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Soutien scolaire

Commentaire composé méthode : les 5 étapes, du texte à la copie

Voici la procédure entière, du premier survol de l'extrait à la dernière phrase de la conclusion, avec l'étape que presque toutes les méthodes sautent : comprendre le texte avant de l'analyser.

Commentaire composé méthode : les cinq temps de l'épreuve

Le commentaire composé est une analyse rédigée d'un texte littéraire, organisée en deux ou trois axes thématiques et non ligne à ligne. La méthode tient en cinq temps : lire le texte plusieurs fois, relever le fond et la forme côte à côte, formuler une problématique, regrouper les relevés en axes, puis rédiger introduction, développement et conclusion.

Dans le détail :

  1. Lire jusqu'à savoir ce qui se passe. Une première lecture pour l'histoire ou la situation, une deuxième crayon en main, une dernière uniquement sur les passages qui résistent. Tant que vous ne pouvez pas raconter le texte en trois phrases à quelqu'un qui ne l'a pas lu, il est trop tôt pour chercher des procédés.
  2. Relever le fond et la forme ensemble. Sur une feuille de brouillon coupée en deux colonnes : à gauche ce que vous lisez (une citation courte, le procédé), à droite ce que cela produit (le sens, l'effet). Un relevé sans colonne de droite ne servira à rien au moment de rédiger.
  3. Formuler une problématique. Une seule question, qui porte sur le texte que vous avez sous les yeux et pas sur le genre en général. Elle se teste : si la réponse tient en oui ou non, elle est mal posée.
  4. Regrouper les relevés en axes. Vous ne choisissez pas vos axes d'abord pour y ranger des citations ensuite. Vous regardez les paquets que forment vos relevés, et vous leur donnez un titre.
  5. Rédiger. Introduction, développement en deux ou trois axes, conclusion. Le brouillon contient le plan et les citations, pas les phrases : recopier un brouillon rédigé coûte plus de temps qu'il n'en fait gagner.

Nous ne vous donnerons ici ni la durée de l'épreuve, ni son barème. Ces deux éléments figurent dans le texte officiel de l'épreuve et sur votre convocation, et nous préférons vous y renvoyer plutôt que de recopier des chiffres de mémoire.

Comprendre le texte avant de l'analyser

La plupart des méthodes en ligne supposent le texte compris et n'attaquent que l'organisation de l'analyse. Nos élèves ne sont pas dans ce cas. L'association donne des cours dans le quartier de la Gare du Nord depuis 2019, avant même sa déclaration en préfecture en novembre 2020, et le français y est très souvent une langue apprise : le soutien scolaire et les cours de français langue étrangère se font sous le même toit, avec les mêmes bénévoles. Un élève qui prépare un commentaire et qui ne connaît pas le mot « courroux » ne bute pas sur la méthode, il bute sur la langue du texte.

La marche à suivre quand le texte lui-même résiste :

  • Paraphrasez chaque phrase dans la marge, en langage ordinaire, avant tout relevé. La paraphrase est interdite dans la copie, elle est indispensable au brouillon.
  • Remettez la syntaxe à l'endroit. Beaucoup de textes classiques, en vers surtout, déplacent le sujet, le verbe ou le complément. Réécrivez la phrase dans l'ordre sujet, verbe, complément : le sens apparaît souvent d'un coup.
  • Triez les mots inconnus. Vous n'avez pas besoin de tous les comprendre. Retenez ceux qui reviennent, ceux du titre, ceux placés en fin de vers ou en fin de phrase. Un mot inconnu qui revient trois fois est un axe possible ; un mot inconnu isolé est un détail.
  • Repérez l'implicite culturel. Un nom propre, une allusion religieuse, un usage social ancien. Quand vous ne savez pas, dites ce que le texte en fait plutôt que d'inventer la référence : un correcteur sanctionne une erreur affirmée, pas une prudence.
  • Vérifiez qui parle et à qui. Le narrateur n'est pas l'auteur, le « je » d'un poème n'est pas forcément le poète, et le personnage qui parle peut mentir.

Notre partenariat avec une section ULIS de cité scolaire parisienne, noué en 2022, et celui engagé la même année pour des cours gratuits destinés à des femmes hébergées en urgence, nous ont appris une chose simple : la lenteur au moment de la compréhension littérale n'est pas du temps perdu, c'est ce qui décide de la qualité de l'analyse une heure plus tard. La fiche de méthode du commentaire de texte en seconde reprend cette première étape sur des textes poétiques, là où la langue est la plus dense.

