Tout le cours en un coup d'oeil : ce qu'est un connecteur, les six relations logiques, les trois rapports temporels, la méthode en quatre gestes et les cinq erreurs qui coûtent des points. À lire la veille au soir.

1. L'idée en trois lignes

Un connecteur (ou articulateur, mot de liaison) est un mot ou groupe de mots qui relie deux propositions ou deux parties d'un texte en indiquant la relation de sens entre elles. Il rend explicite la progression logique ou chronologique et assure la cohérence du texte.

La seule question à se poser devant deux idées mises côte à côte : quel est le lien entre elles ? Le connecteur est le mot qui dit ce lien à voix haute.

2. Les deux familles

  • Les connecteurs logiques : ils expriment une relation de sens — cause, conséquence, opposition, addition, but, condition.
  • Les connecteurs temporels : ils situent les faits dans le temps — antériorité, simultanéité, postériorité.

Un connecteur logique répond à la question « quel rapport de sens ? » ; un connecteur temporel répond à la question « dans quel ordre ? ».

3. Les six relations logiques

RelationConnecteurs
Additionde plus, en outre, par ailleurs, également, de surcroît, qui plus est
Causecar, parce que, puisque, étant donné que, vu que, en effet
Conséquencedonc, ainsi, c'est pourquoi, par conséquent, de ce fait, si bien que, aussi (+ inversion du sujet en tête de phrase)
Opposition / concessionmais, cependant, néanmoins, toutefois, pourtant, en revanche, or, alors que, même si, bien que (+ subjonctif)
Butpour, afin de (+ infinitif), afin que, pour que (+ subjonctif)
Conditionsi, à condition que, pourvu que, en cas de

4. Les trois rapports temporels

RapportCe qu'il indiqueConnecteurs
Antérioritéle fait a lieu avantd'abord, tout d'abord, auparavant, avant que (+ subjonctif), jadis, autrefois
Simultanéitéen même tempspendant que, tandis que, lorsque, quand, au moment où, alors que
Postérioritéle fait a lieu aprèspuis, ensuite, après que (+ indicatif), dès que, aussitôt que, enfin, finalement, par la suite

5. Quatre exemples, quatre relations

  • Cause — « Il ne sortit pas car il pleuvait. » → car justifie le fait de rester chez soi : la pluie en est la cause.
  • Conséquence — « Il avait peu dormi ; par conséquent, il était épuisé. » → la fatigue découle du manque de sommeil.
  • Opposition — « Elle aimait lire ; cependant, elle n'en avait jamais le temps. » → deux réalités contradictoires sont mises en regard.
  • Succession temporelle — « Il rangea ses affaires, puis il éteignit la lumière, enfin il s'endormit. » → trois actions présentées dans l'ordre chronologique.

6. La méthode, en quatre gestes

  1. Repérer les deux propositions ou idées à relier.
  2. Identifier la relation entre elles : cause ? conséquence ? opposition ? ordre chronologique ?
  3. Sélectionner le connecteur qui exprime exactement cette relation.
  4. Vérifier le mode du verbe qui suit : bien que et avant que exigent le subjonctif ; après que et parce que exigent l'indicatif ; afin de exige l'infinitif.

7. Le mode du verbe : le tableau à retenir

ConnecteurMode du verbe qui suit
bien que, avant quesubjonctif
afin que, pour quesubjonctif
après que, parce queindicatif
pour, afin deinfinitif

C'est le point le plus mécanique du chapitre, donc celui qui rapporte le plus sûrement des points : bien qu'il soit et non « bien qu'il est », avant que la nuit tombe et non « avant que la nuit tombera ».

8. Les cinq erreurs qui tombent

  • Mais exprime l'opposition, non la cause. Ne pas écrire mais là où car ou parce que s'impose.
  • En effet introduit une explication ou justification, pas une conséquence : « Il pleut. En effet, le ciel est chargé. »
  • Alors que peut exprimer la simultanéité ou l'opposition : seul le contexte tranche.
  • Aussi en tête de phrase avec inversion du sujet exprime la conséquence (Aussi était-il épuisé) — différent de aussi signifiant « également ».
  • Répéter et ou mais à chaque phrase appauvrit le texte : varier les articulateurs selon la relation exprimée.

Le cours remis d'aplomb : à quoi sert un connecteur, les six relations logiques une par une, les trois rapports temporels, puis la méthode en quatre étapes appliquée à un exemple complet.

