V VIDYALAYA · Soutien scolaire
SVT3eLe corps humain et la santeFiche de cours

VIH et SIDA

Un virus qui détruit progressivement les défenses immunitaires — comprendre les mécanismes pour mieux prévenir.
1 L'idée

Le VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine) est un virus qui s'attaque aux lymphocytes T4, cellules essentielles à la coordination du système immunitaire. En les détruisant progressivement, le VIH affaiblit les défenses de l'organisme jusqu'à les rendre inefficaces.

Le SIDA (Syndrome d'ImmunoDéficience Acquise) est le stade avancé de l'infection par le VIH : lorsque le nombre de lymphocytes T4 chute en dessous d'un seuil critique (200 cellules/mm³, contre 700 à 1 100 normalement), l'organisme ne peut plus se défendre contre des maladies opportunistes — des infections ou cancers qui ne surviendraient pas chez une personne dont le système immunitaire fonctionne normalement.

Distinction fondamentale : être séropositif (porteur du VIH, détecté par la présence d'anticorps anti-VIH dans le sang) ne signifie pas avoir le SIDA. La progression vers le SIDA peut prendre plusieurs années, voire des décennies si l'infection est traitée.

2 Mécanisme d'action du VIH

Le VIH est un rétrovirus : son matériel génétique est de l'ARN, converti en ADN grâce à une enzyme virale (la transcriptase inverse), puis intégré dans le génome du lymphocyte T4 infecté. Le virus utilise alors cette cellule pour se reproduire, puis la détruit.

3 De la contamination au SIDA : un exemple de progression
Scénario type (sans traitement)
Une personne est contaminée par le VIH lors d'un rapport sexuel non protégé. Son test sérologique revient positif : elle est séropositive.
Pendant 8 à 10 ans, elle ne ressent rien de particulier mais le virus détruit lentement ses lymphocytes T4 (de 900 à 250 cellules/mm³).
Son taux de lymphocytes T4 passe sous 200 cellules/mm³ : une pneumonie grave se déclare, infection qui n'aurait pas pu s'installer chez une personne immunocompétente. C'est le stade SIDA.
Avec un traitement antirétroviral (ARV) commencé tôt, la destruction des lymphocytes T4 est stoppée, la charge virale devient indétectable, et la personne vit normalement sans jamais développer le SIDA.
Les trois voies de transmission du VIH
  • Voie sexuelle : rapports sexuels non protégés (vaginaux, anaux, oraux) avec une personne séropositive. C'est la voie la plus fréquente.
  • Voie sanguine : partage de seringues (usage de drogues injectables), transfusion de sang non contrôlé, accident avec matériel médical souillé.
  • Voie materno-fœtale : transmission de la mère séropositive à l'enfant pendant la grossesse, l'accouchement ou l'allaitement.
  • Le VIH ne se transmet pas par la salive, les larmes, la sueur, un baiser, une poignée de main, le partage de repas ou les objets du quotidien.
Prévention et traitements
  • Préservatif : protection la plus efficace contre la transmission sexuelle.
  • Dépistage : connaître son statut sérologique permet de se traiter tôt et de protéger ses partenaires.
  • Traitement ARV : les antirétroviraux bloquent la réplication du VIH. Une personne sous ARV avec une charge virale indétectable ne transmet pas le virus (principe U=U).
  • PrEP (prophylaxie pré-exposition) : médicament pris avant une exposition à risque pour les personnes les plus exposées.
  • Il n'existe ni vaccin ni traitement curatif contre le VIH à ce jour : les ARV contrôlent l'infection sans l'éliminer.
Erreurs fréquentes
  • Confondre VIH et SIDA : le VIH est le virus, le SIDA est le stade avancé de la maladie — ce ne sont pas des synonymes.
  • Croire qu'une personne séropositive « a le SIDA » : elle peut rester asymptomatique pendant des années sous traitement.
  • Croire que les ARV guérissent : ils contrôlent l'infection mais ne l'éliminent pas. L'arrêt du traitement entraîne la reprise de la réplication virale.
  • Supposer que le SIDA ne touche que certains groupes : toute personne exposée aux voies de transmission peut être contaminée.