Commentaire composé ou explication linéaire : deux épreuves, deux gestes

La confusion est constante, et elle coûte cher. Le commentaire composé se rédige, il abandonne l'ordre du texte et le réorganise en axes thématiques que vous choisissez. L'explication linéaire suit le texte du début à la fin, mouvement par mouvement, et se présente à l'oral sur un texte étudié en classe.

Les relevés sont les mêmes. C'est le classement qui change, et la conséquence est visible dans les copies : un commentaire qui commente le premier vers, puis le deuxième, puis le troisième, sous un titre d'axe, est une explication linéaire déguisée. Le correcteur le voit à la première transition, parce qu'il n'y en a pas.

Un test rapide, qui vaut comme indice et non comme preuve : si vous pouvez supprimer votre troisième paragraphe sans que le deuxième et le quatrième cessent de se suivre, c'est un signe que vous commentez linéairement. Il arrive aussi qu'un plan thématique correct contienne un paragraphe faible, isolé pour une autre raison : regardez alors si ce paragraphe sert l'axe ou s'il suit seulement l'ordre du texte. Dans un commentaire composé, chaque paragraphe est à sa place parce qu'il sert l'axe, pas parce qu'il vient après le précédent dans le texte. Pour la méthode de l'oral, qui obéit à d'autres règles, voyez notre fiche d'analyse linéaire en première.

Du relevé au paragraphe rédigé

Tout le monde répète qu'il faut « mêler le fond et la forme ». Presque personne ne montre le passage du brouillon à la copie. Il tient en une opération mécanique, que vous pouvez répéter sur n'importe quel extrait.

Votre colonne de gauche contient par exemple une énumération, une série de verbes au passé simple, un mot répété à l'ouverture de trois phrases. Votre colonne de droite dit ce que cela fait dans ce passage précis : l'énumération, ici, accumule les objets d'un décor jusqu'à saturer la description ; les verbes au passé simple, dans ce texte, enchaînent les actions sans laisser de pause entre elles ; le mot répété à l'ouverture des trois phrases revient comme une idée fixe dont le personnage ne se détache pas. Rien de tout cela n'est une loi valable partout : le même procédé, dans un autre extrait, produirait autre chose, et c'est bien pourquoi la colonne de droite se remplit texte en main. Le paragraphe rédigé se monte alors dans cet ordre :

  1. Une phrase qui annonce l'idée, et qui ne cite rien.
  2. La citation, courte, entre guillemets, insérée dans votre propre phrase.
  3. Le nom du procédé, sans commentaire.
  4. L'interprétation : ce que ce procédé produit ici, dans ce texte, sur ce sujet.
  5. Une phrase qui relie au titre de l'axe.

Le point 4 est celui qui manque le plus souvent dans les copies que nous corrigeons. Nommer une anaphore ne suffit pas : l'identification du procédé est créditée, mais elle n'est pas encore une analyse, et une copie qui s'arrête là empile des étiquettes. Un élève de première qui écrit « le champ lexical de la mort montre que le texte parle de la mort » a fait un relevé, pas une analyse. La règle que nous répétons en séance : après le nom du procédé, écrivez « ce qui » et continuez la phrase. « Le champ lexical de la mort, ce qui transforme le jardin décrit au début en tombeau à la fin. » La phrase devient une interprétation par simple contrainte grammaticale.

Voici ce que donnent les cinq points enchaînés, sur le même extrait de description, dans un axe intitulé « un décor qui étouffe le personnage » :

La description ne s'ouvre pas sur un lieu habitable, mais sur une accumulation qui referme l'espace à mesure qu'elle le décrit. Le narrateur énumère « les tentures, les coffres, les tapis, les miroirs » sans jamais reprendre son souffle. L'énumération, portée ici par l'absence de verbe entre les groupes nominaux, empile les objets au lieu de les disposer : le lecteur ne voit pas une pièce, il voit ce qui l'encombre. La pièce cesse alors d'être un cadre pour devenir une masse, et le personnage, qui n'apparaît qu'à la phrase suivante, y entre déjà comme dans un lieu occupé sans lui. C'est en ce sens que le décor, avant tout événement, pèse sur celui qui l'habite.

Cinq phrases, cinq fonctions : l'annonce, la citation insérée, le nom du procédé, l'interprétation propre à ce passage, le retour à l'axe. Relisez vos propres paragraphes en cherchant ces cinq fonctions ; celle qui manque est presque toujours la quatrième.

