Cancers : origine génétique
Un cancer résulte d'une prolifération cellulaire incontrôlée causée par des mutations dans des gènes qui régulent le cycle cellulaire. Deux grandes catégories de gènes sont visées : ceux qui accélèrent la division (proto-oncogènes) et ceux qui la freinent (gènes suppresseurs de tumeur). La transformation d'une cellule normale en cellule cancéreuse est un processus progressif et multi-étapes : il faut l'accumulation de plusieurs mutations dans une même lignée cellulaire.
Ces mutations sont le plus souvent somatiques (acquises au cours de la vie, non transmises) et peuvent être induites par des facteurs endogènes (erreurs de réplication de l'ADN) ou exogènes (agents mutagènes : UV, tabac, virus oncogènes, radiations ionisantes).
Mutations somatiques (~90–95 % des cancers) : surviennent dans une cellule du corps après la fécondation, sous l'effet de mutagènes ou d'erreurs de réplication. Elles ne sont pas transmises aux enfants. Le cancer est alors dit sporadique.
Mutations germinales prédisposantes (~5–10 % des cancers) : présentes dans toutes les cellules dès la conception (héritées d'un parent). Elles augmentent fortement le risque mais ne déclenchent pas seules un cancer — d'autres mutations somatiques restent nécessaires. Exemple : mutations des gènes BRCA1 ou BRCA2, prédisposant au cancer du sein et de l'ovaire.
- Identifier le gène concerné et sa fonction normale (proto-oncogène : accélérateur ; gène suppresseur : frein).
- Préciser le type de mutation (substitution, délétion, insertion) et son effet sur la protéine (gain ou perte de fonction).
- Déterminer l'effet allélique : dominant (un allèle muté suffit → oncogène) ou récessif (deux allèles mutés nécessaires → gène suppresseur).
- Préciser l'origine : mutation somatique (non héréditaire, acquise) ou germinale (héritée, prédisposante).
- Conclure : perte du contrôle du cycle cellulaire → prolifération incontrôlée → tumeur.
- Un proto-oncogène n'est pas un gène anormal : c'est un gène normal présent dans toutes les cellules.
- La grande majorité des cancers ne sont PAS héréditaires : les mutations sont somatiques et non transmises.
- Un oncogène est dominant (un allèle suffit) ; un gène suppresseur est récessif (il faut inactiver les deux allèles).
- Une seule mutation ne provoque pas un cancer : la cancérogenèse est multi-étapes et nécessite l'accumulation de plusieurs mutations.
- Prédisposition génétique ≠ fatalité : une mutation germinale BRCA1 augmente le risque sans le rendre certain.