéine est la même, rien ne change chez l’individu : la mutation est neutre.

Et quand le phénotype change, « favorable » ou « défavorable » ne se décide pas dans l’absolu : cela se décide dans le milieu donné. C’est pour cette raison que le cours choisit l’exemple du papillon — un cas où la même mutation change d’étiquette parce que le milieu a changé.

De la mutation à la biodiversité

C’est la partie qu’on te demande de rédiger, pas seulement de reconnaître. Elle s’enchaîne en quatre maillons :

  1. Une mutation modifie au hasard la séquence d’ADN d’un individu.
  2. Les mutations sont ainsi la source première de la diversité génétique : elles créent des versions différentes de l’information génétique dans une population.
  3. Sur de nombreuses générations, elles introduisent de nouveaux caractères dans les populations.
  4. La sélection naturelle intervient alors, et l’ensemble contribue à la biodiversité.
Le fil, déroulé sur le papillon Biston betularia

Avant l’industrialisation. Les papillons clairs (typica) dominent : camouflés sur les troncs couverts de lichens, ils échappent aux prédateurs. Une mutation sur un gène de pigmentation produit des individus à ailes sombres (carbonaria) ; sur fond clair, ils sont visibles et prédatés. La mutation est défavorable dans ce milieu.

Après l’industrialisation. La suie noircit les troncs. Les papillons sombres sont désormais camouflés : la même mutation devient favorable. Les individus sombres survivent et se reproduisent davantage, leur fréquence augmente dans la population — c’est la sélection naturelle qui modifie la biodiversité.

Note bien l’ordre des événements : la mutation existe avant que le milieu change. Le milieu ne la fabrique pas, il la trie.

La méthode — analyser l’effet d’une mutation

Les quatre étapes, dans l’ordre
  1. Décrire la mutation : quel type ? Substitution, délétion ou insertion. On attend le mot exact, et la comparaison qui le justifie — quelle position, quel nucléotide.
  2. Déterminer si la protéine codée est modifiée, donc si le phénotype change. C’est l’étape charnière : c’est elle qui fait le lien entre l’ADN et l’individu.
  3. Évaluer l’effet dans le milieu donné : neutre, défavorable ou favorable. Le complément « dans le milieu donné » n’est pas décoratif — sans lui, la réponse est incomplète.
  4. Préciser la transmission : mutation somatique (cellule du corps, non héréditaire) ou germinale (gamète, transmissible à la descendance).
Erreurs fréquentes
  • Une mutation n’est pas toujours nuisible : elle est le plus souvent neutre, et parfois favorable selon le milieu.
  • Les mutations ne sont pas dirigées par le besoin de l’organisme : elles sont aléatoires. L’environnement sélectionne ensuite les individus les mieux adaptés.
  • Une mutation somatique ne se transmet pas aux enfants ; seule une mutation germinale (ovule ou spermatozoïde) est héréditaire.

On met les mains dedans, mais je rédige avec toi. D’abord le cours complet du niveau, posé proprement. Puis les trois types de mutations vus directement sur une séquence, lettre par lettre. Puis deux exemples entièrement traités : le papillon du chapitre, et une analyse de document menée étape par étape avec la méthode. Rien à chercher seul ici — ce sont deux modèles de rédaction dont tu peux reprendre la structure telle quelle.

Le cours, posé

L’ADN est le support de l’information génétique de tous les êtres vivants. Il est formé d’une séquence de quatre nucléotides : A, T, G, C. L’information tient donc dans l’ordre de ces quatre lettres.

Une mutation est une modification aléatoire et héréditaire de cette séquence. Elle a deux origines possibles : elle survient lors de la réplication de l’ADN — la copie de l’ADN avant une division cellulaire — ou bien elle est provoquée par un agent mutagène.

Cette modification peut être de trois types : substitution (un nucléotide remplacé par un autre), délétion (un ou plusieurs nucléotides supprimés), insertion (un ou plusieurs nucléotides ajoutés). Et elle peut avoir trois effets : neutre (très fréquent), défavorable, ou favorable (rare).

