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Soutien scolaire

Exercices de réécriture : la méthode et les pièges d'accord

En cherchant des exercices de réécriture, on trouve surtout des listes de phrases à transformer et rarement la façon de s'y prendre : voici la méthode, puis les pièges classés par type de consigne.

Exercices de réécriture : ce que la consigne demande

Un exercice de réécriture consiste à recopier un passage en appliquant la consigne donnée (changer la personne, le temps, le nombre, le genre ou le type de discours), puis à reporter toutes les modifications qu'elle entraîne : terminaisons verbales, accords des adjectifs et des participes, pronoms, déterminants. Tout ce que la consigne ne touche pas reste inchangé, jusqu'à la ponctuation.

La consigne tient souvent en une ligne, par exemple « Réécrivez le passage en remplaçant “je” par “nous” » ou « Réécrivez ce texte au passé simple ». Elle fixe un seul point de départ. Le travail consiste à suivre ce changement d'un bout à l'autre de la phrase, parfois sur plusieurs lignes, sans oublier un maillon et sans en ajouter. Modifier un adjectif que rien n'obligeait à changer est une faute, au même titre qu'un accord oublié. L'exercice vérifie que l'on change ce qui doit changer, et rien d'autre.

Les transformations demandées se rangent en cinq familles :

  • le nombre : un sujet singulier passe au pluriel, ou l'inverse ;
  • le genre : un personnage masculin devient féminin ;
  • la personne : « je » devient « nous », « il » devient « je », « tu » devient « vous » ;
  • le temps : le présent passe à l'imparfait ou au passé simple, le futur au conditionnel ;
  • le discours : des paroles entre guillemets passent au discours indirect.

Avant d'écrire un seul mot, soulignez dans la consigne ce qui change et notez dans la marge ce que cela devient.

La méthode en quatre étapes

  1. Repérer ce que la consigne change. Il s'agit d'un mot (« je ») ou d'une catégorie (tous les verbes conjugués). Entourez chaque occurrence dans le texte, y compris les formes moins visibles : changer « je », c'est aussi changer « me », « moi », « mon », « ma » et « mes ».
  2. Dresser la liste des mots qui en dépendent. Pour chaque mot entouré, cherchez le verbe dont il est le sujet, les adjectifs et les participes qui s'accordent avec lui, les pronoms qui le reprennent plus loin. Reliez-les par un trait.
  3. Vérifier chaque accord. Pour chaque mot relié, nommez la règle qui s'applique (accord du verbe avec le sujet, participe avec être, participe avec avoir) et écrivez la nouvelle forme au brouillon.
  4. Relire tout le passage. Recopiez, puis relisez deux fois : une fois pour le sens, une fois mot à mot à côté du texte d'origine, pour vérifier que rien d'autre n'a bougé.

Voici la méthode appliquée à un texte court, avec pour consigne de remplacer « je » par « nous ».

Je suis rentrée tard. Ma sœur m'attendait devant la porte et je l'ai embrassée.

L'étape 1 relève deux « je », un « m' » et un « ma ». L'étape 2 rattache « suis rentrée » au premier « je » et « ai embrassée » au second. L'étape 3 décide de chaque accord. « Rentrée » est conjugué avec être et s'accorde avec le sujet : il passe au féminin pluriel. « Embrassée » est conjugué avec avoir et s'accorde avec « l' », qui désigne la sœur : il reste tel quel.

Nous sommes rentrées tard. Notre sœur nous attendait devant la porte et nous l'avons embrassée.

Gardez ces quatre étapes sous les yeux pour la prochaine consigne que vous traiterez, même si elle paraît facile.

Passer au pluriel ou au féminin : les accords en chaîne

Quand un sujet passe au pluriel, l'ordre des changements est toujours le même : le déterminant, le nom, le verbe, puis les adjectifs et les participes qui s'y rapportent. Les erreurs se concentrent sur quatre points.

Le sujet inversé. Quand le verbe arrive avant son sujet, on l'oublie facilement. « Au fond de la cour se tenait un garçon silencieux » devient « Au fond de la cour se tenaient des garçons silencieux ». Pour trouver le sujet, posez la question « qui est-ce qui se tenait ? », même s'il est placé après le verbe.

Le participe passé avec être. Il s'accorde avec le sujet. « La lettre est arrivée » devient « Les lettres sont arrivées ».

