Français · 4e

Subordonnées complétives et circonstancielles

Pas de panique ! Même si tu n'as jamais entendu parler de subordonnées complétives et circonstancielles, on va te les expliquer en partant de ce que tu sais déjà sur les propositions. En deux temps trois mouvements, tu seras capable de les reconnaître. Accroche-toi, c'est parti.

Petit rappel : les propositions

Dans une phrase, il y a des propositions, c'est-à-dire des groupes de mots organisés autour d’un verbe conjugué.

Une proposition indépendante peut être une phrase à elle seule.

Dans une phrase complexe, on trouve une proposition principale et une ou plusieurs propositions subordonnées. La subordonnée ne peut pas exister sans la principale ; elle est liée par un mot-outil (conjonction de subordination ou mot interrogatif).

Exemple : Je pense (principale) que tu as raison (subordonnée, introduite par « que »).

Deux grandes familles de subordonnées

Les subordonnées se répartissent en deux types selon leur rôle :

  • Complétive : elle complète le verbe de la principale, comme un COD. On peut souvent la remplacer par « cela ». Elle est introduite par que.
  • Circonstancielle : elle exprime une circonstance (temps, cause, but, etc.). Elle est introduite par des conjonctions comme quand, parce que, pour que, bien que, si, etc. On peut souvent la déplacer en début de phrase.

À toi de jouer

1. Pour chaque phrase, complète avec le subordonnant qui convient (que, parce que, quand, pour que) puis indique la nature en écrivant « complétive » ou « circonstancielle » dans la case.

1. Je crois tu as raison. → Nature :
2. Il reste à la maison il est fatigué. → Nature :
3. Nous partirons tu seras prêt. → Nature :
Corrigé
1. Je crois que tu as raison. → Nature : complétive
2. Il reste à la maison parce que il est fatigué. → Nature : circonstancielle
3. Nous partirons quand tu seras prêt. → Nature : circonstancielle
2. Dans chaque phrase, la subordonnée est soulignée. Complète la nature.

1. Elle sait que les vacances approchent. → Nature :
2. Parce qu'il pleut, le match est annulé. → Nature :
3. Je me demande si elle viendra. → Nature :
Corrigé
1. Nature : complétive
2. Nature : circonstancielle
3. Nature : complétive
3. Classe les subordonnées suivantes dans la bonne colonne : « Complétive » ou « Circonstancielle ».

a. Je pense que c’est une bonne idée.
b. Il est parti quand la nuit est tombée.
c. Tu réussiras parce que tu travailles.
d. Elle ignore où il habite.
Corrigé
Complétives : a, d
Circonstancielles : b, c

Ah, la lumière commence à se faire ? On va maintenant remettre les choses en ordre et structurer tout ça. Tu vas voir, c’est simple quand on a la méthode.

Les subordonnées complétives : les trois visages

Une subordonnée complétive complète le verbe de la principale. Elle peut être :

  1. Conjonctive COD : introduite par « que », elle est COD du verbe principal. On la remplace par « cela ». Ex : Je pense que tu es là. → Je pense cela.
  2. Sujet : introduite par « que », placée en tête de phrase, elle est le sujet du verbe. Ex : Que tu sois en retard m’inquiète.
  3. Interrogative indirecte : après un verbe de question ou d’ignorance, elle est introduite par si, ce que, comment, pourquoi, quand, où… Ex : Je me demande si elle viendra.

Les subordonnées circonstancielles : une par circonstance

Elles expriment une circonstance. Chaque conjonction de subordination porte un sens.

SensConjonctions fréquentesMode du verbe
Tempsquand, lorsque, dès que, avant que, après que…Indicatif ou subjonctif
Causeparce que, puisque, comme…Indicatif
Butpour que, afin que…Subjonctif
Conséquencesi bien que, de sorte que…Indicatif
Concessionbien que, quoique…Subjonctif
Conditionsi…Indicatif

Méthode imparable pour analyser une subordonnée

  1. Repère la subordonnée : elle commence par un mot subordonnant et contient un verbe conjugué.
  2. Teste si c’est une complétive : peux-tu la remplacer par « cela » (sans changer le sens) ?
    • Oui → c’est une complétive. Vérifie si elle est COD (après le verbe) ou sujet (en tête).
  3. Sinon, teste si c’est une circonstancielle : peux-tu la déplacer en début de phrase ?
    • Oui → c’est une circonstancielle. Regarde la conjonction pour trouver le sens : temps, cause, but…