Introduction, développement, conclusion : ce qui se joue dans chaque bloc

L'introduction se rédige en dernier au brouillon et se recopie en premier sur la copie. Elle situe le texte (auteur, titre, période si vous en êtes certain, et rien si vous ne l'êtes pas), résume l'extrait en une phrase, pose la problématique, annonce les axes. Une date inventée dans les trois premières lignes d'une copie donne le ton pour tout le reste.

Le développement compte autant de grandes parties que d'axes, deux ou trois, chacune découpée en paragraphes. Entre deux axes, une transition d'une ou deux phrases : ce que le premier axe a montré, ce qu'il laisse en suspens, ce que le second va traiter. La transition est le seul endroit où vous parlez de votre propre démarche, et c'est ce qui distingue un commentaire composé d'une suite de remarques.

La conclusion répond à la problématique. Elle ne résume pas le développement, elle en tire le bilan. L'ouverture est facultative : mieux vaut trois lignes fermes qu'une comparaison vague avec un texte que vous n'avez pas lu. Le plan complet, bloc par bloc, est détaillé dans notre fiche de méthode sur l'introduction, le développement et la conclusion, et la fiche des épreuves anticipées de français en première replace l'exercice dans l'épreuve écrite.

Quand aucun plan ne vient : sortir de l'impasse en cours d'épreuve

Les méthodes décrivent la copie réussie. Voici la sortie de secours, qui est ce qui se joue réellement en séance.

  • Deux axes qui se recouvrent. Fusionnez-les et cherchez le mouvement : ce qui a changé entre le début et la fin du texte. Un texte qui ne change pas d'état est rare.
  • Aucun axe ne se dégage. Comptez vos relevés. Le paquet le plus gros donne l'axe un, le deuxième paquet donne l'axe deux, et les relevés orphelins se jettent. Un plan imparfait rédigé vaut mieux qu'un plan parfait non écrit.
  • Un contresens repéré à mi-copie. Ne raturez pas tout. Écrivez une phrase de reprise honnête, du type « cette lecture se retourne dans la seconde partie du texte », et repartez. Un correcteur préfère un élève qui se corrige à un élève qui s'entête.
  • Le temps manque pour la conclusion. Écrivez-la quand même, même en quatre lignes. Un développement qui s'arrête net coûte plus qu'une conclusion brève.

Travailler cette méthode avec nous, à Paris 10e et 19e

L'association est une structure loi 1901 constituée en novembre 2020, et elle fonctionne à 100 % bénévole depuis février 2024. Les cours reprennent chaque année en septembre, en présentiel, à raison de 2 heures par semaine, au 16 rue Demarquay dans le 10e et à l'École démocratique, 6 rue Léon Giraud dans le 19e.

La façon dont nous construisons une progression vient de notre travail sur les examens de langue : en 2023, nos sept modules de niveau A1 à A2 ont été bâtis à partir de l'analyse statistique des sujets, c'est-à-dire de ce que les épreuves demandent réellement, et non de ce que le programme annonce. Le même réflexe vaut pour le commentaire. Notre programme de préparation aux examens, dimensionné en 2022 sur 15 à 30 séances, part toujours du même point : le geste précis qui manque à l'élève, pas le chapitre suivant du manuel.

Pour le soutien scolaire, la participation aux frais se situe entre 10 et 15 € de l'heure de cours, le montant exact étant arrêté à l'inscription selon la situation de la famille. Le reste de nos ressources, plus de 1 100 fiches, est en ligne et en accès libre. Vous pouvez écrire à l'association depuis la page de contact du site.

Questions fréquentes

Combien d'axes faut-il dans un commentaire composé ?

Deux ou trois. Trois axes bien remplis valent mieux que quatre squelettiques, et deux axes solides passent très bien. Le nombre se déduit de vos relevés, jamais l'inverse.

Commentaire de texte et commentaire composé, est-ce la même chose ?

« Commentaire de texte » désigne l'exercice en général, « commentaire composé » désigne sa forme organisée en axes thématiques et rédigée. Ce qui s'oppose vraiment au commentaire composé, c'est l'explication linéaire, qui suit l'ordre du texte et se présente à l'oral.

Peut-on citer le texte dans l'introduction ?

Oui, une citation très courte, à condition qu'elle serve à situer l'extrait ou à amener la problématique. Une longue citation en introduction consomme des lignes que le développement réclamera.

Que faire si je ne comprends pas la moitié des mots du texte ?

Commencez par paraphraser chaque phrase dans la marge et par remettre la syntaxe dans l'ordre habituel. Triez ensuite les mots inconnus : ceux qui reviennent comptent, les autres peuvent rester dans l'ombre sans empêcher l'analyse.