Contrôle demain, et « complétive » comme « circonstancielle » ne t'évoquent rien ? Ce chapitre tient dans deux tests et deux tableaux. Les deux tests : remplacer la subordonnée par « cela » (→ complétive), ou la déplacer en tête de phrase (→ circonstancielle). Les deux tableaux : les trois complétives, les six circonstancielles avec leurs conjonctions. Apprends ça, plus les quatre confusions qui reviennent dans toutes les copies, et tu traites l'essentiel du chapitre.

Le point de départ : ce qu'est une subordonnée

Une proposition subordonnée dépend d'une proposition principale et ne peut pas fonctionner seule. Apprends cette phrase telle quelle : tout le chapitre en découle.

Deux choses la signalent, et ce sont exactement les deux choses à repérer sur ta copie :

  • elle contient un verbe conjugué ;
  • elle est rattachée à la principale par un subordonnant — une conjonction ou un mot interrogatif.

Sur un exemple : dans Je crois que tu as raison., la principale est Je crois, la subordonnée est que tu as raison — verbe conjugué as, subordonnant que. Détache-la : Que tu as raison. ne tient pas debout toute seule. C'est bien une subordonnée.

Une fois la subordonnée repérée, on te demandera de la classer. Bonne nouvelle : il n'y a que deux grandes familles, la complétive et la circonstancielle.

Les deux tests qui décident de tout

Toute la classification tient dans ce tableau. Si tu n'apprends qu'une chose ce soir, apprends-le.

Subordonnée complétiveSubordonnée circonstancielle
Ce qu'elle estelle joue le rôle d'un groupe nominal dans la phraseelle indique les circonstances de l'action (temps, cause, but, conséquence…)
Sa fonctionCOD ou sujet du verbe principalelle exprime une circonstance : on la nomme par son sens
Le teston peut souvent la remplacer par « cela »on peut généralement la déplacer en tête de phrase
ExempleJe crois que tu as raison.Je crois cela.Il est resté chez lui parce qu'il était malade.Parce qu'il était malade, il est resté chez lui.

Retiens le réflexe dans cet ordre : j'essaie « cela » d'abord. Si ça passe, c'est une complétive, et il me reste à dire si elle est COD ou sujet. Si ça ne passe pas, j'essaie de déplacer le morceau en tête de phrase : si ça passe et que ça exprime une circonstance, c'est une circonstancielle, et il me reste à dire laquelle.

Les trois complétives

La complétive se présente sous trois formes, pas une de plus.

FormeIntroduite parFonctionExemple
Conjonctive COD« que », après un verbe de déclaration, d'opinion ou de sentiment (dire, croire, penser, savoir, espérer, sentir…)COD du verbe principalJe crois que tu as raison.
Sujet« que », la subordonnée étant placée en tête de phrasesujet du verbe principalQue tu réussisses me réjouit.
Interrogative indirectesi, ce que, comment, pourquoi, quand, où…, après un verbe exprimant une question ou l'ignorance (demander, ignorer, savoir, se demander…)COD du verbe principalJe me demande si elle viendra.

Deux repères pour ne pas te tromper de forme : si le subordonnant est « que », la question est seulement de savoir si la subordonnée est COD (elle suit le verbe) ou sujet (elle ouvre la phrase). Si le subordonnant est un mot interrogatif (si, comment, pourquoi…) après un verbe de questionnement, c'est une interrogative indirecte.

Les six circonstancielles

La circonstancielle est introduite par une conjonction de subordination qui indique la circonstance. C'est donc la conjonction qui donne la réponse : apprends les listes, pas des définitions.

SensConjonctions à reconnaître
Tempsquand, lorsque, dès que, avant que, après que, pendant que…
Causeparce que, puisque, comme, étant donné que… (+ indicatif)
Butpour que, afin que… (+ subjonctif)
Conséquencesi bien que, de sorte que, tant… que… (+ indicatif)
Concession / Oppositionbien que, quoique… (+ subjonctif) ; alors que, même si… (+ indicatif)
Conditionsi… (+ indicatif)

Le mode n'est pas un détail décoratif : bien que, pour que, afin que, quoique imposent le subjonctif ; parce que, lorsque, si imposent l'indicatif. C'est le genre de point qui se corrige en une seconde et se perd en une seconde.

Les quatre erreurs qui coûtent des points — et comment rédiger

Quatre confusions reviennent dans presque toutes les copies. Les connaître la veille, c'est du barème gratuit.

  • « que » conjonction ≠ « que » pronom relatif. Je sais que tu viens est une complétive ; le livre que tu lis est une relative. Le discriminant : dans la complétive, « que » n'a aucune fonction nominale dans sa subordonnée.
  • Circonstancielle de temps ≠ interrogative indirecte. Dans Je ne sais pas quand il arrive, « quand il arrive » est COD de « savoir » : c'est une interrogative indirecte, pas une circonstancielle de temps.
  • Le mode oublié. bien que, pour que, afin que, quoiquesubjonctif. parce que, lorsque, siindicatif.
  • Cause ≠ concession. La cause explique l'action (parce qu'il était fatigué, il dormit) ; la concession l'admet malgré un obstacle (bien qu'il soit fatigué, il continue).

Et la façon de rédiger, si on te demande d'analyser une subordonnée : cite-la entre guillemets, donne sa nature (complétive conjonctive, complétive interrogative indirecte, circonstancielle de cause…), donne sa fonction — COD ou sujet du verbe principal pour une complétive —, et justifie par le test (« remplacement par cela possible », « déplaçable en tête de phrase »). Quatre éléments, quatre occasions de marquer.

