V VIDYALAYA · Soutien scolaire
SVT3eLe corps humain et la santeFiche de cours

Vaccination et sérothérapie

Deux stratégies pour protéger l'organisme contre les agents pathogènes : l'une prévient, l'autre soigne en urgence.
1 L'idée

L'organisme dispose de défenses spécifiques : face à un agent pathogène, les lymphocytes B produisent des anticorps qui reconnaissent et neutralisent les antigènes étrangers. Il est possible d'armer l'organisme de deux façons : en stimulant lui-même ses défenses (vaccination) ou en lui fournissant directement des anticorps déjà fabriqués (sérothérapie).

2 Rappels : antigènes, anticorps et mémoire immunitaire

Un antigène est toute molécule étrangère (protéine de surface d'un virus, toxine bactérienne…) reconnue par l'organisme et capable de déclencher une réponse immunitaire.

Un anticorps est une protéine produite par les lymphocytes B. Chaque anticorps est spécifique d'un antigène : il s'y fixe précisément pour le neutraliser ou le signaler aux cellules immunitaires.

Après une première réponse, des lymphocytes mémoires persistent dans l'organisme pendant des années. En cas de second contact avec le même antigène, la réponse est beaucoup plus rapide et plus intense : c'est la réponse secondaire.

3 La vaccination — immunité active
Principe
On injecte des antigènes atténués ou inactivés (virus affaibli, fragment de bactérie, toxine modifiée) : ils ne provoquent pas la maladie.
Les lymphocytes B reconnaissent ces antigènes et produisent des anticorps spécifiques (réponse primaire).
Des lymphocytes mémoires sont formés et persistent des années.
En cas de vraie infection, la réponse mémoire neutralise le pathogène avant l'apparition des symptômes.
Exemple : vaccin contre la rougeole (ROR)
Le vaccin contient le virus de la rougeole vivant atténué.
L'enfant produit des anticorps anti-rougeole et conserve une mémoire immunitaire durable.
Lors d'un contact ultérieur avec le vrai virus, la réponse secondaire est immédiate : la maladie est évitée.
4 La sérothérapie — immunité passive
Principe
On injecte directement un sérum contenant des anticorps déjà formés, prélevés chez un animal ou un humain immunisé.
Ces anticorps agissent immédiatement contre l'agent pathogène ou la toxine ciblée.
Il n'y a pas de stimulation des lymphocytes du patient, donc aucune mémoire immunitaire n'est créée.
La protection est temporaire : les anticorps injectés sont progressivement éliminés (quelques semaines).
Exemple : antivenin après morsure de serpent
Un cheval est immunisé contre le venin ; son sérum, riche en anticorps anti-venin, est purifié.
Ce sérum est injecté à la victime : les anticorps neutralisent la toxine en quelques heures.
La protection disparaît en quelques semaines ; aucune mémoire n'est acquise par le patient.
Méthode — distinguer vaccination et sérothérapie
  • Ce qui est injecté : des antigènes (vaccin) ou des anticorps (sérum).
  • Qui produit les anticorps : l'organisme du patient lui-même (vaccin) ou une source extérieure (sérum).
  • Délai d'action : quelques jours à semaines (vaccin) ou quasi immédiat (sérum).
  • Durée de protection : longue, souvent des années avec rappels (vaccin) ou temporaire, quelques semaines (sérum).
  • Mémoire immunitaire : oui (vaccin) — non (sérum).
  • Usage : prévention avant exposition (vaccin) ou traitement d'urgence après exposition (sérum).
Erreurs fréquentes
  • Confondre antigène et anticorps : l'antigène est ce qui est reconnu (l'ennemi), l'anticorps est ce qui est produit (la réponse).
  • Croire que le vaccin contient des anticorps : il contient des antigènes atténués ou inactivés, pas des anticorps.
  • Penser que la sérothérapie confère une immunité durable : elle est toujours temporaire, sans mémoire.
  • Affirmer que le vaccin provoque la maladie : les antigènes vaccinaux sont incapables de la déclencher.