Contrôle demain, et tu ouvres le chapitre ce soir. Respire : toute la leçon tient dans une seule question, posée à n'importe quel être vivant — est-ce qu'il fabrique sa matière organique, ou est-ce qu'il la prend chez les autres ? Voici le strict nécessaire, dans l'ordre où on te le demandera.
Tout part de la matière organique
Tout organisme vivant a besoin de matière organique. Elle lui sert à deux choses, et il faut savoir citer les deux : construire ses cellules et produire de l'énergie. Personne n'y échappe : ni le chêne, ni la vache, ni la moisissure.
Ce qui change d'un être vivant à l'autre, c'est seulement la façon de se la procurer. Et il n'y a que deux réponses possibles — d'où les deux grands modes de nutrition.
| Mode | Ce qu'il fait | Exemples du cours |
| Autotrophe autos : soi-même trophos : nourriture | il fabrique sa propre matière organique à partir de matière minérale et d'énergie lumineuse | chêne, algues vertes, phytoplancton |
| Hétérotrophe heteros : autre | il se nourrit de matière organique déjà formée, en consommant d'autres organismes | vache, lion, moisissure |
Si tu ne retiens qu'une phrase : l'autotrophe part de matière minérale, l'hétérotrophe part de matière organique que quelqu'un d'autre a déjà fabriquée.
La photosynthèse, en une ligne
Qui est autotrophe ? Les végétaux, les algues et certaines bactéries. Ils réalisent la photosynthèse grâce à la chlorophylle, un pigment vert contenu dans leurs cellules.
Le bilan à savoir écrire :
\(CO_2\) + \(H_2O\) → matière organique + \(O_2\)
au-dessus de la flèche : lumière + chlorophylle
En mots : la photosynthèse utilise la lumière, le dioxyde de carbone (\(CO_2\)) de l'air et l'eau (\(H_2O\)) du sol pour fabriquer de la matière organique, et elle libère du dioxygène (\(O_2\)).
Parce qu'ils fabriquent la matière organique que tous les autres consommeront, on appelle ces organismes les producteurs de l'écosystème.
Le réflexe qui te sauve, et les trois pièges
Le test à faire mentalement devant n'importe quel organisme : peut-il survivre avec seulement de l'eau, des sels minéraux et de la lumière, sans rien manger ? Si oui → autotrophe.
Deux indices plus rapides : la présence de chlorophylle (couleur verte caractéristique, feuilles, algues) est un indice fort d'autotrophie ; le fait d'ingérer ou d'absorber d'autres êtres vivants ou leurs restes est un indice d'hétérotrophie.
Les trois pièges qui coûtent des points :
- Le champignon (la moisissure) ressemble à une plante, mais il n'a aucune chlorophylle : il est hétérotrophe. Il absorbe la matière organique de substrats morts ou vivants.
- La photosynthèse produit du \(O_2\), mais les plantes respirent aussi : elles consomment du \(O_2\) en permanence. Ce sont deux phénomènes distincts.
- Autotrophe ne signifie pas « sans besoins » : la plante a besoin d'eau, de \(CO_2\) et de lumière. À l'obscurité, elle ne peut plus photosynthétiser, elle épuise ses réserves et finit par mourir.
Les mots te reviennent — autotrophe, photosynthèse, chlorophylle, producteurs — mais tu ne sais plus bien lequel va avec quoi. On remet le cours dans l'ordre, du besoin commun à tous les êtres vivants jusqu'à la méthode qui permet de classer n'importe quel organisme sans hésiter.
Pourquoi il existe deux modes de nutrition
Le point de départ est le même pour tout le monde : tout organisme vivant a besoin de matière organique. Elle a deux usages, et l'énoncé attend souvent les deux : construire ses cellules et produire de l'énergie.
La question qui organise le chapitre n'est donc pas « en a-t-il besoin ? » — la réponse est toujours oui — mais « comment se la procure-t-il ? ». C'est bien selon la façon dont il se la procure qu'on distingue les deux grands modes de nutrition.
