Tout le cours en un coup d'œil : les trois éléments d'un texte argumentatif, sa structure, les six familles de connecteurs, un paragraphe entièrement rédigé, les six étapes de la méthode et les cinq erreurs qui coûtent des points. À lire la veille au soir.
1. L'idée en trois lignes
Un texte argumentatif cherche à défendre un point de vue — appelé thèse — pour convaincre le lecteur. On le rencontre dans les éditoriaux, les essais, les lettres ouvertes et les discours.
À la différence d'un récit, ce texte ne raconte pas : il raisonne et persuade.
2. Les trois éléments indissociables
| Élément | Ce que c'est | Question à laquelle il répond |
|---|---|---|
| La thèse | Le point de vue que l'on défend. | — |
| L'argument | Une raison générale et logique qui justifie la thèse. | Pourquoi ? |
| L'exemple | Un fait précis, une statistique ou une référence qui illustre l'argument. | Par exemple ? |
S'y ajoute, de façon facultative, la concession : admettre un argument adverse avant de le réfuter.
3. Le trio en action
- Thèse : « La lecture développe l'imagination. »
- Argument : « Elle permet de se représenter des mondes que l'on n'a jamais vécus. »
- Exemple : « Ainsi, en lisant Harry Potter, on visualise Poudlard sans jamais y avoir mis les pieds. »
4. La structure du texte
- Introduction : accroche → présentation du sujet → annonce de la thèse.
- Paragraphe argumentatif (un par argument) : argument + exemple + conclusion partielle.
- Conclusion : rappel de la thèse → ouverture.
5. Les connecteurs logiques
| Relation | Connecteurs |
|---|---|
| Cause | car, parce que, en effet, puisque |
| Conséquence | donc, ainsi, c'est pourquoi, par conséquent |
| Addition | de plus, en outre, par ailleurs, également |
| Opposition / concession | cependant, néanmoins, or, certes… mais, en revanche |
| Illustration | par exemple, c'est le cas de, ainsi, tel que |
| Conclusion | en conclusion, en définitive, en somme, pour conclure |
Il faut les varier : répéter deux fois le même connecteur est sanctionné.
6. Un paragraphe modèle, entièrement rédigé
Thèse défendue : « Les réseaux sociaux nuisent à la concentration des jeunes. »
- Argument : Les notifications permanentes interrompent le travail et empêchent toute attention soutenue.
- Exemple : Ainsi, une étude de 2022 a montré qu'un collégien consulte son téléphone en moyenne toutes les six minutes lors d'une session de travail.
- Conclusion partielle : Ces interruptions répétées rendent donc impossible la concentration indispensable aux apprentissages.
7. La méthode en six étapes
- Formuler sa thèse : énoncer son point de vue en une phrase claire et complète.
- Lister 2 à 3 arguments : des raisons générales et logiques, pas des anecdotes personnelles isolées.
- Illustrer chaque argument : associer un exemple précis (fait, statistique, référence littéraire ou historique).
- Rédiger un paragraphe par argument : relier les idées par des connecteurs logiques variés.
- Rédiger l'introduction : accroche + présentation du sujet + annonce de la thèse.
- Rédiger la conclusion : rappel de la thèse + ouverture vers une question plus large.
8. Les cinq erreurs qui coûtent des points
- Confondre argument et exemple : « Mon frère joue aux jeux vidéo et a de mauvaises notes » est un exemple personnel, pas un argument général.
- Défendre une thèse sans la justifier : « Je pense que c'est mal » ne convainc personne.
- Répéter deux fois le même connecteur, ou juxtaposer les idées sans les relier.
- Changer de camp en cours de texte : on choisit une thèse et on la tient jusqu'à la conclusion.
- Écrire uniquement à la première personne du singulier : alterner avec « on » et les tournures impersonnelles renforce l'objectivité apparente.
Si tu ne retiens qu'une chose
Un paragraphe = argument (la raison, qui répond à « Pourquoi ? ») + exemple (le fait précis, qui répond à « Par exemple ? ») + conclusion partielle, le tout relié par des connecteurs variés. Répète ce moule 2 à 3 fois, encadre-le d'une introduction et d'une conclusion, et le texte tient debout.
Le cours structuré : ce qu'est un texte argumentatif, ses trois éléments, la concession, l'architecture d'ensemble, le moule du paragraphe, les six familles de connecteurs et la méthode de rédaction pas à pas.
1. Qu'est-ce qu'un texte argumentatif ?
Un texte argumentatif cherche à défendre un point de vue — appelé thèse — pour convaincre le lecteur. Ce n'est pas un genre scolaire isolé : on le rencontre dans les éditoriaux de presse, les essais, les lettres ouvertes et les discours.