1. De quoi parle-t-on ?

Deux phrases posées l'une après l'autre laissent le lecteur deviner ce qui les relie : « Il ne sortit pas. Il pleuvait. » On comprend, mais rien n'est dit. Ajoutez un mot, et le lien devient explicite : « Il ne sortit pas car il pleuvait. » Ce mot, c'est un connecteur.

Un connecteur (ou articulateur, mot de liaison) est un mot ou groupe de mots qui relie deux propositions ou deux parties d'un texte en indiquant la relation de sens entre elles. Il rend explicite la progression logique ou chronologique et assure la cohérence du texte.

Deux idées sont donc toujours en jeu : la première proposition, la seconde, et entre les deux le connecteur qui nomme leur rapport. C'est ce qui fait qu'un texte se tient au lieu d'être une suite de phrases posées côte à côte.

2. Deux familles, deux questions

  • Les connecteurs logiques : ils expriment une relation de sens — cause, conséquence, opposition, addition, but, condition.
  • Les connecteurs temporels : ils situent les faits dans le temps — antériorité, simultanéité, postériorité.

Devant un connecteur, il suffit donc de se demander s'il dit un rapport de sens (famille logique) ou une place dans le temps (famille temporelle).

3. Les connecteurs logiques, relation par relation

Addition — on ajoute une idée qui va dans le même sens que la précédente. Connecteurs : de plus, en outre, par ailleurs, également, de surcroît, qui plus est.
Exemple : « Ce roman est court ; de plus, il est écrit dans une langue simple. »

Cause — on donne la raison, l'explication de ce qui vient d'être dit. Connecteurs : car, parce que, puisque, étant donné que, vu que, en effet.
Exemple : « Il ne sortit pas car il pleuvait. »

Conséquence — on énonce ce qui découle de ce qui précède. Connecteurs : donc, ainsi, c'est pourquoi, par conséquent, de ce fait, si bien que, aussi (+ inversion du sujet en tête de phrase).
Exemple : « Il avait peu dormi ; par conséquent, il était épuisé. »

Opposition / concession — on met en regard deux faits qui se contredisent. Connecteurs : mais, cependant, néanmoins, toutefois, pourtant, en revanche, or, alors que, même si, bien que (+ subjonctif).
Exemple : « Elle aimait lire ; cependant, elle n'en avait jamais le temps. »

But — on indique l'objectif visé. Connecteurs : pour, afin de (+ infinitif), afin que, pour que (+ subjonctif).
Exemple : « Le professeur répéta la consigne afin que tous la comprennent. »

Condition — on pose ce dont dépend la réalisation du fait. Connecteurs : si, à condition que, pourvu que, en cas de.
Exemple : « En cas de pluie, la sortie sera annulée. »

4. Les connecteurs temporels, rapport par rapport

Antériorité — le fait a lieu avant. Connecteurs : d'abord, tout d'abord, auparavant, avant que (+ subjonctif), jadis, autrefois.
Exemple : « D'abord, il rangea ses affaires. »

Simultanéité — les faits ont lieu en même temps. Connecteurs : pendant que, tandis que, lorsque, quand, au moment où, alors que.
Exemple : « Pendant qu'il rangeait ses affaires, la pluie redoublait. »

Postériorité — le fait a lieu après. Connecteurs : puis, ensuite, après que (+ indicatif), dès que, aussitôt que, enfin, finalement, par la suite.
Exemple : « Il éteignit la lumière, puis il s'endormit. »

Un même récit enchaîne souvent les trois : « D'abord il rangea ses affaires ; pendant qu'il éteignait la lumière, l'orage éclata ; il s'endormit enfin. »

5. La méthode

  1. Repérer les deux propositions ou idées à relier.
  2. Identifier la relation entre elles : cause ? conséquence ? opposition ? ordre chronologique ?
  3. Sélectionner le connecteur qui exprime exactement cette relation.
  4. Vérifier le mode du verbe qui suit : bien que et avant que exigent le subjonctif ; après que et parce que exigent l'indicatif ; afin de exige l'infinitif.

L'étape 2 est celle qui décide de tout : tant que la relation n'est pas nommée, choisir le connecteur revient à deviner.

