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Soutien scolaire

Figures de style exercices : du repérage à la justification

Huit phrases à analyser avec leur corrigé, deux tests pour trancher les confusions qui coûtent le plus de points, un exercice de production, et la phrase de justification que la consigne attend.

Figures de style exercices : les trois temps à respecter

Un exercice sur les figures de style se travaille en trois temps : repérer le passage qui sort de l'ordinaire, nommer le procédé (comparaison, métaphore, hyperbole, anaphore, oxymore), puis expliquer l'effet produit sur le lecteur. C'est cette troisième étape, absente des quiz, que nous voyons compter en correction : un relevé qui s'arrête au nom du procédé reste une étiquette collée sur le texte.

Nous ne citons ici aucun barème officiel, et nous ne prétendons pas en connaître le détail à la virgule près. Ce que nous décrivons, c'est ce que nous constatons sur les copies rendues en séance, en 3e comme en seconde : la ligne qui rapporte est celle qui dit ce que le procédé fabrique.

La recherche « figures de style exercices » renvoie surtout des questionnaires à cocher. On y gagne une chose, la reconnaissance rapide du procédé, et on y perd celle qui est notée. Un élève qui coche juste vingt fois de suite peut rendre une copie où chaque relevé se termine à « c'est une métaphore ».

Dans notre bibliothèque de fiches, ce point de programme n'est pas rangé dans le vocabulaire mais dans l'écriture : la fiche de 3e s'intitule écriture, préparation du brevet, figures de style, et l'entraînement correspondant est un exercice séparé du cours. La figure y est un outil pour écrire et pour commenter, pas une liste à mémoriser.

Série A : huit phrases à analyser

Lisez chaque phrase, écrivez le nom du procédé, puis une ligne d'effet. Ne regardez le corrigé qu'après avoir rédigé les huit lignes, sinon vous vous contentez de reconnaître au lieu de produire.

  1. Le vent hurlait dans la cheminée toute la nuit.
  2. Ses mains étaient froides comme la pierre du seuil.
  3. Il traînait derrière lui une montagne de devoirs.
  4. Je te l'ai répété mille fois.
  5. Dans la salle, un silence assourdissant.
  6. Rien ne bougeait. Rien ne répondait. Rien n'annonçait le matin.
  7. Ce devoir n'est pas mauvais du tout.
  8. La salle retenait son souffle, puis applaudissait, puis hurlait.

Corrigé de la série A

  1. Personnification. Le verbe « hurlait » prête au vent un comportement humain. Le décor cesse d'être un fond : il agit, et la nuit devient hostile avant qu'aucun personnage n'ait parlé.
  2. Comparaison. Le texte rapproche deux réalités, les mains et la pierre du seuil, en les reliant par l'outil « comme », et le point commun est le froid. Le froid du corps devient minéral, ce qui suggère bien plus qu'une température : une immobilité, une dureté, quelque chose qui ne se réchauffera pas tout de suite.
  3. Métaphore. Aucun outil de comparaison : « une montagne » remplace directement la mesure de la quantité. Le travail à faire devient un relief à gravir, donc quelque chose qui se refuse.
  4. Hyperbole. « Mille fois » exagère le nombre pour dire l'agacement. Le chiffre n'est pas une information, il est un ton.
  5. Oxymore. « Silence » et « assourdissant » se contredisent à l'intérieur du même groupe nominal. Le vide sonore pèse autant qu'un bruit, ce qui rend la salle inconfortable.
  6. Anaphore. « Rien ne » ouvre trois phrases successives. La répétition en tête installe l'attente et fait durer l'immobilité au lieu de la décrire.
  7. Litote. La négation d'un défaut, « n'est pas mauvais du tout », dit un éloge. L'intensificateur « du tout » porte la figure : sans lui, « ce devoir n'est pas mauvais » peut n'exprimer qu'un jugement moyen, à peine positif. Avec lui, la formule retenue vaut compliment, et le compliment retenu paraît plus sincère qu'un compliment direct.
  8. Gradation. La montée porte sur l'intensité sonore de la réaction : silence, applaudissements, cris. Attention au premier terme, « retenait son souffle » n'est pas un verbe de bruit, c'est son degré zéro, et c'est justement de là que part la progression. Le lecteur suit la montée comme s'il l'entendait monter.