Enfin, ce qui donne son titre au chapitre : les mutations sont la source première de la diversité génétique. Sur de nombreuses générations, elles introduisent de nouveaux caractères dans les populations et contribuent, via la sélection naturelle, à la biodiversité.

Une dernière distinction, qui décide de la transmission : une mutation somatique touche une cellule du corps et n’est pas héréditaire ; une mutation germinale touche un gamète — ovule ou spermatozoïde — et est transmissible à la descendance.

Les trois types, vus sur une séquence

Les définitions sont courtes, mais elles ne deviennent utilisables qu’une fois posées sur des lettres. Prenons une séquence de départ, à huit nucléotides :

Séquence de référence — 8 nucléotides

A – T – G – C – A – G – T – C

Les positions se comptent de gauche à droite : le C est en position 4.

Substitution — le nucléotide en position 4 est remplacé

Séquence mutée : A – T – G – T – A – G – T – C

Le C de la position 4 a été remplacé par un T. Aucune lettre n’a été ajoutée ni retirée : la séquence compte toujours 8 nucléotides.

Délétion — le nucléotide en position 4 est supprimé

Séquence mutée : A – T – G – A – G – T – C

Le C a disparu et les nucléotides suivants se sont décalés vers la gauche. La séquence ne compte plus que 7 nucléotides.

Insertion — un nucléotide est ajouté après la position 3

Séquence mutée : A – T – G – A – C – A – G – T – C

Un A s’est ajouté et tout ce qui suivait a été décalé vers la droite. La séquence compte désormais 9 nucléotides.

Comment reconnaître le type à coup sûr
  • Compte d’abord les nucléotides des deux séquences. Même nombre → substitution. Moins → délétion. Plus → insertion.
  • Puis compare position par position, de gauche à droite, jusqu’à la première différence. C’est cette position que tu cites dans ta réponse.
  • Rédige les deux : le type et sa justification. « Le nucléotide C de la position 4 est remplacé par un T, sans ajout ni suppression : c’est une substitution. »

Les agents mutagènes — ce qu’ils font, et ce qu’ils ne font pas

Un agent mutagène est un facteur qui augmente la fréquence des mutations. Le cours en distingue trois familles :

FamilleExemples du cours
PhysiquesRayonnements ultraviolets (UV du soleil), rayons X
ChimiquesComposés du tabac, certains pesticides
BiologiquesCertains virus

Et voici ce qu’ils ne font pas, ce qui est au moins aussi important : ils ne sont pas la condition d’existence des mutations. Des mutations surviennent aussi spontanément lors de la copie de l’ADNaucun agent extérieur n’est indispensable. C’est bien pour cela que le cours donne deux origines à la mutation, et pas une : la réplication d’un côté, l’agent mutagène de l’autre.

Attention aussi à ne pas leur prêter un pouvoir de direction. Un agent mutagène rend les mutations plus fréquentes ; il ne choisit ni où elles tombent, ni ce qu’elles produisent. La mutation reste aléatoire.

Exemple entièrement traité n°1 — le mélanisme industriel (Biston betularia)

Les faits, en deux temps

Avant l’industrialisation. Les papillons clairs (typica) dominent : ils sont camouflés sur les troncs couverts de lichens et échappent aux prédateurs. Une mutation sur un gène de pigmentation produit des individus à ailes sombres (carbonaria). Sur fond clair, ces individus sont visibles et prédatés.

Après l’industrialisation. La suie noircit les troncs d’arbres. Les papillons sombres sont désormais camouflés. Les individus sombres survivent et se reproduisent davantage ; leur fréquence augmente dans la population.