« Complétive », « circonstancielle » : les deux mots te reviennent, mais tu ne sais plus lequel se déplace et lequel se remplace par « cela ». On remet tout en ordre : d'abord ce qu'est exactement une subordonnée, puis la frontière entre les deux familles, puis les trois formes de la complétive et les six sens de la circonstancielle, et enfin la méthode en cinq temps — celle qu'on applique telle quelle devant une phrase jamais vue.

1. Ce qu'est une proposition subordonnée

Une proposition subordonnée dépend d'une proposition principale et ne peut pas fonctionner seule. C'est la définition à connaître, et c'est aussi un test : un morceau de phrase qui, détaché, ne tient pas debout, est une subordonnée.

Elle se reconnaît à deux marques :

  • elle contient un verbe conjugué — c'est ce qui la distingue d'un simple groupe de mots ;
  • elle est rattachée à la principale par un subordonnant, qui est soit une conjonction, soit un mot interrogatif.

Le premier geste, devant n'importe quelle phrase, est donc toujours le même : repérer les verbes conjugués, puis regarder le mot qui ouvre chaque morceau. Dans Je me demande si elle viendra., deux verbes conjugués (demande, viendra), un subordonnant (si) : la subordonnée est si elle viendra, la principale est Je me demande.

2. Deux familles, et deux tests pour les séparer

Une fois la subordonnée repérée, il faut la classer. Deux grandes familles coexistent, et elles ne font pas le même travail dans la phrase.

  • La subordonnée complétive joue le rôle d'un groupe nominal : elle est COD ou sujet du verbe principal. On peut souvent la remplacer par « cela » — et c'est logique, puisqu'elle occupe la place d'un nom.
  • La subordonnée circonstancielle indique les circonstances de l'action : temps, cause, but, conséquence… On peut généralement la déplacer en tête de phrase.

Les deux tests en situation :

  • Je crois que tu as raison.Je crois cela. Le remplacement fonctionne → complétive.
  • Il est resté chez lui parce qu'il était malade.Parce qu'il était malade, il est resté chez lui. Le déplacement fonctionne et exprime une circonstance → circonstancielle.

Une fois la famille identifiée, le travail n'est pas fini : pour une complétive, il faut préciser la fonction (COD ou sujet) ; pour une circonstancielle, il faut préciser le sens (cause, but, temps…), et c'est la conjonction qui le donne.

3. La complétive, forme 1 : la conjonctive COD

C'est la plus fréquente. Elle est introduite par « que » et suit un verbe de déclaration, d'opinion ou de sentiment : dire, croire, penser, savoir, espérer, sentir…

Je crois que tu as raison.

  • Subordonnée : « que tu as raison » ; subordonnant : que.
  • Test : Je crois cela. → complétive.
  • Nature : complétive conjonctive. Fonction : COD du verbe « crois ».

Retiens l'enchaînement typique : verbe d'opinion ou de parole + « que » + proposition. Le « que » ne sert qu'à accrocher la subordonnée au verbe : il n'a aucune fonction à l'intérieur de la subordonnée, où tu as raison se suffit déjà.

4. La complétive, forme 2 : la complétive sujet

Même subordonnant — « que » — mais une place et une fonction différentes : la subordonnée est placée en tête de phrase et elle est sujet du verbe principal.

Que tu réussisses me réjouit.

  • Subordonnée : « Que tu réussisses », en ouverture de phrase.
  • Test : Cela me réjouit. Le remplacement fonctionne, et « cela » est bien le sujet de réjouit.
  • Nature : complétive. Fonction : sujet du verbe « réjouit ».

C'est le seul cas où une complétive ouvre la phrase. Ne conclus donc pas « elle est en tête, donc c'est une circonstancielle » : ici le déplacement n'est pas un indice, c'est la position normale d'un sujet.

5. La complétive, forme 3 : l'interrogative indirecte

Elle apparaît après un verbe exprimant une question ou l'ignorance : demander, ignorer, savoir, se demander… Elle est introduite non par « que » mais par un mot interrogatif : si, ce que, comment, pourquoi, quand, où…

Je me demande si elle viendra.

  • Subordonnée : « si elle viendra » ; subordonnant : si, ici interrogatif.
  • Nature : complétive interrogative indirecte. Fonction : COD du verbe « me demande ».

Elle reste une complétive : elle occupe la place d'un groupe nominal COD, et le test « cela » fonctionne (Je me demande cela.). C'est précisément ce qui la distingue d'une circonstancielle quand elle commence par quand ou par si, deux mots qui appartiennent aussi aux listes des circonstancielles.

6. La circonstancielle : six sens, six familles de conjonctions

La circonstancielle est introduite par une conjonction de subordination qui indique la circonstance. Le sens ne se devine pas : il se lit sur la conjonction. D'où l'intérêt d'apprendre les listes.

  • Temps : quand, lorsque, dès que, avant que, après que, pendant que…
  • Cause : parce que, puisque, comme, étant donné que… (+ indicatif)
  • But : pour que, afin que… (+ subjonctif)
  • Conséquence : si bien que, de sorte que, tant… que… (+ indicatif)
  • Concession / Opposition : bien que, quoique… (+ subjonctif) ; alors que, même si… (+ indicatif)
  • Condition : si… (+ indicatif)

Note bien la double entrée de la concession / opposition : selon la conjonction, le mode change. bien que et quoique appellent le subjonctif ; alors que et même si appellent l'indicatif. C'est la seule ligne du tableau qui contient deux modes.