6. La méthode appliquée

Phrase à compléter : « Elle aimait lire … elle n'en avait jamais le temps. »

  1. Repérer les deux propositions : « Elle aimait lire » / « elle n'en avait jamais le temps ».
  2. Identifier la relation : le goût de la lecture et le manque de temps se contredisent → opposition.
  3. Sélectionner le connecteur : dans la famille de l'opposition, cependant convient. « Elle aimait lire ; cependant, elle n'en avait jamais le temps. » Mais, néanmoins, toutefois, pourtant, en revanche conviendraient aussi.
  4. Vérifier le mode : cependant ne figure pas parmi les connecteurs qui imposent un mode. En revanche, si l'on reformule avec bien que, le subjonctif devient obligatoire : « Bien qu'elle aime lire, elle n'en a jamais le temps. »

7. Le mode du verbe

ConnecteurMode du verbe qui suit
bien que, avant quesubjonctif
afin que, pour quesubjonctif
après que, parce queindicatif
pour, afin deinfinitif

Deux connecteurs de sens voisins peuvent exiger deux modes différents : avant que demande le subjonctif (« avant que la nuit tombe »), après que demande l'indicatif (« après qu'il a éteint la lumière »).

8. Les erreurs fréquentes

  • Mais exprime l'opposition, non la cause. Ne pas écrire mais là où car ou parce que s'impose.
  • En effet introduit une explication ou justification, pas une conséquence : « Il pleut. En effet, le ciel est chargé. »
  • Alors que peut exprimer la simultanéité ou l'opposition : seul le contexte tranche.
  • Aussi en tête de phrase avec inversion du sujet exprime la conséquence (Aussi était-il épuisé) — différent de aussi signifiant « également ».
  • Répéter et ou mais à chaque phrase appauvrit le texte : varier les articulateurs selon la relation exprimée.

Le cours complet du niveau : la notion, les deux familles en détail, les quatre exemples du cours entièrement traités étape par étape, deux exemples supplémentaires, puis un court texte analysé de bout en bout.

1. La notion

Un connecteur (ou articulateur, mot de liaison) est un mot ou groupe de mots qui relie deux propositions ou deux parties d'un texte en indiquant la relation de sens entre elles. Il rend explicite la progression logique ou chronologique et assure la cohérence du texte.

Il faut distinguer deux choses dans un enchaînement de phrases : le contenu (les faits énoncés) et la relation entre ces faits. Le connecteur ne dit rien de nouveau sur les faits : il dit ce qui les lie. C'est pour cela qu'on peut changer de connecteur sans changer les faits — et changer complètement le sens de l'ensemble.

  • « Il ne sortit pas car il pleuvait. » — la pluie est donnée comme la raison de rester chez soi : cause.
  • « Il pleuvait ; par conséquent, il ne sortit pas. » — le fait de rester est donné comme le résultat de la pluie : conséquence.

Les faits sont les mêmes ; c'est le connecteur qui décide de ce qui est présenté comme explication et de ce qui est présenté comme résultat. D'où l'étape 3 de la méthode : le connecteur doit exprimer exactement la relation voulue.

2. Les deux familles

  • Les connecteurs logiques : ils expriment une relation de sens — cause, conséquence, opposition, addition, but, condition.
  • Les connecteurs temporels : ils situent les faits dans le temps — antériorité, simultanéité, postériorité.

Certains mots se trouvent dans les deux listes du cours : alors que figure parmi les connecteurs d'opposition et parmi les connecteurs de simultanéité. Ce n'est pas une erreur du cours, c'est une propriété du mot — on y revient plus bas.

3. Les connecteurs logiques

RelationConnecteurs
Additionde plus, en outre, par ailleurs, également, de surcroît, qui plus est
Causecar, parce que, puisque, étant donné que, vu que, en effet
Conséquencedonc, ainsi, c'est pourquoi, par conséquent, de ce fait, si bien que, aussi (+ inversion du sujet en tête de phrase)
Opposition / concessionmais, cependant, néanmoins, toutefois, pourtant, en revanche, or, alors que, même si, bien que (+ subjonctif)
Butpour, afin de (+ infinitif), afin que, pour que (+ subjonctif)
Conditionsi, à condition que, pourvu que, en cas de

Addition. On empile deux éléments qui vont dans le même sens. Rien ne s'oppose, rien ne découle : on ajoute.
« Ce roman est court ; de plus, il est écrit dans une langue simple. » — la deuxième qualité s'ajoute à la première.
Autres possibilités : en outre, par ailleurs, également, de surcroît, qui plus est.

Cause. On donne la raison de ce qui précède : la question à laquelle répond le connecteur est pourquoi ?
« Il ne sortit pas car il pleuvait. » — pourquoi ne sort-il pas ? Parce qu'il pleut.
Autres possibilités : parce que, puisque, étant donné que, vu que, en effet.

Conséquence. On énonce ce qui découle de ce qui précède : la question à laquelle répond le connecteur est et alors ?
« Il avait peu dormi ; par conséquent, il était épuisé. » — le manque de sommeil produit la fatigue.
Autres possibilités : donc, ainsi, c'est pourquoi, de ce fait, si bien que, aussi (+ inversion du sujet en tête de phrase).

