Vidyalaya

Révisions de français vers la classe supérieure, du CM2 à la 3e

Chaque mois d'août, les mêmes recherches reviennent : révisions de français du CM2 vers la sixième, de la cinquième vers la quatrième, de la quatrième vers la troisième. La demande est juste, la réponse habituelle l'est moins : on tombe sur des cahiers de vacances qui refont l'année écoulée en entier, ce qui est à la fois décourageant et inutile.

Réviser d'une classe à la suivante, ce n'est pas revoir tout le programme. C'est consolider les trois ou quatre notions dont la classe suivante va se servir dès les premières semaines, et vérifier qu'elles sont acquises plutôt que de les avoir survolées. Vidyalaya donne des cours dans le quartier de la Gare du Nord depuis 2019, et s'est constituée en association loi 1901 en novembre 2020 ; cet article dit, pour chaque passage, lesquelles cibler, comment se diagnostiquer d'abord, et à quoi ressemble la seule échéance datée de la rentrée.

Toutes les fiches citées sont en accès libre dans notre bibliothèque de ressources : gratuites, sans inscription, sans compte à créer, corrigé fourni sur la même feuille, imprimables depuis le navigateur.

Vingt minutes de diagnostic avant de choisir une seule notion

Personne ne propose ce préalable, et c'est pourtant lui qui décide de tout le reste. Un cahier de vacances impose un volume ; un diagnostic désigne une cible. Comptez vingt à trente minutes, un seul soir, avec un adulte à côté.

Étape 1, dix minutes : une dictée de cinq lignes, prise dans un texte que l'élève a déjà lu. Puis classez chaque erreur dans l'une des quatre familles : accord sujet-verbe, accord dans le groupe nominal, homophone grammatical, terminaison de conjugaison. C'est le classement, pas le nombre de fautes, qui donne l'information.

Étape 2, une minute : lecture à voix haute d'un passage nouveau, chronométrée, en repérant où l'élève arrive au bout d'une minute. Notez le repère : il servira de point de comparaison en fin d'été.

Étape 3, cinq minutes : une phrase à analyser. Donnez la nature de cinq mots et la fonction de trois groupes dans une phrase simple.

Étape 4, cinq minutes : raconter à l'oral ce qui vient d'être lu, sans le texte sous les yeux, puis répondre à deux questions dont une qui demande de déduire quelque chose qui n'est pas écrit.

La règle de décision est simple : la famille qui concentre les erreurs devient la notion de la semaine. Si les quatre étapes se passent bien, l'élève n'a pas besoin d'exercices de langue cet été, il a besoin de lire.

Si personne à la maison ne peut assister ni corriger, le protocole tient quand même : l'élève s'enregistre en lisant le passage, écrit la dictée sous sa propre voix puis compare mot à mot avec le texte d'origine, se chronomètre au téléphone, et vérifie les étapes 3 et 4 sur le corrigé de la feuille d'exercices, qui justifie chaque réponse au lieu de la donner.

Du CM2 à la 6e : ce que le collège attend dès la rentrée

C'est le passage le plus recherché et le plus mal servi. Le changement n'est pas seulement scolaire : plusieurs professeurs, un cahier par matière, une leçon à recopier vite. Quatre acquis sont mobilisés dès les premières semaines.

Les natures des mots d'abord : nom, verbe, adjectif, déterminant, pronom, adverbe. Tout le vocabulaire de la grammaire du collège en dépend. Dans notre feuille d'exercices de sixième, le troisième exercice demande la nature de cinq mots dans la phrase « Les enfants joyeux jouent souvent dehors. », et le corrigé justifie chaque réponse plutôt que de la donner : « souvent modifie le verbe jouent, invariable → adverbe ».

Les homophones grammaticaux ensuite (a/à, est/et, son/sont, on/ont). Ils relèvent de la grammaire, pas de l'orthographe, et c'est la confusion que nous voyons le plus souvent en séance de sixième. La feuille propose un exercice de correction : « Les élèves son attentifs en classe. » Corrigé : « son » → Test étaient : « Les élèves étaient attentifs. » ✓ → il faut sont (verbe être, pluriel), donc « Les élèves sont attentifs en classe. »

L'accord sujet-verbe, y compris quand le sujet est inversé ou séparé du verbe, et les cinq temps de l'indicatif, parce que le récit de sixième fait alterner imparfait et passé simple dès le premier chapitre. Le premier exercice de la fiche demande seulement de reconnaître un temps sans rien conjuguer : « Le chevalier traversa la forêt en silence. » → passé simple.