7. La méthode, en cinq temps

C'est la démarche à appliquer telle quelle devant n'importe quelle phrase, même une phrase que tu n'as jamais vue.

  • 1. Repérer la subordonnée : elle contient un verbe conjugué et un subordonnant.
  • 2. Test de la complétive : remplacer par « cela ». Si c'est possible → complétive. Chercher ensuite la fonction : COD ou sujet.
  • 3. Test de la circonstancielle : peut-on déplacer la subordonnée en début de phrase pour exprimer une circonstance ? Si oui → circonstancielle.
  • 4. Pour les circonstancielles : identifier la conjonction pour préciser le sens (cause, but, temps, concession, condition…).
  • 5. Pour les complétives : si le subordonnant est un mot interrogatif (si, comment, pourquoi…) après un verbe de questionnement → interrogative indirecte.

Cinq temps, mais dans les faits deux décisions : complétive ou circonstancielle ?, puis laquelle ?. Le reste n'est que de la lecture attentive du subordonnant.

8. Deux phrases traitées avec la méthode

Phrase A — Elle ignore si son ami reviendra.

  • Verbes conjugués : ignore, reviendra → deux propositions.
  • Subordonnée : « si son ami reviendra », introduite par « si » interrogatif.
  • Le verbe principal ignorer exprime l'ignorance → on est dans l'interrogative indirecte.
  • Nature : complétive interrogative indirecte. Fonction : COD du verbe « ignore ».

Phrase B — Elle parle doucement pour que l'enfant s'endorme.

  • Verbes conjugués : parle, s'endorme → deux propositions.
  • Subordonnée : « pour que l'enfant s'endorme » — verbe au subjonctif, ce que commande pour que.
  • Conjonction pour que → circonstance de but.
  • Nature : circonstancielle de but.

Compare les deux réponses : pour la complétive, on annonce une fonction (COD) ; pour la circonstancielle, on annonce un sens (but). C'est exactement ce qui est attendu dans une copie.

Le cours est en place ; on le met en mouvement. Ici, tout le chapitre est déroulé — la définition de la subordonnée, les deux familles et leurs deux tests, les trois complétives une par une, les six circonstancielles avec leurs modes, la méthode en cinq temps — puis cinq phrases traitées de bout en bout, une par cas de figure, plus une phrase à trois verbes qui mélange les deux familles. Tu dois pouvoir refaire chaque analyse à l'oral, sans la fiche.

1. La proposition subordonnée : définition et repérage

Une proposition subordonnée dépend d'une proposition principale et ne peut pas fonctionner seule. Cette dépendance n'est pas une image : c'est un fait vérifiable, et c'est ton premier outil.

Deux marques la signalent :

  • un verbe conjugué à l'intérieur ;
  • un subordonnant qui l'accroche à la principale : une conjonction ou un mot interrogatif.

Trois vérifications à faire, dans cet ordre, avant toute classification :

  • Combien de verbes conjugués ? Dans Il est resté chez lui parce qu'il était malade., il y a est resté et était : deux propositions.
  • Quel est le mot qui ouvre le second morceau ? Ici parce que : un subordonnant.
  • Le morceau tient-il debout tout seul ? Parce qu'il était malade. ne tient pas debout : c'est la subordonnée. Il est resté chez lui. tient debout : c'est la principale.

Ces trois vérifications ne coûtent rien et évitent l'erreur la plus grossière : appeler « subordonnée » un simple groupe de mots sans verbe conjugué.

2. Les deux familles et les deux tests

Deux grandes familles coexistent. Elles se distinguent par le travail qu'elles font dans la phrase.

  • La subordonnée complétive joue le rôle d'un groupe nominal : elle est COD ou sujet du verbe principal. On peut souvent la remplacer par « cela ».
  • La subordonnée circonstancielle indique les circonstances de l'action (temps, cause, but, conséquence…). On peut généralement la déplacer en tête de phrase.
ComplétiveCirconstancielle
Rôlecelui d'un groupe nominalcelui d'une circonstance de l'action
Ce qu'on doit précisersa fonction : COD ou sujetson sens : temps, cause, but, conséquence, concession, condition
Testremplacement par « cela »déplacement en tête de phrase
Subordonnant typiqueque, ou un mot interrogatif (si, ce que, comment…)une conjonction de subordination (parce que, pour que, quand…)

Les deux tests se contrôlent l'un l'autre. Sur Je pense que ce livre est passionnant., le remplacement passe (Je pense cela.) et le déplacement ne donne rien : complétive. Sur Il est resté chez lui parce qu'il était malade., le remplacement ne donne rien et le déplacement passe (Parce qu'il était malade, il est resté chez lui.) : circonstancielle. Quand les deux tests pointent dans la même direction, tu peux rédiger sans hésiter.

3. La complétive conjonctive COD

Première des trois formes, et de très loin la plus fréquente. Elle est introduite par « que » après un verbe de déclaration, d'opinion ou de sentiment : dire, croire, penser, savoir, espérer, sentir…

Deux exemples de référence :

  • Je crois que tu as raison.croire est un verbe d'opinion.
  • Je sais que tu viens.savoir aussi.

L'analyse est toujours la même : nature = complétive conjonctive ; fonction = COD du verbe principal ; justification = remplacement par « cela » possible.

Un point qui servira plus tard : dans cette construction, « que » n'a aucune fonction nominale à l'intérieur de sa subordonnée. Enlève-le mentalement : tu as raison est déjà une proposition complète, avec son sujet et son verbe. Le « que » n'est qu'un outil de rattachement. C'est ce détail qui permettra de le distinguer du « que » pronom relatif.