Opposition / concession. On met en regard deux faits qui se contredisent, ou l'on accorde un point tout en maintenant l'autre.
« Elle aimait lire ; cependant, elle n'en avait jamais le temps. »
Autres possibilités : mais, néanmoins, toutefois, pourtant, en revanche, or, alors que, même si, bien que (+ subjonctif).

But. On indique l'objectif visé par l'action.
« Il révisa tous les soirs afin de ne pas être pris de court. » — afin de est suivi de l'infinitif.
« Le professeur répéta la consigne afin que tous la comprennent. » — afin que est suivi du subjonctif. Même remarque pour le couple pour / pour que.

Condition. On pose ce dont dépend la réalisation du fait.
« Si tu relis ta leçon, tu retiendras mieux. »
« En cas de pluie, la sortie sera annulée. »
Autres possibilités : à condition que, pourvu que.

4. Les connecteurs temporels

RapportCe qu'il indiqueConnecteurs
Antérioritéle fait a lieu avantd'abord, tout d'abord, auparavant, avant que (+ subjonctif), jadis, autrefois
Simultanéitéen même tempspendant que, tandis que, lorsque, quand, au moment où, alors que
Postérioritéle fait a lieu aprèspuis, ensuite, après que (+ indicatif), dès que, aussitôt que, enfin, finalement, par la suite

Antériorité — le fait a lieu avant. « D'abord, il rangea ses affaires. » ; « Il rangea ses affaires avant que la nuit tombe » (subjonctif) ; « Autrefois, on écrivait à la plume. »

Simultanéité — les faits ont lieu en même temps. « Pendant qu'il rangeait ses affaires, la pluie redoublait. » ; « Au moment où il éteignit la lumière, le téléphone sonna. »

Postériorité — le fait a lieu après. « Il rangea ses affaires, puis il éteignit la lumière. » ; « Après qu'il a éteint la lumière, il s'endort » (indicatif) ; « Dès qu'il fut couché, il s'endormit. »

Deux usages coexistent dans cette famille. Certains connecteurs jalonnent le récit dans l'ordre où on le raconte — « D'abord il rangea ses affaires, puis il éteignit la lumière, enfin il s'endormit. » D'autres situent un fait par rapport à un autre — « Il rangea ses affaires avant que la nuit tombe », où le rangement est donné comme antérieur. Dans les deux cas, ce qu'on classe est le rapport exprimé : antériorité, simultanéité ou postériorité.

5. La méthode

  1. Repérer les deux propositions ou idées à relier.
  2. Identifier la relation entre elles : cause ? conséquence ? opposition ? ordre chronologique ?
  3. Sélectionner le connecteur qui exprime exactement cette relation.
  4. Vérifier le mode du verbe qui suit : bien que et avant que exigent le subjonctif ; après que et parce que exigent l'indicatif ; afin de exige l'infinitif.

6. Les quatre exemples du cours, entièrement traités

Exemple 1 — « Il ne sortit pas car il pleuvait. »

  1. Les deux propositions : « Il ne sortit pas » / « il pleuvait ».
  2. La relation : la seconde explique la première. C'est une causecar justifie le fait de rester chez soi : la pluie en est la cause.
  3. Le connecteur : car, de la famille de la cause. On pourrait écrire aussi bien « Il ne sortit pas parce qu'il pleuvait ».
  4. Le mode : parce que exige l'indicatif — « il pleuvait » est bien à l'indicatif. Car ne figure pas parmi les connecteurs pour lesquels le cours signale une contrainte de mode.

Exemple 2 — « Il avait peu dormi ; par conséquent, il était épuisé. »

  1. Les deux propositions : « Il avait peu dormi » / « il était épuisé ».
  2. La relation : la fatigue découle du manque de sommeil. C'est une conséquence.
  3. Le connecteur : par conséquent. Même famille : donc, ainsi, c'est pourquoi, de ce fait, si bien que — « Il avait peu dormi, si bien qu'il était épuisé. »
  4. Le mode : rien d'imposé ici. Une variante mérite l'attention : avec aussi en tête de phrase, le sujet s'inverse — « Il avait peu dormi ; aussi était-il épuisé. »

Exemple 3 — « Elle aimait lire ; cependant, elle n'en avait jamais le temps. »