Ces quatre points sont traités dans les 55 documents de français 6e, avec une fiche de cours et une feuille d'exercices corrigés pour chacun.

De la 6e à la 5e : les fonctions avant les propositions

En cinquième, on attaque les propositions et les subordonnées relatives. C'est impossible si les fonctions ne sont pas acquises : une relative se repère par le pronom qui la relie au nom, et une proposition s'analyse par ce que chaque groupe y fait.

Priorité aux fonctions grammaticales : sujet, COD, COI, attribut du sujet, compléments circonstanciels. La méthode compte plus que la liste, et c'est elle que nos corrigés donnent : « Je rêve de vacances. » → « Je rêve de quoi ? → de vacances. Préposition de. COI : de vacances ». Un élève qui pose la question et regarde la préposition ne se trompe plus.

Ajoutez les accords dans le groupe nominal et une reprise rapide des homophones sous forme de dictée courte. Les 38 documents de français 5e prennent la suite à la rentrée, avec une réserve que nous préférons dire : l'arrêté du 18 février 2026 refond les programmes de français du cycle 4 et s'applique à la cinquième dès la rentrée 2026-2027, alors que nos fiches suivent le programme précédent. Le même texte n'atteint la quatrième qu'à la rentrée 2027-2028 et la troisième qu'à la rentrée 2028-2029.

De la 5e à la 4e : le passage à la phrase complexe

La quatrième introduit le discours rapporté et l'argumentation. Deux notions de cinquième les portent directement.

Les propositions (indépendante, principale, subordonnée) sont le préalable absolu : le discours indirect consiste précisément à transformer une phrase en subordonnée. Un élève qui ne repère pas une proposition ne pourra pas rapporter une parole correctement.

La voix active et la voix passive viennent ensuite. Elles reviennent en quatrième dans le travail sur le point de vue et la réécriture, où l'on demande de changer de voix pour changer ce qu'on met en avant.

Complétez avec l'accord du participe passé et les subordonnées relatives.

De la 4e à la 3e : l'argumentation avant tout

C'est le passage le plus exigeant, parce que la troisième est une année d'examen et que la rédaction du brevet propose un sujet de réflexion.

La priorité est l'argumentation : thèse, arguments, exemples. Elle a été introduite en quatrième et sera évaluée en troisième dans un exercice noté. Si une seule notion doit être travaillée cet été, c'est celle-là.

Viennent ensuite les connecteurs logiques et temporels, sans lesquels un texte argumentatif reste une liste d'idées, et le discours direct, indirect et indirect libre, très présent dans les textes littéraires étudiés en troisième. Ajoutez les valeurs des temps (imparfait, passé simple, présent de vérité générale), qui servent aussi bien à la lecture qu'à la rédaction.

Les 37 documents de français 4e couvrent ces notions, et les 38 documents de français 3e prennent le relais à la rentrée.

De la 3e à la 2nde : lire plus long

Le lycée ne demande pas de nouvelles règles de grammaire : il demande de lire des textes plus longs et d'écrire des devoirs plus construits.

Deux notions de troisième sont réellement utiles à réviser. Les figures de style (métaphore, comparaison, personnification, antithèse, hyperbole) parce qu'elles servent immédiatement dans le commentaire de seconde. Et la phrase complexe, juxtaposition, coordination, subordination, parce qu'écrire long sans la maîtriser produit des phrases fautives.

Le reste de l'été est mieux investi dans la lecture que dans les exercices. Les 17 documents de français de seconde donnent une idée de ce qui attend l'élève.

Les évaluations nationales de septembre, la seule échéance datée de l'été

Aucun cahier de vacances n'en parle, alors que c'est le seul rendez-vous daté qui attend l'élève à la rentrée. Au collège, les évaluations nationales de français et de mathématiques concernent la sixième, la cinquième et la quatrième, mais pas la troisième. Celles de sixième se déroulent du 7 au 25 septembre 2026, sur support numérique, en 3 sessions non consécutives. Elles ne comptent pas dans la moyenne : la correction est automatisée, un compte rendu individuel revient à l'élève et à sa famille, et le résultat sert à situer chacun et, selon les établissements, à organiser le soutien et les groupes en français.