4. La complétive sujet

Deuxième forme. Même subordonnant, « que », mais la subordonnée est placée en tête de phrase et elle est sujet du verbe principal.

Que tu réussisses me réjouit.

  • Verbes conjugués : réussisses, réjouit → deux propositions.
  • Subordonnée : « Que tu réussisses », en ouverture.
  • Test : Cela me réjouit. — le remplacement fonctionne, donc complétive.
  • Et « cela » occupe ici la place du sujet de réjouit : la fonction de la subordonnée est donc sujet du verbe principal.

C'est la forme qu'on oublie le plus souvent, parce qu'on associe « complétive » à « COD ». Le réflexe correct : le test « cela » te dit complétive ou non ; c'est la place occupée par « cela » dans la phrase transformée qui te dit COD ou sujet.

5. L'interrogative indirecte

Troisième forme. Elle apparaît après un verbe exprimant une question ou l'ignorancedemander, ignorer, savoir, se demander… — et elle est introduite par un mot interrogatif : si, ce que, comment, pourquoi, quand, où…

Je me demande si elle viendra.

  • Subordonnée : « si elle viendra » ; subordonnant : si, interrogatif.
  • Nature : complétive interrogative indirecte. Fonction : COD du verbe principal.

Elle appartient bien à la famille des complétives : elle occupe la place d'un groupe nominal COD, et le test le confirme — Je me demande cela.

Deux subordonnants de cette liste, si et quand, figurent aussi dans les listes des circonstancielles (si pour la condition, quand pour le temps). Ce ne sont donc pas les mots eux-mêmes qui tranchent, mais le verbe principal (exprime-t-il une question, une ignorance ?) et les deux tests. On y revient en détail au palier suivant.

6. Les circonstancielles : le tableau complet

La circonstancielle est introduite par une conjonction de subordination indiquant la circonstance. Voici les six sens à connaître, avec les conjonctions et, quand le cours le précise, le mode qu'elles imposent.

SensConjonctionsMode
Tempsquand, lorsque, dès que, avant que, après que, pendant que…
Causeparce que, puisque, comme, étant donné que…indicatif
Butpour que, afin que…subjonctif
Conséquencesi bien que, de sorte que, tant… que…indicatif
Concession / Oppositionbien que, quoique…
alors que, même si…
subjonctif
indicatif
Conditionsi…indicatif

Si la ligne « temps » ne porte pas de mode dans le tableau, c'est que les conjonctions de temps ne suivent pas toutes la même règle : quand, lorsque, dès que, pendant que, après que sont suivis de l'indicatif, mais avant que demande le subjonctif (avant qu'il parte). Ce qu'il faut connaître ici, ce sont d'abord les conjonctions : elles suffisent à identifier le sens.

La règle de mode à retenir sous sa forme la plus courte, celle qu'on te demandera de réciter : bien que, pour que, afin que, quoique imposent le subjonctif ; parce que, lorsque, si imposent l'indicatif.

7. Circonstancielles : temps, cause, but

Le tempsquand, lorsque, dès que, avant que, après que, pendant que… Elle situe l'action dans le temps par rapport à la principale.

Exemple : Nous partirons dès que tu seras prêt. Déplacement : Dès que tu seras prêt, nous partirons. → circonstancielle de temps.

La causeparce que, puisque, comme, étant donné que… (+ indicatif). Elle explique l'action de la principale.

Exemple : Il est resté chez lui parce qu'il était malade. Le verbe était est bien à l'indicatif, conformément à la règle. Déplacement : Parce qu'il était malade, il est resté chez lui. → circonstancielle de cause.

Le butpour que, afin que… (+ subjonctif). Elle indique le résultat visé.

Exemple : Elle parle doucement pour que l'enfant s'endorme. Le verbe est au subjonctif (s'endorme) : c'est la marque de pour que. → circonstancielle de but.

Ces trois-là couvrent la majorité des exercices. Le mode est ton meilleur allié : dès que tu vois un subjonctif dans une circonstancielle, pense d'abord but (pour que, afin que) ou concession (bien que, quoique).

8. Circonstancielles : conséquence, concession / opposition, condition

La conséquencesi bien que, de sorte que, tant… que… (+ indicatif). Elle exprime ce que l'action de la principale a produit.

Exemple : Il a oublié ses clés, si bien qu'il a dû attendre. Verbe à l'indicatif (a dû) → circonstancielle de conséquence.

La concession / opposition — c'est la seule ligne à deux modes :

  • bien que, quoique… (+ subjonctif) : Bien qu'il soit fatigué, il continue.soit est un subjonctif.
  • alors que, même si… (+ indicatif) : Elle est sortie alors qu'il pleuvait.pleuvait est un indicatif.

La conditionsi… (+ indicatif). Elle pose l'hypothèse dont dépend la principale.

Exemple : Si tu viens, je serai content. Le verbe de la subordonnée est à l'indicatif — jamais au subjonctif après ce si-là.

Un mot sur la concession, parce que c'est le sens le plus mal compris : elle n'explique rien, elle admet un obstacle et signale que l'action a lieu quand même. C'est exactement le contraire du travail de la cause.

9. La méthode, en cinq temps

La démarche complète, à appliquer telle quelle devant une phrase inconnue.