  1. Les deux propositions : « Elle aimait lire » / « elle n'en avait jamais le temps ».
  2. La relation : deux réalités contradictoires sont mises en regard. C'est une opposition.
  3. Le connecteur : cependant. Même famille : mais, néanmoins, toutefois, pourtant, en revanche, or.
  4. Le mode : si l'on reformule avec bien que, le subjonctif devient obligatoire — « Bien qu'elle aime lire, elle n'en a jamais le temps. »

Exemple 4 — « Il rangea ses affaires, puis il éteignit la lumière, enfin il s'endormit. »

  1. Les éléments à relier : trois actions successives.
  2. La relation : trois actions présentées dans l'ordre chronologique — rapport temporel, valeur de postériorité à chaque étape.
  3. Les connecteurs : puis et enfin, tous deux dans la liste de la postériorité. On pourrait ouvrir la série par un connecteur d'antériorité : « D'abord il rangea ses affaires, puis… ». Ensuite remplacerait puis sans changer le rapport.
  4. Le mode : rien d'imposé. Avec après que, en revanche, l'indicatif s'impose — « Après qu'il a éteint la lumière, il s'endort. »

7. Deux exemples supplémentaires, traités de la même façon

« Il révisa tous les soirs … ne pas être pris de court. »

  1. Les deux idées : réviser tous les soirs / ne pas être pris de court.
  2. La relation : la seconde est l'objectif de la première → but.
  3. Le connecteur : afin de (ou pour).
  4. Le mode : afin de exige l'infinitif — « afin de ne pas être pris de court ». Si l'on veut un sujet différent, il faut passer à afin que ou pour que + subjonctif : « Il révisa tous les soirs pour que ses parents soient rassurés. »

« Ce roman est court … il est écrit dans une langue simple. »

  1. Les deux idées : la brièveté / la simplicité de la langue.
  2. La relation : la seconde qualité s'ajoute à la première, dans le même sens → addition. Ce n'est ni une cause ni une conséquence : la langue simple ne résulte pas de la brièveté.
  3. Le connecteur : de plus, ou en outre, par ailleurs, de surcroît, qui plus est.
  4. Le mode : aucune contrainte signalée par le cours.

8. Un court texte analysé de bout en bout

« D'abord, Marie relut sa leçon ; puis elle fit les exercices. Elle avait peu de temps ; néanmoins, elle voulait tout terminer. Elle travailla tard, si bien qu'elle s'endormit sur son cahier. Le lendemain, elle était fatiguée ; en effet, elle n'avait dormi que quatre heures. Elle décida donc de s'y prendre plus tôt, afin de ne plus veiller la veille des contrôles. »

ConnecteurFamilleRelation exprimée
d'abordtemporelantériorité
puistemporelpostériorité
néanmoinslogiqueopposition / concession
si bien quelogiqueconséquence
en effetlogiquecause : la phrase suivante explique la fatigue
donclogiqueconséquence
afin delogiquebut (+ infinitif)

Sept connecteurs, six relations différentes, et aucune répétition : c'est exactement ce que demande la dernière consigne du cours — varier les articulateurs selon la relation exprimée plutôt que d'enchaîner les et et les mais.

9. Le mode du verbe

ConnecteurMode du verbe qui suit
bien que, avant quesubjonctif
afin que, pour quesubjonctif
après que, parce queindicatif
pour, afin deinfinitif

Les quatre lignes ne se déduisent pas du sens : elles se retiennent. Le repère le plus utile est la paire avant que / après que, deux connecteurs temporels symétriques qui n'appellent pas le même mode : subjonctif pour le premier, indicatif pour le second.

10. Les erreurs fréquentes

  • Mais exprime l'opposition, non la cause. Ne pas écrire mais là où car ou parce que s'impose.
  • En effet introduit une explication ou justification, pas une conséquence : « Il pleut. En effet, le ciel est chargé. »
  • Alors que peut exprimer la simultanéité ou l'opposition : seul le contexte tranche.
  • Aussi en tête de phrase avec inversion du sujet exprime la conséquence (Aussi était-il épuisé) — différent de aussi signifiant « également ».
  • Répéter et ou mais à chaque phrase appauvrit le texte : varier les articulateurs selon la relation exprimée.

Là où les points se perdent : les cinq erreurs classées comme fréquentes par le cours, le mode du verbe imposé par certains connecteurs, les cas limites (alors que, aussi, si bien que) et ce qu'attend vraiment une consigne de relevé.

Rappel express avant les pièges

Un connecteur relie deux propositions ou deux parties d'un texte en indiquant la relation de sens entre elles. Deux familles : les logiques (cause, conséquence, opposition, addition, but, condition) et les temporels (antériorité, simultanéité, postériorité). La méthode tient en quatre gestes : repérer les deux idées, identifier la relation, choisir le connecteur exact, vérifier le mode du verbe.