La différence avec un récit est nette. Un récit raconte : il enchaîne des événements. Un texte argumentatif, lui, raisonne et persuade : il enchaîne des raisons. Si en te relisant tu constates que tu as surtout raconté quelque chose, tu es sorti du genre.
2. Les trois éléments indissociables
Le cours les présente comme indissociables, et le mot compte : retirez-en un, l'ensemble ne tient plus.
- La thèse : le point de vue que l'on défend.
- Les arguments : les raisons logiques qui justifient la thèse.
- Les exemples : les faits concrets, statistiques ou références qui illustrent chaque argument.
Une thèse sans argument est une opinion jetée. Un argument sans exemple reste une affirmation en l'air. Un exemple sans argument est une anecdote qui ne prouve rien.
3. Argument et exemple : la distinction décisive
L'argument est une raison générale et logique qui répond à la question : « Pourquoi ? »
L'exemple est un fait précis, une statistique ou une référence qui répond à la question : « Par exemple ? »
Le test se fait donc à voix basse, sur chaque phrase que tu écris : si elle répond à « Pourquoi ? », c'est un argument ; si elle répond à « Par exemple ? », c'est un exemple. Une phrase qui ne répond ni à l'une ni à l'autre n'a probablement rien à faire là.
4. Le trio appliqué
- Thèse : « La lecture développe l'imagination. »
- Argument : « Elle permet de se représenter des mondes que l'on n'a jamais vécus. » — c'est bien une raison générale : elle vaut pour n'importe quel lecteur.
- Exemple : « Ainsi, en lisant Harry Potter, on visualise Poudlard sans jamais y avoir mis les pieds. » — c'est bien un fait précis : un livre nommé, un lieu nommé.
5. La concession
La concession est facultative : elle consiste à admettre un argument adverse avant de le réfuter. On accorde quelque chose à l'adversaire, puis on montre que cela ne suffit pas à renverser sa propre thèse.
Elle se signale par les connecteurs d'opposition / concession : cependant, néanmoins, or, certes… mais, en revanche. Le couple certes… mais en donne le mouvement complet : certes ouvre l'admission, mais referme sur la réfutation.
Point de vigilance : concéder n'est pas changer d'avis. La concession se termine toujours par la réfutation, sinon on tombe dans l'erreur qui consiste à changer de camp en cours de texte.
6. La structure d'ensemble
| Partie | Composition |
|---|---|
| Introduction | Accroche → Présentation du sujet → Annonce de la thèse |
| Paragraphe argumentatif | Argument + Exemple + Conclusion partielle |
| Conclusion | Rappel de la thèse → Ouverture |
Le paragraphe argumentatif se répète : un paragraphe par argument, donc 2 à 3 paragraphes entre l'introduction et la conclusion.
7. Le moule du paragraphe
Les trois temps s'enchaînent toujours dans le même ordre.
- Argument : on énonce la raison, de façon générale.
- Exemple : on descend au fait précis qui l'illustre, introduit par un connecteur d'illustration (par exemple, c'est le cas de, ainsi, tel que).
- Conclusion partielle : on remonte, et on dit ce que ce paragraphe vient d'établir pour la thèse. C'est la partie que l'on oublie le plus souvent.
8. Un paragraphe modèle
Thèse défendue : « Les réseaux sociaux nuisent à la concentration des jeunes. »
- Argument : Les notifications permanentes interrompent le travail et empêchent toute attention soutenue.
- Exemple : Ainsi, une étude de 2022 a montré qu'un collégien consulte son téléphone en moyenne toutes les six minutes lors d'une session de travail.
- Conclusion partielle : Ces interruptions répétées rendent donc impossible la concentration indispensable aux apprentissages.
Observe le mécanisme : l'argument est général (les notifications, en général) ; l'exemple est chiffré et daté (2022, toutes les six minutes) ; la conclusion partielle reprend le mot-clé de la thèse (la concentration).
9. Les connecteurs logiques — à connaître et à varier
| Relation | Connecteurs |
|---|---|
| Cause | car, parce que, en effet, puisque |
| Conséquence | donc, ainsi, c'est pourquoi, par conséquent |
| Addition | de plus, en outre, par ailleurs, également |
| Opposition / concession | cependant, néanmoins, or, certes… mais, en revanche |
| Illustration | par exemple, c'est le cas de, ainsi, tel que |
| Conclusion | en conclusion, en définitive, en somme, pour conclure |
Six familles, quatre à cinq connecteurs chacune : de quoi ne jamais répéter le même. Repère utile : ainsi figure dans deux familles du tableau (conséquence et illustration) — c'est le contexte qui décide de son sens.
