V VIDYALAYA · Soutien scolaire
SVT1reEcosystemes et services environnementauxFiche de cours

Dynamique des populations

De la croissance exponentielle à la régulation : comment les populations s'équilibrent avec leur milieu.
1 L'idée

Une population est l'ensemble des individus d'une même espèce occupant un même espace à un instant donné. Son effectif $N$ varie sous l'action de quatre processus : naissances et immigration l'augmentent ; décès et émigration le diminuent. La densité $d = \dfrac{N}{S}$ (ind/ha ou ind/km²) permet de comparer des populations occupant des surfaces différentes.

L'étude de ces variations constitue la dynamique des populations : elle permet de comprendre l'état de santé d'un écosystème et de prévoir l'évolution des espèces face aux perturbations.

2 Paramètres démographiques
Variation d'effectif
\(\Delta N = (\text{naissances} - \text{morts}) + (\text{immigrants} - \text{émigrants})\)
Taux de natalité
\(t_n = \dfrac{\text{naissances}}{N} \times 1000 \quad (\text{en ‰})\)
Taux de mortalité
\(t_m = \dfrac{\text{morts}}{N} \times 1000 \quad (\text{en ‰})\)
Taux d'accroissement naturel
\(r = t_n - t_m \quad (\text{en ‰})\)
3 Exemple chiffré
Population de chevreuils — forêt de 200 ha
Données : $N = 160$ individus ; 32 naissances ; 24 décès ; 8 immigrants ; 2 émigrants.
Densité : $d = \dfrac{160}{200} = 0{,}8 \text{ ind/ha}$
Taux de natalité : $t_n = \dfrac{32}{160} \times 1000 = 200 \text{ ‰}$
Taux de mortalité : $t_m = \dfrac{24}{160} \times 1000 = 150 \text{ ‰}$
Taux d'accroissement naturel : $r = 200 - 150 = 50 \text{ ‰}$
Variation d'effectif : $\Delta N = (32 - 24) + (8 - 2) = 8 + 6 = 14$
Effectif l'année suivante : $N_1 = 160 + 14 = 174$ individus
4 Modèles de croissance et régulation

En l'absence de contrainte, la population croît de façon exponentielle (courbe en J) : le taux d'accroissement est constant. En milieu réel, les ressources sont limitées : la croissance ralentit et s'arrête à la capacité de charge $K$, effectif maximal que le milieu peut entretenir durablement. La courbe devient alors sigmoïde, en S : c'est le modèle logistique.

La croissance est maximale au point d'inflexion, lorsque $N = K/2$. Au-delà, des facteurs limitants freinent la dynamique :

Dans un système proie–prédateur, les effectifs oscillent de façon couplée avec un décalage temporel : le pic du prédateur suit celui de la proie, car la reproduction du prédateur nécessite un certain temps après l'abondance de nourriture.

Méthode — analyser une courbe de croissance
  • Identifier la forme globale : J (exponentielle, ressources illimitées) ou S (logistique, ressources limitées).
  • Repérer les deux phases : accélération (pente croissante) puis ralentissement (pente décroissante).
  • Lire $K$ sur le plateau horizontal de la courbe sigmoïde.
  • Localiser le point d'inflexion : $\Delta N$ maximal, atteint pour $N = K/2$.
  • Associer chaque changement de tendance à un facteur limitant identifiable (biotique ou abiotique).
Erreurs fréquentes
  • Confondre $r$ (taux d'accroissement naturel, en ‰) et $\Delta N$ (variation d'effectif, en nombre d'individus).
  • Oublier les flux migratoires dans le calcul de $\Delta N$ : immigration et émigration comptent autant que naissances et morts.
  • Croire que la courbe logistique plafonne spontanément : c'est toujours un ou plusieurs facteurs limitants identifiables qui imposent $K$.
  • Sur un graphe proie–prédateur, inverser le décalage : le prédateur atteint son pic après la proie, jamais en même temps ni avant.