Ce qui coûte des points n'est presque jamais la définition : c'est le classement d'un connecteur dans la mauvaise famille, et le mode du verbe qui suit.

Piège n° 1 — mais mis à la place de car

Mais exprime l'opposition, non la cause. Ne pas écrire mais là où car ou parce que s'impose. L'erreur vient du fait que mais est le mot de liaison le plus disponible : on le place par réflexe, sans nommer la relation.

  • À écrire : « Il ne sortit pas car il pleuvait. » — la pluie est la raison.
  • Faux ici : « Il ne sortit pas mais il pleuvait. » — cette phrase dit tout autre chose : elle oppose les deux faits au lieu de faire du second l'explication du premier.

Le test tient dans l'étape 2 de la méthode : la seconde proposition répond-elle à pourquoi ? (cause) ou contredit-elle la première (opposition) ?

Piège n° 2 — en effet pris pour un connecteur de conséquence

En effet introduit une explication ou justification, pas une conséquence : « Il pleut. En effet, le ciel est chargé. » Le cours le range parmi les connecteurs de cause, aux côtés de car, parce que, puisque, étant donné que, vu que.

  • « Il était épuisé ; en effet, il avait peu dormi. » → la seconde phrase explique la première : cause.
  • « Il avait peu dormi ; par conséquent, il était épuisé. » → la seconde découle de la première : conséquence.

Les deux phrases contiennent les mêmes faits dans un ordre inverse. Ce qui change, c'est ce que le connecteur annonce : une justification derrière, ou un résultat devant.

Piège n° 3 — alors que, deux valeurs

Alors que peut exprimer la simultanéité ou l'opposition : seul le contexte tranche. C'est le seul mot que le cours fait figurer dans les deux familles à la fois — dans la liste opposition / concession et dans la liste simultanéité.

  • Simultanéité : « Il rangeait ses affaires alors que la nuit tombait. » — les deux faits se déroulent en même temps.
  • Opposition : « Elle aimait lire alors que son frère n'ouvrait jamais un livre. » — les deux faits sont mis en contradiction.

Le critère : peut-on remplacer par pendant que sans rien perdre ? Alors c'est la simultanéité. Peut-on remplacer par en revanche ou par cependant ? Alors c'est l'opposition. Dans un devoir, on ne répond jamais « alors que est un connecteur d'opposition » dans l'absolu : on justifie par le contexte.

Piège n° 4 — aussi, deux emplois

Aussi en tête de phrase avec inversion du sujet exprime la conséquence (Aussi était-il épuisé) — différent de aussi signifiant « également ».

  • Conséquence : « Il avait peu dormi ; aussi était-il épuisé. » — en tête de phrase, sujet inversé.
  • « également » : « Il avait peu dormi ; il était aussi très inquiet. » — pas de tête de phrase, pas d'inversion. C'est le sens de l'ajout : le cours range précisément également parmi les connecteurs d'addition.

L'inversion n'est pas un ornement : c'est elle qui signale le sens de conséquence. Écrire « Aussi il était épuisé » supprime l'indice.

Piège n° 5 — la répétition de et et de mais

Répéter et ou mais à chaque phrase appauvrit le texte : varier les articulateurs selon la relation exprimée. Ce n'est pas seulement une question de style — c'est une perte d'information, puisque le même mot finit par recouvrir des relations différentes.

Réflexe de correction : sur un paragraphe rédigé, souligner tous les connecteurs. Si le même revient deux ou trois fois, revenir à l'étape 2 de la méthode et nommer la relation à chaque occurrence — l'un des mais était peut-être une cause, un autre une concession, un autre une simple addition.

Le mode du verbe : là où les points se perdent

ConnecteurMode du verbe qui suit
bien que, avant quesubjonctif
afin que, pour quesubjonctif
après que, parce queindicatif
pour, afin deinfinitif

Trois pièges de mode reviennent constamment.

  • avant que / après que — deux connecteurs temporels symétriques, deux modes différents : « avant que la nuit tombe » (subjonctif) mais « après qu'il a éteint la lumière » (indicatif).
  • bien que / parce que — deux subordonnants de même allure, deux modes différents : « bien qu'elle aime lire » (subjonctif) mais « parce qu'il pleuvait » (indicatif).
  • afin de / afin que, et de même pour / pour que — la forme courte appelle l'infinitifafin de ne pas être pris de court »), la forme en que appelle le subjonctifafin que tous comprennent »).