  • 1. Repérer la subordonnée : elle contient un verbe conjugué et un subordonnant.
  • 2. Test de la complétive : remplacer par « cela ». Si c'est possible → complétive. Chercher ensuite la fonction : COD ou sujet.
  • 3. Test de la circonstancielle : peut-on déplacer la subordonnée en début de phrase pour exprimer une circonstance ? Si oui → circonstancielle.
  • 4. Pour les circonstancielles : identifier la conjonction pour préciser le sens (cause, but, temps, concession, condition…).
  • 5. Pour les complétives : si le subordonnant est un mot interrogatif (si, comment, pourquoi…) après un verbe de questionnement → interrogative indirecte.

Applique-la une fois à voix haute sur J'espère que tout ira bien. Deux verbes conjugués (espère, ira) → deux propositions. Subordonnée : « que tout ira bien ». Test : J'espère cela. → complétive. Le verbe espérer est un verbe de sentiment de la liste, le subordonnant est que : complétive conjonctive, COD du verbe « espère ».

10. Exemple traité — complétive COD

Phrase : Je pense que ce livre est passionnant.

  • Verbes conjugués : pense, est → deux propositions.
  • Subordonnée : « que ce livre est passionnant ».
  • Subordonnant : que, après le verbe d'opinion penser.
  • Vérification : Je pense cela. — remplacement par « cela » possible.
  • Nature : complétive conjonctive. Fonction : COD du verbe « pense ».

Rédaction attendue : « que ce livre est passionnant » est une proposition subordonnée complétive conjonctive, COD du verbe « pense » ; on peut la remplacer par « cela ».

11. Exemple traité — interrogative indirecte

Phrase : Elle ignore si son ami reviendra.

  • Verbes conjugués : ignore, reviendra → deux propositions.
  • Subordonnée : « si son ami reviendra » — introduite par « si » interrogatif.
  • Verbe principal : ignorer, qui exprime l'ignorance — l'un des verbes qui appellent l'interrogative indirecte.
  • Vérification : Elle ignore cela. — remplacement possible, donc complétive.
  • Nature : complétive interrogative indirecte. Fonction : COD du verbe « ignore ».

Le piège à éviter ici : ce « si » n'est pas le si de la condition. Le si de la condition ouvre une circonstancielle qu'on peut déplacer en tête de phrase ; celui-ci est un mot interrogatif qui rapporte la question à laquelle le verbe principal ne répond pas. Essaie de le déplacer : Si son ami reviendra, elle ignore. ne tient pas. Le test tranche tout seul.

12. Exemple traité — circonstancielle de cause

Phrase : Il est resté chez lui parce qu'il était malade.

  • Verbes conjugués : est resté, était → deux propositions.
  • Subordonnée : « parce qu'il était malade ».
  • Subordonnant : parce que, conjonction de cause, suivie de l'indicatif (était) — la règle est respectée.
  • Déplaçable : Parce qu'il était malade, il est resté chez lui.
  • Nature : circonstancielle de cause.

Contre-test : essaie « cela » — Il est resté chez lui cela. ne veut rien dire. La subordonnée n'occupe donc pas une place de groupe nominal : ce n'est pas une complétive. Les deux tests concordent.

13. Exemple traité — circonstancielle de but

Phrase : Elle parle doucement pour que l'enfant s'endorme.

  • Verbes conjugués : parle, s'endorme → deux propositions.
  • Subordonnée : « pour que l'enfant s'endorme » — verbe au subjonctif.
  • Subordonnant : pour que, conjonction de but, qui impose le subjonctif.
  • Déplaçable : Pour que l'enfant s'endorme, elle parle doucement.
  • Nature : circonstancielle de but.

Ce qu'il faut dire dans la copie : ne te contente pas de « circonstancielle » — précise le sens (but) et cite la conjonction qui te l'a donné. Signaler le subjonctif commandé par pour que montre en plus que tu as compris le lien entre conjonction et mode.

14. Exemple traité — une phrase qui contient les deux familles

Phrase : Bien qu'il soit fatigué, il dit qu'il continuera.

  • Verbes conjugués : soit, dit, continueratrois propositions.
  • Proposition principale : il dit… — c'est la seule qui tienne debout seule.
  • Première subordonnée : « Bien qu'il soit fatigué ». Subordonnant bien que, verbe au subjonctif (soit), comme la règle l'exige. Sens : concession / opposition. Test du déplacement : elle est déjà en tête, et on peut la remettre à la fin — Il dit qu'il continuera bien qu'il soit fatigué.circonstancielle de concession.
  • Seconde subordonnée : « qu'il continuera ». Subordonnant que, après le verbe de déclaration dire. Test : Il dit cela.complétive conjonctive, COD du verbe « dit ».

Le contrôle de cohérence, à faire systématiquement sur ce genre de phrase : la concession peut se déplacer mais ne se remplace pas par « cela » ; la complétive se remplace par « cela » mais ne se déplace pas. Ici, chaque subordonnée réussit un test et échoue à l'autre. Si un même morceau réussit les deux tests, c'est que tu t'es trompé de découpage — reviens compter les verbes conjugués. Deux échecs, en revanche, ne condamnent pas ton découpage : quelques circonstancielles ne se déplacent pas, en particulier celles de conséquence (Il a oublié ses clés, si bien qu'il a dû attendre. ne se retourne pas). C'est alors la conjonction qui tranche.

Le cours, tu l'as. Reste ce qui coûte réellement des points, et c'est presque toujours la même petite série : « que » qu'on classe en conjonction alors qu'il est pronom relatif, « quand » et « si » qui appartiennent à deux listes à la fois, le mode qu'on oublie de vérifier, la cause qu'on confond avec la concession, et le verbe savoir qui figure dans les deux listes du cours. On les prend un par un, avec le test qui tranche à chaque fois.