Comparaison ou métaphore : le test de l'outil

C'est la confusion la plus coûteuse, parce qu'elle est facile à trancher et qu'une erreur dessus se voit tout de suite. Cherchez l'outil de comparaison : « comme », « tel », « pareil à », « semblable à », « ressembler à », « on dirait », « plus… que ». S'il est là et qu'il rapproche deux réalités, c'est une comparaison. S'il n'y est pas alors que deux réalités sont rapprochées, c'est une métaphore.

Testez sur ces deux phrases : « Sa colère était comme un orage » et « Un orage passa sur son visage ». La première est une comparaison, la seconde une métaphore, et la différence d'effet est réelle : la comparaison garde les deux termes séparés, la métaphore fait passer l'orage dans le visage, ce qui va plus vite et laisse plus de travail au lecteur.

Un piège à connaître : « comme » n'annonce pas toujours une figure. Dans « il a rangé sa chambre comme sa mère le lui avait demandé », « comme » introduit une manière, pas un rapprochement d'images. Repérez d'abord si le rapprochement est faux au sens propre, ensuite seulement nommez.

Oxymore ou antithèse : la place des contraires

Les deux mettent en présence des termes opposés, la différence tient à la distance entre eux. Dans l'oxymore, la contradiction est enfermée dans un seul groupe : « un silence assourdissant », « une douce violence ». Dans l'antithèse, les deux termes opposés restent séparés, dans deux membres de phrase qui se répondent : « la salle était pleine de vie, le couloir vide de tout ».

Même logique pour l'anaphore et la simple répétition. L'anaphore reprend un mot ou un groupe en tête de phrases, de propositions ou de vers successifs, comme dans la phrase 6 de la série A. « Elle avançait, avançait, avançait » n'est pas une anaphore : le mot revient, mais pas en position d'ouverture. Nommer « anaphore » une répétition ordinaire fait perdre le point même quand le relevé est bon.

Entraînez-vous à discriminer plutôt qu'à identifier : prenez deux procédés voisins, écrivez une phrase pour chacun, et faites relire par quelqu'un qui doit retrouver lequel est lequel. La fiche de 2nde sur les figures de style en approfondissement, rattachée à la poésie du Moyen Âge au XVIIIe siècle, va plus loin sur ces cas limites.

Rédiger la justification : la phrase qui rapporte le point

Une justification complète tient en quatre éléments : le nom du procédé, le mot ou le groupe cité entre guillemets, l'effet sur le sens ou sur le lecteur, et le lien avec ce que raconte le passage.

En séance de 3e, l'erreur qui revient le plus n'est pas de se tromper de nom. C'est d'écrire le bon nom et de s'arrêter là. La phrase rendue ressemble à « L'auteur utilise une métaphore pour donner un effet de style », vraie pour à peu près n'importe quel texte, donc vide. Sur deux heures par semaine, c'est le passage que nous reprenons le plus souvent : relire à voix haute la phrase de l'élève, puis lui demander ce que le lecteur comprend en plus grâce au procédé. Tant que la réponse est « ça fait joli », la justification n'est pas écrite.

Réponse insuffisante : « C'est une métaphore, ça donne un effet de style. » Réponse qui tient : « L'auteur emploie une métaphore, "une montagne de devoirs" : la quantité de travail devient un relief à gravir, ce qui fait comprendre le découragement du personnage avant même qu'il en parle. »

Pour vous auto-corriger sans professeur à côté, posez-vous trois questions sur votre propre phrase. Le nom du procédé y est-il écrit ? Le mot du texte est-il cité tel quel ? La phrase dit-elle quelque chose que le lecteur comprend en plus grâce au procédé ? Un dernier contrôle règle la plupart des cas : si vous pouvez remplacer le nom du procédé par n'importe quel autre sans que la suite de votre phrase change, votre justification est vide et il faut la réécrire.

L'exercice inverse : écrire la figure soi-même

Reconnaître un procédé et savoir en produire un sont deux compétences différentes, et c'est la seconde qui sert en expression écrite. Quatre consignes, à faire en dix minutes :

  1. Dire qu'une salle de classe est bruyante par une métaphore, sans employer « comme ».
  2. Transformer « j'ai attendu longtemps » en hyperbole.
  3. Ouvrir un paragraphe de description par trois phrases commençant par le même groupe de mots.
  4. Décrire un ciel d'orage avec un oxymore.

Réponses possibles, parmi beaucoup d'autres : « la classe était une ruche renversée » ; « j'ai vieilli sur cette chaise » ; « Il y avait le bruit du métro. Il y avait l'odeur du pain. Il y avait, tout au bout, la lumière du couloir. » ; « une clarté noire ».