Les deux noms viennent du grec, et l'étymologie donne directement la définition :
- Autotrophe — autos : soi-même, trophos : nourriture. L'organisme fabrique sa propre matière organique à partir de matière minérale et d'énergie lumineuse.
- Hétérotrophe — heteros : autre. L'organisme se nourrit de matière organique déjà formée, en consommant d'autres organismes.
Ce qui sépare les deux, ce n'est donc pas le besoin, ni même la quantité : c'est le point de départ. Minéral d'un côté, organique de l'autre.
L'autotrophie et la photosynthèse
Qui ? Les végétaux, les algues et certaines bactéries sont autotrophes. Attention au mot « certaines » : il est dans le cours, et il veut dire que toutes les bactéries ne le sont pas.
Comment ? Par la photosynthèse. Ils en sont capables grâce à la chlorophylle, un pigment vert contenu dans leurs cellules — c'est elle qui donne la couleur verte.
Avec quoi, et pour donner quoi ?
| Entrées — ce que la photosynthèse utilise | Sorties — ce qu'elle donne |
| la lumière | de la matière organique |
| le dioxyde de carbone \(CO_2\), pris dans l'air | du dioxygène \(O_2\), libéré |
| l'eau \(H_2O\), prise dans le sol | — |
Le bilan s'écrit donc : \(CO_2\) + \(H_2O\) → matière organique + \(O_2\), avec lumière + chlorophylle notés au-dessus de la flèche. Ces deux-là se placent sur la flèche parce que ce sont les conditions sans lesquelles la transformation n'a pas lieu : pas de lumière, ou pas de chlorophylle, et rien ne se passe.
Parce qu'ils fabriquent la matière organique de départ, on appelle les autotrophes les producteurs de l'écosystème.
L'hétérotrophie
Les hétérotrophes ne savent pas fabriquer leur matière organique. Ils doivent donc consommer d'autres organismes pour récupérer de la matière organique déjà formée.
Ce qu'ils en font, c'est le bilan de l'hétérotrophie : matière organique consommée → énergie + croissance. Tu retrouves exactement les deux usages de la matière organique vus au début : produire de l'énergie, et construire ses cellules — donc grandir.
Le mot « consommer » recouvre deux gestes différents, et le cours cite les deux :
- ingérer — la vache consomme de l'herbe, c'est-à-dire de la matière organique végétale ; le lion consomme de la viande, c'est-à-dire de la matière organique animale ;
- absorber — la moisissure, qui est un champignon, absorbe la matière organique de substrats morts ou vivants, et ne possède aucune chlorophylle.
Végétale ou animale, ingérée ou absorbée : peu importe. Dans les trois cas la matière organique vient d'un autre être vivant, et c'est cela seul qui définit l'hétérotrophie.
La méthode : identifier le mode de nutrition d'un organisme
Trois questions, dans cet ordre. Elles suffisent à classer n'importe quel organisme du chapitre.
- 1. Y a-t-il de la chlorophylle ? On la repère à la couleur verte caractéristique : feuilles, algues. Sa présence est un indice fort d'autotrophie.
- 2. L'organisme ingère-t-il ou absorbe-t-il d'autres êtres vivants, ou leurs restes ? Si oui, c'est un indice d'hétérotrophie.
- 3. Le test décisif. Peut-il survivre avec seulement de l'eau, des sels minéraux et de la lumière, sans rien manger ? Si oui → autotrophe.
Le cas piège à connaître par cœur : les champignons ressemblent à des plantes, mais ils sont hétérotrophes — ils ne possèdent pas de chlorophylle. La ressemblance d'aspect ne dit rien du mode de nutrition ; c'est la question 1 qui tranche.
Et note bien la logique des questions 1 et 2 : le cours parle d'indices. L'indice oriente, le test de la question 3 décide.
On reprend le cours en entier, et surtout on l'applique. Après le cours, je classe devant toi les six organismes de la fiche, un par un, en déroulant les trois questions de la méthode et en écrivant à chaque fois la justification telle qu'on l'attend sur une copie.