Piège 1 — « que » conjonction ou « que » pronom relatif ?

C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre, parce que le mot est identique et que seul le fonctionnement diffère.

  • Je sais que tu viens.complétive.
  • le livre que tu lisrelative.

Le discriminant donné par le cours : dans la complétive, « que » n'a aucune fonction nominale dans sa subordonnée. Vérifie-le : dans que tu viens, la proposition tu viens est déjà complète, sujet + verbe ; le « que » ne fait qu'accrocher. Dans que tu lis, au contraire, il manquerait quelque chose sans le « que » — tu lis quoi ? Le « que » y remplace le nom livre et occupe une fonction à l'intérieur de la subordonnée.

Le second test, celui du « cela » : Je sais cela. fonctionne → complétive. le livre cela ne veut rien dire → ce n'est pas une complétive.

Le réflexe de copie : regarde ce qu'il y a juste avant le « que ». Un verbe de déclaration, d'opinion ou de sentiment → complétive. Un nom → tu es sorti du terrain de la complétive.

Piège 2 — « quand » : circonstancielle de temps ou interrogative indirecte ?

Le cours donne l'exemple type : Je ne sais pas quand il arrive. Ici, « quand il arrive » est COD de « savoir » : c'est une interrogative indirecte, pas une circonstancielle de temps — alors que quand figure bien dans la liste des conjonctions de temps.

Ce qui tranche, ce n'est pas le mot, ce sont les deux tests.

Je ne sais pas quand il arrive.Je sortirai quand il arrivera.
Test « cela »Je ne sais pas cela. → fonctionneJe sortirai cela. → ne fonctionne pas
Test du déplacementne donne rien d'acceptableQuand il arrivera, je sortirai. → fonctionne
Conclusioncomplétive interrogative indirecte, COD de « sais »circonstancielle de temps

Et le même piège avec « si ». si ouvre la condition (circonstancielle, + indicatif) et l'interrogative indirecte. Compare : Si tu viens, je serai content. — déplaçable, aucune place de COD → condition. Je me demande si elle viendra. — remplaçable par « cela », après un verbe de questionnement → interrogative indirecte.

Formulé en une phrase : le subordonnant seul ne suffit jamais à conclure. Il faut le verbe principal et au moins un test.

Piège 3 — le mode oublié

C'est le point le plus mécanique du chapitre, donc celui qui se perd le plus bêtement. Le subordonnant impose le mode du verbe de la subordonnée.

SubordonnantMode imposé
bien que, pour que, afin que, quoiquesubjonctif
parce que, lorsque, siindicatif

Le tableau du cours complète la carte par sens : cause (+ indicatif), but (+ subjonctif), conséquence (+ indicatif), condition (+ indicatif), et la concession / opposition qui se partage en deux — bien que, quoique (+ subjonctif) contre alors que, même si (+ indicatif).

Deux usages de cette règle, et le second rapporte souvent plus de points que le premier :

  • En analyse, le mode confirme ton identification : un subjonctif après pour que dans Elle parle doucement pour que l'enfant s'endorme. valide la circonstancielle de but.
  • En rédaction, la faute est immédiatement visible : après bien que, écrire un indicatif est une erreur de mode, pas une maladresse de style. Écris bien qu'il soit fatigué, jamais bien qu'il est fatigué.

Et le cas si mérite d'être surligné : il impose l'indicatif. C'est une des rares règles du chapitre qui n'admet pas d'hésitation.

Piège 4 — cause ou concession ?

Les deux relient deux faits, mais elles ne disent pas du tout la même chose.

  • La cause explique l'action : parce qu'il était fatigué, il dormit. La fatigue entraîne le sommeil.
  • La concession admet l'action malgré un obstacle : bien qu'il soit fatigué, il continue. La fatigue devrait empêcher, et pourtant l'action a lieu.

Le contrôle le plus rapide passe par le mode : parce que est suivi de l'indicatif, bien que du subjonctif. Dans les deux exemples ci-dessus, était est un indicatif et soit un subjonctif : la forme verbale te donne la réponse avant même que tu aies réfléchi au sens.

Le contrôle de sens, si le mode ne suffit pas : demande-toi si le second fait est attendu ou inattendu compte tenu du premier. Attendu → cause. Inattendu, contrarié → concession.

Attention à ne pas confondre non plus la cause et la conséquence, qui ordonnent les mêmes faits en sens inverse. Dans Il est resté chez lui parce qu'il était malade., la subordonnée porte l'explication. Dans Il a oublié ses clés, si bien qu'il a dû attendre., la subordonnée porte le résultat. Là encore, c'est la conjonction qui décide : parce que, puisque, comme, étant donné que pour la cause ; si bien que, de sorte que, tant… que pour la conséquence.

Le cas « savoir » : le même verbe dans les deux listes

Relis les deux listes de verbes du cours. savoir figure à la fois parmi les verbes de déclaration, d'opinion ou de sentiment (dire, croire, penser, savoir, espérer, sentir…) et parmi les verbes exprimant une question ou l'ignorance (demander, ignorer, savoir, se demander…). Ce n'est pas une inattention du cours : c'est un vrai double emploi, et les correcteurs adorent la phrase qui l'exploite.

  • Je sais que tu viens. → subordonnant « que »complétive conjonctive, COD de « sais ».
  • Je ne sais pas quand il arrive. → subordonnant « quand » interrogatifcomplétive interrogative indirecte, COD de « sais ».

Ce que cette paire t'apprend : la famille ne change pas — dans les deux cas, c'est une complétive COD — mais la forme change, et c'est le subordonnant qui la fixe. que → conjonctive ; si, ce que, comment, pourquoi, quand, où… → interrogative indirecte.