10. La méthode — rédiger pas à pas
- Étape 1 — Formuler sa thèse : énoncer son point de vue en une phrase claire et complète. Pas un titre, pas un morceau de phrase : une phrase.
- Étape 2 — Lister 2 à 3 arguments : des raisons générales et logiques, pas des anecdotes personnelles isolées.
- Étape 3 — Illustrer chaque argument : associer un exemple précis (fait, statistique, référence littéraire ou historique).
- Étape 4 — Rédiger un paragraphe par argument : relier les idées par des connecteurs logiques variés.
- Étape 5 — Rédiger l'introduction : accroche + présentation du sujet + annonce de la thèse.
- Étape 6 — Rédiger la conclusion : rappel de la thèse + ouverture vers une question plus large.
L'ordre n'est pas décoratif : l'introduction et la conclusion s'écrivent en dernier, une fois que l'on sait ce que l'on a effectivement démontré. Annoncer une thèse avant d'avoir listé ses arguments, c'est promettre ce qu'on ne sait pas encore tenir.
11. Les erreurs fréquentes
- Confondre argument et exemple : « Mon frère joue aux jeux vidéo et a de mauvaises notes » est un exemple personnel, pas un argument général.
- Défendre une thèse sans la justifier : « Je pense que c'est mal » ne convainc personne.
- Répéter deux fois le même connecteur ou juxtaposer les idées sans les relier.
- Changer de camp en cours de texte : choisir une thèse et la tenir jusqu'à la conclusion.
- Écrire uniquement à la première personne du singulier : alterner avec « on » et les tournures impersonnelles renforce l'objectivité apparente.
Le cours complet du niveau, avec les exemples menés jusqu'au bout : le paragraphe modèle décortiqué phrase par phrase, un second paragraphe construit à partir du trio de la fiche, une anecdote transformée en argument, puis l'introduction et la conclusion rédigées et assemblées.
1. Le genre et ce qu'il exige
Un texte argumentatif cherche à défendre un point de vue — appelé thèse — pour convaincre le lecteur. Il vit dans les éditoriaux, les essais, les lettres ouvertes et les discours : partout où quelqu'un veut faire bouger l'avis d'un autre.
À la différence d'un récit, ce texte ne raconte pas : il raisonne et persuade. Ce sont deux verbes différents, et ils décrivent bien ce que fait le texte : il construit un enchaînement de raisons, et il cherche un effet sur le lecteur.
Il repose sur trois éléments indissociables : la thèse (le point de vue défendu), les arguments (les raisons logiques qui la justifient), les exemples (les faits concrets, statistiques ou références qui illustrent chaque argument). S'y ajoute, facultative, la concession.
2. Formuler la thèse (étape 1)
La thèse s'énonce en une phrase claire et complète. Trois contre-exemples de ce que ce n'est pas :
- « Les réseaux sociaux » → un sujet, pas une thèse : aucun point de vue.
- « Les réseaux sociaux, c'est compliqué » → un constat flou : on ne sait pas ce qui sera défendu.
- « Je pense que c'est mal » → un avis sans contenu ; le cours le classe explicitement parmi les erreurs.
La formulation correcte, celle du cours : « Les réseaux sociaux nuisent à la concentration des jeunes. » Sujet identifié, verbe qui affirme quelque chose, prise de position nette. C'est de cette phrase que tout le texte va dépendre.
3. Argument ou exemple ? Le tri, fait en entier
L'argument est une raison générale et logique qui répond à « Pourquoi ? ». L'exemple est un fait précis, une statistique ou une référence qui répond à « Par exemple ? ». Voici le tri effectué sur cinq phrases du cours.
| Phrase | Nature | Pourquoi |
|---|---|---|
| « Elle permet de se représenter des mondes que l'on n'a jamais vécus. » | Argument | Vaut pour tout lecteur : c'est une raison générale. |
| « Ainsi, en lisant Harry Potter, on visualise Poudlard sans jamais y avoir mis les pieds. » | Exemple | Un livre nommé, un lieu nommé : un fait précis. |
| « Les notifications permanentes interrompent le travail et empêchent toute attention soutenue. » | Argument | Raison générale sur un mécanisme, sans cas particulier. |
| « Une étude de 2022 a montré qu'un collégien consulte son téléphone en moyenne toutes les six minutes lors d'une session de travail. » | Exemple | Une statistique datée et chiffrée. |
| « Mon frère joue aux jeux vidéo et a de mauvaises notes. » | Exemple personnel | Un cas particulier isolé — le cours précise que ce n'est pas un argument général. |
Remarque de méthode : un exemple n'est pas disqualifié parce qu'il est court, mais parce qu'il est isolé et qu'il occupe la place d'un argument. Placé après une raison générale, il redevient utile.