Le besoin commun, et les deux réponses possibles
Tout organisme vivant a besoin de matière organique : pour construire ses cellules et pour produire de l'énergie. C'est le point commun absolu du vivant, et c'est de là qu'il faut partir dans toute rédaction.
La différence apparaît ensuite : selon la façon dont il se la procure, on distingue deux grands modes de nutrition.
| Autotrophe | Hétérotrophe | |
| Étymologie | autos : soi-même ; trophos : nourriture | heteros : autre |
| Définition | fabrique sa propre matière organique | se nourrit de matière organique déjà formée |
| Point de départ | matière minérale + énergie lumineuse | matière organique d'autres organismes |
| Bilan | matière minérale + énergie lumineuse → matière organique | matière organique consommée → énergie + croissance |
| Exemples | chêne, algues vertes, phytoplancton | vache, lion, moisissure |
Lis la ligne « point de départ » en dernier, c'est celle qui contient tout : le mot qui change entre les deux colonnes est minérale / organique.
L'autotrophie : la photosynthèse en détail
Sont autotrophes les végétaux, les algues et certaines bactéries. Ils réalisent la photosynthèse grâce à la chlorophylle, un pigment vert contenu dans leurs cellules.
Attention à la formulation exacte : la chlorophylle n'est pas un organe et pas une plante, c'est un pigment, et il est dans les cellules. C'est aussi lui qui explique la couleur verte, ce qui en fait un indice visible de l'extérieur.
Ce que la photosynthèse utilise — trois choses, et le cours précise d'où viennent deux d'entre elles :
- la lumière ;
- le dioxyde de carbone \(CO_2\), pris dans l'air ;
- l'eau \(H_2O\), prise dans le sol.
Ce qu'elle donne — deux choses :
- de la matière organique, qui est fabriquée ;
- du dioxygène \(O_2\), qui est libéré.
Ces organismes portent un nom qui dit leur rôle dans l'écosystème : ce sont les producteurs. Ils produisent la matière organique — celle-là même que les hétérotrophes iront consommer.
L'hétérotrophie : consommer la matière organique des autres
Un hétérotrophe ne fabrique rien : il consomme d'autres organismes pour obtenir de la matière organique déjà formée.
Le cours montre deux façons de le faire, et il ne faut pas les confondre :
| Geste | Exemples du cours | Ce qui est consommé |
| ingérer | la vache | de l'herbe : matière organique végétale |
| ingérer | le lion | de la viande : matière organique animale |
| absorber | la moisissure (un champignon) | la matière organique de substrats morts ou vivants |
Que devient cette matière organique une fois consommée ? Le bilan le dit : matière organique consommée → énergie + croissance. Ce sont les deux usages annoncés au tout début du cours — produire de l'énergie, et construire ses cellules.
Les trois bilans du chapitre
Trois écritures à savoir poser. Elles disent la même chose que les définitions, en plus compact.
| Photosynthèse | \(CO_2\) + \(H_2O\) → matière organique + \(O_2\) (lumière + chlorophylle au-dessus de la flèche) |
| Autotrophe | matière minérale + énergie lumineuse → matière organique |
| Hétérotrophe | matière organique consommée → énergie + croissance |
Remarque le lien entre les deux premiers : le bilan de la photosynthèse est le cas concret du bilan de l'autotrophie. \(CO_2\) et \(H_2O\) sont de la matière minérale ; la lumière est l'énergie lumineuse. Si tu comprends cette correspondance, tu n'as plus qu'une seule ligne à retenir au lieu de deux.
Et remarque ce qui manque dans le troisième : aucune flèche ne mène à « matière organique » chez l'hétérotrophe. Il n'en fabrique pas — il en reçoit.
Les six organismes du cours, classés un par un
On applique la méthode. Pour chacun : question 1 (chlorophylle ?), question 2 (ingère ou absorbe ?), question 3 (test de survie), puis la phrase de justification rédigée.
1. Le chêne.
Q1 — Ses feuilles contiennent de la chlorophylle : oui, et c'est un indice fort d'autotrophie. Q2 — Il n'ingère ni n'absorbe aucun autre être vivant. Q3 — Avec de l'eau, des sels minéraux et de la lumière, il tient : il n'a pas besoin de manger.