Autrement dit, procède dans cet ordre et tu ne te tromperas pas : famille d'abord (test « cela »), forme ensuite (nature du subordonnant), fonction pour finir (COD ou sujet).

COD ou sujet : la question qu'on oublie de se poser

Beaucoup de copies s'arrêtent à « c'est une complétive » et perdent le point de fonction. Or le cours est explicite : la complétive joue le rôle d'un groupe nominal, donc elle est soit COD, soit sujet du verbe principal.

Le test à deux temps : remplace par « cela », puis regarde la place que « cela » occupe dans la phrase obtenue.

  • Je crois que tu as raison.Je crois cela. « cela » est après le verbe, c'est ce que je crois → COD.
  • Que tu réussisses me réjouit.Cela me réjouit. « cela » est devant le verbe, c'est ce qui réjouit → sujet.

Le piège de position : une subordonnée en tête de phrase n'est pas automatiquement une circonstancielle. La complétive sujet est en tête de phrase par nature, et ce n'est pas un déplacement — c'est la place normale d'un sujet. Le vrai signe de la circonstancielle, ce n'est pas d'être en tête, c'est de pouvoir y être déplacée tout en exprimant une circonstance.

Pour l'interrogative indirecte, la question ne se pose pas vraiment : dans les exemples du cours, elle est COD du verbe principal (COD de « ignore », COD de « savoir »).

Ce que les tests prouvent — et ce qu'ils ne prouvent pas

Le cours est prudent dans sa formulation, et il faut l'être autant que lui : on peut souvent remplacer une complétive par « cela » ; on peut généralement déplacer une circonstancielle. Ce sont des indices très forts, pas des preuves absolues.

Trois conséquences pratiques :

  • Croise toujours les deux tests. Une complétive réussit « cela » et échoue au déplacement ; une circonstancielle fait l'inverse. Deux résultats concordants valent mieux qu'un seul.
  • Reviens au sens quand un test hésite. La question de fond est simple : ce morceau occupe-t-il la place d'un nom auprès du verbe (complétive), ou indique-t-il une circonstance de l'action (circonstancielle) ?
  • Utilise le subordonnant en dernier recours, jamais en premier. que, si, quand appartiennent chacun à plusieurs cases ; ils orientent, ils ne concluent pas.

Et n'oublie pas le préalable, celui qui fait rater tout le reste quand on le saute : une subordonnée contient un verbe conjugué. Un groupe sans verbe conjugué n'est pas une proposition, donc pas une subordonnée — quel que soit le mot qui l'introduit.

Rédiger la réponse pour prendre tous les points

Une analyse complète tient en quatre éléments. Beaucoup d'élèves en donnent deux et perdent la moitié du barème.

  • 1. Cite la subordonnée entre guillemets, du subordonnant jusqu'à la fin du groupe.
  • 2. Donne sa nature précise : complétive conjonctive, complétive interrogative indirecte, circonstancielle de cause, de but, de temps, de conséquence, de concession, de condition.
  • 3. Donne sa fonction s'il s'agit d'une complétive : COD ou sujet du verbe principal — et nomme ce verbe.
  • 4. Justifie par le test employé : « remplacement par cela possible » ou « déplaçable en tête de phrase », et cite la conjonction quand c'est une circonstancielle.

Deux modèles à recopier tels quels :

  • Elle ignore si son ami reviendra. → « si son ami reviendra » est une subordonnée complétive interrogative indirecte, COD du verbe « ignore » ; elle est introduite par le « si » interrogatif et peut être remplacée par « cela ».
  • Elle parle doucement pour que l'enfant s'endorme. → « pour que l'enfant s'endorme » est une subordonnée circonstancielle de but, introduite par « pour que », qui impose le subjonctif ; elle est déplaçable en tête de phrase.

Le bonus qui ne coûte rien : quand tu identifies une circonstancielle de but ou de concession, signale le subjonctif. C'est une justification de plus, et elle prouve que tu n'as pas répondu au hasard.

Tu tiens le chapitre ? Alors soulève le capot. Ce cours ne t'a pas seulement donné des étiquettes à coller : il t'a fait manipuler une seule opposition de fond — une subordonnée qui occupe la place d'un nom auprès du verbe, contre une subordonnée qui n'en occupe aucune et tourne autour de la phrase. Et il t'a laissé entrevoir une troisième famille qu'il n'a nommée qu'en passant. Voilà ce qui reste quand on oublie les listes.

Une seule question de fond : place de nom, ou circonstance ?

Les deux tests du cours ont l'air d'être deux astuces indépendantes. Ils sont en réalité deux faces de la même distinction.

  • Le test du « cela » vérifie que la subordonnée occupe une place de groupe nominal auprès du verbe — puisque « cela » est justement ce qui peut remplacer un nom. C'est pour cela que la complétive a nécessairement une fonction à donner : COD ou sujet.
  • Le test du déplacement vérifie l'inverse : que la subordonnée n'occupe aucune place obligatoire auprès du verbe, et qu'elle peut donc se promener dans la phrase. C'est pour cela que la circonstancielle n'a pas de fonction nominale à donner, mais un sens : temps, cause, but, conséquence, concession, condition.

Reformulé une fois pour toutes : la complétive est dans la construction du verbe, la circonstancielle est autour de la phrase. Tout le chapitre tient dans cette phrase-là, et elle continuera de fonctionner sur des phrases beaucoup plus longues que celles de ton contrôle.