Cas limite — des connecteurs qui se ressemblent, des relations à ne pas confondre

  • si (condition) et si bien que (conséquence) : « Si tu dors peu, tu seras épuisé » pose une condition ; « Il avait peu dormi, si bien qu'il était épuisé » énonce un résultat.
  • même si et si : le premier figure dans la liste opposition / concession — il met deux faits en regard malgré leur contradiction ; le second figure dans la liste condition — il pose ce dont dépend la réalisation du fait.
  • quand et lorsque : le cours les range dans la simultanéité, donc parmi les connecteurs temporels — même si la phrase raconte un enchaînement dont on serait tenté de faire une cause.

Cas limite — la relation n'est pas dans le connecteur seul

Une consigne de contrôle demande souvent : « Relevez le connecteur et indiquez la relation qu'il exprime. » La deuxième partie ne se traite pas en récitant une liste : alors que le prouve, mais c'est vrai plus largement. Il faut montrer les deux propositions reliées, puis dire ce que le connecteur fait entre elles.

Réponse insuffisante : « cependant est un connecteur d'opposition. » Réponse complète : « cependant relie « elle aimait lire » et « elle n'en avait jamais le temps » ; il met en regard deux réalités contradictoires : c'est une opposition. »

Cas limite — opposition et concession dans la même case

Le cours regroupe l'opposition et la concession sous une seule entrée, avec une liste commune : mais, cependant, néanmoins, toutefois, pourtant, en revanche, or, alors que, même si, bien que (+ subjonctif). Il n'est donc pas attendu qu'on sépare les deux valeurs : on nomme la relation « opposition / concession » et on justifie par la contradiction mise en regard.

Checklist des trente dernières secondes

  1. Chaque connecteur relevé est-il rattaché à ses deux propositions ?
  2. La famille est-elle nommée : logique ou temporelle ?
  3. La relation précise est-elle nommée : cause, conséquence, opposition, addition, but, condition — ou antériorité, simultanéité, postériorité ?
  4. Après bien que et avant que : subjonctif. Après après que et parce que : indicatif. Après afin de : infinitif.
  5. Aussi en tête de phrase : le sujet est-il inversé ?
  6. Le même connecteur revient-il plus de deux fois dans la copie ?

Ce que deviennent les connecteurs quand on cesse de les relever pour s'en servir : construire un raisonnement, lire la structure d'un texte long, varier les articulateurs sans casser la grammaire.

1. Le socle qu'on emporte

Rien de ce qui a été appris ne sera remplacé. Un connecteur reste un mot ou groupe de mots qui relie deux propositions ou deux parties d'un texte en indiquant la relation de sens entre elles, et qui assure ainsi la cohérence du texte. Les six relations logiques (addition, cause, conséquence, opposition / concession, but, condition) et les trois rapports temporels (antériorité, simultanéité, postériorité) restent le classement de référence.

Ce qui change au niveau suivant, c'est le poids des quatre étapes de la méthode. Les trois premières — repérer les idées, identifier la relation, choisir le connecteur — deviennent des automatismes. L'enjeu se déplace : on ne relève plus les connecteurs d'un texte, on construit avec eux.

2. Du relevé à l'usage

Répondre « par conséquent est un connecteur de conséquence » est un constat. La suite consiste à s'en servir : écrire soi-même un paragraphe dont la structure est lisible parce que les connecteurs y sont choisis, pas subis.

Le geste concret est celui de l'étape 3, mais dans l'autre sens. Au lieu de partir du connecteur pour nommer la relation, on part de la relation qu'on veut installer et on va chercher le mot qui l'exprime exactement. La liste du cours devient alors un outil de rédaction.

3. Les connecteurs comme squelette d'un raisonnement

Les six relations logiques ne sont pas six étiquettes de même statut : chacune correspond à un mouvement précis dans un développement.

RelationCe qu'elle permet de faireConnecteurs
Additionempiler plusieurs éléments qui vont dans le même sensde plus, en outre, par ailleurs, également, de surcroît, qui plus est
Causeappuyer une affirmation sur sa raisoncar, parce que, puisque, étant donné que, vu que, en effet
Conséquencetirer un résultat, concluredonc, ainsi, c'est pourquoi, par conséquent, de ce fait, si bien que, aussi (+ inversion)
Opposition / concessionfaire une place à ce qui contredit, sans y renoncermais, cependant, néanmoins, toutefois, pourtant, en revanche, or, alors que, même si, bien que (+ subjonctif)
Butexpliciter l'objectif visépour, afin de (+ infinitif), afin que, pour que (+ subjonctif)
Conditionposer ce dont dépend ce qu'on avancesi, à condition que, pourvu que, en cas de

Un développement construit enchaîne ces mouvements : on avance une idée, on l'appuie (cause), on ajoute un second élément (addition), on reconnaît ce qui la limite (opposition / concession), on conclut (conséquence). Le lecteur suit sans effort parce que chaque virage est annoncé.