Pour vous relire, un critère par famille de figures. Les consignes 1, 2 et 4 portent sur des figures d'analogie ou d'exagération (métaphore, hyperbole, oxymore, auxquelles s'ajoutent la comparaison et la personnification) : là, votre phrase doit être fausse au sens propre et juste au sens figuré ; si elle reste vraie au premier degré, il n'y a pas de figure. La consigne 3 ne s'évalue pas ainsi. L'anaphore est une figure de construction, elle joue sur la place des mots et reste parfaitement vraie au sens propre. Le critère devient formel : le même groupe ouvre-t-il bien trois phrases successives ?

Quand le français n'est pas la langue première

L'association enseigne à deux publics, le soutien scolaire et le français langue étrangère, et le blocage n'est pas le même. Un élève qui apprend le français bute d'abord sur le sens littéral : tant que « le vent hurlait » reste une information météo plausible, aucune figure n'apparaît. L'étape zéro consiste alors à vérifier que la phrase est fausse au premier degré, puis à chercher ce que l'auteur gagne à écrire une chose fausse.

Ce réflexe ne vaut que pour les figures qui déforment le sens : comparaison, métaphore, personnification, hyperbole, oxymore. Les figures de construction ne mentent pas au premier degré. Les phrases 6 et 8 de la série A sont littéralement vraies : rien ne bougeait vraiment, la salle applaudissait vraiment. Ce qui se repère là n'est pas un écart de sens mais un agencement, la place d'un groupe répété ou l'ordre croissant des termes. Pour celles-là, la traduction mot à mot n'alerte sur rien, c'est la forme qu'il faut regarder.

Travaillez les figures de sens en deux colonnes : à gauche, ce que la phrase dit mot à mot ; à droite, ce qu'elle veut dire. La figure est l'écart entre les deux colonnes. Le même réflexe sert en compréhension des écrits d'un examen de langue, comme dans nos exercices corrigés du DELF A2, où plusieurs questions portent sur une intention et non sur une information.

Travailler ces exercices avec nous, à Paris 10e et 19e

Nous donnons des cours dans le quartier de la Gare du Nord depuis 2019, l'association loi 1901 ayant été déclarée en novembre 2020, et nous fonctionnons à 100 % bénévole depuis février 2024. Le soutien scolaire a lieu en présentiel, deux heures par semaine, sur deux lieux : Paris 10e, 16 rue Demarquay, et Paris 19e, École démocratique, 6 rue Léon Giraud. Le tarif associatif est précisé à l'inscription, selon la situation de chaque famille.

Ce que les fiches ne font pas, il faut le dire : elles donnent un corrigé, pas un regard sur votre phrase à vous. Une justification ratée ressemble souvent à une justification réussie tant que personne ne l'a relue. C'est la seule chose qu'un cours apporte et qu'une page ne remplace pas.

Le reste est en ligne, gratuit et sans inscription : plus de 1 100 fiches publiées sous licence CC BY-SA 4.0, cours et exercices séparés, imprimables depuis le navigateur. Vous pouvez commencer par l'exercice de 3e sur les figures de style, en gardant la fiche de cours fermée jusqu'à la fin.

Questions fréquentes

Comment distinguer une comparaison d'une métaphore ?

Cherchez l'outil de comparaison (« comme », « tel », « pareil à », « ressembler à »). Présent et reliant deux réalités différentes, c'est une comparaison. Absent alors que deux réalités sont rapprochées, c'est une métaphore. Réserve importante : « comme » peut aussi introduire une manière, comme dans « il a rangé sa chambre comme sa mère le lui avait demandé », et là il n'y a aucune figure. Vérifiez d'abord qu'il y a bien rapprochement d'images.

Faut-il apprendre par cœur le nom de toutes les figures ?

Commencez par celles qui reviennent le plus dans les textes étudiés : comparaison, métaphore, personnification, hyperbole, anaphore, oxymore, antithèse, litote, gradation. Savoir en justifier neuf vaut mieux que savoir en nommer trente.

Peut-on s'entraîner seul et se corriger ?

Oui, à condition de rédiger avant de lire le corrigé, et de contrôler votre phrase sur trois points : procédé nommé, citation entre guillemets, effet exprimé. Sans ces trois éléments, la réponse reste incomplète même quand le procédé est juste.

Les fiches sont-elles payantes ?

Non. Les fiches et les exercices du site sont gratuits, sans inscription et imprimables. Seuls les cours en présentiel donnent lieu à une participation aux frais, précisée à l'inscription.