4. Exemple traité n° 1 — le paragraphe modèle, décortiqué
Thèse défendue : « Les réseaux sociaux nuisent à la concentration des jeunes. »
- Argument : Les notifications permanentes interrompent le travail et empêchent toute attention soutenue.
- Exemple : Ainsi, une étude de 2022 a montré qu'un collégien consulte son téléphone en moyenne toutes les six minutes lors d'une session de travail.
- Conclusion partielle : Ces interruptions répétées rendent donc impossible la concentration indispensable aux apprentissages.
Ce qu'il faut voir dans ce paragraphe, phrase par phrase :
- L'argument reste général — il parle des notifications, pas de mon téléphone hier soir.
- L'exemple est introduit par ainsi, connecteur d'illustration, et il est vérifiable : une date (2022), une mesure (toutes les six minutes), une situation (une session de travail).
- La conclusion partielle est introduite par donc, connecteur de conséquence, et elle reprend le mot-clé de la thèse : la concentration. C'est ce rappel qui raccroche le paragraphe au reste du texte.
5. Exemple traité n° 2 — construire un paragraphe à partir du trio
Le cours fournit un second trio, sur une autre thèse : « La lecture développe l'imagination. », avec l'argument « Elle permet de se représenter des mondes que l'on n'a jamais vécus. » et l'exemple « Ainsi, en lisant Harry Potter, on visualise Poudlard sans jamais y avoir mis les pieds. » Il manque la conclusion partielle : voici le paragraphe rédigé en entier.
La lecture développe l'imagination parce qu'elle permet de se représenter des mondes que l'on n'a jamais vécus. Ainsi, en lisant Harry Potter, on visualise Poudlard sans jamais y avoir mis les pieds. Par conséquent, le lecteur ne reçoit pas des images toutes faites : il les fabrique, et c'est cet effort même qui exerce son imagination.
Trois connecteurs, trois familles différentes : parce que (cause), ainsi (illustration), par conséquent (conséquence). Aucun n'est répété — c'est exactement ce que demande l'étape 4 de la méthode.
6. Exemple traité n° 3 — réparer une anecdote
Le cours donne une phrase fautive : « Mon frère joue aux jeux vidéo et a de mauvaises notes », présentée comme un exemple personnel et non comme un argument général. La réparation consiste à remonter au général : quelle raison cette anecdote illustre-t-elle ?
| Avant | Après |
|---|---|
| « Mon frère joue aux jeux vidéo et a de mauvaises notes. » — seul, dans le paragraphe. | Argument : le temps consacré au jeu est du temps retiré au travail scolaire. Exemple : un fait précis et vérifiable qui l'illustre. Conclusion partielle : ce que cela établit pour la thèse. |
Deux enseignements : d'abord, une anecdote familiale ne devient pas un argument en changeant de place — c'est la raison générale qui manquait, et il faut l'écrire. Ensuite, l'étape 3 de la méthode réclame un exemple précis — fait, statistique, référence littéraire ou historique : le cas personnel isolé est justement ce que l'étape 2 écarte.
7. La concession, menée jusqu'à la réfutation
La concession est facultative : elle consiste à admettre un argument adverse avant de le réfuter. Le mouvement complet tient dans le couple certes… mais : certes ouvre l'admission, mais la referme.
Les connecteurs disponibles sont ceux de la famille opposition / concession : cependant, néanmoins, or, certes… mais, en revanche.
La règle de sécurité : une concession qui n'est pas suivie d'une réfutation n'est plus une concession, c'est un changement de camp — précisément l'erreur que le cours interdit. Si tu ouvres par certes, tu dois écrire le mais.
8. Rédiger l'introduction (étape 5)
Trois mouvements, dans cet ordre : accroche → présentation du sujet → annonce de la thèse. Appliqués à la thèse du cours :
Accroche — Combien de fois un téléphone s'allume-t-il sur un bureau pendant une heure de devoirs ? Présentation du sujet — La place des réseaux sociaux dans le travail des collégiens fait aujourd'hui l'objet de nombreux débats. Annonce de la thèse — Il apparaît pourtant que les réseaux sociaux nuisent à la concentration des jeunes.
Noter que l'annonce reprend la thèse mot pour mot ou presque. C'est voulu : le lecteur doit savoir dès la fin de l'introduction ce qui va être défendu.
9. Rédiger la conclusion (étape 6)
Deux mouvements : rappel de la thèse → ouverture, l'ouverture allant vers une question plus large.