4. Le même paragraphe, avec et sans connecteurs

Sans : « Ce roman est court. Il est écrit dans une langue simple. Il n'est pas facile. L'intrigue est déroutante. Il faut le relire. »

Avec : « Ce roman est court ; de plus, il est écrit dans une langue simple. Cependant, il n'est pas facile, car l'intrigue est déroutante ; c'est pourquoi il faut le relire. »

Les faits sont rigoureusement les mêmes. Dans le second texte, on sait que la deuxième qualité s'ajoute à la première, que la difficulté s'oppose aux deux, que l'intrigue en est la raison et que la relecture en est le résultat. C'est cela, la cohérence du texte dont parle la définition — et c'est ce qui est évalué au niveau suivant, bien au-delà du relevé.

5. Lire un texte long en suivant ses connecteurs

Dans un texte étendu, les connecteurs dessinent une structure qu'on peut suivre du début à la fin. Trois questions permettent de la lire :

  • Où sont les connecteurs de conséquence ? Donc, par conséquent, c'est pourquoi, de ce fait annoncent les points d'arrivée : c'est souvent là que l'auteur dit ce qu'il veut faire admettre.
  • Où sont les oppositions ? Mais, cependant, néanmoins, toutefois, pourtant, en revanche, or marquent les changements de direction : après eux, le texte ne va plus dans le même sens.
  • Où sont les causes ? Car, parce que, puisque, étant donné que, vu que, en effet signalent l'appui : c'est là que l'auteur justifie plutôt qu'il n'affirme.

Les connecteurs temporels jouent le même rôle dans un récit : d'abord, auparavant, jadis, autrefois pour l'antériorité, pendant que, tandis que, lorsque, quand, au moment où pour la simultanéité, puis, ensuite, dès que, aussitôt que, enfin, finalement, par la suite pour la postériorité. Repérer leur répartition, c'est reconstituer la chronologie d'un texte qui ne la suit pas forcément.

6. Varier, sans changer la relation

La consigne du cours — varier les articulateurs selon la relation exprimée — devient une compétence de rédaction. Elle suppose de savoir que plusieurs connecteurs d'une même famille sont interchangeables, et de disposer de la liste.

Une même relationPlusieurs formulations
Conséquence« Il avait peu dormi ; par conséquent, il était épuisé. » · « … si bien qu'il était épuisé. » · « … aussi était-il épuisé. » · « … de ce fait, il était épuisé. »
Opposition« Elle aimait lire ; cependant, elle n'en avait jamais le temps. » · « … néanmoins, … » · « … en revanche, … » · « Bien qu'elle aime lire, elle n'en a jamais le temps. »
Cause« Il ne sortit pas car il pleuvait. » · « … parce qu'il pleuvait. » · « Puisqu'il pleuvait, il ne sortit pas. » · « Étant donné qu'il pleuvait, … »

Attention : varier ne veut pas dire remplacer au hasard. Reformuler avec bien que impose le subjonctif ; reformuler avec aussi impose l'inversion du sujet. La liberté de style s'arrête là où commence la contrainte grammaticale.

7. Le mode devient un réflexe

ConnecteurMode du verbe qui suit
bien que, avant quesubjonctif
afin que, pour quesubjonctif
après que, parce queindicatif
pour, afin deinfinitif

Au niveau suivant, ces accords ne sont plus un exercice à part : on ne vous demandera plus « quel mode après bien que ? », on relèvera simplement la faute dans votre rédaction. Le seul entraînement utile est d'écrire les tournures plutôt que de les réciter — « bien qu'il soit tard », « avant que la nuit tombe », « après qu'il a terminé », « afin de comprendre ».

8. Deux réflexes à emporter

  • Devant un texte à analyser : commencer par entourer les connecteurs. Ils donnent le plan du texte avant même qu'on ait fini de le lire — cause et conséquence pour le raisonnement, antériorité, simultanéité et postériorité pour la chronologie.
  • Devant un texte à écrire : après le premier jet, relire uniquement les mots de liaison. Chacun doit être justifiable en une phrase — « ici c'est une conséquence, donc par conséquent » — et deux voisins ne doivent pas être identiques. C'est la relecture la plus rentable qui existe sur une copie.