Microbiote et immunité
Le microbiote désigne l'ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, champignons, archées) qui colonisent l'organisme humain en situation de symbiose. Le microbiote intestinal, le plus dense, compte environ $10^{13}$ bactéries et près de 1 000 espèces différentes chez un adulte sain.
Ces micro-organismes ne sont pas passifs : ils entretiennent une relation de symbiose avec l'hôte et jouent un rôle central dans la maturation, la régulation et la protection du système immunitaire.
- Éducation immunitaire : les bactéries commensales stimulent la maturation des organes lymphoïdes intestinaux (plaques de Peyer, ganglions mésentériques) et favorisent le développement des lymphocytes $T_{reg}$ (T régulateurs). Ces derniers freinent les réponses immunitaires excessives, prévenant allergies et maladies auto-immunes.
- Résistance à la colonisation : le microbiote occupe les niches écologiques, consomme les nutriments disponibles et sécrète des bactériocines (substances antimicrobiennes), empêchant l'implantation des pathogènes.
- Stimulation de l'immunité muqueuse : les cellules B intestinales produisent des IgA sécrétoires qui neutralisent les bactéries luminales sans déclencher d'inflammation. Les acides gras à chaîne courte (AGCC), métabolites bactériens, renforcent cette régulation.
- Identifier si la situation concerne l'immunité innée (tolérance, reconnaissance) ou adaptative ($T_{reg}$, IgA sécrétoires).
- Préciser le mécanisme : éducation ($T_{reg}$), protection directe (résistance à la colonisation) ou régulation (AGCC, IgA).
- Pour une expérience (souris axéniques, greffe fécale) : état initial → perturbation → résultat → conclusion sur le rôle du microbiote.
- Distinguer corrélation (association statistique) et causalité (relation cause-effet démontrée expérimentalement).
- Confondre microbiote (les organismes) et microbiome (leurs génomes) : ce ne sont pas des synonymes.
- Croire que toutes les bactéries du microbiote sont pathogènes : en situation normale, elles sont commensales ou mutualistes.
- Oublier que les antibiotiques détruisent aussi le microbiote commensal → dysbiose possible et surinfections opportunistes (ex. : Clostridioides difficile).
- Dire que le microbiote combat les pathogènes comme un anticorps : son action est indirecte (compétition, éducation immunitaire, régulation).