Rédaction attendue : « Le chêne est autotrophe : ses feuilles contiennent de la chlorophylle, et il fabrique sa matière organique à partir de \(CO_2\) et de lumière. »
2. Les algues vertes d'un étang.
Q1 — Oui : leur couleur verte est due à la chlorophylle, et elle est directement visible. Q2 — Non. Q3 — Oui.
Rédaction attendue : « Les algues vertes sont autotrophes : leur couleur verte est due à la chlorophylle, ce sont des autotrophes aquatiques. »
Ce que cet exemple t'apprend : autotrophe ne veut pas dire « plante terrestre ». L'eau de l'étang ne change rien au raisonnement.
3. Le phytoplancton.
Q1 — Piège de lecture : ce sont des algues microscopiques marines, donc on ne voit pas la couleur verte à l'œil nu. L'indice visuel ne fonctionne pas ; il faut passer par ce que l'énoncé dit de l'organisme — ce sont des algues. Q2 — Non. Q3 — Oui.
Rédaction attendue : « Le phytoplancton est autotrophe : ce sont des algues microscopiques marines. Il est producteur de \(O_2\) et constitue la base de nombreuses chaînes alimentaires. »
4. La vache.
Q1 — Pas de chlorophylle. Q2 — Oui : elle consomme de l'herbe. Q3 — Non : privée de nourriture, elle ne survit pas avec de l'eau, des sels minéraux et de la lumière.
Rédaction attendue : « La vache est hétérotrophe : elle consomme de l'herbe, c'est-à-dire de la matière organique végétale déjà formée. »
5. Le lion.
Q1 — Pas de chlorophylle. Q2 — Oui : il consomme de la viande. Q3 — Non.
Rédaction attendue : « Le lion est hétérotrophe : il consomme de la viande, c'est-à-dire de la matière organique animale déjà formée. »
Ce que la comparaison vache / lion t'apprend : l'aliment est végétal chez l'une, animal chez l'autre, et pourtant le classement est le même. La nature de la matière organique consommée ne change rien ; seul compte le fait qu'elle soit déjà formée.
6. La moisissure.
Q1 — Aucune chlorophylle. C'est le cas piège annoncé par le cours. Q2 — Oui : elle absorbe la matière organique de substrats morts ou vivants. Q3 — Non.
Rédaction attendue : « La moisissure est un champignon : elle ne possède aucune chlorophylle et absorbe la matière organique de substrats morts ou vivants. Elle est donc hétérotrophe. »
Ce que cet exemple t'apprend : la question 2 accepte deux gestes. La vache et le lion ingèrent, la moisissure absorbe. Le geste diffère, la conclusion est identique.
Tableau récapitulatif
| Organisme | Chlorophylle ? | Comment il obtient sa matière organique | Mode |
| Chêne | oui, dans les feuilles | il la fabrique à partir de \(CO_2\) et de lumière | autotrophe |
| Algues vertes | oui, d'où la couleur verte | photosynthèse, en milieu aquatique | autotrophe |
| Phytoplancton | oui (ce sont des algues) | photosynthèse ; il produit du \(O_2\) | autotrophe |
| Vache | non | elle consomme de l'herbe (matière organique végétale) | hétérotrophe |
| Lion | non | il consomme de la viande (matière organique animale) | hétérotrophe |
| Moisissure | non, aucune | elle absorbe la matière organique de substrats morts ou vivants | hétérotrophe |
Trois autotrophes, trois hétérotrophes, et une colonne « chlorophylle » qui sépare exactement les deux groupes. C'est ce tableau qu'il faut pouvoir reconstruire de tête.
Le cours est su. On vise maintenant les points qu'on perd bêtement : le piège du champignon, la confusion entre photosynthèse et respiration, le cas de la plante à l'obscurité, et les formulations approximatives qui font sauter la moitié d'une justification.
Le cours en dix lignes, pour vérifier la base
Avant les pièges, la base doit être posée — c'est elle que les pièges attaquent.