À toi de jouer

1. Analyse chaque subordonnée en suivant la méthode. La subordonnée est en gras. Complète les phrases.

1. Je crois que tu as raison.
Test « cela » : → C’est une (complétive / circonstancielle).
Fonction : (COD / sujet).

2. Que tu viennes me fait plaisir.
Remplacement par « cela » : → C’est une complétive .
Fonction : .

3. Il restera parce qu’il pleut.
Déplacement : → C’est une .
Sens : (temps, cause, but…).
Corrigé
1. Test « cela » : oui, on peut dire « Je crois cela » → C’est une complétive. Fonction : COD.
2. Remplacement par « cela » : « Cela me fait plaisir » → C’est une complétive sujet. Fonction : sujet.
3. Déplacement : « Parce qu’il pleut, il restera » (possible) → C’est une circonstancielle. Sens : cause.
2. Complète avec le subordonnant de ton choix, puis indique la nature. La phrase doit avoir un sens.

1. Elle mange elle a faim. → Nature :
2. Il explique son projet est terminé. → Nature :
3. il fait beau, nous sortirons. → Nature :
Corrigé
1. Elle mange parce que elle a faim. → Nature : circonstancielle (cause).
2. Il explique que son projet est terminé. → Nature : complétive.
3. Quand il fait beau, nous sortirons. → Nature : circonstancielle (temps).
3. Souligne la subordonnée, puis indique sa nature précise et son sens ou sa fonction.

a. Je pense que la Terre est ronde.
b. Elle sourit quand son chien arrive.
c. Il est puni parce qu’il a menti.
Corrigé
a. que la Terre est ronde : complétive conjonctive COD du verbe « pense ».
b. quand son chien arrive : circonstancielle de temps.
c. parce qu’il a menti : circonstancielle de cause.

Maintenant, on passe à la répétition mécanique. Cinq mini-exercices quasiment identiques pour que les automatismes se mettent en place. Tu vas choisir le bon mot et identifier la nature. Rien de plus simple.

À toi de jouer

1. 1. Il affirme il a raison. → Nature :
Corrigé
Il affirme que il a raison. → Nature : complétive
2. 2. Je reste à la maison je suis malade. → Nature :
Corrigé
Je reste à la maison parce que je suis malade. → Nature : circonstancielle (cause)
3. 3. Nous sortirons le soleil brille. → Nature :
Corrigé
Nous sortirons quand le soleil brille. → Nature : circonstancielle (temps)
4. 4. Elle travaille ses parents soient fiers. → Nature :
Corrigé
Elle travaille pour que ses parents soient fiers. → Nature : circonstancielle (but)
5. 5. il soit fatigué, il continue. → Nature :
Corrigé
Bien que il soit fatigué, il continue. → Nature : circonstancielle (concession)

Dernière ligne droite avant l’évaluation. On monte d’un cran avec des exercices complets, sans trous, exactement comme ce qui t’attend le jour J. Prends ton temps, applique la méthode, et tout ira bien.

