V VIDYALAYA · Soutien scolaire
SVT1reVariation genetique et santeFiche de cours

Cancers : origine génétique

Le cancer est une maladie génétique somatique : des mutations accumulées dérèglent le contrôle de la division cellulaire.
1 L'idée

Un cancer résulte d'une prolifération cellulaire incontrôlée causée par des mutations dans des gènes qui régulent le cycle cellulaire. Deux grandes catégories de gènes sont visées : ceux qui accélèrent la division (proto-oncogènes) et ceux qui la freinent (gènes suppresseurs de tumeur). La transformation d'une cellule normale en cellule cancéreuse est un processus progressif et multi-étapes : il faut l'accumulation de plusieurs mutations dans une même lignée cellulaire.

Ces mutations sont le plus souvent somatiques (acquises au cours de la vie, non transmises) et peuvent être induites par des facteurs endogènes (erreurs de réplication de l'ADN) ou exogènes (agents mutagènes : UV, tabac, virus oncogènes, radiations ionisantes).

2 Définitions clés
Mutation
\(\text{Modification permanente de la séquence nucléotidique de l'ADN (substitution, délétion, insertion).}\)
Proto-oncogène
\(\text{Gène normal stimulant la division cellulaire de façon régulée. Présent dans toutes les cellules.}\)
Oncogène
\(\text{Forme mutée d'un proto-oncogène — stimulation permanente et excessive de la division (gain de fonction).}\)
Gène suppresseur
\(\text{Gène freinant la division ou déclenchant l'apoptose (ex. TP53). Perte de fonction si les 2 allèles sont mutés.}\)
Métastase
\(\text{Cellule tumorale migrant via le sang ou la lymphe pour former une tumeur secondaire à distance.}\)
3 Exemples concrets
Oncogène RAS (cancer colorectal)
Le gène RAS code une protéine de signalisation (GTPase) transmettant le signal de division de façon transitoire.
Une substitution au codon 12 (GGT → GTT) modifie un acide aminé : la protéine Ras ne peut plus hydrolyser le GTP et reste bloquée en conformation active — signal de division permanent.
Effet dominant : un seul allèle muté suffit à dérégler la cellule.
Gène suppresseur TP53
La protéine p53 est le «gardien du génome» : elle bloque le cycle cellulaire face aux dommages à l'ADN et peut déclencher l'apoptose si les dommages sont irréparables.
L'inactivation des deux allèles de TP53 supprime ce frein — les cellules mutées ne sont plus éliminées et accumulent de nouvelles mutations.
Muté dans environ 50 % des cancers humains. Effet récessif (perte de fonction biallélique nécessaire).
4 Mutations somatiques et germinales

Mutations somatiques (~90–95 % des cancers) : surviennent dans une cellule du corps après la fécondation, sous l'effet de mutagènes ou d'erreurs de réplication. Elles ne sont pas transmises aux enfants. Le cancer est alors dit sporadique.

Mutations germinales prédisposantes (~5–10 % des cancers) : présentes dans toutes les cellules dès la conception (héritées d'un parent). Elles augmentent fortement le risque mais ne déclenchent pas seules un cancer — d'autres mutations somatiques restent nécessaires. Exemple : mutations des gènes BRCA1 ou BRCA2, prédisposant au cancer du sein et de l'ovaire.

Méthode — analyser l'origine génétique d'un cancer
  • Identifier le gène concerné et sa fonction normale (proto-oncogène : accélérateur ; gène suppresseur : frein).
  • Préciser le type de mutation (substitution, délétion, insertion) et son effet sur la protéine (gain ou perte de fonction).
  • Déterminer l'effet allélique : dominant (un allèle muté suffit → oncogène) ou récessif (deux allèles mutés nécessaires → gène suppresseur).
  • Préciser l'origine : mutation somatique (non héréditaire, acquise) ou germinale (héritée, prédisposante).
  • Conclure : perte du contrôle du cycle cellulaire → prolifération incontrôlée → tumeur.
Erreurs fréquentes
  • Un proto-oncogène n'est pas un gène anormal : c'est un gène normal présent dans toutes les cellules.
  • La grande majorité des cancers ne sont PAS héréditaires : les mutations sont somatiques et non transmises.
  • Un oncogène est dominant (un allèle suffit) ; un gène suppresseur est récessif (il faut inactiver les deux allèles).
  • Une seule mutation ne provoque pas un cancer : la cancérogenèse est multi-étapes et nécessite l'accumulation de plusieurs mutations.
  • Prédisposition génétique ≠ fatalité : une mutation germinale BRCA1 augmente le risque sans le rendre certain.