- Tout organisme vivant a besoin de matière organique : pour construire ses cellules et produire de l'énergie.
- Autotrophe (autos : soi-même) : fabrique sa propre matière organique à partir de matière minérale et d'énergie lumineuse.
- Hétérotrophe (heteros : autre) : se nourrit de matière organique déjà formée, en consommant d'autres organismes.
- Autotrophes : végétaux, algues, certaines bactéries. Ils font la photosynthèse grâce à la chlorophylle, pigment vert des cellules. On les appelle les producteurs.
- Bilan : \(CO_2\) + \(H_2O\) → matière organique + \(O_2\), sous lumière + chlorophylle. Le \(CO_2\) vient de l'air, l'eau vient du sol.
Piège n°1 — le champignon n'est pas une plante
C'est le cas piège du chapitre, et il revient presque à chaque contrôle.
Les champignons ressemblent à des plantes, mais ils sont hétérotrophes. La raison tient en un mot : ils ne possèdent pas de chlorophylle — le cours parle même d'une absence totale. Sans chlorophylle, pas de photosynthèse ; sans photosynthèse, aucun moyen de fabriquer sa matière organique.
La moisissure, elle, absorbe la matière organique de substrats morts ou vivants : elle prend donc de la matière organique déjà formée, ce qui est la définition exacte de l'hétérotrophie.
Ce qui fait perdre les points : répondre « autotrophe » parce que le champignon ressemble à une plante. L'apparence n'est pas un critère. Le seul critère est l'origine de la matière organique.
La phrase qui sécurise : « Les champignons ressemblent à des plantes mais sont hétérotrophes : ils ne possèdent pas de chlorophylle. »
Piège n°2 — photosynthèse et respiration sont distinctes
C'est l'erreur la plus coûteuse, parce qu'elle ressemble à une contradiction et qu'on essaie de la « résoudre » en supprimant l'un des deux termes.
Ce que dit le cours, exactement : la photosynthèse produit du \(O_2\), mais les plantes respirent aussi — elles consomment du \(O_2\) en permanence. Ces deux phénomènes sont distincts.
Les deux formulations à ne jamais écrire :
- « La plante ne respire pas, elle fait la photosynthèse. » → Faux : elle fait les deux.
- « La plante produit du \(O_2\), donc elle n'en consomme pas. » → Faux : produire et consommer du \(O_2\) ne s'excluent pas. La consommation par respiration est permanente.
La formulation qui passe : « La plante réalise la photosynthèse, qui produit du \(O_2\), et elle respire, ce qui consomme du \(O_2\) en permanence. Ce sont deux phénomènes distincts. »
Retiens le mot en permanence : c'est lui qui interdit de faire de la respiration une exception ou un cas particulier.
Cas limite — la plante placée à l'obscurité
Question classique : que devient une plante privée de lumière ?
Le cours donne une chaîne en trois maillons, et il faut les restituer tous les trois :
- à l'obscurité, elle ne peut plus photosynthétiser ;
- elle épuise ses réserves ;
- elle finit par mourir.
Ce qui fait perdre les points : sauter le maillon du milieu. Beaucoup écrivent « pas de lumière, donc elle meurt » — c'est trop rapide, et le correcteur le voit. La plante ne meurt pas immédiatement : elle vit d'abord sur ses réserves, et elle meurt quand celles-ci sont épuisées. Le mot « finit par » est dans le cours, il porte cette idée de délai.
Attention aussi à la cause : ce qui condamne la plante, ce n'est pas l'absence de lumière en elle-même, c'est l'arrêt de la fabrication de matière organique qu'elle entraîne. La lumière est une condition de la photosynthèse — c'est bien pour cela qu'on l'écrit au-dessus de la flèche du bilan.
Piège n°3 — « autotrophe » ne veut pas dire « sans besoins »
L'étymologie tend un piège : autos, « soi-même », se comprend facilement comme « qui se débrouille tout seul », donc « qui n'a besoin de rien ». C'est faux, et le cours le dit explicitement.