Le participe passé avec avoir. Il ne s'accorde jamais avec le sujet. « Elle a mangé la pomme » devient « Elles ont mangé la pomme », et « mangé » ne change pas. Il s'accorde seulement avec un complément d'objet direct placé avant le verbe. Si c'est la pomme qui passe au pluriel, « la pomme qu'elle a mangée » devient « les pommes qu'elle a mangées ».

Les pronoms compléments. « Je le lui donne » devient « Je le leur donne » quand la personne qui reçoit passe au pluriel. Devant un verbe, « leur » est un pronom et ne prend jamais de s. Devant un nom, c'est un déterminant, et il s'accorde : « leur cahier », « leurs cahiers ».

Le passage au féminin suit la même logique. Certains adjectifs changent de forme (« inquiet » devient « inquiète », « heureux » devient « heureuse ») et les participes conjugués avec être s'accordent (« il est parti » devient « elle est partie »). Les verbes pronominaux demandent plus d'attention. « Il s'est levé » devient « Elle s'est levée », mais « Il s'est lavé les mains » devient « Elle s'est lavé les mains » : le complément d'objet direct (« les mains ») vient après le verbe, donc le participe ne s'accorde pas.

Si l'une de ces règles vous bloque, faites d'abord nos exercices sur le participe passé, puis revenez à la réécriture.

Changer de personne : pronoms, possessifs et terminaisons

Changer de personne modifie plusieurs séries de mots en même temps. Il y a d'abord les terminaisons : « je finis » devient « nous finissons », « il prend » devient « je prends ». Il y a ensuite les pronoms : « me » et « moi » deviennent « nous », et dans un verbe pronominal, le pronom réfléchi change avec le sujet (« je me souviens » devient « nous nous souvenons »). Il y a enfin les possessifs : « mon », « ma » et « mes » deviennent « notre », « notre » et « nos ». Le genre, lui, se conserve : « Je me suis assise » devient « Nous nous sommes assises ».

Le possessif qui ne renvoie pas au sujet. Un possessif ne change que s'il désigne la personne transformée. « Il range ses affaires pendant que Paul cherche son stylo » devient « Je range mes affaires pendant que Paul cherche son stylo ». Le stylo est celui de Paul, et Paul n'a pas changé.

L'accent du pronom possessif. Les déterminants « notre » et « votre » s'écrivent sans accent. Les pronoms « le nôtre » et « le vôtre » ont un accent circonflexe. « Ce cahier est le mien » devient donc « Ce cahier est le nôtre ».

L'impératif. Passer de « tu » à « vous » change aussi les ordres : « Range ta chambre » devient « Rangez votre chambre ». Dans l'autre sens, à l'impératif, les verbes du premier groupe n'ont pas de s à la deuxième personne du singulier : on écrit « Range », jamais « Ranges ».

Avant de recopier, listez à part chaque pronom et chaque possessif du passage, en notant à côté la personne qu'il désigne. Ces terminaisons et ces accords se travaillent aussi avec nos exercices d'orthographe.

Changer de temps : terminaisons et concordance

Une consigne de temps précise presque toujours le temps attendu : imparfait, passé simple, passé composé ou futur. Respectez-le exactement, car deux temps du passé ne sont pas interchangeables.

Les terminaisons proches. Au passé simple, les verbes du premier groupe s'écrivent sans t à la troisième personne (« il marcha »), alors que l'imparfait donne « il marchait ». À la première personne, « je marchai » (passé simple) et « je marchais » (imparfait) ne diffèrent que d'une lettre. Le même écart sépare « je viendrai » (futur) et « je viendrais » (conditionnel).

Le passé simple des verbes irréguliers. Pour « ils prirent », « ils firent », « ils vinrent » ou « ils eurent », vérifiez dans un tableau de conjugaison plutôt que de deviner.

La concordance des temps. Quand le verbe principal passe au passé, les verbes des subordonnées changent aussi. « Il pense qu'elle viendra » devient « Il pensait qu'elle viendrait » : le futur devient un conditionnel. « Je sais qu'il est là » devient « Je savais qu'il était là ».

Les temps composés. Seul l'auxiliaire change de temps, et le participe garde son accord. « Elle est sortie », mis au plus-que-parfait, devient « Elle était sortie ».

Au crayon, écrivez au-dessus de chaque verbe son infinitif et son groupe, puis cherchez la terminaison dans le tableau de conjugaison.

Passer au discours indirect : ce qui bascule

Le discours indirect est la transformation la plus lourde, car plusieurs éléments changent dans la même phrase.