En français, ce qui est mesuré recoupe exactement les priorités listées plus haut : compréhension de l'écrit, lexique, et connaissance de la langue, c'est-à-dire grammaire et orthographe. En sixième s'y ajoutent la compréhension de l'oral et le test de fluence, une lecture à voix haute passée individuellement, seule épreuve qui ne se fait pas sur écran.

À l'entrée au lycée, le dispositif est distinct : le test de positionnement de seconde porte lui aussi sur le français et les mathématiques, en seconde générale, technologique et professionnelle comme en première année de CAP. Le volet de français porte sur la compréhension de l'écrit et la connaissance de la langue. Les résultats servent à l'accompagnement personnalisé, pas au bulletin.

Conséquence pratique : réviser en août la langue et la lecture, ce n'est pas préparer un examen lointain, c'est préparer une évaluation qui aura lieu dans les jours qui suivent la rentrée. Pour les autres niveaux, le calendrier exact se confirme auprès de l'établissement.

Fluence, oral, lexique : les trois domaines que les cahiers de vacances ignorent

Un livret de vacances travaille l'écrit sur papier. Il ne fait jamais lire à voix haute, jamais écouter, et il traite le vocabulaire par listes. Ce sont pourtant trois domaines évalués, et trois domaines où l'été est le bon moment, parce qu'ils demandent de la régularité plutôt que des exercices.

La fluence se travaille par la relecture. Un même passage, lu à voix haute deux ou trois fois par semaine, une minute chronométrée, avec un repère noté à chaque fois dans la marge : l'élève voit sa progression sans qu'on ait besoin d'un barème. Une lecture hachée n'est pas un problème de vitesse, c'est le signe que le décodage occupe encore toute l'attention et qu'il n'en reste plus pour comprendre.

La compréhension de l'oral se travaille sans matériel : un adulte lit un texte court à voix haute, l'élève ne l'a pas sous les yeux, puis il raconte et répond à deux questions dont une qui exige de déduire. C'est l'objet d'une de nos notions de sixième, « Écouter pour comprendre un message oral », et d'une autre sur raconter, décrire et expliquer à l'oral.

Le lexique ne s'apprend pas par listes. Le protocole qui fonctionne tient en trois règles : trois mots par séance, notés avec la phrase où ils ont été rencontrés ; réinterrogés à la séance suivante, dans l'autre sens, du sens vers le mot ; réemployés une fois à l'écrit dans la semaine. Un mot qui n'a pas été réemployé n'est pas acquis. Les notions de vocabulaire du collège, des familles de mots en sixième aux préfixes et suffixes en cinquième, jusqu'aux racines latines et grecques en troisième, sont faites pour cela.

Ces trois travaux se vérifient : un repère de lecture, deux questions auxquelles l'élève répond ou non, un mot réemployé ou non. C'est ce qui les distingue d'une page cochée dans un cahier.

Faut-il finir le livret distribué par le collège en juin ?

C'est le document que la famille a réellement sous la main, et la question revient chaque année. Trois cas, trois réponses.

Si le livret sera ramassé ou vérifié à la rentrée, c'est un travail scolaire dû : il se fait, sans discussion. Mais dans l'ordre du diagnostic et non dans l'ordre des pages. On traite d'abord les sections qui correspondent aux erreurs relevées, cours fermé, puis on complète le reste dans les derniers jours d'août.

Si le livret est facultatif, il devient une banque d'exercices, pas un programme. Faire les trois ou quatre sections utiles vaut mieux que d'en cocher trente. Le reste peut rester vide sans dommage.

Dans tous les cas, ne laissez pas l'élève le faire cours ouvert et corrigé sous les yeux. Un livret rempli proprement, recopié depuis les pages de rappel, ne prouve rien et donne aux parents une confiance que la rentrée dément.

Un plan d'été qui tient réellement

Trois séances par semaine, quarante minutes chacune, suffisent. Au-delà, nous voyons presque toujours l'arrêt survenir avant la fin.

Chaque séance suit le même schéma : la fiche de cours lue une fois, la feuille d'exercices faite cours fermé, puis la reprise des seules erreurs. Rouvrir la fiche est permis après avoir buté, pas avant : un élève qui travaille cours ouvert recopie une méthode sans l'apprendre.

