Salut ! Tu n’as jamais entendu parler des figures de style approfondies en seconde ? Pas de panique, ce palier te donne les bases express : on réactive les cinq figures du collège (métaphore, comparaison, personnification, antithèse, hyperbole) et on définit ce qu’est une figure de style. Ensuite, on ajoute une première distinction simple entre comparaison et métaphore. Tu pourras déjà t’en sortir pour ton contrôle imminent !
Rappel : les bases de la figure de style
Une figure de style (ou figure de rhétorique) est un procédé d’expression qui s’écarte de l’usage ordinaire de la langue pour produire un effet : image, intensité, rythme, surprise.
Voici les cinq figures que tu connais depuis la 3e :
- Comparaison : rapproche deux éléments à l’aide d’un outil (comme, tel, pareil à, ressembler à…). Ex. : « fort comme un lion ».
- Métaphore : rapproche deux éléments sans outil. Ex. : « cet homme est un lion ».
- Personnification : attribue des caractéristiques humaines à un être non humain. Ex. : « le vent murmure ».
- Antithèse : rapproche deux termes ou idées opposés dans une même phrase. Ex. : « Je vis, je meurs ».
- Hyperbole : exagère pour mettre en relief. Ex. : « je meurs de faim ».
Reconnaître une comparaison ou une métaphore
Les deux rapprochent deux réalités (le comparé et le comparant). La seule différence : la comparaison utilise un outil de comparaison (comme, etc.) alors que la métaphore n’en a pas.
Exemple : « La Terre est bleue comme une orange » (comparaison). « La flamme de ses yeux » (métaphore).
À toi de jouer
a. « Je meurs de faim. » ——>
b. « Le vent hurle. » ——>
c. « Cet élève est un âne. » ——>
d. « Je vis, je meurs. » ——>
e. « Aussi rapide que l’éclair. » ——>
Corrigé
a. Une rapproche deux réalités à l’aide d’un mot-outil comme « comme ».
b. Une attribue des traits humains à un objet ou une idée.
c. Une exagère volontairement l’expression.
d. Une oppose deux termes dans une même phrase.
e. Une rapproche directement deux réalités sans mot-outil.
Corrigé
a. Sa voix est douce comme du miel.
b. Elle ressemble à une princesse.
c. Tel un oiseau, il chante à la fenêtre.
Corrigé
b. ressemble à
c. Tel
Ah, ça revient ! Les figures de style, tu les as déjà rencontrées. Ici, on réactive tout : la distinction fine entre comparaison et métaphore, les figures d’opposition (antithèse et oxymore), les figures d’insistance (hyperbole, gradation, anaphore) et les figures de substitution (métonymie, périphrase). Et on apprend la méthode pour analyser une figure en trois étapes. Tu vas dire : « Ah oui, c’est ça ! »
Comparaison ou métaphore ?
Rappel : la comparaison utilise un outil comparatif (comme, tel, pareil à, ressembler à, plus… que, moins… que, ainsi que). La métaphore rapproche deux réalités sans outil. Ex. : comparaison « La lune est comme un croissant » ; métaphore « Le croissant de lune ».
Opposition : antithèse et oxymore
L’antithèse oppose deux mots ou deux idées dans une même phrase mais ils restent séparés. Ex. : « Je vis, je meurs ».
L’oxymore réunit dans un même groupe (souvent adjectif + nom) deux termes de sens contradictoire. Ex. : « cette obscure clarté ».
Insistance : hyperbole, gradation, anaphore
L’hyperbole exagère pour amplifier. La gradation énumère des termes d’intensité croissante (ou décroissante). Ex. : « Va, cours, vole » (gradation ascendante). L’anaphore répète un même mot en tête de phrases, de vers ou de propositions. Ex. : « Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! … »
Substitution : métonymie et périphrase
La métonymie désigne une réalité par un autre mot lié logiquement (le contenant pour le contenu, l’auteur pour l’œuvre, etc.). Ex. : « boire un verre » (le contenant pour le contenu). La périphrase remplace un mot par une expression qui le décrit. Ex. : « l’astre du jour » pour « le soleil ».
Méthode d’analyse en trois étapes
- Nommer la figure précisément (et la distinguer d’une figure voisine).
- Repérer les mots qui la constituent (outil, comparé/comparant, termes opposés, etc.).