  • La ponctuation du dialogue disparaît : deux-points, guillemets, point d'interrogation ou d'exclamation.
  • Un mot de liaison apparaît : « que » pour une affirmation, « si » pour une question à laquelle on répond par oui ou non, « ce que » à la place de « qu'est-ce que », « ce qui » à la place de « qu'est-ce qui », « de » suivi de l'infinitif pour un ordre. Les mots interrogatifs comme « où », « quand » ou « pourquoi » restent.
  • Les personnes changent selon qui parle à qui.
  • Les temps changent si le verbe qui introduit les paroles est au passé : le présent devient un imparfait, le passé composé un plus-que-parfait, le futur un conditionnel présent. L'imparfait ne change pas.
  • Les repères de temps et de lieu changent : « aujourd'hui » devient « ce jour-là », « demain » devient « le lendemain », « hier » devient « la veille », « ici » devient « là ».

Elle m'a dit : « Je partirai demain et tu garderas mon chat. »

Elle m'a dit qu'elle partirait le lendemain et que je garderais son chat.

Le « tu » désigne la personne à qui elle parle, il devient donc « je ». « Mon chat » est son chat à elle, il devient donc « son chat ». Le mot « que » se répète devant la seconde proposition.

Pour une question, « Est-ce que tu as fini ? », rapportée après « Il m'a demandé », devient « Il m'a demandé si j'avais fini ». Pour un ordre, « Ferme la porte », rapporté après « Elle lui a dit », devient « Elle lui a dit de fermer la porte ».

Recopiez la liste ci-dessus en haut de votre brouillon et cochez chaque ligne au fur et à mesure.

Dix phrases et un passage à réécrire, avec corrigé

Voici dix phrases, deux par famille de transformation. Elles sont suivies d'un court passage dont la consigne combine deux changements, sur le modèle de l'exercice de réécriture du brevet. Faites-les au brouillon avec la méthode, puis comparez avec le corrigé.

  1. Nombre. Remplacez « la fillette » par « les fillettes » : « Derrière la grille attendait la fillette, qui s'était assise sur le muret. »
  2. Nombre. Remplacez « le chien » par « les chiens » : « Le chien que tu as vu s'est enfui dans le jardin. »
  3. Genre. Remplacez « mon voisin » par « ma voisine » : « Mon voisin, inquiet, est venu me voir, puis il s'est assis près de la fenêtre. »
  4. Genre. Remplacez « le garçon » par « la fille » : « Le garçon que j'ai rencontré hier m'a paru sérieux et attentif. »
  5. Personne. Remplacez « je » par « elle » : « Je me suis lavé les mains, puis je suis allée chercher mon frère. »
  6. Personne. Remplacez « nous » par « je » (le narrateur est un garçon) : « Nous nous sommes trompés de route, et notre guide nous a attendus. »
  7. Temps. Mettez le verbe principal à l'imparfait : « Il croit que nous réussirons. »
  8. Temps. Mettez les verbes au passé simple : « Quand nous arrivons au collège, le surveillant ouvre la porte et nous salue. »
  9. Discours. Passez au discours indirect : Le professeur nous a dit : « Vous rendrez ce devoir demain. »
  10. Discours. Passez au discours indirect : Il m'a demandé : « Où as-tu rangé tes clés ? »
  11. Passage. Réécrivez ce passage en remplaçant « je » par « nous » (le narrateur et son frère) et en mettant les verbes à l'imparfait : « Une fois habillé, je descends l'escalier sans bruit. Ma mère dort encore et je ne veux pas la réveiller. Dans la cuisine, je trouve le pain qu'elle a laissé pour moi. Je le mange debout, puis je sors. »