À toi de jouer

1. Dans chaque phrase, souligne la proposition subordonnée et indique si elle est complétive (C) ou circonstancielle (Circ).
a. Mon frère sait que je déteste les épinards.
b. Dès que la cloche sonne, les élèves sortent.
c. Elle se demande si son train partira à l’heure.
d. Il court vite pour que son équipe gagne.
e. Tu auras une récompense si tu réussis.
f. Il est parti parce qu’il était en colère.
Corrigé
a. que je déteste les épinards : C
b. Dès que la cloche sonne : Circ (temps)
c. si son train partira à l’heure : C
d. pour que son équipe gagne : Circ (but)
e. si tu réussis : Circ (condition)
f. parce qu’il était en colère : Circ (cause)
2. Pour chaque phrase, identifie la subordonnée complétive, puis indique sa nature précise (conjonctive COD, sujet ou interrogative indirecte) et sa fonction.
a. Je pense que nous arriverons à l’heure.
b. Que tu aies raison me surprend.
c. Il ignore comment son frère a résolu l’énigme.
Corrigé
a. que nous arriverons à l’heure : conjonctive COD, COD de « pense ».
b. Que tu aies raison : sujet du verbe « surprend ».
c. comment son frère a résolu l’énigme : interrogative indirecte, COD de « ignore ».
3. Identifie la subordonnée circonstancielle et précise son sens (temps, cause, but, conséquence, concession, condition).
a. Comme il pleut, nous restons à la maison.
b. Il a tant travaillé qu’il a réussi.
c. Même si tu es en retard, préviens-moi.
Corrigé
a. Comme il pleut : cause
b. qu’il a réussi : conséquence
c. Même si tu es en retard : concession
4. Complète chaque phrase avec un subordonnant de ton choix (que, lorsque, pour que, bien que, si, parce que).
a. Elle espère ___ son film préféré passe à la télé.
b. ___ le vent s’était calmé, les marins reprirent la mer.
c. Il met son réveil ___ son père ne le gronde pas.
d. ___ elle soit timide, elle osa prendre la parole.
Corrigé
a. que
b. Lorsque
c. pour que
d. Bien que
5. Lis cet extrait, puis identifie et analyse les propositions subordonnées en gras en précisant leur nature et leur sens ou fonction.
« Lorsque le rideau se leva, les spectateurs retinrent leur souffle. Ils savaient que le spectacle serait extraordinaire. Même si la pièce durait trois heures, personne ne regarda sa montre. L’acteur jouait si bien qu’on en oubliait le reste du monde. »
Corrigé
- Lorsque le rideau se leva : circonstancielle de temps.
- que le spectacle serait extraordinaire : complétive conjonctive COD du verbe « savaient ».
- Même si la pièce durait trois heures : circonstancielle de concession.
- qu’on en oubliait le reste du monde : circonstancielle de conséquence.

Tu maîtrises déjà le programme ? Alors poussons plus loin. On va manipuler les subordonnées dans des contextes plus littéraires et créatifs, histoire de voir comment elles servent l’expression des idées et des émotions. Prêt à briller ?

À toi de jouer

1. Lis ce court poème : « Je crois que le soleil se lèvera demain, / Même si la nuit est longue et froide. / Quand l’aube blanchira les cimes lointaines, / Je partirai pour que le vent m’emporte. »
a. Identifie les quatre propositions subordonnées (recopie-les).
b. Pour chacune, donne sa nature (complétive ou circonstancielle) et, pour les circonstancielles, précise le sens.
c. Explique en une phrase l’effet produit par l’accumulation de ces subordonnées.
Corrigé
a. « que le soleil se lèvera demain », « Même si la nuit est longue et froide », « Quand l’aube blanchira les cimes lointaines », « pour que le vent m’emporte ».
b. - « que le soleil se lèvera demain » : complétive COD du verbe « crois » ; - « Même si la nuit est longue et froide » : circonstancielle de concession ; - « Quand l’aube blanchira les cimes lointaines » : circonstancielle de temps ; - « pour que le vent m’emporte » : circonstancielle de but.
c. L’accumulation de ces subordonnées crée un effet d’espoir mêlé de persévérance et de désir d’évasion, renforçant la dimension poétique du texte.
2. Transforme les couples de phrases simples en une phrase complexe comportant une subordonnée circonstancielle de la nuance indiquée.
a. Cause : Il est en colère. Son frère a menti.
b. But : Elle économise. Elle veut acheter une guitare.
c. Concession : Il est jeune. Il fait preuve de sagesse.
Corrigé
a. Il est en colère parce que son frère a menti.
b. Elle économise pour qu’elle puisse acheter une guitare.
c. Bien qu’il soit jeune, il fait preuve de sagesse.
3. Rédige un court texte (4-5 lignes) dans lequel tu utiliseras au moins une subordonnée complétive et deux subordonnées circonstancielles de sens différents. Souligne-les et indique en légende leur nature et sens.
Corrigé
Proposition (toute réponse correcte acceptée) : « Je pense que la vie est belle. Même si des difficultés surviennent, je garde espoir. Quand le printemps arrive, tout renaît. Je profite de chaque instant pour que mon bonheur grandisse. » Subordonnées : « que la vie est belle » (complétive COD), « Même si des difficultés surviennent » (circonstancielle de concession), « Quand le printemps arrive » (circonstancielle de temps), « pour que mon bonheur grandisse » (circonstancielle de but).