La méthode appliquée, étape par étape
  • Étape 1 — décrire la mutation. Le document ne donne pas les séquences : on ne peut donc pas nommer le type. Ce qu’on peut dire, et qui suffit ici : il s’agit d’une mutation sur un gène de pigmentation, apparue de façon aléatoire.
  • Étape 2 — la protéine codée est-elle modifiée, le phénotype change-t-il ? Oui : le phénotype change, les ailes deviennent sombres au lieu de claires. C’est un caractère observable, et c’est sur lui que la suite va se jouer.
  • Étape 3 — évaluer l’effet dans le milieu donné. Et là il y a deux milieux, donc deux réponses. Sur des troncs clairs couverts de lichens : les individus sombres sont visibles et prédatés, la mutation est défavorable. Sur des troncs noircis par la suie : les individus sombres sont camouflés, la même mutation devient favorable.
  • Étape 4 — préciser la transmission. Le caractère se répand dans la population au fil des générations : la mutation est donc transmise à la descendance. C’est une mutation germinale — une mutation somatique n’aurait pas pu se propager ainsi.
La rédaction modèle

« Une mutation aléatoire sur un gène de pigmentation fait apparaître des papillons à ailes sombres (carbonaria). Avant l’industrialisation, les troncs sont couverts de lichens clairs : ces individus sombres sont visibles, donc prédatés — la mutation est défavorable dans ce milieu. Après l’industrialisation, la suie noircit les troncs : les individus sombres sont désormais camouflés, et la même mutation devient favorable. Ils survivent et se reproduisent davantage, et leur fréquence augmente dans la population : c’est la sélection naturelle, qui modifie ainsi la biodiversité. »

Exemple entièrement traité n°2 — la méthode appliquée à un document

Le document

On compare, chez deux individus d’une même espèce, la séquence d’un même gène.

Individu A (référence) : A – T – G – C – A – G – T – C

Individu B : A – T – G – T – A – G – T – C

Le document précise que la protéine fabriquée à partir de ce gène est identique chez les deux individus.

Les quatre étapes, rédigées
  • Étape 1 — décrire la mutation. Les deux séquences comptent 8 nucléotides : rien n’a été ajouté ni supprimé. En comparant position par position, la première différence est en position 4 : le C de l’individu A est remplacé par un T chez l’individu B. Un nucléotide remplacé par un autre : c’est une substitution.
  • Étape 2 — la protéine est-elle modifiée ? Le document répond : non, la protéine est identique chez les deux individus. Donc le phénotype ne change pas.
  • Étape 3 — quel effet dans le milieu ? Aucun caractère de l’individu n’étant modifié, la mutation n’avantage ni ne désavantage l’individu B, quel que soit le milieu. La mutation est neutre — et le cours rappelle que c’est le cas très fréquent.
  • Étape 4 — la transmission. Elle dépend de la cellule touchée, et c’est le document qui doit te le dire. Si la mutation est apparue dans une cellule du corps, elle est somatique et ne sera pas transmise aux enfants de l’individu B. Si elle est apparue dans un gamète — ovule ou spermatozoïde —, elle est germinale et transmissible à la descendance.
Ce que le correcteur coche
  • Le nombre de nucléotides a été comparé : c’est ce qui élimine délétion et insertion.
  • La position de la différence est citée, ainsi que les deux nucléotides en jeu.
  • Le mot substitution apparaît.
  • Le raisonnement protéine inchangée → phénotype inchangé → mutation neutre est écrit en entier, pas seulement sa conclusion.

De la mutation à la biodiversité — remonter tout le fil

Les deux exemples ci-dessus s’arrêtent à un individu ou à une population. Le chapitre, lui, va plus loin, et c’est la question de synthèse la plus probable : quel est le lien entre mutations et biodiversité ? Voici le raisonnement complet, dans l’ordre.