Corrigé

  1. « Derrière la grille attendaient les fillettes, qui s'étaient assises sur le muret. » Le verbe placé avant le sujet, l'auxiliaire et le participe changent, mais « le muret » ne bouge pas.
  2. « Les chiens que tu as vus se sont enfuis dans le jardin. » « Vus » s'accorde avec « que », qui reprend « les chiens » et se trouve avant l'auxiliaire avoir. « Enfuis » s'accorde avec le sujet. « Tu » ne désigne pas les chiens et reste au singulier.
  3. « Ma voisine, inquiète, est venue me voir, puis elle s'est assise près de la fenêtre. » L'adjectif, les deux participes et le pronom « il » passent au féminin. « Me » désigne celui qui raconte et ne change pas.
  4. « La fille que j'ai rencontrée hier m'a paru sérieuse et attentive. » « Rencontrée » s'accorde avec « que », complément d'objet direct placé avant avoir. « Paru » reste invariable, car il n'a pas de complément d'objet direct.
  5. « Elle s'est lavé les mains, puis elle est allée chercher son frère. » « Lavé » reste invariable, parce que « les mains » vient après le verbe.
  6. « Je me suis trompé de route, et mon guide m'a attendu. » Les trois « nous » prennent chacun une forme différente : « je » pour le sujet, « me » pour le pronom réfléchi, « m' » pour le complément. « Attendu » s'accorde avec « m' », placé avant avoir, donc au masculin singulier.
  7. « Il croyait que nous réussirions. » Le futur de la subordonnée devient un conditionnel.
  8. « Quand nous arrivâmes au collège, le surveillant ouvrit la porte et nous salua. » « Arrivâmes » prend un accent circonflexe et « salua » s'écrit sans t. « Ouvrir » fait « il ouvre » au présent, comme un verbe du premier groupe, mais « il ouvrit » au passé simple, jamais « il ouvra ».
  9. « Le professeur nous a dit que nous rendrions ce devoir le lendemain. » Le « vous » désignait la classe, dont nous faisons partie.
  10. « Il m'a demandé où j'avais rangé mes clés. » L'inversion du sujet et le point d'interrogation disparaissent, mais « où » reste. Le passé composé devient un plus-que-parfait, et « tu » et « tes » deviennent « je » et « mes ».
  11. « Une fois habillés, nous descendions l'escalier sans bruit. Notre mère dormait encore et nous ne voulions pas la réveiller. Dans la cuisine, nous trouvions le pain qu'elle avait laissé pour nous. Nous le mangions debout, puis nous sortions. » « Habillés » prend la marque du pluriel. « La » reprend la mère et « le » reprend le pain : aucun des deux ne désigne le narrateur, ils restent donc. « A laissé » devient « avait laissé », puisque seul l'auxiliaire passe à l'imparfait. Le participe ne change pas, car « que » reprend « le pain », masculin singulier. « Debout » est invariable.

Si une phrase vous a posé problème, relisez la section correspondante. Écrivez ensuite une phrase du même type et réécrivez-la vous-même.

Se faire accompagner : le soutien scolaire de Vidyalaya

Les phrases ci-dessus servent à vérifier la méthode et ne remplacent pas un recueil d'exercices corrigés. Si votre enfant préfère travailler la réécriture avec quelqu'un à ses côtés, l'association propose du soutien scolaire en présentiel.

  • Où et quand : le dimanche, au 16 rue Demarquay, à Paris 10e, près de la gare du Nord. C'est notre seul lieu de cours depuis le 18 octobre 2026.
  • Rythme : 2 heures par semaine, depuis la reprise de septembre 2026.
  • Matières : français, maths, SVT et physique-chimie, du primaire au lycée, ainsi que la préparation du brevet.
  • Intervenants : 100 % bénévoles depuis février 2024.

Vidyalaya donne des cours dans le quartier de la gare du Nord depuis 2019 et s'est constituée en association loi 1901 en novembre 2020. Nous ne promettons pas de note.

Les mêmes dimanches servent aussi aux maths. Le site propose notamment des exercices sur les divisions en 6e, des exercices sur la symétrie axiale en 6e et des exercices de dérivation. Pour demander une place, écrivez-nous depuis la page contact, avec un tarif associatif précisé à l'inscription.

Questions fréquentes

Faut-il modifier les mots que la consigne ne cite pas ?

Seulement ceux qui dépendent grammaticalement du mot transformé : les verbes, les adjectifs, les participes, les pronoms et les déterminants qui s'y rattachent. Le reste se recopie à l'identique.

Le participe passé change-t-il quand le sujet passe au pluriel ?

Avec être, oui, car il s'accorde avec le sujet. Avec avoir, non : il s'accorde uniquement avec un complément d'objet direct placé avant le verbe.

Un possessif change-t-il toujours quand on change de personne ?

Non. Il change seulement s'il renvoie à la personne transformée. Dans « Il range ses affaires pendant que Paul cherche son stylo », passer à « je » transforme « ses » en « mes », mais « son stylo » appartient à Paul et ne change pas.

Peut-on travailler la réécriture avec quelqu'un à Paris ?

Oui, au soutien scolaire de Vidyalaya : le dimanche, au 16 rue Demarquay (Paris 10e), 2 heures par semaine, avec des intervenants bénévoles.