- Interpréter l’effet produit (créer une image, renforcer une idée, rythmer le texte, provoquer une émotion…).
À toi de jouer
a. « Ses cheveux sont comme de l’or. » →
b. « L’amour est un champ de bataille. » →
c. « Ce garçon, tel un renard, est très rusé. » →
d. « La flamme de la passion » →
Corrigé
b. métaphore
c. comparaison – outil souligné : tel
d. métaphore
Tableau :
Antithèses :
Oxymores :
Corrigé
Oxymores : un silence assourdissant ; une douce violence ; un géant minuscule ; une belle laideur ; un mort-vivant.
Justification : dans chaque cas, deux mots de sens opposé sont réunis dans un même groupe.
Corrigé
Cinq mini-exos tous simples pour muscler ta reconnaissance des figures. Même consigne à chaque fois : nomme la figure dans la phrase. Tu vas voir, tu vas les identifier les doigts dans le nez.
À toi de jouer
Corrigé
Corrigé
Corrigé
Corrigé
Corrigé
Tu maîtrises les définitions, maintenant on passe aux vrais exercices d’analyse comme en contrôle. Prends le temps de justifier chaque réponse : nommer, repérer, interpréter. C’est parti !
À toi de jouer
« Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au Soleil
A point perdu cette vesprée »
a. Relève une personnification. Justifie son effet.
b. Relève une métaphore. Sur quoi est-elle construite ?
c. Pourquoi peut-on dire que « les plis de sa robe pourprée » est une métaphore filée ? (regarde la suite du poème si tu la connais)
Corrigé
b. « Sa robe de pourpre » : métaphore des pétales colorées ; comparé = les pétales, comparant = une robe.
c. La métaphore se poursuit avec « les plis de sa robe » : on reste dans l’image du vêtement, ce qui crée une métaphore filée.
a. Identifie la figure de style.
b. Explique en quoi elle est plus resserrée qu’une antithèse.
c. Quel effet produit cette alliance de mots contradictoires ?
Corrigé
b. Contre une antithèse qui sépare les termes (« Je vis, je meurs »), ici les deux mots opposés (« obscure » et « clarté ») sont accolés dans un même groupe nominal.
c. L’oxymore crée une image mystérieuse et paradoxale, qui suggère une lumière faible, une nuit étoilée pleine de contrastes.
Corrigé
Oxymore : « Un joyeux désespoir. » (deux mots opposés accolés).
a. Quelle figure de style remarques-tu en tête de vers ?
b. Pourquoi Corneille a-t-il choisi cette figure ?
Corrigé
b. L’anaphore martèle la plainte et l’exaspération, rendant le désespoir du personnage plus intense et rythmé.
1. Nom : …
2. Repérage : comparé = …, comparant = …
3. Interprétation : …
Corrigé
2. Comparé : les souvenirs ; comparant : des oiseaux qui s’envolent ; pas d’outil.
3. L’image suggère que les souvenirs sont fugaces, insaisissables, libres mais aussi éphémères et impossibles à retenir.
Tu veux voir ce qui t’attend en première ? Découvre trois figures qui dépassent le programme de seconde : l’allitération, l’assonance et le chiasme. Tu brilleras en analyse littéraire !
Figures de sonorité : allitération et assonance
En poésie, les sons comptent autant que les mots.
– L’allitération répète une consonne (ou plusieurs) dans un vers. Ex. : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine, répétition du [s]).
– L’assonance répète une voyelle. Ex. : « Les sanglots longs des violons de l’automne » (Verlaine, répétition du [ɔ̃] et du [o]).
Effets possibles : douceur, dureté, harmonie, cacophonie… selon le son répété.
Figure de construction : le chiasme
Le chiasme dispose quatre éléments selon un schéma ABBA (croisé). Ex. : « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. »
Structure : manger (A) – vivre (B) // vivre (B) – manger (A).
Effet : il crée un équilibre, un parallélisme inversé qui frappe l’esprit.
À toi de jouer
a. Quelle consonne est répétée ? Comment nomme-t-on cette figure ?
b. Que suggère cette répétition sur l’atmosphère de la scène ?
Corrigé
b. Le sifflement des serpents devient audible, l’atmosphère est inquiétante, menaçante.
Corrigé
Corrigé
L’inversion met en valeur l’idée que la vie est supérieure à la simple nutrition, par un renversement équilibré qui se grave en mémoire.