Autotrophe ne signifie pas « sans besoins » : la plante a besoin d'eau, de \(CO_2\) et de lumière pour fonctionner.
Ce que le mot veut dire exactement, et rien de plus : l'organisme fabrique sa matière organique lui-même. Il reste totalement dépendant de ce qu'il prélève dans son milieu — simplement, ce qu'il prélève est de la matière minérale, pas de la matière organique.
Le test de la méthode dit d'ailleurs la même chose sans en avoir l'air : « peut-il survivre avec seulement de l'eau, des sels minéraux et de la lumière ? ». Le mot important est seulement, pas « rien ». On lui accorde bien trois choses.
Le vocabulaire qui doit être exact
Beaucoup de points se perdent sur des mots approximatifs, dans des réponses par ailleurs justes. Les distinctions à tenir :
- Matière minérale / matière organique — c'est le couple qui porte toute la leçon. L'autotrophe part de minérale, l'hétérotrophe part d'organique déjà formée. Écrire « nourriture » à la place efface précisément la distinction qu'on évalue.
- Dioxygène \(O_2\) et dioxyde de carbone \(CO_2\) — ce sont les noms du cours. Donne le nom complet et la formule.
- Fabriquer / consommer — l'autotrophe fabrique, l'hétérotrophe consomme. Un hétérotrophe ne « fabrique » jamais sa matière organique.
- Producteurs — le mot désigne les autotrophes de l'écosystème. Ne l'applique pas à un animal.
- Chlorophylle — c'est un pigment vert contenu dans les cellules. On écrit « la feuille contient de la chlorophylle », jamais « la feuille est de la chlorophylle ».
- Certaines bactéries — jamais « les bactéries ». Le mot « certaines » est dans le cours, et l'oublier est une erreur.
Checklist avant de rendre la copie
- Ai-je justifié chaque classement, et pas seulement donné la réponse ? Une justification cite l'origine de la matière organique : fabriquée, ou déjà formée.
- Si j'ai écrit le bilan de la photosynthèse : ai-je bien les deux entrées (\(CO_2\), \(H_2O\)), les deux sorties (matière organique, \(O_2\)) et les deux conditions sur la flèche (lumière, chlorophylle) ?
- Ai-je précisé les provenances : \(CO_2\) de l'air, \(H_2O\) du sol ?
- Un champignon apparaît-il quelque part ? Si oui, l'ai-je classé hétérotrophe en invoquant l'absence de chlorophylle ?
- Ai-je évité toute phrase qui laisserait croire qu'une plante ne respire pas ?
- Ai-je écrit « certaines bactéries » et non « les bactéries » ?
Le contrôle est sécurisé. On regarde maintenant ce que les phrases de cette fiche contiennent déjà sans le dire : chacune ouvre une question que tu peux commencer à traiter avec ce que tu sais aujourd'hui, et qui deviendra un chapitre entier plus tard.
La leçon, en version courte
Pour que ce palier tienne debout tout seul, on repose la leçon en quelques lignes.
Tout organisme vivant a besoin de matière organique, pour construire ses cellules et produire de l'énergie. Selon la façon dont il se la procure, on distingue les autotrophes, qui la fabriquent à partir de matière minérale et d'énergie lumineuse, et les hétérotrophes, qui se nourrissent de matière organique déjà formée en consommant d'autres organismes.
Les autotrophes — végétaux, algues, certaines bactéries — réalisent la photosynthèse grâce à la chlorophylle : \(CO_2\) + \(H_2O\) → matière organique + \(O_2\), sous lumière + chlorophylle. On les appelle les producteurs de l'écosystème.
« Producteurs » : le mot qui annonce toute la suite
Le cours ne se contente pas de dire que les végétaux sont autotrophes : il les appelle les producteurs de l'écosystème. Ce mot n'est pas décoratif — il situe les autotrophes par rapport aux autres, et c'est un changement de point de vue.
Relis maintenant la phrase sur le phytoplancton : ce sont des algues microscopiques marines, base de nombreuses chaînes alimentaires et productrices de \(O_2\). Deux idées y sont déjà posées.