  1. Une mutation modifie aléatoirement la séquence d’ADN. Elle peut survenir lors de la réplication de l’ADN ou être provoquée par un agent mutagène.
  2. Ces mutations sont la source première de la diversité génétique : sans elles, tous les individus porteraient la même information génétique.
  3. Sur de nombreuses générations, elles introduisent de nouveaux caractères dans les populations.
  4. Dans un milieu donné, certains de ces caractères sont favorables : leurs porteurs survivent et se reproduisent davantage, et la fréquence du caractère augmente dans la population. C’est la sélection naturelle.
  5. Le résultat de cet enchaînement, répété sur de nombreuses générations, contribue à la biodiversité.
Les trois fautes qui font perdre la question entière
  • Écrire qu’une mutation est toujours nuisible. Elle est le plus souvent neutre, et parfois favorable selon le milieu.
  • Écrire que la mutation est apparue parce que l’organisme en avait besoin. Les mutations sont aléatoires ; c’est l’environnement qui sélectionne ensuite les individus les mieux adaptés.
  • Confondre somatique et germinale. Seule une mutation dans un ovule ou un spermatozoïde est héréditaire.

Tu connais le cours. Ce qui te coûte des points maintenant, ce sont quatre confusions classiques — dont une, prêter une intention à la mutation, qui fait perdre la question entière — et quelques cas limites où l’on répond trop vite. On refait d’abord le cours en accéléré pour tout avoir sous les yeux, puis on passe en revue, un par un, les endroits où le stylo rouge tombe.

Le cours en accéléré

ADN : support de l’information génétique de tous les êtres vivants, formé d’une séquence de quatre nucléotides (A, T, G, C). Mutation : modification aléatoire et héréditaire de cette séquence. Deux origines : lors de la réplication de l’ADN — copie de l’ADN avant une division cellulaire — ou provoquée par un agent mutagène.

Trois types : substitution (un nucléotide remplacé par un autre), délétion (un ou plusieurs nucléotides supprimés), insertion (un ou plusieurs nucléotides ajoutés). Trois effets : neutre (très fréquent), défavorable, favorable (rare).

Agents mutagènes : physiques (UV du soleil, rayons X), chimiques (composés du tabac, certains pesticides), biologiques (certains virus). Ils augmentent la fréquence des mutations ; aucun agent extérieur n’est indispensable.

Transmission : somatique (cellule du corps, non héréditaire) / germinale (gamète, transmissible à la descendance). Portée : les mutations sont la source première de la diversité génétique et contribuent, via la sélection naturelle, à la biodiversité.

Piège n°1 — « une mutation, c’est forcément grave »

C’est la faute la plus répandue, et elle vient du langage courant, pas du cours. Le cours dit exactement l’inverse : une mutation n’est pas toujours nuisible — elle est le plus souvent neutre, et parfois favorable selon le milieu.

Regarde la hiérarchie de fréquence que donne le cours, elle est explicite : neutre = très fréquent, favorable = rare. Le cas ordinaire d’une mutation, ce n’est pas la maladie : c’est rien du tout.

  • À ne pas écrire : « une mutation entraîne une maladie », « les mutations sont des anomalies ».
  • Formulation qui passe : « une mutation est le plus souvent neutre : elle ne modifie pas la protéine codée, donc pas le phénotype. Elle peut aussi être défavorable, ou plus rarement favorable, selon le milieu. »

Piège n°2 — « la mutation est apparue parce qu’il en avait besoin »

Voilà la faute qui coûte le plus cher, parce qu’elle porte sur le mécanisme lui-même. Les mutations ne sont pas dirigées par le besoin de l’organisme : elles sont aléatoires. C’est l’environnement qui sélectionne ensuite les individus les mieux adaptés.

L’ordre des événements est la clé, et l’exemple du chapitre le montre noir sur blanc : chez Biston betularia, la mutation qui produit les ailes sombres existe avant que la suie ne noircisse les troncs — puisque le cours précise qu’à ce moment-là, sur fond clair, ces individus sont visibles et prédatés. Le milieu n’a rien fabriqué : il a trié ce qui existait déjà.

  • À ne pas écrire : « les papillons sont devenus sombres pour se camoufler », « la pollution a rendu les papillons sombres ».
  • Formulation qui passe : « la mutation est apparue au hasard, indépendamment du milieu. Le noircissement des troncs a ensuite sélectionné les individus qui la portaient déjà. »
Le test du « pour »

Relis ta copie et cherche le mot « pour » devant un verbe. « Pour se camoufler », « pour survivre », « pour s’adapter » : chaque occurrence prête une intention au vivant, et chacune est fausse. Remplace par « ce qui a eu pour conséquence que… ».

