V VIDYALAYA · Soutien scolaire
SVT3eLe corps humain et la santeFiche de cours

Greffes et transfusions

Comprendre pourquoi le groupe sanguin et la compatibilité HLA conditionnent la réussite d'une transfusion ou d'une greffe.
1 L'idée

Le système immunitaire distingue le soi (les propres cellules de l'organisme) du non-soi (éléments étrangers). Cette capacité protège contre les infections, mais peut aussi déclencher des réactions graves lors d'une transfusion sanguine incompatible ou d'une greffe d'organe. Pour éviter ces accidents, on vérifie systématiquement la compatibilité entre donneur et receveur.

2 Les groupes sanguins ABO

Les globules rouges portent à leur surface des antigènes (molécules reconnues par le système immunitaire). Le plasma contient des anticorps dirigés contre les antigènes absents des propres globules rouges du sujet.

Le facteur Rhésus (Rh) s'ajoute au groupe ABO : Rh+ si l'antigène D est présent, Rh− s'il est absent. Un receveur Rh− ne doit pas recevoir de sang Rh+ (risque de production d'anticorps anti-D, dangereux lors d'une exposition ultérieure).

3 Récapitulatif — groupes ABO
Groupe A
\(\text{Antigène A} \;|\; \text{Anticorps anti-B}\)
Groupe B
\(\text{Antigène B} \;|\; \text{Anticorps anti-A}\)
Groupe AB
\(\text{Antigènes A et B} \;|\; \text{Aucun anticorps}\)
Groupe O
\(\text{Aucun antigène} \;|\; \text{Anticorps anti-A et anti-B}\)
4 Compatibilité transfusionnelle
Transfusion incompatible — B vers A
Receveur de groupe A : possède des anticorps anti-B dans le plasma.
Donneur de groupe B : ses globules rouges portent l'antigène B.
Les anticorps anti-B du receveur attaquent les globules rouges du donneur → agglutination dangereuse. Transfusion incompatible.
Transfusion compatible — O vers A
Receveur de groupe A : anticorps anti-B uniquement.
Donneur de groupe O : aucun antigène A ni B sur ses globules rouges.
Aucun anticorps du receveur ne réagit → transfusion compatible.
5 La greffe d'organe et le rejet

Les cellules de tout organe portent à leur surface des antigènes HLA (antigènes du complexe majeur d'histocompatibilité). Chaque individu possède un profil HLA unique (sauf les vrais jumeaux). Lors d'une greffe, les lymphocytes T du receveur reconnaissent les antigènes HLA du donneur comme étrangers et déclenchent une réaction de rejet qui détruit progressivement l'organe.

Pour limiter ce rejet, on recherche la meilleure compatibilité HLA possible entre donneur et receveur (typage HLA), et on administre des immunosuppresseurs qui freinent les défenses immunitaires du receveur.

Méthode — vérifier la compatibilité transfusionnelle
  • Identifier le groupe ABO du receveur → noter ses anticorps plasmatiques.
  • Identifier le groupe ABO du donneur → noter les antigènes sur ses globules rouges.
  • Vérifier qu'aucun anticorps du receveur ne correspond à un antigène du donneur.
  • Vérifier le Rhésus : un receveur Rh− ne peut recevoir que du sang Rh−.
  • Si aucun conflit antigène/anticorps → transfusion compatible.
Erreurs fréquentes
  • Confondre antigènes et anticorps : les antigènes sont sur les globules rouges, les anticorps dans le plasma.
  • Croire que le groupe O est universel dans tous les cas : il l'est pour les globules rouges, mais le plasma O contient anti-A et anti-B.
  • Oublier le facteur Rhésus : une première transfusion Rh+ sur un patient Rh− est parfois tolérée, mais une deuxième provoque une réaction hémolytique grave (réponse secondaire rapide).
  • Confondre greffe et transfusion : le rejet de greffe implique les antigènes HLA, pas seulement les groupes ABO.