Rappel — En définitive, les interruptions permanentes provoquées par les réseaux sociaux empêchent les jeunes de se concentrer durablement. Ouverture — Reste alors une question plus large : faut-il apprendre à s'en passer, ou apprendre à s'en servir ?
L'ouverture est une question, pas un nouvel argument. On n'ouvre pas un débat qu'on n'a plus la place de mener.
10. Le texte assemblé
Mis bout à bout, en respectant la structure du cours :
- Introduction — accroche, présentation du sujet, annonce de la thèse (section 8).
- Paragraphe 1 — argument des notifications + statistique de 2022 + conclusion partielle (section 4).
- Paragraphe 2 — même moule : un deuxième argument général, son exemple précis, sa conclusion partielle. Le cours demande 2 à 3 arguments, donc au moins un paragraphe de plus.
- Conclusion — rappel de la thèse, ouverture (section 9).
Avertissement pour le paragraphe 2 : il te faudra un exemple précis, donc un fait que tu peux réellement citer. N'invente pas de statistique pour combler le moule — une référence littéraire ou historique que tu connais vaut mieux qu'un chiffre inventé.
11. Les connecteurs logiques, et l'art de les varier
| Relation | Connecteurs | Où ils servent |
|---|---|---|
| Cause | car, parce que, en effet, puisque | Relier la thèse à son argument. |
| Conséquence | donc, ainsi, c'est pourquoi, par conséquent | Amener la conclusion partielle. |
| Addition | de plus, en outre, par ailleurs, également | Ouvrir le paragraphe suivant. |
| Opposition / concession | cependant, néanmoins, or, certes… mais, en revanche | Concéder puis réfuter. |
| Illustration | par exemple, c'est le cas de, ainsi, tel que | Introduire l'exemple. |
| Conclusion | en conclusion, en définitive, en somme, pour conclure | Ouvrir la conclusion finale. |
Attention à ainsi : il apparaît dans deux familles du tableau — conséquence et illustration. Dans le paragraphe modèle, il introduit l'exemple, il est donc illustratif. Le même mot ne dit pas la même chose selon sa place.
12. La méthode complète, dans l'ordre où l'on écrit
- Formuler sa thèse : une phrase claire et complète.
- Lister 2 à 3 arguments : des raisons générales et logiques, pas des anecdotes personnelles isolées.
- Illustrer chaque argument : un exemple précis par argument (fait, statistique, référence littéraire ou historique).
- Rédiger un paragraphe par argument : argument + exemple + conclusion partielle, reliés par des connecteurs variés.
- Rédiger l'introduction : accroche + présentation du sujet + annonce de la thèse.
- Rédiger la conclusion : rappel de la thèse + ouverture vers une question plus large.
Les étapes 1 à 3 se font au brouillon, sous forme de liste. Les étapes 4 à 6 seulement sont de la rédaction. Un texte argumentatif raté commence presque toujours par une rédaction lancée sans brouillon.
13. Les erreurs à éviter dès maintenant
- Confondre argument et exemple.
- Défendre une thèse sans la justifier.
- Répéter deux fois le même connecteur, ou juxtaposer les idées sans les relier.
- Changer de camp en cours de texte.
- Écrire uniquement à la première personne du singulier : alterner avec « on » et les tournures impersonnelles renforce l'objectivité apparente.
Là où les points se perdent : les cinq erreurs listées par le cours, décortiquées et réparées, plus les cas limites que le barème sanctionne sans les nommer — paragraphe amputé de sa conclusion partielle, concession laissée en suspens, exemple qui n'illustre pas son argument, thèse abandonnée en route.
Rappel express avant les pièges
Trois éléments indissociables : la thèse (le point de vue défendu), les arguments (les raisons logiques qui la justifient), les exemples (les faits concrets, statistiques ou références qui les illustrent). Un moule : argument + exemple + conclusion partielle. Deux encadrements : accroche → présentation du sujet → annonce de la thèse ; rappel de la thèse → ouverture.
Piège n° 1 — confondre argument et exemple
C'est l'erreur la plus coûteuse, parce qu'elle vide le paragraphe de son moteur. Le cas type donné par le cours : « Mon frère joue aux jeux vidéo et a de mauvaises notes » — c'est un exemple personnel, pas un argument général.
| Argument | Exemple | |
|---|---|---|
| Répond à | Pourquoi ? | Par exemple ? |
| Portée | générale et logique | un fait précis |
| Forme attendue | une raison | un fait, une statistique, une référence |
| Place | en tête de paragraphe | après l'argument |
Réflexe de contrôle : devant chaque phrase, pose-lui les deux questions. Si elle ne répond qu'à « Par exemple ? » et qu'elle ouvre le paragraphe, il manque une raison au-dessus.
