Dynamique des populations
Une population est l'ensemble des individus d'une même espèce occupant un même espace à un instant donné. Son effectif $N$ varie sous l'action de quatre processus : naissances et immigration l'augmentent ; décès et émigration le diminuent. La densité $d = \dfrac{N}{S}$ (ind/ha ou ind/km²) permet de comparer des populations occupant des surfaces différentes.
L'étude de ces variations constitue la dynamique des populations : elle permet de comprendre l'état de santé d'un écosystème et de prévoir l'évolution des espèces face aux perturbations.
En l'absence de contrainte, la population croît de façon exponentielle (courbe en J) : le taux d'accroissement est constant. En milieu réel, les ressources sont limitées : la croissance ralentit et s'arrête à la capacité de charge $K$, effectif maximal que le milieu peut entretenir durablement. La courbe devient alors sigmoïde, en S : c'est le modèle logistique.
La croissance est maximale au point d'inflexion, lorsque $N = K/2$. Au-delà, des facteurs limitants freinent la dynamique :
- Densité-dépendants : leur effet s'intensifie quand la densité augmente — compétition intraspécifique, prédation, parasitisme.
- Densité-indépendants : leur effet est indépendant de $N$ — gel, sécheresse, inondation.
Dans un système proie–prédateur, les effectifs oscillent de façon couplée avec un décalage temporel : le pic du prédateur suit celui de la proie, car la reproduction du prédateur nécessite un certain temps après l'abondance de nourriture.
- Identifier la forme globale : J (exponentielle, ressources illimitées) ou S (logistique, ressources limitées).
- Repérer les deux phases : accélération (pente croissante) puis ralentissement (pente décroissante).
- Lire $K$ sur le plateau horizontal de la courbe sigmoïde.
- Localiser le point d'inflexion : $\Delta N$ maximal, atteint pour $N = K/2$.
- Associer chaque changement de tendance à un facteur limitant identifiable (biotique ou abiotique).
- Confondre $r$ (taux d'accroissement naturel, en ‰) et $\Delta N$ (variation d'effectif, en nombre d'individus).
- Oublier les flux migratoires dans le calcul de $\Delta N$ : immigration et émigration comptent autant que naissances et morts.
- Croire que la courbe logistique plafonne spontanément : c'est toujours un ou plusieurs facteurs limitants identifiables qui imposent $K$.
- Sur un graphe proie–prédateur, inverser le décalage : le prédateur atteint son pic après la proie, jamais en même temps ni avant.