Piège n°3 — somatique ou germinale : la question de la transmission

C’est la quatrième étape de la méthode, et celle qu’on oublie le plus souvent, parce que la question ne la demande pas toujours explicitement. Elle est pourtant notée dès qu’il est question de descendance.

MutationCellule touchéeTransmise aux enfants ?
SomatiqueUne cellule du corpsNon — non héréditaire
GerminaleUn gamète : ovule ou spermatozoïdeOui — transmissible à la descendance

Deux façons de perdre le point :

  • Écrire qu’une mutation est héréditaire, point final, sans préciser la condition. La définition du cours contient bien le mot héréditaire, mais la méthode t’oblige à préciser laquelle — et une mutation somatique, elle, ne se transmet pas aux enfants.
  • Oublier de nommer les cellules. « Cellule du corps » d’un côté, « ovule ou spermatozoïde » de l’autre : ce sont ces mots-là qui sont cochés.

Piège n°4 — « il faut un agent mutagène pour qu’il y ait une mutation »

Faux, et le cours prend soin de le dire deux fois. Les agents mutagènes augmentent la fréquence des mutations. Mais des mutations surviennent aussi spontanément lors de la copie de l’ADN : aucun agent extérieur n’est indispensable.

C’est d’ailleurs pour cela que le cours donne deux origines, à mettre sur le même plan :

  • lors de la réplication de l’ADN, c’est-à-dire lors de la copie de l’ADN avant une division cellulaire ;
  • provoquée par un agent mutagène.

Une question de cours qui demande « d’où viennent les mutations ? » attend les deux. N’en citer qu’une, c’est la moitié des points.

Ne pas confondre non plus

« Augmenter la fréquence » n’est pas « diriger ». Un agent mutagène ne choisit ni où la mutation tombe, ni ce qu’elle produit : elle reste aléatoire. Écrire « les UV créent la mutation qui protège du soleil » cumule les deux fautes, celle-ci et celle du piège n°2.

Cas limite — « favorable » et « défavorable » n’existent pas tout seuls

Une réponse du type « cette mutation est favorable », sans autre précision, est incomplète et souvent comptée fausse. Il manque le milieu. L’étape 3 de la méthode le dit mot pour mot : évaluer l’effet dans le milieu donné.

Le papillon est dans le cours précisément pour installer ce réflexe : c’est la même mutation, sur le même gène de pigmentation, qui est défavorable sur des troncs couverts de lichens clairs et favorable sur des troncs noircis par la suie. Rien n’a changé dans l’ADN entre les deux situations.

  • Incomplet : « la mutation carbonaria est favorable ».
  • Complet : « après l’industrialisation, sur des troncs noircis par la suie, la mutation devient favorable : les individus sombres y sont camouflés et échappent aux prédateurs. »

Si un sujet te présente deux milieux, attends-toi à devoir donner deux évaluations. Une seule réponse pour deux situations, c’est une réponse à moitié.

Cas limite — nommer le bon type de mutation

Sur une comparaison de séquences, l’erreur classique est de repérer une différence et de nommer le type au jugé. Fais-le dans l’ordre inverse : compte d’abord, nomme ensuite.

  • Les deux séquences ont le même nombre de nucléotides → un nucléotide a été remplacé : substitution.
  • La séquence mutée en a moins → des nucléotides ont été supprimés : délétion.
  • La séquence mutée en a plus → des nucléotides ont été ajoutés : insertion.

Le piège tient à une seule chose : après une délétion ou une insertion, tous les nucléotides suivants sont décalés. Si tu compares seulement lettre à lettre sans compter, tu vois une avalanche de différences et tu conclus, à tort, à une série de substitutions. Le comptage tranche en deux secondes.

