Services écosystémiques
Un service écosystémique est un bénéfice que les êtres humains tirent, directement ou indirectement, du fonctionnement des écosystèmes. Ce cadre conceptuel est formalisé en 2005 par le Millennium Ecosystem Assessment (MEA), rapport coordonné par l'ONU réunissant 1 360 experts.
Ces services reposent sur le capital naturel : l'ensemble des organismes vivants, des sols, des eaux et de l'atmosphère qui constituent les écosystèmes. Ce capital produit des flux de services en continu, pour autant qu'il reste fonctionnel. Sa dégradation entraîne une perte irréversible ou coûteuse à compenser techniquement.
Les services sont hiérarchisés : les services de soutien conditionnent tous les autres. Si la formation des sols est perturbée (érosion, artificialisation), les services d'approvisionnement (production alimentaire) et de régulation (filtration de l'eau) s'effondrent en cascade.
Il existe aussi des compromis (trade-offs) : intensifier l'agriculture pour maximiser l'approvisionnement en céréales réduit simultanément la pollinisation naturelle (régulation) et la biodiversité du sol (soutien). Optimiser un service peut dégrader les autres.
- Identifier l'écosystème concerné (forêt, zone humide, prairie, récif corallien...).
- Caractériser la nature du bénéfice : ressource directement prélevée → approvisionnement ; processus naturel maintenu → régulation ; bénéfice non matériel → culturel ; base du fonctionnement de l'écosystème → soutien.
- Vérifier le lien de dépendance : le bénéfice disparaîtrait-il si l'écosystème était dégradé ? Si oui, c'est bien un service.
- Rechercher les connexions : un même écosystème rend souvent plusieurs services ; identifier les interdépendances renforce le raisonnement.
- Confondre approvisionnement et soutien : prélever de l'eau douce est un approvisionnement ; le cycle hydrologique qui renouvelle cette eau est un service de soutien.
- Négliger les services culturels : ils sont réels et économiquement mesurables (revenus touristiques, bien-être, santé mentale).
- Considérer les services comme illimités parce que gratuits : ils dépendent de la santé de l'écosystème, qui se dégrade sous la pression humaine.
- Restreindre les services aux écosystèmes « sauvages » : les agroécosystèmes en rendent aussi, mais en diversité et en quantité réduites.