Piège n° 2 — affirmer sans justifier
« Je pense que c'est mal » : le cours en fait un exemple d'erreur, et pour deux raisons cumulées. D'abord la thèse n'est justifiée par rien — aucun argument. Ensuite elle n'est même pas formulée : « c'est mal » ne dit ni de quoi on parle ni ce qu'on lui reproche.
La réparation passe par l'étape 1 de la méthode : une phrase claire et complète. Compare : « Je pense que c'est mal » contre « Les réseaux sociaux nuisent à la concentration des jeunes. » — la seconde annonce déjà ce qu'il faudra prouver.
Piège n° 3 — le connecteur répété, ou absent
Deux fautes voisines, sanctionnées ensemble par le cours : répéter deux fois le même connecteur, et juxtaposer les idées sans les relier.
La juxtaposition est traître : le texte peut sembler correct phrase par phrase, mais le lecteur ne voit plus le raisonnement. Sans connecteur, une conclusion partielle ressemble à une nouvelle affirmation, pas à une conséquence.
L'antidote est le tableau des six familles. Une consigne simple pour un texte de trois paragraphes : un connecteur de famille différente à chaque articulation.
| Articulation | Famille à mobiliser | Choix possibles |
|---|---|---|
| Thèse → argument | Cause | car, parce que, en effet, puisque |
| Argument → exemple | Illustration | par exemple, c'est le cas de, ainsi, tel que |
| Exemple → conclusion partielle | Conséquence | donc, ainsi, c'est pourquoi, par conséquent |
| Paragraphe → paragraphe suivant | Addition | de plus, en outre, par ailleurs, également |
| Vers la conclusion finale | Conclusion | en conclusion, en définitive, en somme, pour conclure |
Cas limite : ainsi figure dans deux familles (conséquence et illustration). L'employer une fois pour l'exemple et une fois pour la conclusion partielle, c'est déjà une répétition à l'œil du correcteur — même si le sens diffère. Choisis-en un autre pour l'une des deux places.
Piège n° 4 — changer de camp en cours de texte
Le cours est explicite : choisir une thèse et la tenir jusqu'à la conclusion. La faute arrive rarement d'un coup ; elle arrive presque toujours par la concession.
La concession consiste à admettre un argument adverse avant de le réfuter. Si la réfutation manque, le paragraphe se termine sur l'argument de l'adversaire — et le lecteur enregistre que tu lui donnes raison.
| Concession complète | Concession fautive |
|---|---|
| Certes, [argument adverse admis], mais [réfutation qui ramène à ma thèse]. | Certes, [argument adverse admis]. Point final. |
| La thèse sort renforcée. | La thèse est abandonnée sans le dire. |
Réflexe de contrôle : tout certes écrit dans le texte doit avoir son mais, son cependant, son néanmoins ou son en revanche quelques lignes plus bas. Rappel : la concession est facultative — si tu n'es pas sûr de savoir la refermer, ne l'ouvre pas.
Piège n° 5 — le « je » partout
Écrire uniquement à la première personne du singulier est listé parmi les erreurs fréquentes. Le remède donné par le cours : alterner avec « on » et les tournures impersonnelles, ce qui renforce l'objectivité apparente.
Le mot apparente mérite attention : le texte reste un point de vue, il ne devient pas neutre. On déplace seulement l'attention de celui qui parle vers ce qui est affirmé. Comparer : « Je trouve que les notifications dérangent » et « Les notifications permanentes interrompent le travail » — la seconde phrase n'est pas plus vraie, elle est simplement plus difficile à réduire à une humeur personnelle.
Cas limite n° 1 — le paragraphe amputé
Le moule du cours comporte trois temps : argument + exemple + conclusion partielle. C'est le troisième qui saute le plus souvent : on donne la raison, on donne l'exemple, et on passe au paragraphe suivant.
Or la conclusion partielle est la seule phrase qui relie explicitement le paragraphe à la thèse. Dans le modèle du cours, « Ces interruptions répétées rendent donc impossible la concentration indispensable aux apprentissages » reprend le mot concentration, qui est dans la thèse. Sans elle, le correcteur lit une information, pas une démonstration.
Cas limite n° 2 — l'exemple qui n'illustre pas son argument
Un exemple précis mais mal placé ne vaut rien. Le test est mécanique : reprends l'argument, ajoute par exemple, lis l'exemple à la suite. Si l'enchaînement ne se tient pas, l'exemple illustre autre chose.