La phrase de justification attendue

« Les deux séquences comptent le même nombre de nucléotides ; en position 4, le C est remplacé par un T. Il n’y a ni ajout ni suppression : il s’agit d’une substitution. » Type + justification : les deux sont notés.

Cas limite — une mutation ne change pas forcément le phénotype

Beaucoup de copies sautent l’étape 2 de la méthode et passent directement de « il y a une mutation » à « donc l’individu est différent ». C’est un raccourci, et il est faux.

L’enchaînement du cours comporte un maillon intermédiaire, qu’il faut écrire : la mutation modifie la séquence d’ADN ; encore faut-il que la protéine codée soit modifiée ; c’est seulement alors que le phénotype change. Si la protéine reste la même, rien n’est visible chez l’individu — et la mutation est neutre, ce qui est le cas très fréquent.

  • Raccourci fautif : « il y a une substitution, donc le caractère est modifié. »
  • Enchaînement attendu : « il y a une substitution ; le document indique que la protéine codée est identique / modifiée ; le phénotype est donc inchangé / modifié ; la mutation est donc neutre / à évaluer dans le milieu donné. »

Retiens surtout ceci : c’est le document qui te dit si la protéine est modifiée. Tu ne peux pas le deviner à partir des lettres — et on ne te le demande pas.

La grille de correction, dans l’ordre

Avant de rendre, relis ton analyse d’une mutation et coche :

  • Le type est nommé — substitution, délétion ou insertion — et justifié : nombre de nucléotides, position de la différence.
  • Le mot aléatoire apparaît quelque part : la mutation n’est pas dirigée par un besoin.
  • Le maillon protéine codée → phénotype est écrit, pas sauté.
  • L’effet est donné avec le milieu : neutre, défavorable ou favorable dans ce milieu-là.
  • La transmission est précisée : somatique (cellule du corps, non héréditaire) ou germinale (gamète, transmissible à la descendance).
  • Si la question porte sur la population : la fréquence du caractère augmente dans la population au fil des générations, et le mot sélection naturelle est écrit.
  • Aucun « pour » suivi d’un verbe (« pour se camoufler », « pour survivre »).
  • Si l’origine des mutations est demandée : les deux origines sont citées — réplication de l’ADN et agent mutagène.

Ce chapitre est une porte d’entrée. Il installe un raisonnement — l’ADN porte l’information, une modification aléatoire la change, le milieu trie, la fréquence évolue dans la population — que la suite du programme va reprendre tel quel et déplier. Voilà ce que tu emportes et qui ne bougera plus, puis les quatre questions que le cours laisse volontairement ouvertes.

Ce que tu emportes, et qui ne bougera plus

  • L’ADN est le support de l’information génétique de tous les êtres vivants, formé d’une séquence de quatre nucléotides (A, T, G, C). Cette phrase restera vraie partout, quel que soit le niveau.
  • La définition de la mutation : une modification aléatoire et héréditaire de la séquence d’ADN. Les deux adjectifs feront encore tout le travail l’an prochain.
  • Les deux origines : lors de la réplication de l’ADN, ou provoquée par un agent mutagène. Et la nuance qui va avec : l’agent mutagène augmente la fréquence, il n’est pas indispensable.
  • Les trois types — substitution, délétion, insertion — et les trois effets — neutre (très fréquent), défavorable, favorable (rare).
  • Le raisonnement complet : mutation → diversité génétique → nouveaux caractères dans les populations sur de nombreuses générationssélection naturellebiodiversité.
  • Somatique / germinale, et sa conséquence : seule une mutation touchant un gamète se transmet à la descendance.

Question ouverte n°1 — comment une séquence de lettres fabrique-t-elle une protéine ?

Relis l’étape 2 de la méthode : déterminer si la protéine codée est modifiée, donc si le phénotype change. Le cours emploie l’expression « la protéine codée », s’en sert pour tout l’enchaînement — et ne l’explique jamais.