Gardez une séance sur trois pour une dictée courte, à partir d'un texte déjà lu. C'est le seul exercice où l'accord, l'homophone et la conjugaison sont sollicités ensemble, comme dans une rédaction, et c'est donc le meilleur diagnostic disponible.

Deux notions par semaine, sur trois semaines, suffisent à couvrir les priorités de n'importe lequel des passages ci-dessus. Le reste de l'été n'est pas du temps perdu : il est mieux employé à lire.

Un dernier point, contre-intuitif : mieux vaut réviser la dernière quinzaine d'août que la première de juillet. Ce qui se joue à la rentrée n'est pas seulement le contenu, c'est la remise en route de l'habitude de travail.

Pourquoi les cahiers de vacances marchent si mal

Ce n'est pas une question de qualité : la plupart sont bien faits. Le problème est de conception.

Un cahier de vacances couvre l'année écoulée dans l'ordre du programme, à raison d'une page par notion. Cela produit trois effets indésirables. Le volume décourage, et l'abandon arrive vite. L'ordre est celui du manuel, donc sans rapport avec les besoins réels de l'élève, qui a peut-être compris huit chapitres sur dix. Et la profondeur est uniforme : autant de place pour une notion décisive que pour une notion accessoire.

Réviser d'une classe à la suivante demande l'inverse : peu de notions, choisies parce que la classe d'après s'en sert, travaillées jusqu'à être refaites sans le cours. Trois notions solides valent mieux que vingt survolées, et c'est vérifiable dès les premières semaines de septembre.

Des fiches gratuites, corrigées, sans inscription

Gratuit ne veut pas dire grand-chose sur internet, alors précisons où la gratuité compte. Nos fiches s'ouvrent sans compte, sans adresse e-mail, sans essai limité. Chaque feuille d'exercices porte son corrigé, avec la justification et non la seule réponse. Chaque feuille monte par paliers, de l'échauffement au format contrôle, jusqu'à un dernier exercice qui anticipe l'année suivante. Tout s'imprime depuis le navigateur, et tout est publié sous licence CC BY-SA 4.0, donc réutilisable par un autre enseignant ou une autre association, à condition de créditer la source, de renvoyer à la licence et de partager la version modifiée aux mêmes conditions.

L'association est à but non lucratif et fonctionne sans aucun intervenant rémunéré depuis février 2024 : publier les fiches en accès libre est la façon la plus simple de rendre le même service aux familles qui ne poussent jamais la porte d'une association.

Nos séances en présentiel reprennent en septembre 2026, 2 heures par semaine, à Paris 10e et à Paris 19e, à tarif associatif dont le montant est précisé lors de l'inscription. Contactez l'association si vous cherchez un accompagnement suivi à la rentrée.

FAQ : réviser le français pendant l'été

Que réviser en français pour entrer en 6e ?

Quatre points : les natures des mots, les homophones grammaticaux (a/à, est/et, son/sont, on/ont), l'accord sujet-verbe et les cinq temps de l'indicatif. Ils sont réutilisés dès les premières semaines de sixième, et ils constituent aussi l'essentiel de ce que mesure l'évaluation de rentrée.

Les évaluations nationales de septembre comptent-elles dans la moyenne ?

Non. Elles situent le niveau de chaque élève en début d'année et servent à organiser le soutien. C'est précisément pour cela qu'il vaut mieux les aborder après avoir consolidé la langue et la lecture : le résultat oriente l'année.

Faut-il finir le livret de révisions donné par le collège ?

S'il est ramassé à la rentrée, oui, mais dans l'ordre des besoins de l'élève et non dans l'ordre des pages. S'il est facultatif, traitez-le comme une banque d'exercices et faites-en les trois ou quatre sections utiles.

Combien de temps faut-il réviser le français pendant les vacances ?

Trois séances de quarante minutes par semaine, sur trois semaines, suffisent à sécuriser les notions qui comptent. Un rythme plus lourd est presque toujours abandonné avant la fin.

Comment travailler la lecture à voix haute pendant l'été ?

En relisant le même passage deux ou trois fois par semaine, une minute chronométrée, avec un repère noté à chaque fois. La progression se voit sur le texte lui-même, sans barème et sans matériel.

La lecture compte-t-elle autant que les exercices ?

Davantage, sur la durée. En séance, la difficulté de compréhension que nous rencontrons le plus souvent est lexicale, et le vocabulaire s'acquiert dans des textes suivis bien mieux que dans des listes.