C'est aussi ce qui explique le contrôle croisé que tu as appris à faire : une subordonnée qui occupe une place de nom auprès du verbe ne peut pas, en même temps, être libre de se déplacer. Si un même morceau réussit les deux tests, ce n'est pas la classification qui est en cause, c'est le découpage — recompte les verbes conjugués. En revanche, un morceau peut très bien échouer aux deux : les circonstancielles de conséquence (si bien que, de sorte que) ne se déplacent pas en tête de phrase, et ce sont malgré tout des circonstancielles — c'est la conjonction qui le dit.

Le subordonnant ne fait pas qu'étiqueter : il commande

Regarde ce que le cours t'a fait faire sans le dire : un seul mot, en tête de subordonnée, détermine trois choses à la fois.

  • La famille : que après un verbe d'opinion ou de déclaration ouvre une complétive ; parce que, pour que, bien que ouvrent une circonstancielle.
  • Le sens, pour les circonstancielles : parce que dit la cause, pour que le but, si bien que la conséquence, bien que la concession, si la condition.
  • Le mode du verbe : bien que, pour que, afin que, quoique imposent le subjonctif ; parce que, lorsque, si imposent l'indicatif.

Un mot qui commande le mode d'un verbe qu'il ne touche même pas : c'est de la syntaxe à distance, et c'est ce que tu retrouveras chaque fois qu'on te demandera de justifier une forme verbale. La question « pourquoi ce subjonctif ? » aura de plus en plus souvent la même réponse : parce que le subordonnant l'impose.

Ce mécanisme fonctionne aussi dans l'autre sens, et c'est là qu'il devient utile en rédaction : si tu veux écrire un subjonctif, il te faut le bon subordonnant ; si tu choisis même si plutôt que bien que pour dire à peu près la même chose, tu passes à l'indicatif. Le sens que tu vises engage la grammaire que tu dois écrire.

La troisième famille, seulement effleurée : la relative

Le cours ne l'a nommée qu'une fois, dans les erreurs fréquentes, et c'est pourtant l'ouverture la plus directe vers la suite. Compare une dernière fois :

Je sais que tu viens.le livre que tu lis
Famillesubordonnée complétivesubordonnée relative
Ce que « que » y faitaucune fonction nominale dans la subordonnée : il ne sert qu'à rattacheril remplace le nom livre et occupe une fonction dans la subordonnée
Ce qui précèdeun verbe (de déclaration, d'opinion, de sentiment)un nom
Test « cela »Je sais cela. → passele livre cela → ne passe pas

Autrement dit, tu connais déjà ce qui fait la relative : elle se rattache à un nom, son antécédent, et son subordonnant reprend ce nom en occupant une fonction dans la subordonnée. Dans que tu viens, le « que » est un simple outil de liaison. Dans que tu lis, il reprend livre et porte une fonction — il est ce que tu lis.

Quand on te présentera la relative pour elle-même, tu n'auras donc rien de neuf à apprendre sur le principe : seulement une troisième colonne à ajouter au tableau que tu as déjà en tête.

La démarche d'analyse, valable bien au-delà de la 4e

La méthode en cinq temps n'est pas une recette liée à ce chapitre. C'est la procédure standard d'analyse d'une phrase complexe, et elle passe à l'échelle : elle marche aussi bien sur deux propositions que sur quatre.

  • Compter les verbes conjugués — chaque verbe conjugué signale une proposition.
  • Isoler la principale — c'est celle qui tient debout seule ; toute subordonnée, elle, ne peut pas fonctionner seule.
  • Lire chaque subordonnant et appliquer les tests : « cela » d'abord, déplacement ensuite.
  • Nommer : famille, puis forme ou sens, puis fonction.

Reprends la phrase à trois verbes vue plus haut, Bien qu'il soit fatigué, il dit qu'il continuera. : trois verbes conjugués, une principale (il dit…), une circonstancielle de concession, une complétive COD. Rien dans cette démarche ne dépend de la longueur de la phrase — seulement du nombre de verbes conjugués et du mot qui ouvre chaque morceau.

C'est cette procédure, et non les listes de conjonctions, qui te restera utile quand les phrases des textes que tu étudieras deviendront longues.

Ce que ça change quand c'est toi qui écris

Jusqu'ici tu as analysé des phrases. Le même savoir sert à en construire, et c'est là qu'il devient rentable.

  • Choisir entre cause et concession, c'est choisir ce que tu affirmes. Parce qu'il était fatigué, il dormit présente le sommeil comme expliqué par la fatigue. Bien qu'il soit fatigué, il continue présente l'effort comme accompli malgré l'obstacle. Deux conjonctions, deux thèses différentes sur les mêmes faits.
  • La complétive te sert à rapporter. Je crois que…, Je sais que…, J'espère que… : la subordonnée devient le contenu de ce que tu déclares, penses ou ressens — et c'est bien pour cela qu'elle est COD du verbe principal.
  • L'interrogative indirecte te sert à intégrer une question dans ta phrase sans la poser directement : Je me demande si elle viendra, Elle ignore si son ami reviendra.
  • La circonstancielle te sert à hiérarchiser. Ce que tu mets dans la principale est au premier plan ; ce que tu mets dans la circonstancielle passe au second. Déplacer la subordonnée en tête, comme le test t'y autorise, met la circonstance en avant.

Et le contrôle final, celui qui vaut pour toutes tes rédactions : dès que tu écris bien que, pour que, afin que ou quoique, ton verbe doit être au subjonctif. C'est le seul point du chapitre qui se voit dans une copie même quand personne ne demande d'analyse grammaticale.