Il laisse donc une vraie question en suspens. Comment une suite de A, T, G, C commande-t-elle la fabrication d’une protéine ? Pourquoi remplacer un seul nucléotide suffit-il parfois à changer cette protéine, et le plus souvent pas du tout ?

C’est exactement le trou que la suite du programme vient combler, et c’est un chapitre entier. Tu n’as pas besoin de la réponse aujourd’hui : ce qu’on attend de toi cette année, c’est de lire dans le document si la protéine est modifiée, puis d’en tirer la conclusion. Mais garde la question en tête — c’est elle qui explique pourquoi « neutre » est le cas très fréquent.

Question ouverte n°2 — deux formes du même gène, et pas encore de mot pour le dire

Le cours dit que le papillon Biston betularia existe sous forme claire (typica) et sous forme sombre (carbonaria), et que la seconde vient d’une mutation sur un gène de pigmentation. Un même gène, donc, mais deux versions qui circulent dans la population.

Comment nomme-t-on ces différentes versions d’un même gène ? Un individu peut-il en porter deux à la fois, une reçue de chaque parent ? Et que se passe-t-il alors, si les deux ne « disent » pas la même chose ?

Le chapitre te fait manipuler l’idée sans jamais te donner le vocabulaire — parce que ce vocabulaire, avec les règles de transmission qui vont avec, est le cœur de l’année suivante. Tu y arriveras avec une longueur d’avance si tu as bien retenu ceci : ce qui circule dans la population, ce n’est pas « un papillon sombre », c’est une version mutée du gène, transmise par des gamètes.

Question ouverte n°3 — jusqu’où va la sélection naturelle ?

Le cours nomme la sélection naturelle, la montre à l’œuvre sur le papillon, et s’arrête là : il ne la définit pas. Or tout le chapitre repose dessus, puisque c’est elle qui fait le pont entre une mutation dans un individu et la biodiversité.

Regarde bien ce que le cours te fait constater, et rien de plus : la fréquence des individus sombres augmente dans la population. Une fréquence, c’est une proportion dans un groupe. Aucun papillon ne s’est transformé pendant sa vie — c’est la composition de la population qui a changé, génération après génération.

Restent les questions que cela ouvre, et qui sont celles de la suite du programme : à quelles conditions exactes la sélection naturelle agit-elle ? Que devient une population dont la composition change sur de nombreuses générations — à partir de quand, et comment, parle-t-on d’une nouvelle espèce ? Le papillon sombre et le papillon clair, eux, appartiennent toujours à la même.

Question ouverte n°4 — « biodiversité » : divers en quoi, exactement ?

C’est le mot du titre, et le cours l’emploie sans le définir. Il dit seulement que les mutations, via la sélection naturelle, y contribuent. Il vaut la peine de repérer ce que le chapitre te fait déjà toucher, sans le nommer.

  • Une diversité dans l’ADN : les mutations sont la source première de la diversité génétique. C’est d’elles que viennent les différences de séquence entre les individus d’une même espèce.
  • Une diversité de caractères : sur de nombreuses générations, les mutations introduisent de nouveaux caractères dans les populations — les ailes claires et les ailes sombres d’un même papillon.

La diversité entre espèces, elle, n’apparaît nulle part dans ce chapitre : il ne parle que d’une population de papillons. Comment passe-t-on de la première à la dernière ? C’est le fil que la suite du programme va tirer, et il part précisément d’ici : d’une modification survenue dans une molécule d’ADN.

La phrase à emporter

Tout ce chapitre tient en quatre temps, et ces quatre temps ne changeront plus : l’ADN porte l’information ; une mutation la modifie au hasard ; le milieu trie les individus, il ne fabrique pas la mutation ; la fréquence du caractère change dans la population, sur de nombreuses générations.

Change l’objet — une couleur d’ailes, n’importe quel autre caractère, n’importe quelle autre espèce — le raisonnement reste identique. C’est pour cela qu’on te le fait apprendre sur un papillon : l’exemple est petit, le mécanisme est général.