Dans le modèle du cours, le test passe : « Les notifications permanentes interrompent le travail… par exemple, un collégien consulte son téléphone toutes les six minutes lors d'une session de travail. » L'exemple mesure exactement ce que l'argument affirme — l'interruption pendant le travail.
Cas limite n° 3 — le nombre d'arguments
Le cours demande 2 à 3 arguments. Les deux dérives coûtent des points pour des raisons opposées :
- Un seul argument : le texte n'a pas la structure attendue (un paragraphe par argument), et la thèse repose sur un pied unique.
- Cinq ou six arguments : chacun est expédié en une phrase, sans exemple ni conclusion partielle. On perd le moule pour gagner de la quantité.
Règle de sécurité : mieux vaut deux arguments entièrement traités — argument, exemple, conclusion partielle — que quatre esquissés.
Cas limite n° 4 — l'introduction et la conclusion incomplètes
Chaque partie a un nombre de mouvements fixe, et il se compte au barème.
| Partie | Mouvements attendus | Oubli le plus fréquent |
|---|---|---|
| Introduction | Accroche → présentation du sujet → annonce de la thèse | L'annonce de la thèse : le lecteur ne sait pas ce qu'on va défendre. |
| Conclusion | Rappel de la thèse → ouverture | L'ouverture, ou bien une ouverture qui lance un nouvel argument au lieu de poser une question plus large. |
Cas limite n° 5 — l'exemple inventé
L'étape 3 réclame un exemple précis : un fait, une statistique, une référence littéraire ou historique. La tentation, quand le moule réclame un exemple qu'on n'a pas, est de fabriquer un chiffre.
C'est un mauvais calcul : une référence que tu maîtrises réellement — un livre lu, un fait vu en cours d'histoire — vaut mieux qu'une statistique inventée, qui s'effondre à la première question.
Checklist de relecture, deux minutes
- Ma thèse est-elle écrite quelque part en une phrase claire et complète ?
- Ai-je 2 à 3 paragraphes, un par argument ?
- Chaque paragraphe a-t-il ses trois temps : argument, exemple, conclusion partielle ?
- Chaque exemple est-il précis, et illustre-t-il bien l'argument qui le précède ?
- Ai-je utilisé des connecteurs de familles différentes, sans répétition ?
- Chaque certes a-t-il son mais ?
- Est-ce que je défends encore la même thèse à la dernière ligne qu'à la première ?
- Mon introduction a-t-elle ses trois mouvements, ma conclusion ses deux ?
- Ai-je alterné le « je » avec « on » et des tournures impersonnelles ?
Ce que devient l'argumentation quand le moule est acquis : la concession cesse d'être facultative, les genres cités passent du côté de la lecture, l'ordre des arguments devient une décision, et les deux verbes du cours — raisonner et persuader — se séparent.
1. Le socle qu'on emporte
Rien de ce qui a été appris cette année ne sera remplacé. La thèse reste le point de vue défendu, les arguments les raisons logiques qui la justifient, les exemples les faits concrets, statistiques ou références qui les illustrent. Le moule argument + exemple + conclusion partielle ne change pas de forme. L'introduction gardera ses trois mouvements, la conclusion ses deux.
Ce qui change, c'est le poids de chaque élément. Certaines choses que la fiche traite en une ligne deviendront le cœur du travail ; d'autres, qu'il fallait produire consciemment, deviendront des réflexes.
2. La concession cesse d'être facultative
La fiche la marque explicitement comme facultative : admettre un argument adverse avant de le réfuter. C'est le point qui bougera le plus.
Tant que l'on s'entraîne à tenir une thèse, la concession est un risque — on l'a vu, une concession non refermée devient un changement de camp. Une fois le réflexe acquis, elle devient au contraire ce qui rend un texte crédible : un auteur qui n'envisage jamais l'objection donne l'impression de ne pas l'avoir vue.
La question qui vient ensuite n'est plus faut-il concéder ? mais où placer la concession : dans le paragraphe qu'elle concerne, ou dans un mouvement à elle ? La fiche ne tranche pas — c'est justement le genre de décision que le niveau suivant demande de prendre.
3. Ce que la fiche laisse ouvert (et qui deviendra la question)
- L'ordre des arguments. Le cours fixe la forme interne du paragraphe, mais pas l'ordre des paragraphes entre eux. Placer son argument le plus fort en premier ou en dernier n'a pas le même effet sur le lecteur.
- Le nombre. 2 à 3 arguments est un cadre d'entraînement ; ce qui compte ensuite est qu'aucun argument ne recoupe le précédent.
- La longueur relative. Un argument qui exige une réfutation prend plus de place qu'un argument évident. Le texte cesse d'être trois blocs identiques.
