Pas de panique : tu n'as pas encore vu la leçon, mais la tension électrique tient en trois idées. Elle se mesure en volts, avec un appareil qui fait presque tout le travail (le voltmètre), et il y a une seule formule vraiment importante. On voit le strict nécessaire, un exemple traité, et tu arrives au contrôle serein.
Les prérequis + l'essentiel en une page
- Un circuit électrique est une boucle fermée dans laquelle circule le courant.
- Un dipôle est un composant à deux bornes (lampe, pile, moteur, résistor...).
- Le générateur (la pile) possède deux pôles : le pôle + et le pôle −.
- Un circuit peut être en série (une seule boucle) ou en dérivation (plusieurs branches en parallèle).
La tension électrique, notée $U$, mesure la différence d'état électrique entre deux points d'un circuit. On l'exprime en volts (V).
Pour la mesurer, on utilise un voltmètre. La règle d'or : il se branche toujours en dérivation (en parallèle), directement aux bornes du dipôle étudié, sans jamais couper le circuit.
La formule clé + un exemple traité
Ça y est, des mots comme volt et voltmètre te reviennent. On reprend tout proprement : les définitions, comment brancher l'appareil sans le griller, et la fameuse loi des tensions. Rien de sorcier, mais cette fois on nomme les choses correctement.
Les définitions à connaître
La tension électrique entre deux points A et B, notée $U_{AB}$, traduit la différence d'état électrique entre ces deux points. C'est elle qui caractérise la capacité d'un générateur à faire circuler le courant, et l'énergie échangée par un récepteur.
Son unité est le volt, de symbole V, en hommage au physicien italien Alessandro Volta.
On la mesure avec un voltmètre, branché en dérivation (en parallèle) aux bornes du dipôle, sans jamais interrompre le circuit.
- Pile ronde (LR6) : $1{,}5\,\text{V}$
- Pile plate : $4{,}5\,\text{V}$
- Batterie de voiture : $12\,\text{V}$
- Réseau domestique (secteur) : $230\,\text{V}$
- Ligne à haute tension : $400\,\text{kV} = 400\,000\,\text{V}$
Brancher le voltmètre : méthode pas à pas
- Repérer les deux bornes du dipôle dont on veut la tension.
- Relier la borne COM (fil noir) du côté relié au pôle − du générateur.
- Relier la borne V (fil rouge) du côté relié au pôle + du générateur.
- Vérifier que le voltmètre est bien en dérivation : aucun fil du circuit n'est coupé.
- Si l'affichage est négatif, inverser les deux bornes.
Deux types d'appareils. Le voltmètre numérique affiche directement la valeur, avec un signe $-$ s'il est branché à l'envers. Le voltmètre analogique (à aiguille) demande de choisir d'abord un calibre supérieur à la tension attendue, sinon l'aiguille part hors de l'échelle.
- Le voltmètre mesure une tension : il se branche en dérivation.
- L'ampèremètre mesure une intensité : il se branche en série.
La loi des tensions dans un circuit en série
Dans un circuit en série, la tension aux bornes du générateur est égale à la somme des tensions aux bornes des autres dipôles :
On se réchauffe les neurones. Je fais trois exercices devant toi, ligne par ligne, en expliquant chaque geste. Ton boulot ici : suivre le raisonnement. Le tien viendra sur la page d'exercices de la notion.
Exemple 1 — convertir les unités sans se planter
Exemple 2 — la loi des tensions en série
Exemple 3 — brancher le voltmètre et lire l'affichage
Niveau contrôle, on ne rigole plus (enfin si, un peu). Un problème complet résolu comme le correcteur veut le voir : schéma propre, calcul justifié, unités, phrase de conclusion. Et la liste des pièges qui coûtent des points bêtement.
Un problème type entièrement résolu
Énoncé. Un générateur de $4{,}5\,\text{V}$ alimente en série deux lampes L1 et L2. Un voltmètre branché aux bornes de L1 indique $U_1 = 2{,}7\,\text{V}$. 1) Faire le schéma en plaçant le voltmètre. 2) Calculer la tension $U_2$ aux bornes de L2.
1) Le schéma. On dessine le circuit en série (générateur, L1, L2). Le voltmètre se place en dérivation aux bornes de L1 (voir figure), avec COM côté $−$ et V côté $+$.
2) Le calcul.
- Un schéma normalisé avec les bons symboles, et le voltmètre bien en dérivation.
- La formule littérale ($U_2 = U_{\text{gén}} - U_1$) écrite avant l'application numérique.
- L'unité (V) sur chaque valeur, et une phrase de conclusion.
Les pièges classiques (et comment les éviter)
- Brancher le voltmètre en série : sa résistance interne très élevée bloque quasiment le courant et fausse tout. Il va en dérivation.
- Confondre voltmètre et ampèremètre : l'ampèremètre s'insère en série, le voltmètre en dérivation.
- Oublier les conversions : $500\,\text{mV} = 0{,}5\,\text{V}$, et surtout pas $500\,\text{V}$.
- Sur un voltmètre analogique, choisir un calibre inférieur à la tension attendue : l'aiguille sort de l'échelle (risque de casse).
- Écrire un résultat sans unité ou sans phrase de conclusion.
Le réflexe qui sauve : dès qu'on parle de tension, on pense volts et dérivation ; dès qu'on parle d'intensité, on pense ampères et série.
Tu maîtrises le programme de 4e ? On ouvre le capot. Deux ou trois idées qui expliquent le pourquoi du comment, et un avant-goût de ce qui t'attend l'an prochain — histoire de préshoter la 3e.
L'autre loi : l'unicité des tensions en dérivation
La loi des tensions que tu connais vaut pour le montage en série. En dérivation, c'est une autre règle qui s'applique : deux dipôles branchés entre les deux mêmes points ont la même tension à leurs bornes.
Autrement dit : en série, les tensions s'additionnent ; en dérivation, elles sont égales. Deux lois sœurs qu'il ne faut surtout pas mélanger.
Pourquoi le voltmètre se branche en parallèle (l'idée de la justification)
Pourquoi cette règle du voltmètre en dérivation ? Parce qu'un bon voltmètre possède une résistance interne très élevée : presque aucun courant ne le traverse. Branché en dérivation, il lit la tension aux bornes du dipôle sans modifier le circuit.
À l'inverse, placé en série, sa résistance énorme couperait quasiment le courant : le circuit ne fonctionnerait plus, et la mesure n'aurait aucun sens. C'est exactement la logique inverse de l'ampèremètre, qui a une résistance quasi nulle et se met donc en série.
Cette idée — mesurer sans perturber — est un principe qu'on retrouve dans tous les bons appareils de mesure.
Aperçu de la 3e : tension, intensité et énergie
La tension ne vit pas seule. L'an prochain, tu la relieras à l'intensité du courant :
où $R$ est la résistance en ohms ($\Omega$), $I$ l'intensité en ampères (A) et $P$ la puissance en watts (W). Ces relations expliquent, dans le grand chapitre de l'énergie, comment un appareil convertit l'énergie électrique — le fil rouge de tout ce thème.
Pour aller plus loin dès maintenant, jette un œil à la notion voisine : les circuits en série et en dérivation, où ces deux lois des tensions prennent tout leur sens.