- La matière organique fabriquée par les autotrophes ne reste pas chez eux : un hétérotrophe qui consomme un autotrophe récupère de la matière organique dont l'origine est la photosynthèse. Elle circule d'un organisme à l'autre.
- Si les autotrophes sont la base des chaînes alimentaires, tout ce qui est au-dessus en dépend. La question que ça ouvre : que deviennent les hétérotrophes si les producteurs disparaissent ?
Tu as déjà tout pour répondre : les hétérotrophes se nourrissent de matière organique déjà formée ; s'il n'y a plus personne pour la former, il n'y a plus rien à consommer. Ce raisonnement — suivre la matière organique d'un organisme au suivant — est exactement celui qu'on te demandera de conduire, en plus détaillé, les années suivantes.
Produire et consommer du dioxygène : une question déjà posée
Ta fiche te demande de retenir que la photosynthèse produit du \(O_2\), que la plante respire aussi et en consomme en permanence, et que ce sont deux phénomènes distincts. Présenté comme ça, c'est un piège de contrôle. Mais c'est surtout une vraie question de biologie.
Si une plante produit du \(O_2\) d'un côté et en consomme de l'autre, la question naturelle devient : qu'est-ce qui l'emporte, et est-ce que ça dépend des conditions ?
Un cas t'est déjà donné, et tu peux le traiter seul. À l'obscurité, la plante ne peut plus photosynthétiser : elle ne produit donc plus de \(O_2\). Mais elle respire toujours, puisque la consommation de \(O_2\) est permanente. Tu peux en déduire ce qu'il advient du \(O_2\) dans le noir — sans aucune donnée supplémentaire, uniquement avec les deux phrases de ta fiche.
C'est exactement ce type de raisonnement — croiser deux phénomènes distincts et regarder ce qui reste — qu'on te fera conduire plus tard sur des mesures chiffrées.
La matière organique des morts : ce que fait vraiment la moisissure
Une phrase de la fiche est plus riche qu'elle n'en a l'air : la moisissure absorbe la matière organique de substrats morts ou vivants.
Le mot décisif est morts. Pour la vache et pour le lion, le cours se contente de nommer l'aliment — de l'herbe, de la viande. Pour la moisissure, il précise l'état du substrat, et il en précise deux : elle peut travailler sur du vivant comme sur ce qui ne l'est plus. C'est une capacité que le cours ne prête à aucun autre de ses exemples.
La question que ça ouvre : que devient la matière organique d'un organisme mort ? Ta fiche donne déjà un premier élément de réponse — elle peut être absorbée par des organismes comme les moisissures — et laisse le reste ouvert.
Retiens surtout la formulation exacte, « morts ou vivants » : les deux, pas l'un ou l'autre. Elle t'interdit de ranger les champignons dans une case trop étroite, et c'est le genre de précision qui fera la différence l'an prochain.
« Certaines bactéries » : classer sur la fonction, pas sur l'apparence
Le cours écrit que les végétaux, les algues et certaines bactéries sont autotrophes. Ce mot « certaines » est le seul endroit de la fiche où l'on te dit qu'un même groupe d'êtres vivants peut contenir les deux modes de nutrition.
La conséquence est importante : le mode de nutrition n'est pas une étiquette collée au groupe (« bactérie », « plante », « animal »), c'est une propriété de l'organisme, qu'il faut vérifier au cas par cas.
Tu l'as déjà rencontré deux fois sans le formuler ainsi. Les champignons ressemblent à des plantes mais se nourrissent comme des hétérotrophes. Le phytoplancton est microscopique et vit en mer, ce qui ne l'empêche pas d'être autotrophe au même titre que le chêne. Dans les deux cas, l'apparence trompe et le critère fonctionnel tranche.
Voilà la bonne habitude à emporter : ne jamais déduire le mode de nutrition de l'apparence ou du groupe, toujours de l'origine de la matière organique. Cette exigence — classer les êtres vivants sur ce qu'ils font plutôt que sur ce à quoi ils ressemblent — est précisément ce qui structurera la suite du thème « le vivant et son évolution ».