4. « Raisonner » et « persuader » : deux verbes, deux opérations
Une phrase de la fiche mérite d'être relue de près : le texte argumentatif ne raconte pas, il raisonne et persuade. Deux verbes, coordonnés — donc deux choses distinctes.
Raisonner, c'est ce que fait la chaîne argument → exemple → conclusion partielle : une construction logique, vérifiable pièce par pièce. Persuader, c'est produire un effet sur le lecteur : l'accroche qui l'arrête, l'exemple qui le frappe, l'ouverture qui le laisse sur une question.
Cette année, les deux marchent ensemble sans qu'on les sépare. Ensuite, on apprend à voir lequel des deux un texte donné privilégie — et à s'en servir soi-même de façon délibérée.
5. Les genres cités passent du côté de la lecture
La fiche nomme quatre lieux du texte argumentatif : l'éditorial, l'essai, la lettre ouverte, le discours. Cette année, ils servent de contexte : voilà où ça se pratique.
Au niveau suivant, ils deviennent des objets d'analyse. On ne demande plus seulement d'écrire un texte argumentatif : on demande, devant un éditorial ou un discours, de repérer la thèse défendue, de reconstituer les arguments, de dire où l'auteur concède et où il réfute.
La bonne nouvelle : c'est le même savoir, retourné. Celui qui sait construire le moule sait le démonter chez les autres. Le paragraphe modèle du cours — l'argument des notifications, la statistique de 2022, la conclusion partielle sur la concentration — se lit exactement comme se lirait un paragraphe d'éditorial.
6. Les connecteurs deviennent invisibles
Les six familles — cause, conséquence, addition, opposition / concession, illustration, conclusion — restent la boîte à outils. Ce qui évolue, c'est leur visibilité.
Tant que l'on apprend, on écrit les connecteurs en toutes lettres pour montrer le raisonnement : parce que, ainsi, par conséquent. Ensuite, l'articulation peut passer par la construction de la phrase elle-même, sans mot de liaison apparent. Attention au faux ami : ce n'est pas un retour à la juxtaposition sanctionnée par le cours — le lien logique doit rester lisible, il change seulement de support.
7. L'exemple : de l'illustration à la preuve
L'étape 3 range sur le même plan quatre types d'exemples : le fait, la statistique, la référence littéraire, la référence historique. Cette année, l'essentiel est qu'il y en ait un, et qu'il soit précis.
Ce qui s'ajoute ensuite, c'est la capacité à justifier ce que l'on cite : d'où vient ce chiffre, qu'est-ce que ce livre raconte exactement, ce que l'exemple prouve et ce qu'il ne prouve pas. Une statistique bien placée peut illustrer un argument sans le démontrer — c'est déjà vrai du modèle du cours : mesurer qu'un collégien consulte son téléphone toutes les six minutes établit l'interruption, et l'argument fait le reste du chemin jusqu'à la concentration.
Le réflexe à prendre dès maintenant : ne cite que ce que tu peux défendre si on te le demande.
8. L'ouverture cesse d'être un ornement
La conclusion se termine par une ouverture vers une question plus large. Beaucoup la traitent comme une formule de politesse en fin de copie.
C'est en réalité le seul endroit où l'on a le droit de montrer que l'on voit au-delà de sa propre thèse : le point où le sujet traité en rencontre un plus vaste. Une ouverture réussie n'ajoute pas un argument — elle indique la question suivante, celle que ce texte-ci ne pouvait pas traiter.
9. L'énonciation devient un choix
Le cours donne une consigne pratique : ne pas écrire uniquement à la première personne du singulier, alterner avec « on » et les tournures impersonnelles pour renforcer l'objectivité apparente.
Ce mot, apparente, contient tout le programme du niveau suivant. On y apprend que le choix du je, du on ou de l'impersonnel n'est pas une règle de politesse scolaire mais une stratégie : le je engage celui qui parle, l'impersonnel fait passer une opinion pour un constat. Savoir cela sert deux fois : pour écrire, et pour ne pas se laisser faire en lisant.
10. Ce qui ne changera pas
- Une thèse en une phrase claire et complète, tenue jusqu'à la dernière ligne.
- L'argument répond à « Pourquoi ? », l'exemple répond à « Par exemple ? ». Cette distinction ne sera jamais périmée.
- Un paragraphe qui n'aboutit à rien — sans conclusion partielle — reste un paragraphe raté.
- Une anecdote personnelle isolée ne tient toujours pas lieu de raison générale.
- Et l'ordre de fabrication : la thèse et les arguments au brouillon d'abord, la rédaction ensuite, l'introduction et la conclusion en dernier.